McLaren MP4/4
En 1988, seuls les onze meilleurs résultats sur seize comptaient au championnat. Alain Prost marqua 105 points bruts contre 94 à Ayrton Senna, mais le décompte ramena leurs totaux à 87 et 90. Prost terminait premier ou deuxième dans ses quatorze arrivées : aucun résultat supplémentaire ne pouvait plus lui rapporter de point. Senna fut sacré à Suzuka, le 30 octobre 1988. Conçue pour la dernière saison du turbo bridé à 2,5 bar et 150 litres, la McLaren MP4/4 remporta quinze des seize Grands Prix de 1988.

McLaren International l’engagea au championnat du monde 1988 pour remplacer la MP4/3 à moteur TAG-Porsche, Honda ayant quitté Williams pour fournir Woking en V6 turbo. Le règlement de cette dernière saison turbo plafonnait la suralimentation à 2,5 bar et le carburant embarqué à 150 litres, et fixait le poids minimum des turbo à 540 kg contre 500 kg pour les atmosphériques de 3 500 cm3. Sa monocoque en fibre de carbone abandonna le schéma en V de John Barnard au profit de parois verticales sur plancher plat, et Honda descendit le vilebrequin du RA168E de 28 mm. Ses quinze victoires se répartirent en huit pour Ayrton Senna et sept pour Alain Prost, avec quinze poles et 199 points au championnat constructeurs. Six châssis de course furent construits pour cette saison unique, le turbo étant interdit dès 1989.
Fiche Technique de la McLaren MP4/4
1988
| Désignation | McLaren MP4/4 (1988). Version unique, engagée sur la seule saison 1988 |
|---|---|
| Motorisation | Honda RA168E, V6 à 80 degrés, 1 494 cm3, deux turbocompresseurs IHI RXD6D, refroidissement à eau. Alésage 79,0 mm, course 50,8 mm, rapport course/alésage 0,643, taux de compression 9,4:1. Suralimentation plafonnée à 2,5 bar par le règlement 1988. Masse 146 kg tout équipé |
| Puissance | Environ 685 ch métriques (675 bhp, 503 kW) à 12 500 tr/min, configuration de course, fin de saison 1988. Puissance spécifique 457 ch/litre. Couple 424 N.m à 10 000 tr/min. Honda annonce par ailleurs un régime maximal de 12 300 tr/min, aucune source ne réconciliant les deux valeurs. McLaren Heritage annonce « in excess of 700bhp », valeur non rattachée à la configuration de course documentée |
| Boîte de vitesses | McLaren 6 rapports, trois arbres, développée pour la MP4/4 avec Pete Weismann. Montage très bas, longueur réduite. Embrayage Tilton carbone de 5,5 pouces, contre 7,25 pouces chez les concurrents |
| Châssis | Monocoque fibre de carbone et nid d’abeille, en une seule pièce intégrant cockpit et panneaux latéraux (structure dite « en baignoire »). Parois verticales sur plancher plat, en rupture avec la monocoque en V de John Barnard. Concours de l’avionneur Hercules Aerospace selon Wikipedia EN, source unique |
| Empattement | 2 875 mm |
| Voie avant / arrière | 1 824 mm / 1 670 mm |
| Poids | 540 kg, minimum réglementaire imposé aux turbo en 1988, contre 500 kg pour les atmosphériques de 3 500 cm3. Aucun poids mesuré publié |
| Freins | Disques carbone. Étriers de conception McLaren interne, doubles. Étriers arrière montés inclinés par rapport à la fusée, l’arrière plus haut que l’avant, selon Autosport, source unique. Fournisseur des disques : Non documenté |
| Suspensions | Avant : double triangulation, actionnement par tirants (pull rod). Arrière : double triangulation, actionnement par poussoirs (push rod). Amortisseurs Showa |
| Carrosserie | Profil bas général. Nez plus fin, plus bas et plus étroit que celui de la MP4/3. Pilote assis plus en arrière que sur la MP4/3, très incliné, pédalier reculé derrière l’axe des roues avant. Trois configurations aérodynamiques distinctes selon les circuits, selon motorsport.com |
| Châssis produits | Six châssis de course, MP4/4-01 à MP4/4-06, tous engagés à un moment de la saison. Un showcar statique référencé MP4/4/SSC/10. Affectation châssis, pilote et Grand Prix : Non documenté |
| Saisons engagées | 1988, les 16 Grands Prix du championnat du monde |
| Palmarès constructeur | Champion du monde des constructeurs 1988, 199 points. Titre acquis à la 11e des 16 manches, en Belgique. Ferrari 2e avec 65 points |
| Palmarès pilotes | Ayrton Senna, champion du monde 1988 : 94 points bruts, 90 comptés. Alain Prost, 2e : 105 points bruts, 87 comptés. Seuls les 11 meilleurs résultats sur 16 étaient comptabilisés. Points comptés sourcés en N3 et N4 |
| Victoires en GP | 15 sur 16, soit 93,75 %. Répartition : 8 Ayrton Senna, 7 Alain Prost. Seule défaite : Grand Prix d’Italie, Monza, 11 septembre 1988. 10 doublés. 25 podiums sur 32 places disponibles. 1 003 tours en tête sur 1 031, soit 97,3 % |
| Poles / meilleurs tours | 15 poles sur 16, soit 93,75 %. Répartition : 13 Ayrton Senna, 2 Alain Prost. Seule pole non McLaren : Gerhard Berger (Ferrari) en Grande-Bretagne. Meilleurs tours : 10 sur 16 selon Wikipedia EN, source unique non vérifiable par l’API Jolpica |
| Pilotes principaux | Ayrton Senna (numéro 12), Alain Prost (numéro 11) |
1988, la dernière saison du turbo bridé
Le règlement 1988 de la Formule 1 fit courir deux catégories techniques dans le même championnat, et n’en avantagea aucune ouvertement. Les turbocompressés étaient plafonnés à 1 500 cm3, les atmosphériques autorisés à 3 500 cm3. La MP4/4 fut conçue pour la première de ces deux formules, à un moment où elle vivait sa dernière saison.
