Les 24 Heures du Mans 1934 : un pilote de vitesse gagne l’endurance
L’article en une minute
Spécialiste du Grand Prix, Philippe Étancelin n’avait jamais pris le départ des 24 Heures du Mans. Il les gagna avec Luigi Chinetti à sa première tentative, en juin 1934, au volant d’une Alfa Romeo achetée à l’usine pour cette seule course, avec l’aide du pétrolier qui le rémunérait, et revendue peu après la victoire.
À retenir
Étancelin commanda l’Alfa Romeo 8C 2300 à l’usine.
Chinetti et Étancelin gagnèrent sur l’Alfa Romeo n° 9.
Seconde et dernière participation d’Étancelin aux 24 Heures du Mans.
Les chapitres
- 1Douzième édition, 44 partants45 voitures présentées, départ donné par le vicomte de Rohan.1 min
- 2Le règlement de 1934Vingt-quatre tours entre deux ravitaillements, assistance extérieure interdite.1 min
- 3Une Alfa pour une courseCommandée le 7 février, livrée le 14 juin.3 min
- 4Alfa, Bugatti et anglaisesQuatre Alfa Romeo, cinq Bugatti, puis Riley, MG et Singer.2 min
- 5La course perd ses favoritesDe l’incendie de Sommer à l’abandon de Howe.2 min
- 6Le chewing-gumColmatage en 22 min 30 s au 48e tour.2 min
- 7La victoire du dimanche180 km d’avance, mais une moyenne en baisse.3 min
- 8Les petites anglaisesQuatre Riley dans les six premières, indice et Coupe biennale.2 min
- 9Le sort du châssisRevendue à la Standard, puis restaurée au début des années 2010.1 min
- 10Ce que 1934 révèleLe classement général resta à la portée d’un propriétaire privé.1 min
- La course heure par heureVingt jalons, du départ de 16 heures à l’arrivée.Frise
- Les dix premiersPilotes, voiture, distance et tours de chaque place.Palmarès
- Alfa Romeo et BugattiÉquipage et sort de chacune, de la victoire aux abandons.Voitures
Les essentiels
Les 24 Heures du Mans 1934 furent la douzième édition de l’épreuve créée en 1923. Elles donnèrent à Alfa Romeo sa quatrième victoire consécutive au classement général depuis 1931, la dernière que la marque ait remportée à ce jour au Mans. Les 16 et 17 juin, elles se coururent sur le circuit de la Sarthe, dans la configuration issue des travaux de 1932. Depuis ces travaux, une liaison privée reliait la ligne droite des stands à celle des Hunaudières par les Esses et le nouveau virage du Tertre Rouge. Le tour mesurait 13,492 km. Cette configuration servira jusqu’en 1955.
Pourquoi un pilote de Grand Prix qui n’avait jamais couru l’épreuve se trouva-t-il au départ, le samedi 16 juin, avec une Alfa Romeo 8C 2300 commandée à l’usine le 7 février et livrée le jeudi 14 juin, deux jours plus tôt ?

Remerciements
Cet article fait partie d’une série dédiée à Philippe Étancelin. Il a été écrit grâce au concours précieux d’André Étancelin, petit-fils du pilote et auteur de plusieurs ouvrages sur la carrière de son grand-père, tels que « Le pilote sans casque, l’épopée du pilote privé le plus titré du sport automobile » et « Grand Prix Summum ».
Nous le remercions chaleureusement pour son assistance et pour toutes les sources qu’il nous a fournies.
- Philippe Étancelin, « Comment, avec Chinetti, nous avons gagné le Grand Prix du Mans », L’Intransigeant, exclusivité « Intran », article écrit le 17 juin 1934
- L’Auto, Maurice Henry, annonce du tournage d’un film, 12 juin 1934
- L’Auto, Maurice Henry, propos de Philippe Étancelin recueillis sous le titre « Etancelin nous dit… », 18 juin 1934 (page 2)
- Philippe Étancelin, lettre à M. B. Aslan-Finaly, 21 juin 1934 (page 9), et « Mes vingt-quatre heures du Mans », L’Aéro, 1935 (page 135)
- « Grand Prix Summum » page 137, lettre-contrat d’Étancelin à B. Aslan-Finaly du 16 octobre 1933, accord du 7 février 1934 et pièces du pétrolier
- « Grand Prix Summum » page 132, laissez-passer n° 91 et n° 92 du Circuit permanent de la Sarthe
- Vicomte de Rohan, président de l’Automobile Club de France, lettre à Philippe Étancelin, Paris, 23 juin 1934
- Georges Durand, secrétaire général de l’Automobile Club de l’Ouest, mot manuscrit à Étancelin, 1934 (page 90)
- André Étancelin, auteur de « Grand Prix Summum », précisions communiquées par message
- « Grand Prix Summum » page 134, « Le film de la course »
- « Grand Prix Summum » page 20 et planche de palmarès 1926-1954
Quelle ampleur prennent les 24 Heures du Mans 1934, douzième édition de l’épreuve ?
Pour les 24 Heures du Mans 1934, une cinquantaine de voitures furent inscrites ; 45 se présentèrent au Mans la semaine de la course, et 44 prirent le départ le samedi 16 juin à 16 heures, soit 88 pilotes répartis en équipages de deux. L’arrivée était fixée au lendemain, à la même heure. L’épreuve portait alors le nom officiel de XIIe Grand Prix d’Endurance des 24 Heures du Mans. L’Automobile Club de l’Ouest avait pour secrétaire général Georges Durand, qui l’avait déjà été à la fondation du club, en 1906 ; le directeur de course était Charles Faroux, qui tint ce poste de 1923 à 1956.
Pour cette édition, l’Automobile Club de l’Ouest avait agrandi et surélevé les stands, désormais pourvus de dispositifs de ravitaillement automatiques. En 1934, aucun programme officiel ne paraît avoir été édité.
Le matin de la course, la Duesenberg du prince Nicolas de Roumanie eut le papillon des gaz bloqué en position ouverte et un piston serré ; elle fut éliminée au dernier moment. Dans la journée, la chaleur ramollit par endroits le goudron neuf, et les commissaires répandirent des copeaux de bois. La nuit, une brume légère se posa par plaques sur le circuit. Quatre femmes figuraient parmi les engagés, dont un équipage entièrement féminin sur la Riley n° 38.

