Penske PC4
La Penske PC4 est la monoplace dessinée par Geoff Ferris dans l’atelier anglais de Penske Cars, à Poole. John Watson lui offre sa seule victoire le 15 août 1976, au Grand Prix d’Autriche, devant Jacques Laffite de 10 s 79. Aucun constructeur inscrit sous licence américaine n’a gagné de Grand Prix depuis ce jour.
Fiche Voiture – Penske PC4
Formule 1 – 1976-1977
La Penske PC4 est la monoplace à coque basse et radiateurs de flanc dessinée par Geoff Ferris dans l’atelier anglais de Poole, qui offre à John Watson et à Team Penske leur unique victoire en championnat du monde de Formule 1, au Grand Prix d’Autriche du 15 août 1976.
Motorisée par le V8 Ford Cosworth DFV de 2 993 cm3, elle remplace la PC3 à mi-saison et dispute dix Grands Prix sous les couleurs de Citibank Team Penske. Roger Penske quitte la Formule 1 le 4 novembre 1976 et vend ses voitures à Günter Schmid, qui les engage sous le nom d’ATS pendant toute la saison 1977.

La fiche technique de la Penske PC4
Fiche technique
| Constructeur | Penske Cars Ltd, Poole (Dorset, Angleterre) |
| Concepteur | Geoff Ferris, ingénieur en chef de Penske Cars |
| Saisons | 1976 (Team Penske), 1977 (ATS Racing Team et Interscope Racing) |
| Discipline | Championnat du monde de Formule 1 |
| Motorisation | Ford Cosworth DFV, V8 ouvert à 90 degrés, 2 993 cm3, atmosphérique, alésage et course 85,7 x 64,8 mm |
| Puissance | 465 ch à 10 500 tr/min (estimation), cote de référence du DFV de la période, sans relevé propre à Penske |
| Boîte | Hewland DG 400, 5 rapports |
| Châssis | Monocoque aluminium, coque basse, radiateurs plaqués sur les pontons |
| Suspension avant | Triangles inférieurs et culbuteurs supérieurs, ressorts et amortisseurs déportés à l’intérieur de la coque |
| Suspension arrière | Bielle supérieure unique, bras inférieurs parallèles, deux bielles de reprise longitudinales |
| Masse | 620 kg, pour un minimum réglementaire fixé à 575 kg en 1976 |
| Empattement | 2 692 mm, après l’allongement opéré à la suite du Grand Prix de Suède |
| Voies | 1 422 mm à l’avant, 1 473 mm à l’arrière |
| Aérodynamique | Nez large et plat, aileron avant à plan unique avec Gurney flap, deux écopes NACA vers le moteur, conduits de refroidissement de freins à l’intérieur des roues avant |
| Concept signature | Coque abaissée à radiateurs de flanc, dégagée de tout élément de suspension avant exposé à l’écoulement |
| Châssis construits | PC4/01 et PC4/02 en 1976, PC4/03 en 1977 pour Interscope Racing |
| Pneumatiques | Goodyear |
Sources : Wikipédia (Penske PC4), Sports Car Digest, f1technical.net, Conceptcarz, OldRacingCars
Les chiffres clés de la Penske PC4
1
Victoire en Grand Prix, Autriche 1976
Source : API Jolpica-F1 (Ergast)
2
Podiums, France et Grande-Bretagne 1976
Source : API Jolpica-F1 (Ergast)
18
Points marqués en 1976, sur les 20 de Penske
Source : API Jolpica-F1 (Ergast)
24
Départs en championnat du monde, 1976 et 1977
Source : API Jolpica-F1 (Ergast)
2e
Meilleure qualification, Österreichring 1976
Source : API Jolpica-F1 (Ergast)
3
Châssis construits, deux en 1976 et un en 1977
Source : OldRacingCars
Ces 18 points valent à Penske la 5e place du championnat des constructeurs 1976, devant Ligier à égalité de points et derrière Lotus. Les deux points restants ont été inscrits par la PC3, qui a couru les six premières manches de la saison.
Les moments marquants de la Penske PC4
Pilotes et résultats clés (1976-1977)
John Watson (1976) – dix Grands Prix, une victoire
Seul pilote titulaire de la PC4 en 1976. Débuts manqués à Anderstorp le 13 juin, parti 17e et sorti au premier tour sur blocage d’accélérateur. Empattement allongé et aérodynamique revue pour la reprise, puis 3e au Paul Ricard et 3e à Brands Hatch. Vainqueur à l’Österreichring le 15 août, parti 2e, 54 tours et 319,914 km bouclés en 1 h 30 min 07 s 860, devant Jacques Laffite (Ligier JS5) de 10 s 79 et Gunnar Nilsson (Lotus 77) de 11 s 98. Ferrari boycottait l’épreuve après la réintégration de James Hunt au Grand Prix d’Espagne, et Niki Lauda restait hospitalisé depuis le Nürburgring. Deux semaines plus tard, à Zandvoort, Watson tenait Hunt quand la boîte de vitesses a lâché.