Deux formules, un seul championnat
Le règlement n’imposait aucune limite de carburant embarqué aux atmosphériques. Les turbo, eux, devaient boucler les Grands Prix avec 150 litres. Leur suralimentation était plafonnée à 2,5 bar, quand la question ne se posait pas pour leurs concurrentes.
Le poids minimum séparait encore les deux formules. Il était fixé à 540 kg pour les turbo, contre 500 kg pour les atmosphériques. Ces 540 kg sont un seuil réglementaire, jamais un poids mesuré sur la MP4/4 : aucune source consultée ne publie de pesée.
Une écurie qui choisissait le turbo en 1988 acceptait donc trois contraintes que l’autre formule ignorait : une cylindrée réduite de plus de la moitié, une ration de carburant fermée, et quarante kilos supplémentaires.
Le choix de McLaren International
McLaren International fit ce choix. L’écurie de Woking, dirigée par Ron Dennis, engageait depuis 1987 la MP4/3 et son moteur TAG-Porsche. Honda venait de quitter Williams, et s’engagea à fournir McLaren pour 1988. Le motoriste japonais alimenterait également Lotus cette saison.
La MP4/4 ne fut donc pas dessinée pour la Formule 1 en général. Honda la présente comme une voiture construite spécifiquement pour le règlement 1988 et pour son propre moteur. Les deux paramètres arrivèrent ensemble sur la table à dessin : un cadre réglementaire qui refermait ses limites d’année en année, et un V6 turbo dont l’écurie ne disposait pas encore l’année précédente.
La descente du plafond de suralimentation
La pression de suralimentation n’avait pas toujours été surveillée. Jusqu’en 1986, les moteurs de qualification tournaient sans plafond, et certains dépassaient 7 bar avant de se détruire après un tour lancé. Le règlement de 1987 introduisit une première limite, à 4,0 bar. Celui de 1988 la ramena à 2,5 bar. La même année, le carburant embarqué passa de 195 à 150 litres, soit 45 litres de moins. Le turbo serait interdit dès la saison suivante.
Honda fournit le point de mesure de ce bridage. Son RA167E de 1987 développait 1 010 ch à 12 000 tr/min, soit 677 ch par litre de cylindrée. Ce moteur avait couru sous le plafond de 4,0 bar et avec 195 litres. Le règlement 1988 retirait à ses successeurs 1,5 bar et 45 litres, sans leur rendre un gramme de poids. Le plafond de suralimentation de la saison 1988 était d’au moins 2,5 bar.
Une paternité disputée
Trente-trois ans après la saison, la question de savoir qui avait dessiné la MP4/4 n’avait toujours pas de réponse commune. Deux versions s’affrontent publiquement depuis septembre 2021, portées par des hommes qui travaillaient dans le même bâtiment en 1988. Elles ne divergent pas sur les faits techniques de la voiture, mais sur l’identité de celui qui les a décidés.
La version de Gordon Murray
Gordon Murray était directeur technique de McLaren depuis 1987. Il arrivait de Brabham, où il avait signé la BT55, une monoplace au profil très bas engagée en 1986. Sa revendication est frontale.
« J’ai dirigé l’équipe de conception. J’en ai assez que d’autres vivent sur ma réputation. » (traduit de l’anglais) : Gordon Murray, déclarations publiées par Motor Sport Magazine en septembre 2021.
Murray soutient par ailleurs que la MP4/4 descend directement de sa BT55, et invite quiconque en doute à comparer les deux voitures. Interrogé sur le rôle de Steve Nichols, il l’a qualifié dans les mêmes déclarations d’affirmation sans fondement.
La version de l’équipe de conception
Steve Nichols conteste cette lecture. Chef concepteur de la MP4/4, il avait été désigné pour cette tâche par Ron Dennis, et fut également l’ingénieur de course d’Ayrton Senna pendant la saison 1988.
« Gordon a rédigé quelques fiches de poste, il n’est pas intervenu dans la conception de la voiture de Formule 1. » (traduit de l’anglais) : Steve Nichols, réponse publiée par Motor Sport Magazine en octobre 2021.
Ses arguments contre la filiation avec la BT55 sont techniques. Les deux voitures ne couraient pas sous le même règlement, la BT55 datant de 1986 et la MP4/4 de 1988. Leurs réservoirs, leurs boîtes de vitesses et leurs moteurs étaient distincts. Nichols présente la MP4/4 comme une évolution de la MP4/3, dont l’arrière serait selon lui pratiquement identique.
