Le circuit de Watkins Glen au XXe siècle

L’article en une minute

Le 2 octobre 1948, une course d’amateurs se disputa sur les routes publiques de Watkins Glen, village de l’État de New York. Cameron Argetsinger, étudiant à l’université de Youngstown, dans l’Ohio, l’avait proposée à la chambre de commerce. Le 7 mai 1981, la Fédération internationale du sport automobile (FISA) retirera du calendrier le Grand Prix des États-Unis de Formule 1, que Watkins Glen accueillait depuis 1961, pour des dettes impayées envers les écuries.

  • 23 min de lecture
  • 9 chapitres
  • Circuit, XXe siècle
20Grands Prix, 1961-1980
3,377milles en 1971
5 mind’enchères, 1982

À retenir

2 octobre 1948

Première course sur les routes du village, quinze voitures au départ.

8 octobre 1961

Premier Grand Prix des États-Unis tenu à Watkins Glen, victoire d’Innes Ireland.

7 mai 1981

Retrait du Grand Prix du calendrier par la FISA, pour des dettes.


Les essentiels

Le dimanche 8 octobre 1961, Innes Ireland remporta à Watkins Glen le troisième Grand Prix des États-Unis comptant pour le championnat du monde des conducteurs, le premier tenu sur ce circuit. Quinze ans plus tard, le 10 octobre 1976, James Hunt y gagnera la quinzième des seize manches de la saison ; il sera champion du monde deux semaines après, au Japon.

De 1961 à 1980, la Watkins Glen Grand Prix Corporation organisa les vingt Grands Prix des États-Unis du circuit. La chambre de commerce du village l’avait constituée pour gérer, à partir de 1953, le Grand Prix de voitures de sport né en 1948. La Corporation fonctionnait sans but lucratif. Cameron Argetsinger devint en 1961 l’organisateur et le directeur de course du Grand Prix des États-Unis. Il avait dessiné le parcours de 1948. Comment cette organisation de village a-t-elle tenu sa place au calendrier du championnat du monde pendant vingt saisons, avant de la perdre pour des dettes ?

Niki Lauda sur la Ferrari 312 T rouge n° 12 à Watkins Glen en 1975, sous le titre « Watkins Glen, histoire et palmarès ».
Niki Lauda sur la Ferrari 312 T à Watkins Glen, au Grand Prix des États-Unis 1975, qu’il remporta. Photo : Christian Sinclair, CC BY 2.0, Wikimedia Commons, recadrée, titre ajouté.

Comment naît le Grand Prix de Watkins Glen en 1948 ?

Le Grand Prix de Watkins Glen naquit le 2 octobre 1948 sous la forme d’une course d’amateurs : quinze voitures en prirent le départ, pour huit tours d’un parcours de 6,6 milles (10,6 km), soit 52,8 milles (85 km). Le village et le Sports Car Club of America (SCCA) la patronnaient ensemble. L’idée venait de Cameron Argetsinger, vétéran de la Seconde Guerre mondiale, alors étudiant à l’université de Youngstown, dans l’Ohio, où il était entré en 1947. Né le 1er mars 1921 à Youngstown, il avait passé ses étés d’enfance chez ses grands-parents, au bord du lac Seneca, à l’extrémité sud duquel se trouve Watkins Glen.

Membre de la première heure du SCCA, Argetsinger proposa à la chambre de commerce du village une course sur route, le « Watkins Glen Grand Prix », et en dessina le parcours. Celui-ci empruntait des routes publiques, revêtues pour la plupart, avec une courte portion de terre et de gravier ; hors des jours de course, elles restaient ouvertes à la circulation. Sur Franklin Street, devant le palais de justice du comté de Schuyler, se donnaient le départ et l’arrivée.

Le 2 octobre 1948 : la première édition

Le jeudi 30 septembre 1948, une dépêche de l’Associated Press datée de Watkins Glen annonça les engagés, répartis en quatre classes. Parmi les voitures britanniques, elle citait des MG et des Bentley ; elle y rangeait aussi des Talbot. S’y ajoutaient des Alfa Romeo italiennes et des Bugatti françaises. Le lendemain, l’édition de Paris du Daily Mail reprit la dépêche en présentant l’épreuve comme la première course sur route américaine depuis 1935.

Aux essais, William F. Milliken Jr. retourna sa Bugatti Type 35 dans un virage qui prit alors le nom de Milliken’s Corner. Parmi les engagés figuraient aussi le dessinateur Charles Addams, créateur de la famille Addams, et les frères Miles et Sam Collier, d’Everglades, en Floride.

Le samedi 2 octobre, Frank Griswold, de Wayne, en Pennsylvanie, gagna sur une Alfa Romeo 8C 2900 B, un coupé d’avant-guerre. Briggs Cunningham le suivit de près sur sa BuMerc. Argetsinger termina neuvième, sur sa MG TC.

Infographie « La première édition du Grand Prix de Watkins Glen », 2 octobre 1948 : course patronnée par le village et le Sports Car Club of America, 6,6 milles de routes publiques, 15 partants, victoire de Frank Griswold.
Le 2 octobre 1948, la première édition du Grand Prix de Watkins Glen se courut sur les routes publiques du village.
Infographie « La première édition du Grand Prix de Watkins Glen », 2 octobre 1948 : course patronnée par le village et le Sports Car Club of America, 6,6 milles de routes publiques, 15 partants, victoire de Frank Griswold.
Le 2 octobre 1948, la première édition du Grand Prix de Watkins Glen se courut sur les routes publiques du village.

1949-1951 : Collier, Goldschmidt, Walters

Le samedi 17 septembre 1949, Miles Collier remporta la deuxième édition sur une Riley biplace à moteur Ford. Il couvrit les quinze tours, soit 99 milles (159,3 km), en 86 min 46 s. Briggs Cunningham fut de nouveau deuxième. La dépêche de l’agence United Press évalua la foule à cent mille personnes.

En 1948 et en 1949, l’épreuve fut une course de club, réservée aux membres du SCCA. En 1950, elle entra au calendrier international de la FIA sous le nom d’« International Sports Car Grand Prix of Watkins Glen ». L’American Automobile Association (AAA), qui représentait la FIA aux États-Unis, en fut coorganisatrice. Les pilotes qui n’étaient pas membres du club devaient passer par une course préliminaire, la Seneca Cup.

Erwin Goldschmidt, courtier en assurances de Manhattan âgé de 34 ans, était de ceux-là. Deuxième de la Seneca Cup derrière Phil Walters, il obtint sa place au Grand Prix. Il y partit dernier. Le samedi 23 septembre 1950, il remporta cette troisième édition sur une Allard J2 à moteur Cadillac, en 1 h 22 min pour quinze tours et 99 milles. Deuxième sur une Healey à moteur Cadillac, Briggs Cunningham terminait à ce rang pour la troisième année de suite. Toutes les estimations de l’époque comptèrent au moins 100 000 spectateurs.

Pendant ce Grand Prix, Sam Collier, frère du vainqueur de 1949, fut éjecté de la Ferrari 166 de sport qu’il pilotait et se tua. Il avait environ 34 ans. Du 24 au 26 septembre, des quotidiens français, dont L’Équipe et L’Aurore, reprirent la dépêche de la course.

Le samedi 15 septembre 1951, Phil Walters gagnera le Grand Prix sur une Cunningham.


Comment Watkins Glen passe-t-il des rues du village à un circuit permanent entre 1952 et 1960 ?

Watkins Glen mit quatre ans à retirer ses courses des routes publiques, de l’accident mortel du 20 septembre 1952 à la première course sur un circuit permanent, en septembre 1956.

Le 20 septembre 1952 : la course arrêtée

Le samedi 20 septembre 1952, une foule estimée à plus de 100 000 personnes assistait au Grand Prix. Au premier virage, deux voitures se touchèrent alors qu’elles achevaient le premier tour de la course de 99 milles (159,3 km). C’étaient celles de Fred Wacker Jr., de Lake Forest, dans l’Illinois, et de John Fitch, de Stamford, dans le Connecticut. L’Allard à moteur Cadillac de Wacker entra dans un groupe de spectateurs.

Frankie Fazzari, 7 ans, fut tué. Douze personnes furent blessées, dont son frère James, 14 ans, dans un état critique. La course fut arrêtée.

Plusieurs accidents avaient eu lieu sur le parcours routier dans ses dernières années ; après celui de 1952, la course quitta les rues du village.

1953-1956 : hors du village, puis un circuit permanent

En 1953, le Grand Prix passa sur un tracé de 4,6 milles (7,4 km) qui empruntait des routes existantes, entièrement hors du village, sur une colline boisée au sud-ouest. Pour gérer la course sur ce tracé, la chambre de commerce constitua la Watkins Glen Grand Prix Corporation. Celle-ci renforça le contrôle des spectateurs et améliora le stationnement et les points de vente.

Le 19 septembre 1953, L’Équipe titra « Cent voitures au Grand Prix de Watkins-Glen (U.S.A.) » ; le quotidien annonçait vingt-deux tours d’un circuit de 7 km pour ce sixième Grand Prix sur route. Le même jour, Walt Hansgen, de Westfield, dans le New Jersey, gagna sur une Jaguar XK120. Le 18 septembre 1954, Phil Walters gagna le Grand Prix pour la deuxième fois, sur une Cunningham : il couvrit 101,2 milles (162,9 km) en 1 h 12 min 43,6 s, à plus de 83 milles à l’heure de moyenne. Le 17 septembre 1955, Sherwood Johnston gagna sur la Jaguar Type D n° 60 engagée par Briggs Cunningham.

Il devenait impossible de continuer à fermer des routes publiques qui servaient aussi de chemins agricoles. Les pilotes se plaignaient des dégagements et de la visibilité. En 1955, la construction d’un circuit permanent fut décidée.

Son terrain de 550 acres (222,6 ha) recouvrait en partie l’emprise du tracé routier précédent ; aucune portion de route n’était commune aux deux tracés, la piste étant faite de routes entièrement neuves. William Milliken fut consulté. Plusieurs professeurs d’ingénierie de l’université Cornell dessinèrent la piste de 2,3 milles (3,7 km), qui ne sera achevée que la nuit précédant les premiers essais.

Du 13 au 15 septembre 1956, ce circuit accueillit la neuvième édition du Grand Prix. Le samedi 15 septembre, George Constantine, de Southbridge, dans le Massachusetts, la gagna sur une Jaguar Type D, à 71,4 milles à l’heure (114,9 km/h) de moyenne.