À 16 heures, le vicomte de Rohan, président de l’Automobile Club de France, donna le départ. Les pilotes attendaient face à leurs voitures garées en épi, pour un départ type Le Mans, et s’élancèrent vers elles au signal. Le vicomte quitta le circuit avant l’arrivée. Le 23 juin 1934, dans une lettre à en-tête de l’Automobile Club de France, il écrivit à Étancelin qu’il était heureux d’avoir donné le départ et regrettait de n’avoir pu le féliciter. Il lui demandait d’associer à ses compliments son coéquipier, Luigi Chinetti.

Quelles règles encadrent les 24 Heures du Mans 1934 ?
Pour départager les 44 partants des 24 Heures du Mans 1934, le classement général retenait la distance parcourue en vingt-quatre heures, et le règlement limitait les moyens de la couvrir : vingt-quatre tours au moins entre deux ravitaillements, aucune assistance extérieure. En dehors du stand, toute assistance extérieure valait la mise hors course ; la même sanction frappait, pour distance insuffisante, une voiture qui n’avait pas couvert le minimum fixé par l’Automobile Club de l’Ouest.
Tout ravitaillement anticipé était interdit. Le carburant perdu en route ne se remplaçait donc qu’au ravitaillement suivant. Sur le circuit de la Sarthe, long de 13,492 km au tour, l’intervalle de vingt-quatre tours faisait environ 320 km. Au bout de la ligne droite des Hunaudières, qui empruntait la route du Mans à Tours, le virage de Mulsanne ramenait les voitures vers les stands par Arnage.


Le règlement répartissait aussi les voitures en catégories de cylindrée, dotées de leur propre classement. Il rangeait les moteurs à compresseur d’après une cylindrée majorée ; une voiture ainsi équipée pouvait courir dans une catégorie supérieure à celle de sa cylindrée réelle. En 1931, le principe s’appliquait déjà. Cette année-là, Alfa Romeo avait donné au moteur à compresseur sa première victoire au Mans.
Deux prix s’ajoutaient au classement général et aux victoires de catégorie. L’indice de performance, aussi appelé prix de la performance, établissait un classement distinct. Attribuée pour la dixième fois en 1934, la Coupe biennale Rudge-Whitworth se jouait sur deux éditions, et sa finale opposait les engagements qualifiés lors de l’édition précédente. Un concurrent qui découvrait l’épreuve n’y avait donc pas accès par lui-même.
Pourquoi Philippe Étancelin achète-t-il une Alfa Romeo pour une seule course, les 24 Heures du Mans 1934 ?
Philippe Étancelin s’engagea aux 24 Heures du Mans 1934 sur l’insistance de deux hommes de la Standard, le pétrolier qui le rémunérait pour sa saison de Grand Prix, et acheta pour cette seule course une Alfa Romeo, avec l’aide de la Standard, alors que le contrat qui les liait ne mentionnait pas l’épreuve. Ce contrat prenait la forme d’une lettre d’Étancelin datée de Rouen le 16 octobre 1933, adressée à Boris Aslan-Finaly, administrateur délégué de la Standard, et acceptée par celui-ci le 26 octobre. Il assurait au pilote 100 000 francs, deux tiers au 1er janvier 1934 et le solde au 30 septembre, et prévoyait une pénalité de 7 500 francs par course non disputée.
Le pétrolier était une société anonyme de distribution de pétrole et d’essence, L’Économique, établie au 82 avenue des Champs-Élysées, qui distribuait les marques Standard, Esso et Stanavo ; la presse l’appelait la Standard.
L’état des courses joint au contrat énumérait huit Grands Prix, dont Monaco et celui de l’Automobile Club de France, avec leur barème de primes. Les 24 Heures du Mans ne figuraient ni dans la liste ni au barème. Étancelin s’engageait à courir toutes ces épreuves et, le cas échéant, d’autres courses qu’il indiquerait au pétrolier en temps utile. Le Mans entra vraisemblablement par cette clause ouverte.
Le carburant restait à la charge du pilote, et l’huile comme les lubrifiants lui étaient fournis gratuitement. Au barème, une victoire au Grand Prix de l’Automobile Club de France valait 15 000 francs, cinq fois les 3 000 francs de droits d’engagement qu’Étancelin acquitta au Mans. Étancelin soulignera que l’organisateur ne dotait l’épreuve d’aucun prix en espèces, et estimera que l’Automobile Club de l’Ouest avait encaissé plus de 150 000 francs avec les seuls engagements.
La voiture fit l’objet d’un accord distinct, une lettre d’Étancelin à Aslan-Finaly datée du 7 février 1934, jour de sa commande officielle. Étancelin y prenait acte de l’accord du dirigeant de la Standard pour l’aider à obtenir la voiture des 24 Heures. Si le pilote ne pouvait courir lui-même, Aslan-Finaly aurait le droit d’en disposer avec Chinetti et de désigner un second conducteur. Le pétrolier fit des versements au titre de la voiture. Le 19 juillet 1934, une lettre accompagnait un chèque de 10 000 francs, présenté comme le deuxième versement pour la voiture des 24 Heures. Un an plus tard, dans L’Aéro, Étancelin écrira qu’il n’aurait jamais eu l’idée de payer ses droits d’engagement sans l’aimable insistance d’Aslan-Finaly et de M. Davis. Pendant la course, Aslan-Finaly supervisait au Mans la distribution du carburant, assurée cette année-là par la Standard. M. Davis se tenait avec lui au stand du pétrolier.
Sur le formulaire d’engagement figura le nom de L. Chinetti. Dans un article de L’Intransigeant écrit le 17 juin 1934, jour de l’arrivée, Étancelin en donnera la raison : il avait prié Chinetti d’engager la voiture afin qu’elle pût, grâce à lui, concourir pour la finale de la Coupe biennale. Luigi Chinetti avait gagné l’épreuve en 1932 avec Raymond Sommer et fini deuxième en 1933, à 400 mètres de Tazio Nuvolari. Étancelin découvrait l’épreuve. La voiture restait sa propriété.
La voiture était une Alfa Romeo 8C 2300, châssis 2311249, l’un des derniers exemplaires construits. C’était un châssis court, habillé par Brianza d’une carrosserie Le Mans à quatre places, conforme au règlement. Son huit-cylindres en ligne de 2 336 cm3 recevait un compresseur Roots. L’Alfa portait le n° 9 et roulait au benzol. Au Mans, Étancelin se donnait pour objectif de battre le record du monde sur route des vingt-quatre heures, que Nuvolari et Sommer détenaient depuis 1933.
Le 21 juin 1934, quatre jours après l’arrivée, Étancelin raconta dans une lettre à Aslan-Finaly comment la voiture lui avait été livrée. Il y jugeait l’Alfa si mal préparée qu’il aurait normalement dû abandonner après quatre heures de course. Les représentants d’Alfa Romeo France, à Levallois, lui avaient promis verbalement une livraison six semaines avant l’épreuve, quinze jours au pire. En quatre mois, il ne reçut qu’une nouvelle, une carte postale de Chinetti expédiée de Milan deux mois avant la course, qui disait le moteur formidable. Le jeudi 14 juin, l’heure de pesage de la n° 9 était fixée à 9 h 45 ; Chinetti amena la voiture vingt-cinq minutes avant la clôture du contrôle. Ce retard valut 100 francs d’amende à Étancelin. Il rentrait dormir à Rouen : au Mans, toute pièce se louait cent francs.
La voiture se présenta rouge au pesage, à la halle aux toiles du Mans. Dans la nuit suivante, aux essais, un chronométrage officieux crédita l’Alfa n° 9 d’un tour en 5 min 26 s, plus vite que le record du tour de l’épreuve. Le lendemain, vendredi 15 juin, les deux pilotes reçurent leurs laissez-passer du circuit, le n° 92 pour Étancelin et le n° 91 pour Chinetti. Le samedi, l’Alfa Romeo prit le départ en bleu de France.