D’autres membres de l’équipe ont pris la parole dans le même numéro. Matthew Jeffreys, responsable de la partie avant et des suspensions, a déclaré ne pouvoir imaginer que Murray et le reste du bureau d’études aient vécu dans des univers parallèles. Bob Bell, chargé de l’aérodynamique, figure dans la même équipe. Le débat n’est pas né en 2021 : dix-sept membres de l’équipe avaient relevé quatre-vingt-deux inexactitudes dans l’ouvrage d’Ian Bamsey qui l’avait ouvert.

La position de Honda
Le motoriste occupe une position intermédiaire, et sa fiche technique est la seule pièce de constructeur au dossier. Honda y crédite explicitement Steve Nichols comme « Designer », et décrit l’ingénieur comme celui qui rompit avec le schéma de John Barnard.
Le schéma dont il est ici question remonte à la MP4/1 de 1981, première voiture à courir une monocoque en fibre de carbone, dessinée par Barnard alors que Murray était encore chez Brabham.
Le même texte soutient pourtant l’influence de Murray sur deux points. Honda écrit que McLaren aurait adopté l’avis du concepteur venu de Brabham, la monocoque passant de l’ancien schéma à double tube de Barnard au dessin bas et fin de Brabham. Le constructeur attribue également le nez, plus fin et plus bas que celui de la MP4/3, à cette influence. La formule employée pour la monocoque, « is said to have », marque la prudence de la source sur son propre énoncé.
Un consensus semble néanmoins se dégager, selon lequel Nichols a conçu la voiture et Murray a contribué au succès dans son rôle de directeur technique. Cette lecture reste une appréciation des publications, non un fait établi. Les deux parties ne s’accordent que sur un point, le profil bas de la voiture.
L’abaissement du centre de gravité, conçu comme un système
Aucun des quatre éléments qui abaissèrent le centre de gravité de la MP4/4 n’agissait seul. Le vilebrequin descendait parce que la boîte de vitesses le permettait, la boîte tenait bas parce que l’embrayage avait maigri, et la monocoque encaissait le tout parce qu’elle avait changé de schéma. Une voiture basse ne se dessine pas par une décision, mais par quatre qui se tiennent.
La monocoque
La monocoque de la MP4/4 était réalisée en fibre de carbone et nid d’abeille, en une seule pièce intégrant le cockpit et les panneaux latéraux. Cette structure dite « en baignoire » rompait avec le schéma en V de John Barnard, que McLaren appliquait depuis la MP4/1. Les parois devenaient verticales, le plancher plat.
Le changement servait deux fins. Il libérait de l’écoulement sous la voiture, et il augmentait la rigidité en torsion. McLaren conserva son outillage mâle et son autoclave interne pour produire la pièce. L’avionneur américain Hercules Aerospace, partenaire de l’écurie depuis la MP4/1, aurait apporter un concours à cette réalisation.
Les liaisons au sol suivaient un schéma dissymétrique. L’avant reposait sur une double triangulation actionnée par tirants, l’arrière sur une double triangulation actionnée par poussoirs. Les amortisseurs venaient de chez Showa.
Le freinage était confié à des disques carbone et à des étriers de conception McLaren, doubles, montés à l’intérieur. Autosport, seule source à documenter ce point, précise que les étriers arrière étaient inclinés par rapport à la fusée et placés plus haut que ceux de l’avant. Le fournisseur des disques n’est documenté par aucune des sources consultées.
Le vilebrequin descendu de 28 mm
Honda descendit le vilebrequin du RA168E de 28 mm par rapport à la génération précédente. C’est le fait technique central de la voiture, et il repose sur la fiche constructeur, seule source à l’énoncer.
Vingt-huit millimètres sur un vilebrequin ne se prennent pas isolément. L’arbre commande la hauteur du moteur, le moteur commande celle de la transmission, et la transmission fixe la ligne du plancher. Descendre l’un sans traiter les autres n’aurait déplacé aucune masse : c’est le sens du mot « système » appliqué à cette voiture.
La boîte à trois arbres et l’embrayage de 5,5 pouces
La boîte de vitesses fut développée spécifiquement pour la MP4/4 avec Pete Weismann, aux États-Unis. Elle offrait six rapports répartis sur trois arbres, montage qui la posait très bas et raccourcissait sa longueur. Honda la référence sous la désignation « McLaren 6-speed ».
Son attribution n’est pas établie. Revs Institute crédite David North de la conception, motorsport.com donne Gordon Murray collaborant avec Weismann sur la disposition à trois arbres, Motor Sport Magazine et Honda n’attribuent la boîte à personne. Les trois versions se concilieraient si North avait conçu et Murray arbitré.
L’embrayage complétait le dispositif. McLaren montait un Tilton carbone de 5,5 pouces de diamètre, quand les concurrents en utilisaient de 7,25 pouces. La faible inertie de la pièce servait la mécanique, et son faible diamètre autorisait le moteur à descendre encore. Le gain de longueur obtenu sur la boîte laissait par ailleurs de la liberté de conception à l’arrière de la voiture.
La position de conduite
Le pilote était assis plus en arrière que sur la MP4/3, et très incliné. Le règlement 1988 imposait de reculer le pédalier derrière l’axe des roues avant, contrainte de sécurité que la voiture dut absorber.