Infographie « Watkins Glen, des rues du village au circuit permanent », de 1952 à 1956 : course arrêtée le 20 septembre 1952, tracé de 4,6 milles hors du village en 1953, piste permanente de 2,3 milles en 1956.
De l’accident de 1952 à la piste permanente de 1956, le Grand Prix de Watkins Glen quitta les routes du village.
Infographie « Watkins Glen, des rues du village au circuit permanent », de 1952 à 1956 : course arrêtée le 20 septembre 1952, tracé de 4,6 milles hors du village en 1953, piste permanente de 2,3 milles en 1956.
De l’accident de 1952 à la piste permanente de 1956, le Grand Prix de Watkins Glen quitta les routes du village.

1958-1960 : la Formule libre, chaque automne

En 1958, Cameron Argetsinger ramena les courses internationales à Watkins Glen, sous la forme de la Formule libre. Le 28 septembre 1958, Jo Bonnier gagna la première. Le dimanche 18 octobre 1959, Stirling Moss remporta la course de 100 tours. Le 9 octobre 1960, Moss s’imposa de nouveau, sur la Lotus 18 n° 7 de Rob Walker, à 105,8 milles à l’heure (170,3 km/h) de moyenne.


Chronologie du circuit de Watkins Glen (1948-1984)

Chronologie
Le circuit de Watkins Glen 1948-1984
Légende
Première édition, naissance d’une épreuve
Évolution du tracé ou du format
Changement institutionnel ou d’organisateur
Victoire ou record
Rupture
Accident mortel
Fin de l’épreuve de Formule 1
1948
Première course sur les routes du village
Le samedi 2 octobre 1948, quinze voitures prirent le départ d’une course de huit tours, sur un parcours de 6,6 milles (10,6 km) qui empruntait les routes publiques de Watkins Glen. Frank Griswold gagna sur une Alfa Romeo 8C 2900 B.
1952
Course arrêtée après la mort d’un enfant de 7 ans
Le samedi 20 septembre 1952, au premier tour, l’Allard à moteur Cadillac de Fred Wacker Jr. entra dans un groupe de spectateurs, après un contact avec la voiture de John Fitch. Frankie Fazzari, 7 ans, fut tué et douze personnes furent blessées.
1953
Un tracé de 4,6 milles hors du village
Le Grand Prix passa sur un tracé de 4,6 milles (7,4 km) fait de routes existantes, sur une colline boisée au sud-ouest. La chambre de commerce constitua la Watkins Glen Grand Prix Corporation pour gérer la course.
1956
Un circuit permanent de 2,3 milles
Du 13 au 15 septembre 1956, la neuvième édition se courut sur un terrain de 550 acres (222,6 ha), où la piste de 2,3 milles (3,7 km) était faite de routes entièrement neuves. George Constantine gagna le samedi 15 septembre, sur une Jaguar Type D.
1958
Retour des courses internationales
Cameron Argetsinger ramena les courses internationales à Watkins Glen, sous la forme de la Formule libre. Jo Bonnier gagna la course du 28 septembre 1958.
1961
Premier Grand Prix des États-Unis tenu à Watkins Glen
Le dimanche 8 octobre 1961, Innes Ireland gagna sur une Lotus 21 le troisième Grand Prix des États-Unis du championnat du monde, après Sebring en 1959 et Riverside en 1960. Ce fut la première victoire en championnat du monde de l’écurie d’usine Team Lotus.
1966
Le seul moteur à seize cylindres vainqueur en championnat du monde
Le 2 octobre 1966, sur 108 tours, Jim Clark gagna sur une Lotus 43 à moteur BRM H16 de 3 litres. Ce fut la première victoire de ce moteur, et la seule d’un seize-cylindres en championnat du monde.
1970
Première victoire de Fittipaldi, Rindt champion à titre posthume
Le 4 octobre 1970, Emerson Fittipaldi gagna sur une Lotus 72C-Ford la première de ses quatorze victoires en championnat du monde. Jacky Ickx ne put plus rattraper Jochen Rindt, mort avant la fin de la saison : Rindt devint champion du monde des conducteurs à titre posthume.
1971
Un circuit refait à 3,377 milles
Pour le Grand Prix du 3 octobre 1971, le circuit passa de 2,3 à 3,377 milles (5,435 km) : nouveaux stands, piste élargie et boucle supplémentaire d’un mille. François Cevert y gagna sur une Tyrrell 002-Ford, sa seule victoire en championnat du monde.
1973
Mort de François Cevert aux essais
Le samedi 6 octobre 1973, aux essais, François Cevert, 29 ans, se tua dans les Esses au volant de la Tyrrell 006 (châssis 006/3). Le soir même, Ken Tyrrell retira les voitures de Jackie Stewart et de Chris Amon.
1974
Mort de Helmuth Koinigg au dixième tour
Le dimanche 6 octobre 1974, au dixième tour, l’Autrichien Helmuth Koinigg se tua sur une Surtees TS16. Carlos Reutemann gagna la course sur une Brabham BT44-Ford.
1975
Une chicane avant les Esses
Une chicane fut ajoutée avant les Esses, pour ralentir les voitures à l’approche de ce passage pris à fond. Niki Lauda gagna le Grand Prix le 5 octobre 1975, sur une Ferrari 312 T.
1976
Victoire de James Hunt, à trois points de Niki Lauda
Le dimanche 10 octobre 1976, James Hunt gagna sur une McLaren M23-Ford avec 8,030 s d’avance sur Jody Scheckter, et revint à trois points de Niki Lauda au championnat du monde des conducteurs (68 points contre 65). Il en deviendra champion le 24 octobre, au Japon.
1980
Dernier Grand Prix de Formule 1 à Watkins Glen
Le 5 octobre 1980, Alan Jones gagna sur une Williams-Ford le dernier Grand Prix de Formule 1 couru à Watkins Glen. Bruno Giacomelli était parti en pole position sur une Alfa Romeo.
1981
Retrait du Grand Prix du calendrier
Le jeudi 7 mai 1981, la Fédération internationale du sport automobile (FISA) retira du calendrier le Grand Prix prévu le 4 octobre. Les organisateurs n’avaient pas payé au 1er mai leurs dettes envers les écuries et envers la FISA.
1981
Demande de protection du chapitre 11
Le jeudi 13 août 1981, la Watkins Glen Grand Prix Corporation demanda, devant le tribunal fédéral de Rochester, la protection du chapitre 11 de la loi fédérale sur les faillites. Elle annonça maintenir ses courses de fin d’été et d’automne.
1982
Le circuit adjugé à la Bank of New York
Le mercredi 10 novembre 1982, le circuit fut mis aux enchères sur les marches du palais de justice du comté de Schuyler. La Bank of New York l’emporta pour 1,25 million de dollars, en cinq minutes, devant quelque 150 personnes.
1983
Rachat par Corning Enterprises, naissance de Watkins Glen International
Le 14 juillet 1983, Corning Enterprises, filiale de Corning Glass Works, annonça l’achat du circuit. Associée à l’International Speedway Corporation, elle donna naissance à Watkins Glen International.
1984
Réouverture avec le Camel Continental
Les 7 et 8 juillet 1984, le Camel Continental de l’International Motor Sports Association (IMSA) rouvrit le circuit : six heures de course en deux manches de trois heures, la première course professionnelle depuis 1981. La Porsche 962 d’Al Holbert gagna.

Comment se déroule le Grand Prix des États-Unis du 8 octobre 1961, premier tenu à Watkins Glen ?

Le 8 octobre 1961, Watkins Glen accueillit un Grand Prix des États-Unis qui avait déjà compté deux fois pour le championnat du monde : à Sebring, en Floride, le 12 décembre 1959, et à Riverside, en Californie, le 20 novembre 1960.

Sebring, Riverside, Watkins Glen : trois Grands Prix des États-Unis en trois ans

À Sebring, Bruce McLaren avait gagné sur une Cooper-Climax ; à Riverside, Stirling Moss s’était imposé sur la Lotus-Climax de l’écurie privée de Rob Walker. L’organisateur de Watkins Glen compta ses éditions à partir de Sebring. Dans son numéro de novembre 1962, Motor Sport titrera de même sur le quatrième Grand Prix des États-Unis. En 1980, l’organisateur présentera l’édition de l’année comme la vingt-deuxième. L’épreuve de 1961 fut donc la troisième de la série.

D’autres courses avaient porté un nom voisin. Le 2 octobre 1950, le magazine Time appela « Third U.S. Grand Prix » la course de voitures de sport de Watkins Glen. Le 12 octobre 1958, à Riverside, une course de voitures de sport avait reçu le nom de « United States Grand Prix ». De 1950 à 1960, les 500 Miles d’Indianapolis comptèrent pour le championnat du monde sans être un Grand Prix des États-Unis.

Photo de Stirling Moss et Innes Ireland en 1961 ; infographie « Premier Grand Prix des États-Unis tenu à Watkins Glen », championnat du monde de 1959 à 1961 : Sebring 1959, Riverside 1960, Watkins Glen le 8 octobre 1961.
Le 8 octobre 1961, Watkins Glen accueillit son premier Grand Prix des États-Unis. Sebring, en 1959, et Riverside, en 1960, avaient accueilli les deux premiers Grands Prix des États-Unis du championnat du monde. Photo : Stirling Moss (à gauche) et Innes Ireland dans le quartier des coureurs du Grand Prix des Pays-Bas, à Zandvoort, le 22 mai 1961, Anefo, Nationaal Archief, CC0, Wikimedia Commons, recadrée.
Photo de Stirling Moss et Innes Ireland en 1961 ; infographie « Premier Grand Prix des États-Unis tenu à Watkins Glen », championnat du monde de 1959 à 1961 : Sebring 1959, Riverside 1960, Watkins Glen le 8 octobre 1961.
Le 8 octobre 1961, Watkins Glen accueillit son premier Grand Prix des États-Unis. Sebring, en 1959, et Riverside, en 1960, avaient accueilli les deux premiers Grands Prix des États-Unis du championnat du monde. Photo : Stirling Moss (à gauche) et Innes Ireland dans le quartier des coureurs du Grand Prix des Pays-Bas, à Zandvoort, le 22 mai 1961, Anefo, Nationaal Archief, CC0, Wikimedia Commons, recadrée.