Fiche technique – Alfa Romeo 8C 2300, châssis 2311249
| Marque et modèle | Alfa Romeo 8C 2300 |
|---|---|
| Châssis | 2311249, l’un des derniers 8C 2300 construits |
| Carrossier | Brianza, carrosserie dite Le Mans |
| Numéro de course | 9 |
| Moteur | 8 cylindres en ligne |
| Cylindrée | 2 336 cm3 |
| Alésage et course | 65 x 88 mm |
| Suralimentation | Compresseur Roots |
| Transmission | Boîte à 4 rapports |
| Freins | Tambours aux quatre roues |
| Pneumatiques | Englebert |
| Amortisseurs | Repusseau |
| Type de châssis | Court (corto) |
| Livrée | Bleu de France ; rouge au pesage du jeudi 14 juin, bleue au départ |
| Catégorie de classement | Plus de 3 litres (cylindrée des moteurs à compresseur majorée par le règlement) |
| Équipage | Luigi Chinetti et Philippe Étancelin |
| Résultat | 1er des 24 Heures du Mans 1934, 2 886,938 km à 120,289 km/h |
Quelles voitures s’alignent aux 24 Heures du Mans 1934, entre quatre Alfa Romeo, cinq Bugatti et les marques britanniques ?
Le 16 juin, huit voitures prirent le départ des 24 Heures du Mans 1934 dans la catégorie des plus de trois litres, où le règlement rangeait les moteurs à compresseur d’après une cylindrée majorée ; quatre étaient des Alfa Romeo 8C 2300, dont la n° 9 d’Étancelin. La n° 5 réunissait Owen Saunders-Davies et Freddy Clifford, qui abandonneront vers 22 h 15 sur une soupape cassée. Lord Howe, de son nom Francis Curzon, partageait la n° 6 avec Tim Rose-Richards. En 1931, il avait gagné l’épreuve avec Henry Birkin, sur une Alfa Romeo. La n° 7 revenait à Raymond Sommer et Pierre Félix. Sommer avait gagné en 1932 et en 1933.