C’est le plafond de 150 litres qui rendit l’opération praticable. Un réservoir limité à 150 litres occupe moins de volume qu’un réservoir libre, et la longueur ainsi rendue disponible servit l’implantation générale. La contrainte réglementaire, imposée pour brider les turbo, se retournait en avantage de conception. L’empattement de la MP4/4 s’établissait à 2 875 mm, pour une voie avant de 1 824 mm et une voie arrière de 1 670 mm.
Le RA168E, l’efficience contre le bridage
Entre 1987 et 1988, la puissance des moteurs de Formule 1 de Honda recula de 1 010 à environ 685 ch. Le motoriste ne chercha pas à combler l’écart par la puissance brute, et traita le plafond de 150 litres comme une question de rendement. C’est du moins ce qu’il revendique.
L’architecture
Le RA168E était un V6 ouvert à 80 degrés, suralimenté par deux turbocompresseurs et refroidi par eau. Sa cylindrée exacte s’établissait à 1 494 cm3, sous le plafond réglementaire de 1 500 cm3. L’alésage mesurait 79,0 mm pour une course de 50,8 mm, soit un rapport course sur alésage de 0,643. Le taux de compression était de 9,4:1. Tout équipé, le moteur pesait 146 kg.
En configuration de course et en fin de saison 1988, il développait environ 685 ch métriques à 12 500 tr/min, soit 675 bhp impériaux ou 503 kW. La puissance spécifique atteignait ainsi 457 ch par litre, contre 677 ch par litre pour le RA167E de 1987. Le couple culminait à 424 N.m à 10 000 tr/min, et le moteur conservait plus de 295 lb-pi entre 8 000 et 12 000 tr/min.
Deux réserves accompagnent ces chiffres. La première tient au régime : Motor Sport Magazine situe la puissance maximale à 12 500 tr/min, quand la fiche Honda annonce un régime maximal de 12 300 tr/min pour le moteur. Aucune source ne réconcilie les deux valeurs, et l’écart de 200 tr/min reste ouvert.
La seconde tient à la puissance elle-même. McLaren Heritage annonce « in excess of 700bhp » et motorsport.com environ 700 chevaux et McLaren les rattache à la fin du développement du moteur.

Le détail de la mécanique
Les turbocompresseurs venaient de chez IHI, sous la désignation RXD6D. Leurs roues de turbine étaient en céramique, plus précisément en carbure de silicium, et leurs paliers céramique tournaient sur roulements à billes. L’ensemble visait la réponse du moteur autant que sa tenue.
La chambre de combustion recevait des soupapes ouvertes à 32 degrés et des pistons à tête plate. Le bloc restait en fonte, les culasses en alliage d’aluminium. Honda alimentait le moteur par son injection PGM-FI, à raison de deux injecteurs par cylindre, avec un papillon à double étage. L’allumage était de type CDI, la lubrification par carter sec.
Le carburant relevait de la même recherche. La fiche constructeur donne un mélange de 84 % de toluène et de 16 % de n-heptane. Selon motorsport.com, seule source sur ce point, il fut développé avec Shell et préchauffé pour éviter l’auto-inflammation.
Le rendement comme argument
Honda revendique d’avoir répondu au bridage par la technologie de rendement plutôt que par la puissance. La revendication émane du constructeur, et les chiffres qui la soutiennent proviennent d’une seule publication. Selon Motor Sport Magazine, la consommation spécifique minimale du RA168E descendait à 272 g/kW-h, soit 200 g/ch-h. La même source, seule à publier la valeur, situe son rendement thermique au-delà de 30 %.
Senna et Prost, quinze victoires sur seize
La MP4/4 ne laissa qu’un Grand Prix à la concurrence en 1988, et ses deux pilotes se partagèrent les quinze autres. Ayrton Senna portait le numéro 12, Alain Prost le numéro 11. Le championnat se jouerait entre eux, sur seize manches dont ils gagneraient tout sauf une.
Le premier tiers de la saison
La saison s’ouvrit au Brésil le 3 avril, et le résultat contredit la mémoire commune. Senna partit de la pole, puis fut disqualifié après 31 tours. Prost gagna, parti de la troisième place. Le motif de la disqualification n’est établi par aucune des sources consultées : l’API officielle enregistre le statut, sans en donner la raison.
Senna prit sa revanche à Saint-Marin le 1er mai, devant Prost. La séquence de Monaco, le 15 mai, tourna de nouveau à l’avantage du Français : Senna sortit de la piste au 66e des 78 tours, et Prost gagna. Le Brésilien avait signé la pole les trois fois.
Prost s’imposa encore au Mexique le 29 mai, puis Senna enchaîna le Canada le 12 juin et Detroit le 19 juin. La France, le 3 juillet, revint à Prost, parti de sa propre pole. À ce stade, les deux hommes avaient gagné trois courses chacun.

La série
La Grande-Bretagne, le 10 juillet, fournit la seule pole que McLaren ne signa pas de la saison : elle revint à Gerhard Berger sur Ferrari. Senna partit troisième et gagna. Prost abandonna au 24e tour, sur un problème de tenue de route.