8 octobre 1961 : la course

Le dimanche 8 octobre 1961, le Grand Prix des États-Unis fermait la saison : c’était la huitième et dernière manche du championnat du monde des conducteurs. La course relevait de la Watkins Glen Grand Prix Corporation, une organisation de sportifs sans but lucratif ; Cameron Argetsinger en était l’organisateur et le directeur de course. Ferrari, déjà assurée de la Coupe internationale des constructeurs de Formule 1, ne vint pas. Le titre des conducteurs était lui aussi joué, au profit de Phil Hill.

La course se disputait sur 100 tours de 2,3 milles, soit 230 milles (370 km). Jack Brabham partit en pole position sur une Cooper-Climax. Stirling Moss et lui se disputèrent la tête. Brabham abandonna après 57 tours, sur une surchauffe. Au tour suivant, Moss renonça sur un ennui de moteur.

Parti huitième, Innes Ireland gagna sur la Lotus 21 de Team Lotus, à moteur Coventry Climax FPF quatre cylindres de 1,5 litre, en 2 h 13 min 45,8 s. À 4,3 s du vainqueur, Dan Gurney finit deuxième sur Porsche. Tony Brooks se classa troisième sur une BRM-Climax, à 49 s ; vainqueur à Sebring en 1959, Bruce McLaren fut quatrième sur une Cooper-Climax, à 58 s.

Dix-neuf voitures avaient pris le départ et onze furent classées ; Masten Gregory et Olivier Gendebien se partagèrent la onzième place, sur la même Lotus, engagée sous le n° 21. Inscrit sur une Lotus-Climax n° 23, Ken Miles ne prit pas le départ. Plus de 30 000 spectateurs assistèrent à la course, 50 000 selon l’Associated Press.

Team Lotus, l’écurie d’usine, remportait là sa première victoire en championnat du monde. Les quatre victoires de Lotus en championnat du monde qui l’avaient précédée, dont celle de Riverside, revenaient à la Lotus privée de Rob Walker, pilotée par Stirling Moss. Ce sera l’unique victoire d’Innes Ireland en championnat du monde.


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Qui gagne le Grand Prix des États-Unis à Watkins Glen entre 1962 et 1970 ?

De 1962 à 1967, Jim Clark et Graham Hill se partagèrent le Grand Prix des États-Unis de Watkins Glen, à raison de trois victoires chacun, total qu’aucun autre pilote n’atteindra sur ce circuit.

1962-1965 : Clark, puis trois victoires de Graham Hill

Le succès de la course de 1961, écrivit Motor Sport en novembre 1962, avait garanti le retour du Grand Prix à Watkins Glen. Le 7 octobre 1962, vingt pilotes étaient engagés. Parti en pole position, Jim Clark gagna sur une Lotus 25-Climax, devant Graham Hill. Au volant d’une Lotus-Climax, Maurice Trintignant fut le premier pilote français au départ d’un Grand Prix des États-Unis à Watkins Glen ; il abandonna sur une défaillance des freins.

En 1963, la course passa de 100 à 110 tours. Le 6 octobre 1963, Graham Hill la gagna depuis la pole sur une BRM. Il s’imposa encore le 4 octobre 1964 et le 3 octobre 1965, sur une BRM P261. Clark avait signé la pole de 1964 sur une Lotus-Climax. Hill signa celle de 1965.

Cette année-là, la Grand Prix Drivers’ Association (GPDA) désigna l’épreuve comme la mieux organisée de la saison. Elle lui décernera de nouveau cette distinction en 1970, puis en 1972.

1966-1967 : le moteur H16 et les dotations

Le 2 octobre 1966, sur 108 tours, Jim Clark gagna avec une Lotus 43 à moteur BRM H16 de 3 litres. C’était la première victoire de ce moteur, et la seule qu’un seize-cylindres remportera en championnat du monde. Jack Brabham partait en pole sur une Brabham-Repco. Dans son compte rendu de novembre 1966 pour Motor Sport, Michael Tee écrivit : « Les sceptiques qui disaient que le moteur H16 ne gagnerait jamais une course auraient dû être au Glen quand Clark a reçu le drapeau, car le son du moteur était aussi net qu’au premier tour » (traduit de l’anglais).

Le vainqueur reçut 20 000 dollars, et le vingtième, 2 800. La dotation atteignait 102 400 dollars ; Motor Sport la présenta comme la plus forte des Grands Prix.

Le 1er octobre 1967, Clark gagna de nouveau, sur une Lotus 49-Ford, après la pole de Graham Hill sur une autre Lotus-Ford. C’était la septième fois que le Grand Prix des États-Unis se courait à Watkins Glen. Aucune prime de départ n’était versée. La dotation dépassait encore 100 000 dollars. La pole rapportait 1 000 dollars, et les frais de voyage depuis l’Europe étaient payés.

Photo en noir et blanc d’une Lotus 49 au Grand Prix des États-Unis 1967 ; infographie « Clark et Hill, trois victoires chacun à Watkins Glen », de 1962 à 1967 : Jim Clark en 1962, 1966 et 1967, Graham Hill en 1963, 1964 et 1965.
De 1962 à 1967, Jim Clark et Graham Hill gagnèrent chacun trois fois le Grand Prix des États-Unis à Watkins Glen. Photo : une Lotus 49 au Grand Prix des États-Unis 1967, Rtsanderson, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons, recadrée.
Photo en noir et blanc d’une Lotus 49 au Grand Prix des États-Unis 1967 ; infographie « Clark et Hill, trois victoires chacun à Watkins Glen », de 1962 à 1967 : Jim Clark en 1962, 1966 et 1967, Graham Hill en 1963, 1964 et 1965.
De 1962 à 1967, Jim Clark et Graham Hill gagnèrent chacun trois fois le Grand Prix des États-Unis à Watkins Glen. Photo : une Lotus 49 au Grand Prix des États-Unis 1967, Rtsanderson, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons, recadrée.

1968-1970 : Stewart, Rindt, Fittipaldi

Le 6 octobre 1968, Jackie Stewart gagna sur une Matra à moteur Ford Cosworth V8, après la pole de Mario Andretti sur une Lotus-Ford. Jean-Pierre Beltoise pilotait la Matra à moteur Matra V12, seule voiture engagée par Matra ; il abandonna après 44 tours, sur un ennui de transmission.

Le 22 juin 1969, le New York Times annonça 306 000 dollars de prix garantis à Watkins Glen pour quatre épreuves de championnat nationales et internationales, somme qu’il présenta comme la plus élevée de tous les circuits routiers du monde. Le Grand Prix des États-Unis en offrait à lui seul 200 000 ; les 6 Heures et la Can-Am de juillet comptaient aussi parmi ces quatre épreuves. Le 5 octobre 1969, Jochen Rindt, parti en pole position, gagna sur une Lotus 49B-Ford à 203,356 km/h de moyenne. C’était la première de ses six victoires en championnat du monde.

En 1970, Cameron Argetsinger, diplômé de la faculté de droit de Cornell en 1954 et directeur de course depuis 1961, quitta Watkins Glen. Il sera ensuite vice-président exécutif de Chaparral Cars. En 1972, le SCCA le nommera directeur de ses courses professionnelles ; en 1974, il en deviendra aussi le directeur exécutif. En 1976, il quittera le SCCA pour revenir exercer le droit dans le comté de Schuyler.

Dans son compte rendu de novembre 1970, Motor Sport rapporta que les nouveaux venus comptaient Watkins Glen parmi les plus courts des circuits de Grand Prix. Le 4 octobre 1970, à l’avant-dernière manche de la saison, Emerson Fittipaldi y gagna sur une Lotus 72C-Ford la première de ses quatorze victoires en championnat du monde ; Jacky Ickx était parti en pole sur une Ferrari. Ce résultat empêcha Ickx de rattraper le total de points de Jochen Rindt, mort avant la fin de la saison. Rindt devint champion du monde des conducteurs à titre posthume.


Comment le circuit de Watkins Glen change-t-il entre 1971 et 1975 ?

Refait en 1971, le circuit de Watkins Glen passa de 2,3 à 3,377 milles (5,435 km) ; François Cevert y gagnera en 1971, puis s’y tuera aux essais de 1973. De 1971 à 1975, le Grand Prix des États-Unis ferma chaque saison du championnat.

Photo de Niki Lauda sur la Ferrari 312 T à Watkins Glen en 1975 ; infographie « Le circuit de Watkins Glen allongé à 3,377 milles » : tracé provisoire de juillet 1971, circuit de 3,377 milles en octobre 1971, chicane avant les Esses en 1975.
Refait en 1971, le circuit de Watkins Glen passa de 2,3 à 3,377 milles (5,435 km). Photo : Niki Lauda sur la Ferrari 312 T au Grand Prix des États-Unis 1975, Christian Sinclair, CC BY 2.0, Wikimedia Commons, recadrée.
Photo de Niki Lauda sur la Ferrari 312 T à Watkins Glen en 1975 ; infographie « Le circuit de Watkins Glen allongé à 3,377 milles » : tracé provisoire de juillet 1971, circuit de 3,377 milles en octobre 1971, chicane avant les Esses en 1975.
Refait en 1971, le circuit de Watkins Glen passa de 2,3 à 3,377 milles (5,435 km). Photo : Niki Lauda sur la Ferrari 312 T au Grand Prix des États-Unis 1975, Christian Sinclair, CC BY 2.0, Wikimedia Commons, recadrée.

1971-1972 : un circuit refait, une victoire française

En juillet 1971, une configuration provisoire de 2,428 milles (3,907 km) servit aux 6 Heures et à la Can-Am. La piste était élargie à 36 pieds (11 m) sur toute sa longueur. Une chicane gauche-droite remplaçait la courbe de Fast Bend. Le dernier virage était resserré et relevé ; la montée entre les virages 1 et 2 avait été reprofilée.

Pour le Grand Prix d’octobre, une boucle supplémentaire d’un mille s’y ajouta, ondulée et aux virages relevés, dessinée avec l’aide de l’ordinateur du laboratoire aéronautique de Cornell. Le circuit refait reçut aussi de nouveaux stands. La presse de l’époque arrondissait sa longueur à 3,4 milles. Le Grand Prix s’y courra désormais sur 59 tours, soit 199,2 milles (320,6 km).