Jean-Pierre Jarier (1977) – la PC4 sous pavillon ATS
Günter Schmid rachète les deux voitures d’usine et les engage sous le nom d’ATS Racing Team. Jarier prend le départ à Long Beach le 3 avril 1977 et finit 6e : ce point restera le seul de la saison pour l’écurie, 12e du championnat des constructeurs. Hans Binder et Hans Heyer se partagent ensuite le volant. Heyer prend le départ du Grand Prix d’Allemagne sans être qualifié et se voit disqualifié en course.
Danny Ongais (1977) – le troisième châssis, construit après le retrait
Penske Cars assemble un PC4/03 pour Interscope Racing un an après avoir quitté la Formule 1. Ongais l’engage à Watkins Glen le 2 octobre 1977, où il sort de piste, puis à Mosport, où il termine 7e. Ces deux départs closent la carrière de la voiture en championnat du monde. Le châssis a depuis rejoint le musée de Team Penske.

L’idée reçue sur la Penske PC4
À ne pas confondre
La saison 1976 de Penske ne se court pas entière sur la PC4
Les six premières manches de 1976, du Brésil à Monaco, sont disputées avec la PC3, autre dessin de Geoff Ferris reconnaissable à son nez en coin. La PC4 n’apparaît qu’au Grand Prix de Suède, le 13 juin. Les 2 points de la 5e place de John Watson en Afrique du Sud appartiennent donc à la PC3, et non à la voiture de la victoire d’Autriche.
Une voiture américaine construite en Angleterre
La PC4 court sous licence américaine, mais elle est dessinée par un Britannique et assemblée à Poole, dans le Dorset, dans l’atelier de 16 000 pieds carrés racheté par Roger Penske à Graham McRae en 1973. La formule « dernière victoire d’un constructeur américain » demande la même précaution : elle vaut pour les constructeurs inscrits sous licence américaine, Eagle-Weslake en 1967 et Penske en 1976. Shadow, propriété de l’Américain Don Nichols, gagne le Grand Prix d’Autriche 1977 avec Alan Jones, mais sous licence britannique.
Pourquoi ça compte de connaître la Penske PC4 ?
La PC4 appartient à la dernière génération de monoplaces qu’une écurie cliente pouvait concevoir seule. Le Cosworth DFV se vendait au catalogue, la boîte Hewland aussi, et le reste tenait dans le dessin d’un ingénieur et la qualité d’un atelier. Deux ans plus tard, l’effet de sol imposait des souffleries et des budgets d’un autre ordre. Geoff Ferris dessinait à Poole, dans un atelier de quelques dizaines de personnes, la voiture qui a devancé les Ligier, les Lotus et les McLaren d’usine un dimanche d’août.
La suite dit aussi la fragilité de l’exercice. Roger Penske a arrêté son programme européen moins de trois mois après cette victoire, quand la croissance de sa société de location de camions et l’hésitation de son partenaire bancaire ont rendu la Formule 1 secondaire. L’atelier de Poole, lui, est resté. Il a produit les châssis Indycar de l’écurie jusqu’à sa fermeture en 2006, avec sept victoires aux 500 Miles d’Indianapolis à son actif.
Sources
Sources
- PrimaireAPI Jolpica-F1 (Ergast) – résultats, grilles et classements de Penske en 1976 et 1977
- PrimaireFormula1.com – The day John Watson took America to the top step in Formula 1
- PrimaireTeam Penske – Throwback Thursday : Penske Cars (atelier de Poole, rachat à Graham McRae, Heinz Hofer)
- Sec.Motor Sport Magazine, janvier 1994 – Whistlestopping in Poole (Geoff Ferris, motifs du retrait de 1976)
- Sec.OldRacingCars – historiques châssis par châssis PC4/01, PC4/02 et PC4/03
- Sec.grandprix.com – fiche de l’écurie ATS, rachat des Penske par Günter Schmid
- Sec.Sports Car Digest – fiche technique de la Penske PC4
- Sec.Conceptcarz – 1976 Penske PC4 (suspensions, aérodynamique, refroidissement)
- Sec.Wikipédia – Penske PC4
- Sec.Wikipédia – 1976 Austrian Grand Prix (boycott Ferrari, pole et meilleur tour de James Hunt)
- LacuneValeur exacte de l’allongement d’empattement entre la configuration d’Anderstorp et celle du Paul Ricard : aucune source en ligne ne chiffre la modification. Archives Motor Sport Magazine et Autosport de juin à août 1976, archives techniques de Penske Cars Ltd au Penske Racing Museum de Scottsdale (Arizona)
- LacunePuissance relevée au banc du Cosworth DFV dans la préparation Penske de 1976 : la cote de 465 ch à 10 500 tr/min est la valeur générique du moteur à cette époque. Archives Cosworth Engineering à Northampton, carnets moteurs de Penske Cars Ltd
- LacuneAttribution du châssis épreuve par épreuve en 1976, hors la victoire d’Autriche portée au crédit de PC4/01 : registres d’engagement de Penske Cars Ltd, feuilles d’engagement FIA de la saison 1976
Sportauto-Heritage.fr – Les chroniques du Sport Automobile au XXe Siècle

