McLaren M23
La McLaren M23 est la monoplace à monocoque aluminium dessinée par Gordon Coppuck pour la réglementation des structures déformables de 1973. Elle a remporté 16 Grands Prix, le titre des constructeurs 1974 et deux titres de champion du monde des pilotes, avec Emerson Fittipaldi en 1974 puis James Hunt le 24 octobre 1976 à Fuji.
Fiche Voiture : McLaren M23
Formule 1 – 1973-1978
La McLaren M23 est la monoplace à monocoque aluminium dessinée par Gordon Coppuck pour la réglementation des structures déformables de 1973, qui a donné à McLaren son premier titre des constructeurs en 1974 et deux titres de champion du monde des pilotes, avec Emerson Fittipaldi en 1974 puis James Hunt en 1976.
Périmètre de cette fiche : la M23 d’usine de 1973 à 1977, version M23D de 1976 comprise, et ses engagements privés jusqu’au Grand Prix d’Italie 1978. La M26, qui devait lui succéder à partir de 1977, est un modèle distinct.

Les données techniques de la McLaren M23
Fiche technique
| Constructeur | McLaren Racing, Colnbrook, Angleterre |
| Conception | Gordon Coppuck, ingénieur en chef, avec John Barnard au bureau d’études |
| Saisons | 1973 à 1977 en équipe d’usine, jusqu’en 1978 chez les engagés privés |
| Discipline | Championnat du monde de Formule 1 |
| Châssis | Monocoque aluminium, structures déformables latérales imposées par la réglementation entrée en vigueur en 1973, architecture reprise de la M16 d’Indianapolis |
| Motorisation | Ford Cosworth DFV, V8 à 90 degrés atmosphérique, 2 993 cm³, en position centrale arrière |
| Préparation moteur | Nicholson McLaren Engines |
| Puissance | 465 ch à 10 800 tr/min sur la base Cosworth, les blocs préparés par Nicholson McLaren étant crédités d’environ 490 ch en fin de carrière ; aucune fiche constructeur publiée ne tranche |
| Boîte de vitesses | Hewland FG400 à cinq rapports, portée à six rapports en 1975 |
| Suspensions | Doubles triangles aux quatre roues, ressorts et amortisseurs en position intérieure à l’avant |
| Masse | 575 kg |
| Empattement | 2 565 mm à ses débuts, allongé pour la saison 1974 |
| Voie | 1 575 mm à ses débuts, élargie pour la saison 1974 |
| Aérodynamique | Silhouette en coin et radiateurs latéraux, boîte à air haute supprimée en cours de saison 1976 après la limitation réglementaire de hauteur |
| Exemplaires | 13 châssis, numérotés de 1 à 12 puis 14, le numéro 13 n’ayant pas été attribué |
| Concept signature | Plateforme évolutive développée sur cinq saisons sans changement d’architecture |
Sources : McLaren Racing (page patrimoine M23), Wikipedia (McLaren M23), StatsF1 (modèle McLaren M23)
Les chiffres clés de la McLaren M23
16
Victoires en Grand Prix, de la Suède 1973 aux États-Unis 1976
Source : StatsF1, relevé des vainqueurs de la base Ergast
14
Poles, dont onze pour James Hunt en 1976 et 1977
Source : StatsF1, décompte des grilles de départ
3
Titres mondiaux : les pilotes en 1974 et 1976, les constructeurs en 1974
Source : classements officiels du championnat du monde
83
Grands Prix où au moins une M23 a été engagée, de Kyalami 1973 à Monza 1978
Source : StatsF1, tableau des engagements du modèle
Les trente-huit podiums de la voiture se répartissent sur cinq saisons, alors que la M26 censée la remplacer roulait déjà depuis deux ans. Nelson Piquet a signé sa première arrivée en Grand Prix sur une M23 privée, à Monza le 10 septembre 1978.
Les moments marquants de la McLaren M23
Pilotes et résultats clés (1973-1978)
Denny Hulme (1973-1974) : pole dès la première sortie de la voiture à Kyalami – première victoire en Suède quatre mois plus tard
Le 3 mars 1973, pour sa toute première course, la M23 s’est qualifiée en tête du Grand Prix d’Afrique du Sud. Hulme a reculé au cinquième rang en course, sur une crevaison provoquée par des débris. La première victoire est tombée le 17 juin à Anderstorp. Peter Revson a ajouté Silverstone et Mosport la même saison, et Jacky Ickx a hissé une troisième M23 sur le podium au Nürburgring.
Emerson Fittipaldi (1974-1975) : cinq victoires et le premier titre des constructeurs de McLaren – championnat joué à Watkins Glen
Arrivé de Lotus pour 1974, Fittipaldi a gagné au Brésil, en Belgique et au Canada, pendant que Hulme signait à Buenos Aires la dernière victoire de sa carrière. Le 6 octobre à Watkins Glen, une quatrième place a suffi au Brésilien pour devancer Clay Regazzoni de trois points, 55 contre 52. McLaren remportait son premier titre des constructeurs, quatre ans après la mort de Bruce McLaren. En 1975, Fittipaldi a encore gagné en Argentine et en Grande-Bretagne, Jochen Mass en Espagne.