Le 3 octobre 1971, Jackie Stewart partit en pole position sur la Tyrrell 003. Son équipier François Cevert gagna sur la Tyrrell 002-Ford. Un an plus tôt, pour son premier Grand Prix à Watkins Glen, il avait abandonné. Il devenait le deuxième Français vainqueur d’un Grand Prix de championnat du monde, après Maurice Trintignant, victorieux à Monaco en 1955 et en 1958. Ce sera la seule victoire de Cevert en championnat du monde.

Le vainqueur reçut 50 000 dollars et le deuxième 20 000. Le troisième toucha 12 000 dollars, le premier pilote à abandonner 6 000. Dans son compte rendu de novembre 1971 pour Motor Sport, Andrew Marriott qualifia de record les plus de 65 000 dollars gagnés par l’équipe Tyrrell et évalua le public à 100 000 personnes. Il écrivit aussi : « Chacun s’efforce tout particulièrement de bien figurer au Grand Prix des États-Unis, car c’est ici que peuvent se faire les bénéfices ou les pertes d’une saison » (traduit de l’anglais).

Le 8 octobre 1972, Stewart gagna depuis la pole sur une Tyrrell-Ford, devant Cevert, deuxième sur la Tyrrell 006. Patrick Depailler, que Motor Sport présentait comme le pilote en formation de l’équipe, termina septième.

1973 : la mort de François Cevert

Le samedi 6 octobre 1973, aux essais, François Cevert se tua dans les Esses, au volant de la Tyrrell 006, châssis 006/3. Né le 25 février 1944, il avait 29 ans. Dans son compte rendu de novembre 1973 pour Motor Sport, Andrew Marriott décrivit ce passage : « Les pilotes reconnaissent que cette section de Watkins Glen est la plus difficile, et la piste est étroite au milieu des Esses, là où elle forme un pont au-dessus d’une route d’accès au circuit » (traduit de l’anglais).

Le soir même, après de longues discussions, Ken Tyrrell retira ses deux autres voitures, celles de Jackie Stewart et de Chris Amon. Stewart compta 100 engagements et 99 départs en championnat du monde ; le Grand Prix du 7 octobre 1973 fut son centième engagement.

Ce dimanche-là, Ronnie Peterson gagna depuis la pole sur la Lotus 72-Ford, châssis 72/6. Lotus remporta cette saison-là la Coupe internationale des constructeurs de Formule 1.

Infographie « François Cevert à Watkins Glen » : victoire du 3 octobre 1971 sur la Tyrrell 002-Ford, deuxième place le 8 octobre 1972, mort aux essais le 6 octobre 1973, à 29 ans.
François Cevert gagna à Watkins Glen en 1971 et y finit deuxième en 1972. Il s’y tua aux essais le 6 octobre 1973.
Infographie « François Cevert à Watkins Glen » : victoire du 3 octobre 1971 sur la Tyrrell 002-Ford, deuxième place le 8 octobre 1972, mort aux essais le 6 octobre 1973, à 29 ans.
François Cevert gagna à Watkins Glen en 1971 et y finit deuxième en 1972. Il s’y tua aux essais le 6 octobre 1973.

1974 : la mort de Helmuth Koinigg

Le dimanche 6 octobre 1974, le départ fut donné par Richard « Tex » Hopkins, le starter en costume lavande des courses de Watkins Glen depuis 1956. Il donnera celui de chaque Grand Prix jusqu’à sa retraite, en 1979. Mario Andretti ne put démarrer ; premier réserviste, le Français José Dolhem entra dans la course sur une Surtees TS16.

Au dixième tour, l’Autrichien Helmuth Koinigg se tua sur une autre Surtees TS16. Après l’accident, l’écurie Surtees retira la voiture de Dolhem.

Carlos Reutemann gagna depuis la pole sur une Brabham BT44-Ford. Quatrième sur une McLaren, Emerson Fittipaldi devint champion du monde des conducteurs. Patrick Depailler termina sixième.

1975 : une chicane avant les Esses

En 1975, une chicane fut ajoutée avant les Esses, pour ralentir les voitures à l’approche de ce passage pris à fond. En novembre 1976, Motor Sport rapporta que Jody Scheckter avait contribué à son dessin. Elle sera légèrement modifiée en 1976.

Le 5 octobre 1975, Niki Lauda gagna depuis la pole sur une Ferrari 312 T. En course, Emerson Fittipaldi porta le record du tour à 1 min 43,3 s.


Les tracés de Watkins Glen depuis 1948

Tracés
Les tracés de Watkins Glen depuis 1948
PériodeTracéLongueurParticularité
Sur les routes publiques
1948-1952Parcours routier du village, par Franklin Street et les routes NY 329 et NY 4096,6 milles (10,6 km)Routes publiques, majoritairement revêtues, avec une courte portion de terre et de gravier ; départ et arrivée devant le palais de justice du comté de Schuyler
1953-1955Routes rurales hors du village, sur une colline boisée au sud-ouest4,6 milles (7,4 km)Routes existantes, entièrement hors du village ; Watkins Glen Grand Prix Corporation constituée pour gérer la course
Circuit permanent
1956-1970Circuit permanent2,3 milles (3,7 km)Terrain de 550 acres (222,6 ha) recouvrant en partie l’emprise du tracé précédent ; piste faite de routes entièrement neuves, sans aucune portion de route commune
Juillet 1971Configuration provisoire des 6 Heures et de la Can-Am2,428 milles (3,907 km)Piste élargie à 36 pieds (11 m) sur toute sa longueur ; courbe de Fast Bend remplacée par une chicane gauche-droite ; dernier virage resserré et relevé ; montée entre les virages 1 et 2 reprofilée
Octobre 1971-1974Circuit refait3,377 milles (5,435 km)Nouveaux stands ; boucle supplémentaire d’un mille, ondulée et aux virages relevés, dessinée avec l’aide de l’ordinateur du laboratoire aéronautique de Cornell ; Grand Prix sur 59 tours
1975-1980Circuit refait, avec une chicane avant les EssesNon documentéChicane ajoutée en 1975 pour ralentir les voitures à l’approche des Esses, légèrement modifiée en 1976
1992Ajout de l’Inner LoopNon documentéBoucle placée sur la ligne droite arrière
Aujourd’huiConfiguration courte, utilisée par la National Association for Stock Car Auto Racing (NASCAR)2,45 milles (3,94 km)Longueur actuelle ; la NASCAR court sur la configuration courte chaque année depuis 1986, mais la longueur de 1986 n’est pas documentée
3,377 milles se lisait « 3,4 milles » en arrondi d’époque. « Non documenté » : longueur non établie. La longueur de la configuration courte est la longueur actuelle, sans date.

Comment James Hunt gagne-t-il le Grand Prix des États-Unis du 10 octobre 1976 à Watkins Glen ?

James Hunt gagna le Grand Prix des États-Unis du 10 octobre 1976 à Watkins Glen avec 8,030 s d’avance sur Jody Scheckter ; à une manche de la fin, il revenait à trois points de Niki Lauda au championnat du monde des conducteurs.

Hunt, Scheckter, Lauda : la course

L’organisateur intitulait l’épreuve « Grand Prix of the United States ». Une partie de la presse la disait « Est », pour la distinguer de Long Beach, où un « United States Grand Prix West » s’était couru le 28 mars 1976. Le « livre jaune » du règlement permettait à un pays d’accueillir deux manches du championnat, distantes de plus de 3 000 milles (4 828 km). Les États-Unis devenaient le premier pays à recevoir deux Grands Prix de championnat la même année depuis l’Italie en 1957, avec Pescara et Monza.

Avant la course, Lauda comptait 64 points, et Hunt 56. Le dimanche 10 octobre, après deux jours de pluie, le départ fut retardé de près d’une heure ; la piste était sèche et froide. Hunt partait en pole position, sur une McLaren M23 à moteur Ford Cosworth DFV V8 de 3 litres engagée par Marlboro Team McLaren. Aux essais, son meilleur tour avait été de 1 min 43,622 s. Jacques Laffite partait quatrième.

Scheckter mena sur la Tyrrell P34 à six roues. Au 15e tour, Jacky Ickx eut un accident sur son Ensign : il sortit seul de la voiture en feu, le pied écrasé et la cheville cassée. Au 37e tour, Hunt passa Scheckter. Trois tours plus tard, gêné à la chicane par la Williams attardée de Warwick Brown, il céda la première place à Scheckter. Au 46e tour, il la reprit ; il boucla les 59 tours en 1 h 42 min 40,741 s.

Sur une Ferrari 312 T2, Lauda finit troisième, 0,134 s devant Jochen Mass, sur l’autre McLaren M23-Ford. Hans-Joachim Stuck, sur une March 761-Ford, et John Watson, sur une Penske PC4-Ford, prirent les cinquième et sixième places. Vingt-six voitures avaient pris le départ, et quatorze furent classées ; Henri Pescarolo, avec 48 tours, ne le fut pas. Dès Watkins Glen, Ferrari était assurée de la Coupe internationale des constructeurs de Formule 1. Une foule estimée à quelque 100 000 personnes assistait à la course.

Lauda comptait désormais 68 points, et Hunt 65. Le 24 octobre 1976, au Grand Prix du Japon, Hunt deviendra champion du monde des conducteurs avec 69 points contre 68.

Photo de James Hunt sur la McLaren M23 à Zandvoort en 1976 ; infographie « Hunt à trois points de Lauda au championnat du monde 1976 » : victoire du 10 octobre 1976, Lauda 68 points, Hunt 65 ; Hunt champion du monde des conducteurs, 69 à 68.
Le 10 octobre 1976, James Hunt gagna à Watkins Glen et revint à trois points de Niki Lauda. Photo : James Hunt sur la McLaren M23 n° 11 aux essais du Grand Prix des Pays-Bas, à Zandvoort, le 27 août 1976, Bert Verhoeff, Anefo, Nationaal Archief, CC0, Wikimedia Commons, recadrée.
Photo de James Hunt sur la McLaren M23 à Zandvoort en 1976 ; infographie « Hunt à trois points de Lauda au championnat du monde 1976 » : victoire du 10 octobre 1976, Lauda 68 points, Hunt 65 ; Hunt champion du monde des conducteurs, 69 à 68.
Le 10 octobre 1976, James Hunt gagna à Watkins Glen et revint à trois points de Niki Lauda. Photo : James Hunt sur la McLaren M23 n° 11 aux essais du Grand Prix des Pays-Bas, à Zandvoort, le 27 août 1976, Bert Verhoeff, Anefo, Nationaal Archief, CC0, Wikimedia Commons, recadrée.