Senna prit alors la main. Il gagna l’Allemagne le 24 juillet, la Hongrie le 7 août, puis la Belgique le 28 août, où McLaren s’assura le titre des constructeurs à la 11e des 16 manches. Le Grand Prix d’Italie, le 11 septembre, romprait la série.
Prost referma la saison. Il gagna le Portugal le 25 septembre depuis sa deuxième pole de l’année, puis l’Espagne le 2 octobre. Senna s’adjugea le Japon le 30 octobre, et Prost l’Australie le 13 novembre.
15 victoires sur 16
| # | Date | Grand Prix | Vainqueur | Pole | Senna | Prost |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 3 avril | Brésil | Prost | Senna | Disqualifié, 31 tours | 1er, parti 3e |
| 2 | 1er mai | Saint-Marin | Senna | Senna | 1er | 2e |
| 3 | 15 mai | Monaco | Prost | Senna | Abandon, sortie de piste, 66 tours sur 78 | 1er |
| 4 | 29 mai | Mexique | Prost | Senna | 2e | 1er |
| 5 | 12 juin | Canada | Senna | Senna | 1er | 2e |
| 6 | 19 juin | Detroit | Senna | Senna | 1er | 2e, parti 4e |
| 7 | 3 juillet | France | Prost | Prost | 2e | 1er |
| 8 | 10 juillet | Grande-Bretagne | Senna, parti 3e | Berger (Ferrari) | 1er | Abandon, tenue de route, 24 tours |
| 9 | 24 juillet | Allemagne | Senna | Senna | 1er | 2e |
| 10 | 7 août | Hongrie | Senna | Senna | 1er | 2e, parti 7e |
| 11 | 28 août | Belgique | Senna | Senna | 1er | 2e |
| 12 | 11 septembre | Italie, Monza | Berger (Ferrari) | Senna | 10e, collision, 49 tours | Abandon, moteur, 34 tours |
| 13 | 25 septembre | Portugal | Prost | Prost | 6e | 1er |
| 14 | 2 octobre | Espagne | Prost | Senna | 4e | 1er, parti 2e |
| 15 | 30 octobre | Japon, Suzuka | Senna | Senna | 1er | 2e |
| 16 | 13 novembre | Australie | Prost | Senna | 2e | 1er, parti 2e |
Les totaux
McLaren remporta 15 des 16 Grands Prix, soit 93,75 % de la saison. La MP4/4 signa 15 poles, dont 13 pour Senna et 2 pour Prost. Elle plaça ses deux voitures sur les deux premières marches à dix reprises, et occupa 25 des 32 places de podium disponibles.
L’écurie mena 1 003 des 1 031 tours de la saison, soit 97,3 %. Wikipedia EN lui attribue 10 meilleurs tours sur 16 : cette donnée provient d’une source unique et n’est pas vérifiable par l’API officielle, qui ne couvre pas les meilleurs tours avant 2004.
Au championnat des constructeurs, McLaren totalisa 199 points. Ferrari, deuxième, en compta 65, soit 3,06 fois moins. Huit de ces victoires revinrent à Senna, sept à Prost.
Monza, 11 septembre 1988
La seule course que la MP4/4 perdit en 1988 est aussi celle que l’on raconte le moins exactement. Senna n’y abandonna pas : il est classé dixième du Grand Prix d’Italie. Le classement officiel dit une chose que le récit courant a effacée.
L’abandon de Prost
Prost s’arrêta le premier. L’API officielle lui compte 34 tours couverts sur les 51 de l’épreuve, avec le statut « Engine ». grandprix.com situe l’abandon au tour 35 : l’écart tient à une convention, l’une comptant les tours achevés, l’autre le tour en cours. Les deux sources ne se contredisent pas.
La cause reste une hypothèse. La perte d’une bougie est la cause probable retenue, et la surchauffe en est la suspecte. Aucune enquête technique publiée ne l’établit.
La collision de la chicane Rettifilo
Senna courait en tête. Il rattrapa Jean-Louis Schlesser, engagé sur la Williams en remplacement de Nigel Mansell, et entreprit de le doubler pour la deuxième fois de la course. À l’entrée de la chicane Rettifilo, Schlesser s’ouvrit, puis bloqua ses roues. En tentant de rester en piste, il braqua vers l’intérieur.
Sa roue avant gauche toucha la roue arrière droite de la McLaren. La suspension arrière rompit, et la MP4/4 s’échoua sur un vibreur. L’incident se produisit au 49e tour.
C’est là que le classement corrige le souvenir. Senna avait couvert la distance requise, et les commissaires le classèrent dixième, avec le statut « Collision ». Il ne figure pas parmi les abandons de cette course.
Le doublé de Ferrari
L’épreuve se courait dans un contexte particulier. Enzo Ferrari était mort le 14 août 1988, moins d’un mois avant le Grand Prix d’Italie. Gerhard Berger franchit la ligne le premier, devant Michele Alboreto. Eddie Cheever, sur Arrows-Megatron, compléta le podium. Le 11 septembre 1988, Ferrari plaça ses deux voitures en tête du Grand Prix d’Italie, à Monza.
Le décompte des onze meilleurs résultats
Alain Prost marqua onze points de plus qu’Ayrton Senna en 1988, et termina deuxième du championnat. L’arithmétique du règlement, non le rapport de force entre les deux hommes, explique ce résultat. Elle mérite d’être suivie chiffre par chiffre.