Les cinq Bugatti étaient vraisemblablement toutes inscrites par des particuliers, sans engagement officiel de la firme de Molsheim. La n° 2, une Type 50S de 4,9 litres, était la plus forte cylindrée des partants. Elle bénéficiait, semble-t-il, du soutien de l’usine. Pierre Veyron la partageait avec Roger Labric, pilote et écrivain.
Les Type 55 n° 14 et n° 15 complétaient, avec la n° 2 et la Lorraine-Dietrich n° 3 de Porthault et Vernet, la catégorie des plus de trois litres. La n° 14 portait le châssis 55208. Ce châssis avait été commandé en février 1932 par Dominique Lamberjack, l’agent parisien de la marque, et livré en avril suivant, en carrosserie roadster luxe. Charles Brunet la partageait avec un équipier engagé sous le nom d’Idlaner. Fourny et Decaroli menaient la n° 15.
La n° 4, une Type 44, était confiée à Norbert Mahé et Jean Desvignes. La n° 29, une Bugatti à quatre cylindres de 1 351 cm3, était vraisemblablement bâtie sur un châssis de Type 37. Bodoignet, vainqueur de la catégorie 1 100 cm3 en 1932 sur Amilcar, la partageait avec Fernand Vallon, un habitué de l’épreuve.
Dans la catégorie 1,5 litre s’alignaient des Riley et des Singer, marques britanniques, et dans la catégorie 1,1 litre, des Riley Nine. Dans la catégorie des 2 litres courait la MG K3 Magnette n° 34, à compresseur, qui la remportera.
Les Alfa Romeo et les Bugatti engagées aux 24 Heures du Mans 1934
| N° | Marque et modèle | Équipage | Sort |
|---|---|---|---|
| Alfa Romeo, quatre 8C au départ, une seule à l’arrivée | |||
| 9 | Alfa Romeo 8C 2300, châssis 2311249 | Luigi Chinetti et Philippe Étancelin | 1er au général, 2 886,938 km à 120,289 km/h. Réservoir crevé, colmaté au chewing-gum à l’arrêt du 48e tour, vers 20 h 45, en 22 min 30 s. Panne de lumière à 2 h 30, treize minutes perdues. |
| 6 | Alfa Romeo 8C 2300 | Lord Howe et Tim Rose-Richards | Panne d’éclairage vers 22 h 30, environ 80 minutes perdues. Abandon vers 2 h du matin après 85 tours, l’embrayage ayant cédé. |
| 7 | Alfa Romeo 8C 2300 | Raymond Sommer et Pierre Félix | Abandon au 14e tour, vers 17 h 30, moteur détruit puis incendie à Arnage. Raymond Sommer, vainqueur en 1932 et en 1933, resta indemne. |
| 5 | Alfa Romeo 8C 2300 | Owen Saunders-Davies et Freddy Clifford | Abandon vers 22 h 15, soupape cassée. |
| Bugatti, cinq voitures au départ, une seule classée | |||
| 2 | Bugatti Type 50S, 4,9 L | Roger Labric et Pierre Veyron | Abandon au 73e tour, vers minuit et demi, sur une bielle coulée, immobilisée dans les Hunaudières, alors 2e. Soutenue, semble-t-il, par l’usine, plus forte cylindrée des partants. |
| 4 | Bugatti Type 44 | Norbert Mahé et Jean Desvignes | 9e au général, 191 tours, 1re de la catégorie 3 litres. Seule Bugatti classée. |
| 14 | Bugatti Type 55, châssis 55208 | Charles Brunet et son équipier, engagé sous le nom d’Idlaner | Abandon au 75e tour, alors 5e, juste avant Maison Blanche. La MG Magnette de Ford et Baumer, deuxième, freina pour éviter la Tracta de Félix Quinault, tourna et la percuta à reculons ; en évitant les deux, la Bugatti heurta l’arrière de la Tracta, capota et finit au fossé. Brunet s’en tira avec une arcade sourcilière fendue. |
| 15 | Bugatti Type 55 | Fourny et Decaroli | Mise hors course au 15e tour pour assistance en dehors du stand. |
| 29 | Bugatti, moteur 4 cylindres de 1 351 cm3 | Bodoignet et Fernand Vallon | Abandon peu après 6 h du matin, sur un défaut d’alimentation, après 90 tours. |
Comment les 24 Heures du Mans 1934 perdent-elles leurs favorites au cours des dix premières heures ?
Les 24 Heures du Mans 1934 perdirent leurs favorites l’une après l’autre au cours des dix premières heures, de l’incendie de l’Alfa Romeo n° 7 de Raymond Sommer, le samedi 16 juin vers 17 h 30, à l’abandon de l’Alfa n° 6 de Lord Howe et Tim Rose-Richards, vers 2 heures du matin. À 16 heures, Chinetti avait pris le départ au volant de la n° 9 pour un relais prévu de cinq heures, écrira Étancelin le lendemain dans L’Intransigeant. La consigne était à la prudence : rester près de Sommer, parti très vite, et de l’Alfa de Howe et Rose-Richards.


Au terme du premier tour, la n° 9 était troisième, derrière les Alfa de Sommer et de Rose-Richards, et elle l’était encore au bout d’une heure. Sommer comptait alors environ deux minutes d’avance. Sa voiture avait connu des ennuis mécaniques aux essais, réparés à la dernière minute. Vers 17 h 30, au 14e tour, le moteur de la n° 7 se détruisit, puis la voiture prit feu à Arnage. Sommer en sortit indemne. La Bugatti n° 15 de Fourny et Decaroli fut mise hors course au 15e tour pour assistance en dehors du stand.
Vers 18 heures, Rose-Richards menait avec l’Alfa n° 6, Chinetti pointant à dix secondes. Chinetti ravitailla au terme du 24e tour, vers 18 h 25, et ne resta que 1 min 55 s au stand. Au tour suivant, vers 18 h 30, l’arrêt plus long de la n° 6, qui fit aussi soigner ses amortisseurs, donna la tête à la n° 9. À 20 heures, la n° 9 menait encore, avec 40 tours. L’Alfa n° 6 la dépassa peu après. Elle n’avait que six secondes d’avance quand la n° 9 s’arrêta, vers 20 h 45, au terme du relais de Chinetti.