1977-1980 : les quatre dernières éditions

À partir de 1977, l’épreuve s’intitula « Toyota Grand Prix of the United States ». Le 2 octobre 1977, Hunt gagna de nouveau depuis la pole, sur une McLaren M26-Ford. La Renault RS01 à moteur turbocompressé de Jean-Pierre Jabouille abandonna sur une panne d’alternateur.

Le 1er octobre 1978, Carlos Reutemann gagna sur une Ferrari 312 T3, quatre ans après sa victoire sur Brabham ; Mario Andretti était parti en pole sur une Lotus. Quatrième, Jabouille marqua les premiers points de Renault en championnat du monde. Patrick Tambay termina sixième.

Le 7 octobre 1979, à la dernière manche de la saison, Gilles Villeneuve gagna sur une Ferrari 312 T4, après la pole d’Alan Jones sur une Williams. René Arnoux finit deuxième sur une Renault à moteur turbocompressé, et Didier Pironi troisième sur une Tyrrell 009.

Un an plus tard, Bruno Giacomelli partit en pole sur une Alfa Romeo. Blessé aux essais, Alain Prost ne prit pas le départ. Pironi termina troisième sur une Ligier, et Jacques Laffite cinquième. Le 5 octobre 1980, Alan Jones gagna sur une Williams-Ford le dernier Grand Prix de Formule 1 couru à Watkins Glen.


Palmarès des 20 Grands Prix des États-Unis à Watkins Glen (1961-1980)

Palmarès
Les 20 Grands Prix des États-Unis à Watkins Glen 1961-1980
DateMancheVainqueurVoitureToursPole
Circuit de 2,3 milles, 1961-1970
8 octobre 19618e sur 8Innes IrelandLotus 21 à moteur Coventry Climax FPF quatre cylindres de 1,5 litre (Team Lotus)100Jack Brabham (Cooper-Climax)
7 octobre 19628e sur 9Jim ClarkLotus 25-Climax100Jim Clark
6 octobre 19638e sur 10Graham HillBRM, modèle Non documenté110Graham Hill
4 octobre 19649e sur 10Graham HillBRM P261110Jim Clark (Lotus-Climax)
3 octobre 19659e sur 10Graham HillBRM P261110Graham Hill
2 octobre 19668e sur 9Jim ClarkLotus 43 à moteur BRM H16 de 3 litres108Jack Brabham (Brabham-Repco)
1er octobre 196710e sur 11Jim ClarkLotus 49-Ford108Graham Hill (Lotus-Ford)
6 octobre 196811e sur 12Jackie StewartMatra à moteur Ford Cosworth, modèle Non documenté108Mario Andretti (Lotus-Ford)
5 octobre 196910e sur 11Jochen RindtLotus 49B-Ford108Jochen Rindt
4 octobre 197012e sur 13Emerson FittipaldiLotus 72C-Ford108Jacky Ickx (Ferrari)
Circuit de 3,377 milles, 1971-1980
3 octobre 197111e sur 11François CevertTyrrell 002-Ford59Jackie Stewart (Tyrrell)
8 octobre 197212e sur 12Jackie StewartTyrrell-Ford, modèle Non documenté59Jackie Stewart
7 octobre 197315e sur 15Ronnie PetersonLotus 72-Ford, châssis 72/659Ronnie Peterson
6 octobre 197415e sur 15Carlos ReutemannBrabham BT44-Ford59Carlos Reutemann
5 octobre 197514e sur 14Niki LaudaFerrari 312 T59Niki Lauda
10 octobre 197615e sur 16James HuntMcLaren M23 à moteur Ford Cosworth DFV V8 de 3 litres59James Hunt
2 octobre 197715e sur 17James HuntMcLaren M26-Ford59James Hunt
1er octobre 197815e sur 16Carlos ReutemannFerrari 312 T359Mario Andretti (Lotus)
7 octobre 197915e sur 15Gilles VilleneuveFerrari 312 T459Alan Jones (Williams)
5 octobre 198014e sur 14Alan JonesWilliams-Ford, modèle Non documenté59Bruno Giacomelli (Alfa Romeo)
Vingt manches du championnat du monde des conducteurs, de 1961 à 1980 ; Watkins Glen ferme le championnat en 1961, de 1971 à 1975, en 1979 et en 1980. Jim Clark et Graham Hill comptent trois victoires chacun ; Jackie Stewart, James Hunt et Carlos Reutemann, deux chacun. « Non documenté » : modèle de la voiture non établi.

Victoires par constructeur au Grand Prix des États-Unis à Watkins Glen (1961-1980)

Palmarès
Les victoires par constructeur 1961-1980
ConstructeurVictoiresAnnées
Lotus71961, 1962, 1966, 1967, 1969, 1970, 1973
BRM31963, 1964, 1965
Ferrari31975, 1978, 1979
McLaren21976, 1977
Tyrrell21971, 1972
Brabham11974
Matra11968
Williams11980
Le constructeur est la marque du châssis : huit marques se partagent les vingt Grands Prix, quel que soit le moteur. Les victoires de Lotus réunissent des voitures à moteur Climax, BRM et Ford.

Quelles courses se disputent à Watkins Glen en dehors du Grand Prix des États-Unis ?

Le week-end des 12 et 13 juillet 1969, Watkins Glen offrait 20 000 dollars de prix aux 6 Heures et 50 000 à la Can-Am.

Le Grand Prix de voitures de sport né en 1948 se poursuivit à côté de la Formule 1 : sa 14e édition se courut le 23 septembre 1961, sa 20e le dimanche 25 juin 1967.

Le 22 août 1965, au 85e tour d’une course d’endurance de 218 tours pour voitures de série, Harold C. Woods Jr., 34 ans, de Riverton (New Jersey), se tua sur une Daimler.

Les 6 Heures, 1968-1981

Le dimanche 14 juillet 1968, Jacky Ickx et Lucien Bianchi gagnèrent sur une Ford GT40 de J. W. Automotive Engineering les 6 Heures de Watkins Glen, manche de l’« International Championship for Makes ». À partir de 1969, les 6 Heures se courront le plus souvent le samedi et la Can-Am le dimanche, le même week-end de juillet. Jo Siffert et Brian Redman gagnèrent le samedi 12 juillet 1969 sur une Porsche 908. Le 11 juillet 1970, Pedro Rodríguez et Leo Kinnunen s’imposèrent sur une Porsche 917, et le 24 juillet 1971, Ronnie Peterson et Andrea de Adamich sur une Alfa Romeo T33/3. Le 22 juillet 1972, Jacky Ickx et Mario Andretti gagnèrent sur une Ferrari 312 P. Selon Motor Sport, c’était la dixième victoire de Ferrari en dix courses du championnat du monde des marques de 1972, dont Watkins Glen était la dernière manche.

Henri Pescarolo et Gérard Larrousse menèrent la Matra-Simca MS670 à la victoire le 21 juillet 1973, en 199 tours ; le 13 juillet 1974, Jean-Pierre Beltoise et Jean-Pierre Jarier gagnèrent à leur tour sur une Matra-Simca. Ces deux saisons furent celles des deux titres de Matra-Simca au championnat du monde des constructeurs, celui des voitures de sport. Le 12 juillet 1975, Pescarolo gagna de nouveau, avec Derek Bell, sur une Alfa Romeo 33 TT 12.

Rolf Stommelen et Manfred Schurti gagnèrent le samedi 10 juillet 1976 sur une Porsche 935. En juillet 1977, Jacky Ickx et Jochen Mass s’imposèrent sur la Porsche 935 de l’équipe Martini. Toine Hezemans et John Fitzpatrick gagnèrent en juillet 1978 avec Peter Gregg, sur la Porsche 935 de l’équipe Georg Loos. Le samedi 7 juillet 1979, les frères Don et Bill Whittington gagnèrent avec Klaus Ludwig. Lancia s’imposa le 5 juillet 1980 avec Hans Heyer et Riccardo Patrese, puis en juillet 1981 avec Patrese et Michele Alboreto.

La Can-Am, 1969-1981

La Can-Am courut à Watkins Glen de 1969 à 1974, puis de 1977 à 1981 ; une course de Formule 5000 figura au programme en 1974 et en 1976. De 1969 à 1972, les McLaren gagnèrent chaque année. Bruce McLaren s’imposa le 13 juillet 1969. Denny Hulme gagna le 12 juillet 1970 sur une McLaren M8D, et Peter Revson le 25 juillet 1971 sur une McLaren M8F à moteur Chevrolet. Le 23 juillet 1972, Hulme gagna de nouveau.

Mark Donohue gagna le 22 juillet 1973 sur une Porsche 917/30, et Jackie Oliver le 14 juillet 1974 sur une Shadow. Le 10 juillet 1977, le Français Patrick Tambay s’imposa sur une Lola. Warwick Brown gagna en juillet 1978 sur une Lola T333 CS. Keke Rosberg s’imposa en juillet 1979. Le 6 juillet 1980, Tambay remporta à Watkins Glen sa quatrième victoire de la saison. Al Holbert gagna l’édition de juillet 1981, la dernière avant la fermeture du circuit.

Infographie « Les 6 Heures et la Can-Am de Watkins Glen », de 1968 à 1981 : 50 000 dollars de prix offerts à la Can-Am de 1969, 14 éditions des 6 Heures, 11 de la Can-Am, 2 victoires de Matra-Simca.
De 1968 à 1981, les 6 Heures se coururent chaque année en juillet à Watkins Glen, le plus souvent le même week-end que la Can-Am.
Infographie « Les 6 Heures et la Can-Am de Watkins Glen », de 1968 à 1981 : 50 000 dollars de prix offerts à la Can-Am de 1969, 14 éditions des 6 Heures, 11 de la Can-Am, 2 victoires de Matra-Simca.
De 1968 à 1981, les 6 Heures se coururent chaque année en juillet à Watkins Glen, le plus souvent le même week-end que la Can-Am.

NASCAR, Trans-Am et monoplaces américaines

En 1957, la Grand National Division de la National Association for Stock Car Auto Racing (NASCAR) courut pour la première fois à Watkins Glen. La NASCAR revint en 1964 et en 1965. La Trans-Am courut à Watkins Glen dès 1968 : Jerry Titus y gagna la première course, sur une Ford Mustang. Mark Donohue s’imposa en 1969 sur une Chevrolet Camaro, puis en 1971 sur une AMC Javelin. La série revint de 1977 à 1979, puis en 1984 et en 1985.