La règle
Le championnat ne retenait pas la totalité des points marqués. Seuls les onze meilleurs résultats sur seize étaient comptabilisés. La règle avait été introduite en 1984, et resterait en vigueur jusqu’en 1990 inclus. Un pilote régulier était donc pénalisé par sa propre régularité. Chaque course achevée au-delà de la onzième meilleure ne lui rapportait plus rien, quel que soit son classement.
Les chiffres
Senna totalisa 94 points bruts, dont 90 furent comptés. Il gagna huit Grands Prix et fut sacré champion du monde. Prost totalisa 105 points bruts, dont 87 furent comptés. Il gagna sept Grands Prix et termina deuxième.Le décompte retira quatre points à Senna et dix-huit à Prost. L’écart de dix-huit points est ce qui sépare le titre de la deuxième place.
La mécanique
Prost acheva quatorze des seize courses, et il termina premier ou deuxième dans chacune d’elles. Ses onze meilleurs résultats étaient donc déjà composés exclusivement de victoires et de deuxièmes places. Aucune arrivée supplémentaire ne pouvait plus lui rapporter le moindre point : il écarta trois deuxièmes places pleines.
Senna courut différemment, sans l’avoir choisi. Il fut disqualifié au Brésil, abandonna à Monaco, et termina dixième à Monza. Ses classements hors du top deux se réduisaient à une quatrième place en Espagne et une sixième au Portugal. Le décompte lui retira ces deux résultats mineurs, et son dixième rang de Monza ne rapportait rien.
C’est ainsi que huit victoires valurent plus que sept, alors que le total brut disait l’inverse. Senna fut sacré à Suzuka, quinzième manche, une course avant la fin de la saison. Le championnat se solda sur 90 points contre 87.
Le record de 93,75 % et sa postérité
Le taux de victoires de la MP4/4 résista trente-cinq ans. De 1988 à 2023, aucune voiture n’avait remporté une proportion plus élevée des Grands Prix d’un championnat du monde.
Le record et sa chute
Quinze victoires sur seize représentent 93,75 % de la saison 1988. Ce taux resta le meilleur de l’histoire du championnat jusqu’en 2023, quand la Red Bull RB19 remporta 21 des 22 Grands Prix de sa saison, soit 95,45 %.
Motor Sport Magazine porte sur cette succession une lecture plus étroite. La publication retient que la RB19 détient désormais le taux de victoires, mais que la MP4/4 conserve la supériorité sur deux autres registres : les poles, 93,75 % contre 63,6 %, et les tours en tête, 97,3 % contre 86,7 %.
1988, 16 manches. 2023, 22 manches
| Critère | McLaren MP4/4 (1988) | Red Bull RB19 (2023) |
|---|---|---|
| Victoires | 15 sur 16, soit 93,75 % | 21 sur 22, soit 95,45 % |
| Poles | 15 sur 16, soit 93,75 % | 14 sur 22, soit 63,6 % |
| Podiums | 25 sur 32 | 30 sur 42 |
| Tours en tête | 1 003 sur 1 031, soit 97,3 % | 1 149 sur 1 325, soit 86,7 % |
| Titre constructeurs acquis | Manche 11 sur 16 | Manche 16 sur 22 |
Six châssis
McLaren construisit six châssis de course, numérotés MP4/4-01 à MP4/4-06, auxquels s’ajoute un showcar statique référencé MP4/4/SSC/10. Les six ont tous été engagés à un moment de la saison. Trois châssis demeurent la propriété de McLaren. Un appartient à la collection Honda, qui le démontre régulièrement en piste. Deux sont détenus par des propriétaires privés, dont l’un au moins reste en état de marche.
Conclusion : une saison, six châssis, quinze victoires
La MP4/4 n’eut pas de suite. Elle fut dessinée pour un règlement qui n’existait plus l’année suivante, et elle disparut avec lui.
Tout ce qui faisait sa singularité tenait à une équation posée par le règlement : 2,5 bar de suralimentation, 150 litres de carburant, 540 kg à porter. Le vilebrequin descendu, la boîte à trois arbres, l’embrayage réduit et la monocoque à parois verticales répondaient à cette équation, et à elle seule. En 1989, le turbo fut interdit. Les réponses n’avaient plus d’énoncé.
Une voiture qui règne une saison puis s’arrête pose un problème d’histoire technique. Elle ne transmet rien : ni architecture reprise, ni solution recopiée par la concurrence, puisque la concurrence changea de formule en même temps qu’elle. Ce qui subsiste tient dans six châssis et dans un tableau de résultats. La MP4/4 est un aboutissement sans postérité mécanique, ce qui est le sort de toute machine née d’un règlement provisoire.
La question de savoir qui l’a dessinée n’a pas été tranchée non plus. Gordon Murray et Steve Nichols l’ont revendiquée en des termes inconciliables trente-trois ans après la saison, et Honda, seul constructeur au dossier, crédite l’un tout en accordant à l’autre le nez et la monocoque. Le litige survivra probablement aux deux hommes. Il n’entame aucun des chiffres de 1988.
Ces chiffres, eux, ne dépendent d’aucune version. La MP4/4 remporta quinze des seize Grands Prix du championnat du monde 1988. Aucune voiture ne dépassa cette proportion avant 2023.