James Hunt (1976-1977) : troisième à Fuji sous la pluie – un point d’avance sur Niki Lauda
Six victoires et huit poles en 1976 ont ramené Hunt dans le sillage de Lauda avant le dernier rendez-vous. Le 24 octobre au Fuji Speedway, sous une pluie battante, Lauda a renoncé au deuxième tour en jugeant les conditions trop dangereuses. Hunt a mené, perdu du terrain sur un pneu avant qui se dégonflait à une dizaine de tours de l’arrivée, puis remonté au troisième rang après son passage aux stands. Les quatre points de cette place lui ont donné le titre, 69 contre 68. Le châssis 8-2 employé cette saison-là avait été celui de Fittipaldi en 1975 ; il a servi ensuite aux débuts de Gilles Villeneuve en Formule 1, à Silverstone en juillet 1977.

Les idées reçues sur la McLaren M23
Idée reçue
McLaren n’a pas réalisé le doublé en 1976
La saison 1976 a donné à la M23 le titre des pilotes avec James Hunt, pas celui des constructeurs : Ferrari a conservé sa couronne, McLaren terminant deuxième. Le seul titre des constructeurs de la voiture reste celui de 1974.
La victoire espagnole de 1976 figure bien au palmarès
Hunt a gagné à Jarama le 2 mai 1976, puis a été disqualifié, sa M23 ayant été mesurée 1,5 cm au-delà de la largeur maximale entrée en vigueur le 1er mai. McLaren a fait appel et le pilote a été rétabli vainqueur deux mois plus tard, ses neuf points ne revenant au classement qu’en cours de saison. La disqualification du Grand Prix de Grande-Bretagne, prononcée pour un retour aux stands par une voie de service avant le nouveau départ, n’a pas été annulée : la victoire est restée à Niki Lauda.
Pourquoi est-ce important de connaître la McLaren M23 ?
La réglementation de 1973 imposait des structures déformables autour des réservoirs latéraux, ce qui obligeait chaque constructeur à repartir d’une monocoque neuve. Gordon Coppuck a répondu en transposant en Formule 1 la caisse en coin de la M16 d’Indianapolis, avec ses radiateurs déportés sur les flancs, plutôt qu’en corrigeant la M19 existante. McLaren avait alors trois ans de deuil derrière elle, son fondateur s’étant tué en essais à Goodwood en juin 1970, et aucun titre mondial. La M23 a réglé les deux questions à la fois, celle de la survie sportive de l’équipe et celle de sa crédibilité auprès des commanditaires, Yardley d’abord, Texaco et Marlboro ensuite.
Le second apport tient à la manière dont la voiture a été exploitée. La même architecture a été affinée saison après saison, avec un empattement allongé et des voies élargies dès 1974. Un sixième rapport est apparu en 1975, sur une voiture dont les Cosworth étaient préparés par Nicholson McLaren, sans que l’équipe cherche la rupture technique que Lotus et Tyrrell tentaient au même moment. Les châssis vendus aux écuries privées ont ensuite prolongé cette carrière bien au-delà de l’usine : Brett Lunger, Emilio de Villota et Tony Trimmer ont fait rouler des M23 en 1978, et Nelson Piquet y a disputé ses trois premiers Grands Prix. Sa neuvième place à Monza, le 10 septembre 1978, a clos la carrière de la voiture en championnat du monde, cinq ans et demi après sa pole de Kyalami.
Sources
- PrimaireMcLaren Racing – Page patrimoine M23 (Gordon Coppuck, empattement allongé et voies élargies pour 1974, titre 1974)
- PrimaireBase Jolpica-Ergast – Classement des pilotes 1974 (Fittipaldi 55 points, Regazzoni 52)
- Sec.StatsF1 – Modèle McLaren M23 (83 engagements, 16 victoires, 14 poles, 38 podiums, tableau course par course)
- Sec.Wikipedia – McLaren M23 (monocoque aluminium, filiation M16, Hewland FG400, 575 kg, 13 châssis)
- Sec.Wikipedia – Grand Prix du Japon 1976 (Fuji, 24 octobre, abandon de Lauda au deuxième tour, Hunt troisième, 69 points contre 68)
- Sec.Wikipedia – Grand Prix d’Espagne 1976 (largeur excédentaire de 1,5 cm, appel, réintégration deux mois plus tard)
- Sec.Wikipedia – Saison 1976 de Formule 1 (titre des constructeurs conservé par Ferrari, disqualification du Grand Prix de Grande-Bretagne)
- Sec.Tom Hartley Jnr – Historique du châssis M23 8-2 (Fittipaldi 1975, titre de Hunt 1976, débuts de Gilles Villeneuve en 1977)
- Sec.Motorsport.com – Dernière apparition de la M23 en championnat du monde (Nelson Piquet, Grand Prix d’Italie 1978)
- LacunePuissance exacte des DFV préparés par Nicholson McLaren : les relevés publics donnent 465 ch à 10 800 tr/min sur la base Cosworth et environ 490 ch en fin de carrière, sans fiche technique publiée pour trancher – archives McLaren Racing et Nicholson McLaren Engines
- LacuneRegistre complet des treize châssis M23, de leurs engagements et de leurs propriétaires successifs : non établi dans les sources consultées – McLaren Heritage, Woking
Sportauto-Heritage.fr – Les chroniques du Sport Automobile au XXe Siècle