Du 1er au 3 août 1980, les monoplaces américaines disputèrent la « Kent Oil 150 Indy Car ». En 1981, leur course de la « PPG Indy Car World Series », prévue début août, fut reportée aux 3 et 4 octobre, d’un commun accord entre le circuit et la Championship Auto Racing Teams (CART).


Palmarès des 6 Heures de Watkins Glen (1968-1981)

Palmarès
Les 6 Heures de Watkins Glen 1968-1981
DateVainqueursVoiture
14 juillet 1968Jacky Ickx, Lucien BianchiFord GT40 de J. W. Automotive Engineering
12 juillet 1969Jo Siffert, Brian RedmanPorsche 908
11 juillet 1970Pedro Rodríguez, Leo KinnunenPorsche 917
24 juillet 1971Ronnie Peterson, Andrea de AdamichAlfa Romeo T33/3
22 juillet 1972Jacky Ickx, Mario AndrettiFerrari 312 P
21 juillet 1973Henri Pescarolo, Gérard LarrousseMatra-Simca MS670
13 juillet 1974Jean-Pierre Beltoise, Jean-Pierre JarierMatra-Simca, modèle Non documenté
12 juillet 1975Henri Pescarolo, Derek BellAlfa Romeo 33 TT 12
10 juillet 1976Rolf Stommelen, Manfred SchurtiPorsche 935
Juillet 1977Jacky Ickx, Jochen MassPorsche 935 de l’équipe Martini
Juillet 1978Toine Hezemans, John Fitzpatrick, Peter GreggPorsche 935 de l’équipe Georg Loos
7 juillet 1979Don Whittington, Bill Whittington, Klaus LudwigNon documenté
5 juillet 1980Hans Heyer, Riccardo PatreseLancia, modèle Non documenté
Juillet 1981Riccardo Patrese, Michele AlboretoLancia, modèle Non documenté
Quatorze éditions. Le jour n’est donné que lorsqu’il est établi ; sinon, le mois seul. Les équipages de 1978 et de 1979 comptent trois pilotes. Les victoires de Matra-Simca de 1973 et de 1974 tombent dans les deux saisons de ses titres de champion du monde des constructeurs, celui des voitures de sport. « Non documenté » : voiture ou modèle non établi.

Palmarès de la Can-Am à Watkins Glen (1969-1981)

Palmarès
La Can-Am à Watkins Glen 1969-1981
DateVainqueurVoiture
13 juillet 1969Bruce McLarenMcLaren, modèle Non documenté
12 juillet 1970Denny HulmeMcLaren M8D
25 juillet 1971Peter RevsonMcLaren M8F à moteur Chevrolet
23 juillet 1972Denny HulmeMcLaren, modèle Non documenté
22 juillet 1973Mark DonohuePorsche 917/30
14 juillet 1974Jackie OliverShadow, modèle Non documenté
10 juillet 1977Patrick TambayLola, modèle Non documenté
Juillet 1978Warwick BrownLola T333 CS
Juillet 1979Keke RosbergNon documenté
6 juillet 1980Patrick TambayNon documenté
Juillet 1981Al HolbertNon documenté
Onze éditions. La Can-Am est interrompue en 1975 et en 1976 ; une course de Formule 5000 figure au programme de 1974 et de 1976. Le jour n’est donné que lorsqu’il est établi ; sinon, le mois seul. « Non documenté » : voiture ou modèle non établi.

Comment le circuit de Watkins Glen survit-il à la faillite de 1981 ?

Entre le retrait de son Grand Prix, le 7 mai 1981, et sa réouverture, le 7 juillet 1984, le circuit de Watkins Glen passa d’une corporation en faillite à une banque, puis à une filiale de Corning Glass Works.

1981 : le retrait du Grand Prix et la faillite

Le 2 avril 1981, une dépêche de l’agence United Press International chiffrait à environ 360 000 dollars les échéances en retard de la Watkins Glen Grand Prix Corporation. Selon la même dépêche, ces échéances portaient sur un emprunt obligataire de 3,4 millions de dollars, émis en 1971 par l’agence de développement industriel du comté de Schuyler pour les travaux du circuit. La dépêche ajoutait que la Bank of New York examinait un plan de sauvetage de la course d’automne.

Le jeudi 7 mai 1981, après une réunion de sept heures de sa commission de Formule 1, la Fédération internationale du sport automobile (FISA), instance sportive de la FIA, retira du calendrier le « United States Grand Prix East » prévu à Watkins Glen le 4 octobre. Les organisateurs n’avaient pas payé au 1er mai leurs dettes envers les écuries et envers la FISA. Les équipes venues en octobre 1980 attendaient à elles seules 800 000 dollars.

Le 25 juin 1981, le directeur exécutif de la Corporation confirma qu’il n’y aurait pas de Grand Prix des États-Unis à Watkins Glen, pour la première fois depuis 1961.

Le jeudi 13 août 1981, la Watkins Glen Grand Prix Corporation demanda, devant le tribunal fédéral de Rochester, la protection du chapitre 11 de la loi fédérale sur les faillites, qui permet une réorganisation sans arrêt de l’activité. Elle annonça maintenir ses courses de fin d’été et d’automne. La course des monoplaces américaines du 4 octobre 1981 fut sa dernière manifestation.

Le 15 octobre 1981, The Harvard Crimson rapporta les chiffres de la Corporation : la dotation de la Formule 1 était passée de 244 000 dollars en 1970 à un million en 1980, et 1,2 million étaient demandés pour 1981.

1982-1984 : la vente et la réouverture

En mai 1982, la Bank of New York saisit le circuit. Le mercredi 10 novembre 1982, il fut mis aux enchères sur les marches du palais de justice du comté de Schuyler, à Watkins Glen. La vente dura cinq minutes, devant quelque 150 habitants et amateurs. La Bank of New York, à qui la Corporation devait 3,14 millions de dollars, l’emporta sans autre enchérisseur sérieux, par une offre de 1,25 million de dollars.

La banque chercha aussitôt un acheteur. En 1983, Corning Enterprises, filiale de Corning Glass Works, détenait auprès de la banque une option d’achat de 90 jours. Le conseil de la commune de Dix accepta la fermeture définitive de deux routes ; le 14 juillet 1983, Corning Enterprises annonça l’achat du circuit. Elle s’associa à l’International Speedway Corporation (ISC), sous la direction de Jim Riesbeck, et Watkins Glen International naquit de cette association. Cameron Argetsinger eut un rôle dans ce rachat.

Photo du palais de justice du comté de Schuyler en 2019 ; infographie « Le circuit de Watkins Glen vendu en cinq minutes » : enchères du 10 novembre 1982, offre de 1,25 million de dollars de la Bank of New York, achat annoncé par Corning en 1983.
Le 10 novembre 1982, la Bank of New York emporta le circuit de Watkins Glen aux enchères, sur les marches du palais de justice du comté de Schuyler. Photo : le palais de justice en 2019, Cornellrockey, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons, recadrée.
Photo du palais de justice du comté de Schuyler en 2019 ; infographie « Le circuit de Watkins Glen vendu en cinq minutes » : enchères du 10 novembre 1982, offre de 1,25 million de dollars de la Bank of New York, achat annoncé par Corning en 1983.
Le 10 novembre 1982, la Bank of New York emporta le circuit de Watkins Glen aux enchères, sur les marches du palais de justice du comté de Schuyler. Photo : le palais de justice en 2019, Cornellrockey, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons, recadrée.

Le samedi 7 et le dimanche 8 juillet 1984, le Camel Continental rouvrit le circuit. Cette épreuve de l’International Motor Sports Association (IMSA), un organisme fondé en 1969, durait six heures, courues en deux manches de trois heures. C’était la première course professionnelle à Watkins Glen depuis 1981 ; les officiels annoncèrent plus de 20 000 spectateurs. La Porsche 962 d’Al Holbert gagna.

Depuis 1986 : la NASCAR, la Formule 1 qui ne revient pas

En 1986, la NASCAR revint à Watkins Glen. Elle y court depuis chaque année, sur la configuration courte du circuit, longue aujourd’hui de 2,45 milles (3,94 km). Le 11 août 1991, J. D. McDuffie se tua lors d’une course de la Winston Cup. Une boucle, l’Inner Loop, fut ajoutée en 1992 sur la ligne droite arrière.

En 1997, l’ISC devint seule propriétaire du circuit. Du 30 mai au 1er juin 1997, les « First Union Six Hours of the Glen » ramenèrent les 6 Heures à Watkins Glen ; elles s’y courront encore en 1998.

Le 4 décembre 2002, le parcours de 1948-1952 fut inscrit au National Register of Historic Places, sous le nom de « Watkins Glen Grand Prix Course, 1948-1952 ». Du 23 au 25 septembre 2005, les monoplaces de l’IndyCar disputèrent l’« Inaugural Watkins Glen Grand Prix Indy Car ». Le revêtement fut entièrement refait en 2015, aux frais de l’ISC et grâce à une subvention de l’État de New York. La NASCAR devint seule propriétaire du circuit en 2019.

Après 1980, le Grand Prix des États-Unis passa par Long Beach jusqu’en 1983, puis par Detroit et Dallas, avant Phoenix de 1989 à 1991. Depuis 2012, il se court à Austin, sur le Circuit des Amériques. La Formule 1 n’est jamais revenue à Watkins Glen.


Ce que Watkins Glen révèle

En 1965 et en 1970, puis de nouveau en 1972, la GPDA désigna le Grand Prix des États-Unis de Watkins Glen comme le mieux organisé de la saison. Les pilotes saluaient ainsi une corporation de sportifs sans but lucratif, née de la chambre de commerce du village. En 1953, elle avait pris en charge le Grand Prix, né en 1948 sous la forme d’une course d’amateurs.

Les mêmes hommes accompagnèrent l’épreuve d’une époque à l’autre. Cameron Argetsinger, qui avait proposé la course de 1948 quand il étudiait à l’université de Youngstown, dirigea le Grand Prix de Formule 1 jusqu’en 1970. Revenu exercer le droit dans le comté de Schuyler en 1976, il eut encore un rôle dans le rachat du circuit en 1983. William Milliken, qui avait retourné sa Bugatti aux essais de 1948, fut consulté pour la piste permanente de 1956. Richard « Tex » Hopkins donnait en costume lavande les départs des courses de Watkins Glen depuis 1956. Il donna le départ de chaque Grand Prix jusqu’à sa retraite, en 1979.