Sources
Données techniques et versions
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★ PRIMAIRE
Honda, fiche moteur RA168E
https://global.honda/en/POWEREDbyHONDA/1988_ra168e/ Apport spécifique : cylindrée de 1 494 cm3, alésage de 79,0 mm, rapport course sur alésage de 0,643, taux de compression de 9,4:1, puissance de 685 ch, masse de 146 kg tout équipé, carburant à 84 % de toluène et 16 % de n-heptane. Source constructeur retenue contre la version « 16 % méthanol » de Wikipedia EN. -
★ PRIMAIRE
Honda, fiche machine McLaren MP4/4
https://global.honda/en/F1/machine/1988_McLarenHondaMP44/ Apport spécifique : abaissement du vilebrequin de 28 mm, seule source à l’énoncer. Empattement de 2 875 mm, voies de 1 824 et 1 670 mm, suspensions pull rod à l’avant et push rod à l’arrière, amortisseurs Showa, pneus Goodyear, régime maximal de 12 300 tr/min, plafond réglementaire de 2,5 bar et 150 litres. Réserve : traduction depuis le japonais, erreurs de transcription des noms propres (« Steve Nicholls », « John Bernard », « Wiesmann »). -
★ PRIMAIRE
McLaren Racing Heritage, fiche MP4/4
https://www.mclaren.com/racing/heritage/formula-1/cars/1988-formula-1-mclaren-mp4-4/ Apport spécifique : châssis construits et palmarès de l’écurie. Réserve documentée en P1 : cette page annonce 2,8 bar de suralimentation pour 1988, valeur isolée contre quatre sources concordantes à 2,5 bar, et « in excess of 700bhp », valeur non rattachée à la configuration de course. -
SEC.
Motor Sport Magazine, Formula for Success : the Honda RA168E, juillet 1990
https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/july-1990/80/formula-for-success-the-honda-ra168e/ Apport spécifique : analyse technique d’époque du moteur. Alésage de 79,0 mm et course de 50,8 mm énoncés explicitement, puissance de 685 ch métriques à 12 500 tr/min en fin de saison 1988, puissance spécifique de 457 ch/litre, couple de 424 N.m à 10 000 tr/min, bloc fonte et culasses aluminium, turbines en carbure de silicium, consommation spécifique de 272 g/kW-h et rendement thermique supérieur à 30 %. Documente la refonte du moteur pour la consommation, avec le taux de compression porté de 7,2:1 à 9,4:1. Puissance du RA167E de 1987 : 1 010 ch à 12 000 tr/min. -
SEC.
Autosport, F1’s most dominant cars ever
https://www.autosport.com/f1/news/f1s-most-dominant-cars-ever-from-red-bull-rb19-to-mclaren-mp4-4-and-more/10549832/ Apport spécifique : disques carbone et étriers McLaren internes doubles, étriers arrière inclinés par rapport à la fusée et plus hauts que ceux de l’avant. Embrayage de 5,5 pouces. Seule source consultée à documenter le freinage de la voiture. -
SEC.
Revs Institute, Revs Automedia : McLaren MP4/4 Honda, a success with many « fathers »
https://automedia.revsinstitute.org/mclaren-mp4-4-honda-a-success-with-many-fathers Apport spécifique : position de conduite reculée par rapport à la MP4/3, conception de la boîte de vitesses attribuée à David North, moteur RA168E attribué à Osamu Goto, localisation des six châssis survivants.
Palmarès et résultats
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★ PRIMAIRE
API Jolpica-F1, résultats officiels du championnat 1988
https://github.com/jolpica/jolpica-f1 Apport spécifique : les 16 Grands Prix de 1988, vainqueurs, grilles de départ et statuts d’arrivée. Interrogée le 15 juillet 2026 sur l’endpointapi.jolpi.ca/ergast/f1/1988/results/. Établit les trois corrections de vainqueur contre Wikipedia EN (Brésil, Monaco, Grande-Bretagne), le classement de Senna à la 10e place à Monza, et les 199 points constructeurs. Documentation et accès de l’API sur le dépôt du projet. -
SEC.
grandprix.com, Italian GP 1988
https://www.grandprix.com/gpe/rr464.html Apport spécifique : déroulé du Grand Prix d’Italie sur 51 tours, abandon de Prost situé « au tour 35 » (écart de convention avec les 34 tours couverts de l’API), cause probable de la perte d’une bougie, podium Berger devant Alboreto et Cheever. -
SEC.
STATS F1, saison 1988
https://www.statsf1.com/fr/1988.aspx Apport spécifique : points comptés du championnat pilotes, 90 pour Senna contre 87 pour Prost, sous la règle des onze meilleurs résultats. Seule source francophone mobilisée, sur les résultats uniquement. -
SEC.
The Autosport Forums, 1988 and the (then) points system
https://forums.autosport.com/topic/61038-1988-and-the-then-points-system/ Apport spécifique : mécanique du décompte des onze meilleurs résultats sur seize, et démonstration qu’aucune arrivée supplémentaire ne pouvait plus rapporter de point à Prost. Source de forum, sourcée par ses contributeurs, retenue en niveau 4. -
SEC.