Quand Étancelin prit le volant, un peu après 21 heures, pour la première fois de sa vie aux 24 Heures, l’Alfa de Howe et Rose-Richards était loin devant. L’arrêt de la n° 9 avait donné à l’Alfa n° 6 plus de deux tours d’avance. Étancelin reprenait à la n° 6 de nombreuses secondes à chaque tour ; il couvrit son deuxième tour, le 50e de la voiture, à 138,775 km/h. Dans L’Intransigeant, il écrira avoir couru ce handicap de tout son cœur, et tiendra cette poursuite pour le seul moment de la course digne d’intérêt. Vers 22 h 30, l’Alfa n° 6 tomba en panne d’éclairage dans la ligne droite et perdit environ 80 minutes. Au 63e tour, la n° 9 reprit la tête et creusa l’écart.
Vers minuit et demi, au 73e tour, la Bugatti n° 2 de Labric et Veyron, alors deuxième à quatre tours de l’Alfa n° 9, coula une bielle et s’immobilisa dans les Hunaudières. Peu après, juste avant Maison Blanche, la MG Magnette de Ford et Baumer, alors deuxième, freinait pour éviter la Tracta de Félix Quinault quand elle tourna et la percuta à reculons. La Bugatti n° 14 de Brunet, alors cinquième, arrivait derrière elles. Elle heurta l’arrière de la Tracta et capota, à son 75e tour ; Brunet s’en tira avec une arcade sourcilière fendue. Vers 2 heures, l’embrayage de l’Alfa n° 6 céda. Elle avait couvert 85 tours.
Comment un réservoir colmaté au chewing-gum mène-t-il l’Alfa Romeo n° 9 au bout des 24 Heures du Mans 1934 ?
L’Alfa Romeo n° 9 termina les 24 Heures du Mans 1934 avec un réservoir colmaté au chewing-gum, réparé une première fois en 22 min 30 s lors de l’arrêt du 48e tour, le samedi 16 juin vers 20 h 45, puis à chaque ravitaillement. La fuite fut découverte à cet arrêt, au moment où Étancelin allait relayer Chinetti : le réservoir était crevé. Sans cette avarie et avec une lutte au sommet, dira Étancelin à L’Auto, le record de l’épreuve serait tombé et celui du tour aurait été porté à 150 km/h.
Étancelin exposera la difficulté dans L’Intransigeant : le règlement n’autorisant le ravitaillement que tous les vingt-quatre tours, soit environ 320 km, une fuite non colmatée interdisait de finir. Le 48e tour ouvrait la deuxième fenêtre de ravitaillement, à deux fois vingt-quatre tours. Le ravitaillement anticipé étant interdit, la réparation devait tenir jusqu’à la fenêtre suivante.
Chinetti colmata la fuite avec du chewing-gum mâché. Étancelin attribuera la réussite de cette réparation de fortune, faite avec les moyens du bord, à l’adresse de son coéquipier, qu’il tenait pour un grand spécialiste des 24 Heures. Le 19 juin 1934, Match l’Intran publiera une photographie de Chinetti au travail sur le réservoir. Toute assistance extérieure était interdite, et la Bugatti n° 15 avait été mise hors course à ce titre dès le 15e tour. La gomme échappait à la règle parce qu’elle n’était pas une pièce d’automobile, expliquera plus tard Chinetti, pour qui c’était aussi la seule matière à se marier avec l’essence.

Une fois Étancelin reparti, les ravitailleurs de la n° 9 avaient ordre de l’arrêter si une trace apparaissait sur la piste. Chacun des ravitaillements suivants dura de huit à onze minutes, le temps d’obturer de nouveau la fuite. Le procédé avait déjà servi au Mans en 1933. Dans son numéro de juillet 1934, Motor Sport notera que la leçon de l’année précédente, une bonne provision de chewing-gum, avait été retenue.
Une équipe de cinéma tournait dans l’enceinte du circuit. Le 12 juin 1934, Maurice Henry avait annoncé dans L’Auto que de nombreuses vues de la course seraient prises pour un film sportif dont l’un des principaux personnages était un chauffeur masqué. Chinetti devait doubler ce personnage au volant. Il s’agissait de 300 à l’heure, que Willy Rozier tournait alors. Pendant la nuit de course, l’acteur Dorville, interprète du coureur masqué, tournait sur la piste avec son camarade Pinoteau, costumé en gendarme. Au Mans, la voiture d’Étancelin tint un rôle de premier plan dans le tournage, sans qu’il eût été consulté. Il écrira plus tard, avec amertume, que sa victoire possible n’intéressait alors personne à Levallois. Au même moment, selon lui, les démarches se multipliaient à Paris, à son insu, auprès des firmes d’accessoires pour aider les cinéastes.
Au lendemain de sa victoire, dans les propos que Maurice Henry recueillit pour L’Auto du 18 juin 1934, Étancelin reprocha à l’Automobile Club de l’Ouest d’avoir autorisé les firmes de cinéma à filmer autre chose que les actualités : « les opérateurs n’ont cessé de nous gêner. C’est déplorable ».
Qui gagne les 24 Heures du Mans 1934, avec 180 kilomètres d’avance mais une moyenne en baisse ?
Les 24 Heures du Mans 1934 revinrent le dimanche 17 juin à Luigi Chinetti et Philippe Étancelin, dont l’Alfa Romeo n° 9 couvrit 2 886,938 km à 120,289 km/h de moyenne. Elle termina avec 180,208 km d’avance sur la deuxième. Revenu au volant dans la nuit, Chinetti tourna jusqu’à 2 h 30. Étancelin prit alors le relais, après avoir promis d’être sage, et vit se lever le jour. À 2 h 30 aussi, une panne de lumière coûta treize minutes à la n° 9, sans lien avec la fuite du réservoir. À la mi-course, à 4 heures, deux des huit voitures de la catégorie des plus de trois litres roulaient encore, et l’Alfa n° 9 menait avec plus de 100 km d’avance. L’autre survivante, la Lorraine-Dietrich n° 3 de Porthault et Vernet, abandonnera le dimanche après 133 tours. Le record visé étant hors d’atteinte, l’équipage n’eut plus d’autre objectif que de terminer.
Le rythme volontairement lent qui en découla valut à la voiture quelques manifestations d’antipathie d’un public mal renseigné, passagères selon Étancelin. Dans L’Intransigeant, il écrira que cette sagesse s’accordait mal avec son tempérament batailleur, et qu’il avait trouvé les heures longues. Peu après 6 heures, la Bugatti n° 29 abandonna sur un défaut d’alimentation, après 90 tours.
À 15 h 15, Chinetti, au volant, se présenta à son stand pour céder la place à Étancelin, propriétaire de la voiture. Étancelin lui fit signe de repartir. Dans le même article, il expliquera avoir tenu à ce que Chinetti, parfait de bout en bout, termine la course et connaisse la joie d’être au volant à l’ultime minute. Au dernier tour, il ne restait qu’un litre et demi de carburant dans la nourrice, précisera Étancelin à L’Auto, où il saluera en Chinetti un pilote sûr et plein de qualités.