L’université Cornell contribua deux fois au dessin du circuit. En 1956, des professeurs d’ingénierie de Cornell dessinèrent la piste permanente. En 1971, l’ordinateur du laboratoire aéronautique de Cornell aida à tracer la boucle ajoutée au circuit.

Les chiffres de la Corporation, rapportés par The Harvard Crimson en octobre 1981, font passer la dotation de la Formule 1 de 244 000 dollars en 1970 à un million en 1980. En mai 1981, l’organisateur que les pilotes avaient distingué devait 800 000 dollars aux équipes venues l’automne précédent. La FISA retira son Grand Prix du calendrier.

Le 2 octobre 1948, les voitures du premier Grand Prix de Watkins Glen avaient pris le départ sur Franklin Street, devant le palais de justice du comté de Schuyler. Le mercredi 10 novembre 1982, la Bank of New York emporta le circuit en cinq minutes d’enchères, sur les marches de ce palais de justice.



Sources

★ PRIMAIRE (source primaire) • SEC. (source secondaire) • LACUNE (données manquantes)

Sources primaires de l’événement

  • ★ PRIMAIRE Programme officiel du Grand Prix de Watkins Glen, 2 octobre 1948 (couverture numérisée)
    https://www.racingsportscars.com/covers/_Watkins_Glen-1948-10-02.jpg Couverture « Grand Prix, Watkins Glen, N.Y., Oct. 2, 1948 » : course patronnée par le village de Watkins Glen et par le Sports Car Club of America (SCCA). Établit la date de la première édition et ses organisateurs.
  • ★ PRIMAIRE Gallica (Bibliothèque nationale de France), Daily Mail (édition de Paris), 1er octobre 1948, p. 4, « British cars in perilous U.S. race »
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t51426888n Dépêche de l’agence Associated Press (AP) datée de Watkins Glen le jeudi 30 septembre 1948 : engagés répartis en quatre classes (MG, Talbot et Bentley britanniques, Alfa Romeo italiennes, Bugatti françaises), parcours de 6,6 milles, épreuve présentée comme la première course sur route américaine depuis 1935.
  • ★ PRIMAIRE Gallica (Bibliothèque nationale de France), New York Herald Tribune (édition européenne), 19 septembre 1949, p. 7, « Wins U.S. Road Race »
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t574103p Dépêche de l’agence United Press : victoire de Miles Collier, d’Everglades (Floride), sur une Riley à moteur Ford, 99 milles en 86 min 46 s ; foule évaluée à cent mille personnes.
  • ★ PRIMAIRE Gallica (Bibliothèque nationale de France), The New York Times (édition internationale), 24 septembre 1950, p. 10
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t51625922d Dépêche AP sur le troisième Grand Prix international de Watkins Glen : épreuve sanctionnée au niveau international, qualification de Goldschmidt par la course préliminaire, mort de Sam Collier (environ 34 ans), éjecté d’une Ferrari 166 de sport, affluence de 125 000 à 150 000 spectateurs selon les officiels.
  • ★ PRIMAIRE Gallica (Bibliothèque nationale de France), L’Équipe, 25 septembre 1950, p. 2
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t51018244 Reprise française de la dépêche du 23 septembre 1950 : Grand Prix international de Watkins Glen remporté sur Allard-Cadillac. Atteste la présence de la course dans la presse française du 24 au 26 septembre.
  • ★ PRIMAIRE Gallica (Bibliothèque nationale de France), L’Aurore, 25 septembre 1950, p. 7
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k41271945 Reprise de la dépêche sous le titre « Chute mortelle » : Sam Collier s’est tué en course.
  • ★ PRIMAIRE Time, 2 octobre 1950, « Sport: Death in the Afternoon »
    https://time.com/archive/6615745/sport-death-in-the-afternoon/ Compte rendu du « Third U.S. Grand Prix » de 1950 : Erwin Goldschmidt, courtier en assurances de Manhattan, vainqueur ; Briggs Cunningham deuxième pour la troisième année de suite ; mort de Sam Collier, frère de Miles Collier, vainqueur de 1949 ; foule d’environ 125 000 personnes.
  • ★ PRIMAIRE Gallica (Bibliothèque nationale de France), New York Herald Tribune (édition européenne), 22 septembre 1952, p. 5
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5883936 Dépêche AP sur le Grand Prix du 20 septembre 1952, annulé après qu’une voiture est entrée dans un groupe de spectateurs : Frankie Fazzari, 7 ans, tué, douze blessés ; accrochage des voitures de Fred Wacker et de John Fitch au premier virage, à la fin du premier tour de la course de 99 milles.
  • ★ PRIMAIRE Adirondack Daily Enterprise (Saranac Lake, New York), 22 septembre 1952, p. 4, dépêche AP
    https://www.nyshistoricnewspapers.org/?a=d&d=ade19520922-01.1.4 Accident de 1952 : l’Allard à moteur Cadillac de Fred Wacker (« Wacker’s Cadillac-Allard veered into the spectators ») entre dans la foule.
  • ★ PRIMAIRE Gallica (Bibliothèque nationale de France), L’Équipe, 19 septembre 1953, p. 2, « Cent voitures au Grand Prix de Watkins-Glen (U.S.A.) »
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5100909c Annonce du sixième Grand Prix sur route de Watkins Glen, « ville située dans le centre de l’État de New-York » : vingt-deux tours d’un circuit de 7 km.
  • ★ PRIMAIRE Adirondack Daily Enterprise (Saranac Lake, New York), 21 septembre 1953, p. 4, dépêche AP
    https://www.nyshistoricnewspapers.org/?a=d&d=ade19530921-01.1.4 Victoire de Walt Hansgen, de Westfield (New Jersey), sur une Jaguar XK120 au Grand Prix du 19 septembre 1953.
  • ★ PRIMAIRE Adirondack Daily Enterprise (Saranac Lake, New York), 20 septembre 1954, p. 4, « Phil Walters Captures Grand Prix 2nd Time »
    https://www.nyshistoricnewspapers.org/?a=d&d=ade19540920-01.1.4 Dépêche AP : victoire de Phil Walters sur une Cunningham spéciale, 101,2 milles en 1 h 12 min 43,6 s, à 83,3 milles à l’heure de moyenne selon l’agence ; Walters avait déjà gagné en 1951, aussi sur une Cunningham.
  • ★ PRIMAIRE Programme officiel, « 9th Annual International Sports Car Grand Prix of Watkins Glen, N.Y. », 13 au 15 septembre 1956 (couverture numérisée)
    https://www.racingsportscars.com/covers/_Watkins_Glen-1956-09-15.jpg Neuvième édition du Grand Prix, courue sur le circuit permanent du 13 au 15 septembre 1956.
  • ★ PRIMAIRE Adirondack Daily Enterprise (Saranac Lake, New York), 17 septembre 1956, p. 4, « Grand Prix Won By Constantine »
    https://www.nyshistoricnewspapers.org/?a=d&d=ade19560917-01.1.4 Dépêche AP : George J. Constantine gagne le samedi 15 septembre 1956, sur une Jaguar D, à 71,4 milles à l’heure de moyenne.
  • ★ PRIMAIRE Wellsville Daily Reporter, 29 septembre 1958, p. 7, « Bonnier Wins »
    https://www.nyshistoricnewspapers.org/?a=d&d=wdr19580929-01.1.7 Victoire de Jo Bonnier à la course de Formule libre du 28 septembre 1958.
  • ★ PRIMAIRE Dundee Observer (Dundee, New York), 22 octobre 1959, p. 4, « Moss Is Winner At Watkins Glen »
    https://www.nyshistoricnewspapers.org/?a=d&d=do19591022-01.1.4 Stirling Moss remporte sans difficulté la course de Formule libre de 100 tours du dimanche 18 octobre 1959.
  • ★ PRIMAIRE Motor Sport Magazine, décembre 1960, p. 41, compte rendu du Grand Prix des États-Unis de Riverside
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/december-1960/41/2nd-american-grand-prix/ Deuxième Grand Prix des États-Unis de Formule 1 comptant pour le championnat du monde, couru à Riverside (Californie) le 20 novembre 1960 : victoire de Stirling Moss.
  • ★ PRIMAIRE Wellsville Daily Reporter, 5 octobre 1961, p. 5
    https://www.nyshistoricnewspapers.org/?a=d&d=wdr19611005-01.1.5 Annonce du Grand Prix des États-Unis du 8 octobre 1961, une course de championnat de 100 tours et 230 milles, et rappel du 14e Grand Prix de voitures de sport couru le 23 septembre 1961.
  • ★ PRIMAIRE Dundee Observer (Dundee, New York), 5 octobre 1961, p. 1
    https://www.nyshistoricnewspapers.org/?a=d&d=do19611005-01.1.1 Rappel de la course de Formule libre d’octobre 1960 : Stirling Moss à 105,8 milles à l’heure de moyenne, avec un record du tour à 109,2 milles à l’heure, dans une épreuve internationale hors championnat.
  • ★ PRIMAIRE Wellsville Daily Reporter, 9 octobre 1961, p. 1, dépêche AP
    https://www.nyshistoricnewspapers.org/?a=d&d=wdr19611009-01.1.1 Grand Prix des États-Unis du 8 octobre 1961 : 50 000 spectateurs selon l’agence.
  • ★ PRIMAIRE The Medina Daily Journal-Register (Medina, New York), 9 octobre 1961, p. 4, dépêche de l’agence United Press International (UPI)
    https://www.nyshistoricnewspapers.org/?a=d&d=mdjm19611009-01.1.4 Grand Prix du 8 octobre 1961 : 33 500 spectateurs selon UPI, qui parle d’une foule record, contre 50 000 selon l’AP.
  • ★ PRIMAIRE Chronicling America (Library of Congress), Evening Star (Washington), 9 octobre 1961, p. 19, dépêche AP
    https://www.loc.gov/resource/sn83045462/1961-10-09/ed-1/?sp=19&st=text Classement du « 230-mile Grand Prix of the United States » du 8 octobre 1961 et foule de 50 000 personnes selon l’agence.
  • ★ PRIMAIRE Adirondack Daily Enterprise (Saranac Lake, New York), 17 octobre 1961, p. 6, article de l’agence Newspaper Enterprise Association (NEA)
    https://www.nyshistoricnewspapers.org/?a=d&d=ade19611017-01.1.6 Organisation du Grand Prix de 1961 : la Watkins Glen Grand Prix Corporation, « a nonprofit organization of sportsmen ».
  • ★ PRIMAIRE Motor Sport Magazine, novembre 1962, p. 22, compte rendu de Michael Tee