Wikipedia EN, McLaren MP4/4
https://en.wikipedia.org/wiki/McLaren_MP4/4 Apport spécifique : 10 meilleurs tours sur 16 et 10 doublés, données non vérifiables par l’API. Concours de Hercules Aerospace à la monocoque. Mort d’Enzo Ferrari le 14 août 1988. Réserve lourde : cette source est à l’origine de trois erreurs de vainqueur corrigées en P1, de l’erreur « rocker arm » sur la suspension arrière et de la version « méthanol » du carburant.
Innovations et héritage
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SEC.
Motor Sport Magazine, Why record-breaking Red Bull RB19 still doesn’t top McLaren’s MP4/4
https://www.motorsportmagazine.com/articles/single-seaters/f1/why-record-breaking-red-bull-rb19-still-doesnt-top-mclarens-mp4-4/ Apport spécifique : comparatif chiffré avec la Red Bull RB19 de 2023, poles à 93,75 % contre 63,6 %, tours en tête à 97,3 % (1 003 sur 1 031) contre 86,7 % (1 149 sur 1 325), 25 podiums sur 32. Origine de l’appréciation, attribuée comme telle dans l’article, selon laquelle la MP4/4 conserve la supériorité sur les poles et les tours en tête. -
SEC.
motorsport.com, The fascinating story behind McLaren’s most iconic F1 car
https://www.motorsport.com/f1/news/mclaren-mp-4-technical-analysis/4776444/ Apport spécifique : monocoque à parois verticales sur plancher plat en rupture avec le schéma en V de Barnard, outillage mâle et autoclave interne, embrayage Tilton carbone, carburant préchauffé développé avec Shell, trois configurations aérodynamiques selon les circuits, disposition à trois arbres de la boîte. Source de niveau 4, retenue avec recoupement.
Biographies des acteurs et paternité de la voiture
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SEC.
Motor Sport Magazine, I’m sick of people living off my reputation, says Gordon Murray in McLaren MP4/4 row
https://www.motorsportmagazine.com/articles/single-seaters/f1/im-sick-of-people-living-off-my-reputation-says-gordon-murray-in-mclaren-mp4-4-row/ Apport spécifique : citation de Gordon Murray revendiquant la direction de l’équipe de conception, septembre 2021. Thèse de la filiation directe avec la Brabham BT55. Une des deux faces de la divergence 6, non tranchée. -
SEC.
Motor Sport Magazine, Gordon Murray’s living in a parallel universe : McLaren designers hit back over MP4/4 claims
https://www.motorsportmagazine.com/articles/single-seaters/f1/gordon-murrays-living-in-a-parallel-universe-mclaren-designers-hit-back-over-mp4-4-claims/ Apport spécifique : réponse de Steve Nichols, octobre 2021, et arguments techniques contre la filiation avec la BT55. Rôles de Matthew Jeffreys (partie avant et suspensions) et de Bob Bell (aérodynamique). Contexte des 82 inexactitudes relevées par 17 membres de l’équipe dans l’ouvrage d’Ian Bamsey. Seconde face de la divergence 6.
Lacunes documentaires
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LACUNE
Fournisseur des disques de frein
Non documenté par les sources consultées, malgré recherche dédiée. Les disques sont établis en carbone, leur fabricant ne l’est pas. Archives compétentes : McLaren MP4/4 Owners’ Workshop Manual (Steve Rendle, éditions Haynes), registre McLaren Heritage. -
LACUNE
Affectation des châssis MP4/4-01 à MP4/4-06
La correspondance entre numéro de châssis, pilote et Grand Prix reste introuvable. Les six châssis sont établis comme tous engagés, sans plus de détail. Archives compétentes : registre McLaren Heritage, collection Honda, manuel Haynes. -
LACUNE
Évolutions de la voiture en cours de saison 1988
Seules trois configurations aérodynamiques selon les circuits sont documentées. Aucune évolution de spécification manche par manche n’est établie. Archives compétentes : McLaren Heritage, archives Autosport et Motor Sport de 1988. -
LACUNE
Motif de la disqualification d’Ayrton Senna au Brésil
L’API Jolpica établit le statut « Disqualified » après 31 tours, sans en donner la raison. Aucune source consultée ne l’établit, et l’article ne l’énonce donc pas. Archives compétentes : archives FISA de 1988, archives Autosport d’avril 1988. -
LACUNE
Meilleurs tours de la saison 1988
Le chiffre de 10 meilleurs tours sur 16 repose sur Wikipedia EN, source unique. L’API Jolpica ne couvre pas les meilleurs tours avant 2004. Archives compétentes : statsf1.com, 8w.forix.com, archives Autosport. -
LACUNE
Homologation FIA du moteur RA168E
Aucun document d’homologation publié n’a été retrouvé. La puissance de 685 ch reste une valeur déclarative de constructeur, jamais un relevé indépendant. Archive compétente : archives de la FIA. -
LACUNE
Sources francophones sur la MP4/4 comme objet technique
Constat vérifié en P1 : aucune source francophone de premier plan ne traite la conception de la voiture. statsf1.com couvre les résultats, pas la technique. Archives compétentes : archives Sport Auto, Auto Hebdo et Revue Automobile de 1988.
Sportauto-Heritage.fr – Les chroniques du Sport Automobile au XXe Siècle