À 16 heures, Chinetti franchit la ligne. À l’arrivée, on constata que le porte-roue, cassé, avait rouvert le réservoir. Georges Durand remit les fleurs de la victoire au nom de l’Automobile Club de l’Ouest. Dans un mot à Étancelin, il précisera qu’elles étaient aussi destinées à l’épouse de celui-ci, Suzanne.

La n° 9 avait bouclé 213 tours, et Étancelin signa le meilleur tour en course, en 5 min 41 s, soit 142,437 km/h. La Riley n° 27 de Jean Sébilleau et Georges Delaroche prit la deuxième place avec 2 706,730 km, treize tours derrière l’Alfa. La Riley n° 28 de Freddie Dixon et Cyril Paul fut troisième avec 2 688,156 km. L’avance de la n° 9 était, à sa date, la deuxième de l’histoire de l’épreuve, derrière les 349,808 km de Bentley en 1927. Elle restera la plus large des années 1930. Le jour de l’arrivée, Étancelin ouvrit son article de L’Intransigeant sur ces mots : « Évidemment, c’est une victoire, mais si c’était à refaire je crois que je ne prendrais pas le départ. C’est une épreuve démoralisante comme j’en connais peu. » Dans L’Auto du lendemain, il se dira satisfait du résultat, sans l’être autant qu’il l’avait espéré.

L’année précédente, Nuvolari et Sommer avaient couvert 3 144,038 km à 131,001 km/h, avec un meilleur tour en 5 min 31 s 4. La n° 9 resta ainsi 257,100 km en deçà du record qu’Étancelin était venu chercher. Aucune victoire au Mans n’avait été acquise à une moyenne aussi basse depuis 1929, quand la Bentley Speed Six de Woolf Barnato et Henry Birkin avait gagné à 118,492 km/h.

Les 24 Heures du Mans 1934, heure par heure
samedi
1er tour
14e tour
20 h 00
vers 20 h 45
21 h 00
73e tour
après minuit
02 h 00
peu après 10 h
dimanche
dimanche
Comment les petites anglaises dominent-elles le reste du classement des 24 Heures du Mans 1934 ?
Les 24 Heures du Mans 1934 classèrent 23 voitures sur 44 partantes ; les 21 autres abandonnèrent ou furent mises hors course. Seize des classées étaient britanniques, dont six Riley et cinq Singer. MG et Aston Martin en classaient deux chacune. Une Lagonda complétait le compte. Riley plaça quatre voitures dans les six premières, derrière l’Alfa Romeo n° 9. Les deux Riley 12/6 MPH du podium bouclèrent 200 et 199 tours. Derrière elles, la MG K3 Magnette n° 34 de Charlie Martin et Roy Eccles prit la quatrième place avec 197 tours. Deux Riley Nine suivaient avec 195 tours chacune, la Brooklands n° 36 d’Alex van der Becke et Kenneth Peacock, cinquième, et l’Ulster Imp n° 37 de Samuel Newsome et Kenneth Maclure, sixième. La Riley n° 27 de Sébilleau et Delaroche remporta la catégorie 1,5 litre.
Aux septième et huitième places se classèrent deux Singer de 1,5 litre : la n° 26 de Brian Lewis et John Hindmarsh, avec 195 tours, puis la n° 25 de Frank Barnes et Archie Langley, avec 192. La Bugatti Type 44 n° 4 de Norbert Mahé et Jean Desvignes, seule Bugatti classée, finit neuvième avec 191 tours et remporta la catégorie 3 litres. Reginald « Reggie » Tongue et Maurice Falkner finirent dixièmes sur l’Aston Martin que Tongue avait engagée sous le pseudonyme « A. Vincent ». Il se serait engagé sous ce nom pour ne pas alerter les administrateurs des biens de sa famille, hostiles à ses courses de vitesse.
La Riley Nine Brooklands n° 36, vraisemblablement engagée par le constructeur, remporta l’indice de performance, avec un indice de 1,3697, et la dixième Coupe biennale Rudge-Whitworth. En 1933, le même équipage avait gagné l’indice de performance sur la même voiture, et s’était qualifié pour la finale de 1934. La Coupe de 1933 était revenue à Nuvolari et Sommer. Étancelin avait fait engager la n° 9 au nom de Chinetti pour qu’elle pût disputer la finale ; la Coupe revint à la Riley n° 36.