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/november-1962/22/4th-united-states-grand-prix/ Quatrième Grand Prix des États-Unis, deuxième à Watkins Glen : le succès de 1961 a garanti le retour de l’épreuve, vingt engagés, circuit de 2,3 milles à 5 milles au sud de la ville, titre des conducteurs de 1961 joué avant la course, absence de Ferrari, décor d’automne des bois du Glen.
  • ★ PRIMAIRE Wellsville Daily Reporter, 23 août 1965, p. 8
    https://www.nyshistoricnewspapers.org/?a=d&d=wdr19650823-01.1.8 Course d’endurance de 218 tours pour voitures de série du 22 août 1965 : au 85e tour, une Daimler sort de la piste et tue son pilote, Harold C. Woods Jr., 34 ans, de Riverton (New Jersey).
  • ★ PRIMAIRE Motor Sport Magazine, novembre 1966, p. 40, compte rendu de Michael Tee
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/november-1966/40/8th-united-states-grand-prix/ Huitième Grand Prix des États-Unis, sixième sur le circuit de 2,3 milles : première victoire du moteur BRM H16 de 3 litres, sur la Lotus 43 de Jim Clark ; pole de Jack Brabham sur Brabham-Repco ; dotation de 102 400 dollars, dont 20 000 au vainqueur et 2 800 au vingtième, présentée comme la plus forte des Grands Prix.
  • ★ PRIMAIRE The Interlaken Review, 22 juin 1967, p. 11
    https://www.nyshistoricnewspapers.org/?a=d&d=inr19670622-01.1.11 Annonce de la vingtième édition du Grand Prix de voitures de sport de Watkins Glen, le dimanche 25 juin 1967.
  • ★ PRIMAIRE Motor Sport Magazine, novembre 1967, p. 42, compte rendu du Grand Prix des États-Unis
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/november-1967/42/united-states-gp/ Septième Grand Prix des États-Unis sur le circuit de 3,7 km : victoire de Jim Clark sur Lotus 49-Ford, aucune prime de départ, dotation de plus de 100 000 dollars, 20 000 au vainqueur, 1 000 à la pole, frais de voyage depuis l’Europe payés.
  • ★ PRIMAIRE Motor Sport Magazine, novembre 1968, p. 20, compte rendu du Grand Prix des États-Unis
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/november-1968/20/10th-united-states-grands-prix/ Dixième Grand Prix des États-Unis : victoire de Jackie Stewart sur une Matra à moteur Cosworth ; Matra de Jean-Pierre Beltoise engagée sous le seul nom du constructeur.
  • ★ PRIMAIRE The New York Times, 22 juin 1969, « Purses doubled at Watkins Glen; $306,000 guaranteed »
    https://www.nytimes.com/1969/06/22/archives/purses-doubled-at-watkins-glen-306000-guaranteed-grand-prix-series.html Dotation de 306 000 dollars garantis en 1969 sur quatre épreuves nationales et internationales, présentée comme la plus élevée de tous les circuits routiers du monde ; circuit de 2,3 milles.
  • ★ PRIMAIRE Motor Sport Magazine, novembre 1969, p. 48, compte rendu du Grand Prix des États-Unis
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/november-1969/48/the-11th-grand-prix-of-the-united-states-of-america/ Onzième Grand Prix des États-Unis : Jochen Rindt et Graham Hill sur leurs Lotus 49B habituelles, victoire de Rindt.
  • ★ PRIMAIRE Motor Sport Magazine, novembre 1970, p. 36, compte rendu du Grand Prix des États-Unis
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/november-1970/36/12th-united-states-grand-prix/ Première victoire en Grand Prix d’Emerson Fittipaldi (Lotus 72C), qui prive Jacky Ickx de tout espoir de rattraper Jochen Rindt, mort avant la fin de la saison ; les nouveaux venus comptent le circuit parmi les plus courts de Grand Prix.
  • ★ PRIMAIRE Motor Sport Magazine, novembre 1971, p. 23, compte rendu d’Andrew Marriott
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/november-1971/23/13th-united-states-grand-prix/ Première victoire de François Cevert (Tyrrell 002), Jackie Stewart sur la Tyrrell 003 ; dotation de 50 000 dollars au vainqueur, 20 000 au deuxième, 12 000 au troisième, 6 000 au premier abandon ; plus de 65 000 dollars gagnés par l’équipe Tyrrell ; public évalué à 100 000 personnes ; circuit refait (nouveaux stands, piste élargie, boucle supplémentaire d’un mille).
  • ★ PRIMAIRE Motor Sport Magazine, novembre 1972, p. 28, compte rendu du Grand Prix des États-Unis
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/november-1972/28/united-states-grand-prix/ Victoire de Jackie Stewart ; François Cevert deuxième sur la Tyrrell 006 ; Patrick Depailler septième, présenté comme le pilote « en formation » de l’équipe Tyrrell.
  • ★ PRIMAIRE Motor Sport Magazine, novembre 1973, p. 25, compte rendu d’Andrew Marriott
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/november-1973/25/15th-grand-prix-of-the-united-states/ Mort de François Cevert aux essais, dans les Esses, sur la Tyrrell 006 (châssis 006/3) ; retrait des voitures de Jackie Stewart et de Chris Amon le soir même, après de longues discussions ; victoire de Ronnie Peterson sur la Lotus 72/6 ; Lotus titrée chez les constructeurs ; Esses décrites comme la section la plus difficile du circuit, étroite au milieu, là où la piste passe en pont au-dessus d’une route d’accès.
  • ★ PRIMAIRE Motor Sport Magazine, novembre 1974, p. 21, compte rendu du Grand Prix des États-Unis
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/november-1974/21/the-united-states-grand-prix/ Mort d’Helmuth Koinigg au dixième tour (Surtees TS16) ; José Dolhem appelé comme remplaçant, sa Surtees retirée après l’accident ; victoire de Carlos Reutemann (Brabham BT44) et titre mondial d’Emerson Fittipaldi ; starter « Tex » Hopkins, en costume lavande.
  • ★ PRIMAIRE Brighton-Pittsford Post (Pittsford, New York), 14 octobre 1976, p. 5
    https://www.nyshistoricnewspapers.org/?a=d&d=bpp19761014-01.1.5 Compte rendu du Grand Prix du 10 octobre 1976 : foule d’environ 100 000 personnes.
  • ★ PRIMAIRE Programme officiel, « The Glen, Oct 10 », « Grand Prix of the United States », 10 octobre 1976 (couverture numérisée)
    https://www.racingsportscars.com/covers/_Watkins_Glen-1976-10-10.jpg Intitulé que l’organisateur donne à l’épreuve de 1976, sans mention de l’Est.
  • ★ PRIMAIRE Motor Sport Magazine, novembre 1976, p. 23, compte rendu d’Alan Henry
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/november-1976/23/united-states-grand-prix-3/ Grand Prix du 10 octobre 1976 : départ retardé de près d’une heure, piste sèche et froide, duel de James Hunt et de Jody Scheckter, accident de Jacky Ickx ; règle du « livre jaune » qui permet deux manches dans un même pays à plus de 3 000 milles d’écart ; chicane ajoutée en 1975 avant les Esses, dessinée avec l’aide de Scheckter ; record du tour de Fittipaldi en 1 min 43,3 s ; titre des constructeurs assuré à Ferrari.
  • ★ PRIMAIRE Programme officiel, « Toyota Grand Prix of the United States, Watkins Glen, N.Y., October 2 », 2 octobre 1977 (couverture numérisée)
    https://www.racingsportscars.com/covers/_Watkins_Glen-1977-10-02.jpg Intitulé de l’épreuve de 1977, avec un commanditaire en tête.
  • ★ PRIMAIRE Motor Sport Magazine, novembre 1977, p. 51, compte rendu du Grand Prix des États-Unis Est
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/november-1977/51/the-united-states-grand-prix-2/ Victoire de James Hunt, qui domine la journée sur sa McLaren M26/2.
  • ★ PRIMAIRE Motor Sport Magazine, novembre 1979, p. 39, compte rendu du Grand Prix des États-Unis (Est)
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/november-1979/39/united-states-east-grand-prix-2/ Équipe Tyrrell alignant des voitures de la série 009, dont la 009/5 de réserve : fonde la désignation de la Tyrrell 009 de Didier Pironi, troisième.
  • ★ PRIMAIRE Programme officiel, « Welcome to the 22nd annual Toyota Grand Prix of the United States », 5 octobre 1980 (couverture numérisée)
    https://www.racingsportscars.com/covers/_Watkins_Glen-1980-10-05.jpg L’organisateur compte ses éditions depuis Sebring 1959 : vingt-deuxième en 1980, donc troisième en 1961 ; mention « Formula 1 for the World Championship of Drivers ».
  • LACUNE Dotation du Grand Prix de 1961 Aucun montant de dotation lisible dans la presse numérisée consultée. Archive compétente : fonds des programmes et de la presse locale de l’International Motor Racing Research Center, à Watkins Glen.
  • LACUNE Compte rendu d’époque de Motor Sport sur le Grand Prix de 1961 Introuvable dans l’archive en ligne du magazine (numéros de novembre et de décembre 1961). Archive compétente : collection papier de Motor Sport, numéros de la fin de 1961.
  • LACUNE Programme et intitulé officiel de l’épreuve de 1961 Programme du 8 octobre 1961 introuvable, intitulé de l’organisateur non établi pour cette édition. Archive compétente : International Motor Racing Research Center.
  • LACUNE Affluences exactes de 1948 à 1952, de 1961 et de 1976 Estimations de presse seules : 5 000 ou 10 000 spectateurs en 1948, de 100 000 à 150 000 en 1950, plus de 100 000 en 1952, de 33 500 à 50 000 en 1961, environ 100 000 en 1976 ; aucun décompte officiel retrouvé. Archive compétente : International Motor Racing Research Center.
  • LACUNE « Première course sur route américaine depuis 1935 » Formule de la dépêche de 1948, qu’aucune liste des courses américaines de 1945 à 1948 ne permet de vérifier. Archive compétente : archives du SCCA.

Contexte réglementaire et institutionnel

Résultats et chronologie

Biographies des acteurs impliqués

Héritage et postérité


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