Dans la catégorie des plus de trois litres au sens du règlement, la n° 9 fut la seule des huit partantes à voir l’arrivée. L’équipe d’usine Aston Martin perdit ses trois voitures. À la treizième heure, la n° 21 de Bert Bertelli et Clifton Penn-Hughes fut mise hors course pour distance insuffisante, après 59 tours, son démarreur ayant bloqué le moteur. Le dimanche, peu après 10 heures, la n° 22 de Thomas Fotheringham-Parker et John Appleton et la n° 23 de Mortimer Morris-Goodall et Jim Elwes abandonnèrent dans le même tour. La n° 23 occupait la deuxième place depuis la mi-course. Au même tour, l’Aston Martin de Tongue rentra au stand avec un pneu déchapé, sans abandonner.
Le compte rendu de Motor Sport, en juillet 1934, porta un titre selon lequel les petites voitures anglaises avaient tout raflé au Mans.
Les dix premiers du classement final des 24 Heures du Mans 1934
| Pos. | Pilote(s) | Voiture | Distance (km) | Tours |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Luigi Chinetti et Philippe Étancelin | Alfa Romeo 8C 2300 | 2 886,938 | 213 |
| 2 | Jean Sébilleau et Georges Delaroche | Riley 12/6 MPH | 2 706,730 | 200 |
| 3 | Freddie Dixon et Cyril Paul | Riley 12/6 MPH | 2 688,156 | 199 |
| 4 | Charlie Martin et Roy Eccles | MG K3 Magnette | 2 665 | 197 |
| 5 | Alex van der Becke et Kenneth Peacock | Riley Nine Brooklands | 2 641 | 195 |
| 6 | Samuel Newsome et Kenneth Maclure | Riley Nine Ulster Imp | 2 638 | 195 |
| 7 | Brian Lewis et John Hindmarsh | Singer 1,5 litre | 2 632 | 195 |
| 8 | Frank Barnes et Archie Langley | Singer 1,5 litre | 2 598 | 192 |
| 9 | Norbert Mahé et Jean Desvignes | Bugatti Type 44 | 2 585 | 191 |
| 10 | Reginald « Reggie » Tongue et Maurice Falkner | Aston Martin 1,5 litre Le Mans, châssis LM10 | 2 541 | 188 |
Que devient l’Alfa Romeo n° 9, châssis 2311249, après sa victoire aux 24 Heures du Mans 1934 ?
L’Alfa Romeo n° 9, châssis 2311249, quitta les mains d’Étancelin peu après sa victoire aux 24 Heures du Mans 1934. Étancelin la revendit à la Standard. Le pétrolier, qui avait son siège au 82 avenue des Champs-Élysées, l’exposa dans une vitrine de l’avenue. Une publicité Essolube de l’époque célébra la première place d’Étancelin et de Chinetti aux 24 Heures du Mans, avec celle du Grand Prix de Dieppe, qu’Étancelin remporta le 22 juillet 1934.
Alfa Romeo France adressa ensuite deux notes à Étancelin. Le 9 juillet 1934, elle lui réclama 100 francs de pourboire versés aux gardiens du stand ; le 17 juillet, 300 francs de location du garage d’Arnage, qu’elle avait réglés le 18 juin. Le vainqueur des 24 Heures du Mans fut ainsi facturé par l’importateur de la marque qu’il venait de faire gagner.
En 1937, la voiture partit pour le Royaume-Uni, immatriculée DYO 308. Son propriétaire, le photographe Norman Lewis, la fit courir à Brooklands et à Crystal Palace ; elle disputa aussi les Poole Speed Trials. Elle fut remise en vente en 1939, vraisemblablement pour 575 livres. En 1948, Bill Little l’acheta 1 250 livres chez Hersham and Walton Motors. Guy Griffiths la reprit en août 1950. Peter Spiral l’acquit en 1954 ; elle ne reparut guère en public avant 2012.
Le collectionneur américain Craig McCaw l’acquit et la fit restaurer chez Blakeney Motorsport ; le travail, commencé vers 2011, la rendit en 2012 à sa configuration des 24 Heures du Mans 1934, et elle fut présentée la même année au concours de Windsor. Au Le Mans Classic 2023, elle courut dans le plateau 1 sous le n° 9, pilotée par Robert Kauffman.

Ce que les 24 Heures du Mans 1934 révèlent
En 1934, le classement général des 24 Heures du Mans revint à une voiture qu’aucun constructeur n’avait engagée. Étancelin l’avait achetée pour cette course et la revendit peu après l’arrivée. Les deux distinctions annexes de l’édition, l’indice de performance et la Coupe biennale Rudge-Whitworth, allèrent à une seule voiture, une Riley Nine de la catégorie 1,1 litre.
Le seul engagement d’usine attesté pour cette édition, celui d’Aston Martin, se trouvait dans les petites cylindrées ; les Riley, dont la lauréate, et deux Singer de 1 litre étaient vraisemblablement engagées par leur constructeur. Aston Martin perdit ses trois voitures d’usine, l’une à la treizième heure, les deux autres dans le même tour, le dimanche matin. Bugatti n’avait, semble-t-il, engagé aucune voiture, et ses cinq représentantes couraient sous le nom de particuliers. Dans la catégorie des plus de trois litres au sens du règlement, une seule des huit partantes vit l’arrivée, l’Alfa Romeo n° 9.
Sur cette édition, la compétition entre usines paraît donc s’être jouée dans les petites cylindrées. Le classement général resta à la portée d’un propriétaire privé, venu du Grand Prix avec une voiture achetée pour l’occasion et l’appui d’un pétrolier. L’épreuve ne figurait pas au barème des primes du contrat d’Étancelin. La victoire fournit à la Standard une voiture de vitrine sur les Champs-Élysées et une publicité Essolube. Quinze jours après l’arrivée, le 1er juillet, Étancelin était au départ du Grand Prix de l’Automobile Club de France, à Montlhéry.
En 1935, le classement général reviendra à un pilote venu de ce plateau de petites cylindrées : John Hindmarsh, septième en 1934 sur une Singer de 1,5 litre, gagnera avec Luis Fontes sur une Lagonda Rapide, en couvrant 3 006,797 km à 125,283 km/h.
Philippe Étancelin ne reviendra qu’une fois aux 24 Heures du Mans, en 1938, sur une Talbot T150C partagée avec Chinetti, et abandonnera sur soupape au 66e tour.
Sources
Sources primaires de l’événement
- ★ PRIMAIRE Philippe Étancelin, « Comment, avec Chinetti, nous avons gagné le Grand Prix du Mans », L’Intransigeant, exclusivité « Intran », article écrit le 17 juin 1934 Article signé du vainqueur, écrit le jour de l’arrivée : Chinetti prend le départ pour un relais prévu de cinq heures, la fuite du réservoir est colmatée en 22 min 30 s, chaque ravitaillement suivant dure de huit à onze minutes et une panne de lumière coûte treize minutes à 2 h 30. Le règlement n’autorise le ravitaillement que tous les vingt-quatre tours, soit environ 320 km. Étancelin y explique l’engagement de la voiture au nom de Chinetti par la finale de la Coupe biennale, décrit la poursuite de la nuit, l’antipathie passagère d’un public mal renseigné et la raison pour laquelle il laissa Chinetti terminer au volant. Fonds familial André Étancelin, coupure reproduite page 133 de « Grand Prix Summum », pièce communiquée par l’auteur.
-
★ PRIMAIRE
L’Auto, Maurice Henry, annonce du tournage d’un film, 12 juin 1934
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4634507x Annonce du tournage d’un film sportif, « 300 km. à l’heure », dont un des principaux personnages est un chauffeur masqué, que le coureur italien Chinetti devait doubler au volant, avec de nombreuses prises de vues pendant les 24 Heures. Fonds familial André Étancelin, colonne reproduite page 133 de « Grand Prix Summum », pièce communiquée par l’auteur. -
★ PRIMAIRE
Excelsior, mention du film « 300 à l’heure », 17 juin 1934 (page 5)
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k46104494 Le film « 300 à l’heure », que Willy Rozier a commencé récemment et dont il va tourner les extérieurs aux beaux jours d’été ; titre auquel se rattache le film sportif annoncé par L’Auto le 12 juin. -
★ PRIMAIRE
Ciné-miroir, distribution du film « 300 à l’heure », 13 juillet 1934
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t51282148n Film réalisé par le jeune metteur en scène Willy Rozier ; l’acteur Dorville y tiendra le rôle du coureur masqué. -
★ PRIMAIRE
L’Auto, Maurice Henry, propos de Philippe Étancelin recueillis sous le titre « Etancelin nous dit… », 18 juin 1934 (page 2)
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4634513n Propos du vainqueur au lendemain de l’arrivée : satisfait du résultat, mais pas autant qu’il l’espérait ; réservoir crevé au 48e tour ; Chinetti « un pilote sûr et plein de qualités » ; reproche à l’Automobile Club de l’Ouest d’avoir autorisé les firmes de cinéma à filmer autre chose que les actualités (« les opérateurs n’ont cessé de nous gêner. C’est déplorable ») ; sans cette avarie et avec une lutte au sommet, record de l’épreuve battu et record du tour porté à 150 km/h ; un litre et demi de carburant dans la nourrice au dernier tour. Fonds familial André Étancelin, colonne reproduite page 133 de « Grand Prix Summum », pièce communiquée par l’auteur. -
★ PRIMAIRE
Le Journal, Albert Charles-Morice, envoyé spécial, article sur la course, 18 juin 1934 (page 7)
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7630454m Pendant la nuit de course, l’acteur Dorville et son camarade Pinoteau, costumé en gendarme, tournent un film sportif sur la piste. -
★ PRIMAIRE
Match l’Intran, « À Etancelin-Chinetti les 24 heures du Mans », 19 juin 1934 (page 13)
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55099997 Récit de la nuit : Chinetti tourne jusqu’à 2 h 30, puis Étancelin prend le volant après avoir promis d’être sage et voit se lever le jour. -
★ PRIMAIRE
L’Auto, numéro du 19 juin 1934
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k46345142 Dixième Coupe biennale attribuée à la Riley Nine n° 36 de van der Becke et Peacock ; distribution du carburant assurée au Mans par la Standard, sous la supervision de M. Finaly, administrateur délégué de la Standard. - ★ PRIMAIRE Philippe Étancelin, lettre à M. B. Aslan-Finaly, 21 juin 1934 (page 9), et « Mes vingt-quatre heures du Mans », L’Aéro, 1935 (page 135) Deux textes du vainqueur, l’un écrit quatre jours après la course, l’autre un an plus tard sur commande du journal. Commande officielle de la voiture le 7 février 1934, livraison promise six semaines avant l’épreuve, carte postale de Chinetti expédiée de Milan, pesage du jeudi fixé à 9 h 45 et voiture livrée vingt-cinq minutes avant la clôture du contrôle, voiture présentée rouge au pesage, jugement d’Étancelin sur l’état de la voiture à la livraison, mal préparée, porte-roue rompu au support et au moyeu. Trois mille francs de droits d’engagement, cent francs d’amende, aucun prix en espèces offert par l’organisateur, estimation de plus de 150 000 francs encaissés par l’organisateur, aucune chambre à trouver et retour dormir à Rouen, objectif du record du monde sur route des vingt-quatre heures, insistance de MM. Aslan-Finaly et Davis pour l’engagement, tournage du film où la voiture tient un rôle de premier plan sans que le pilote soit consulté, deux notes d’Alfa Romeo France postérieures à la victoire. Fonds familial André Étancelin, pièces communiquées par l’auteur.
- ★ PRIMAIRE Fonds familial André Étancelin, « Grand Prix Summum » page 137, lettre-contrat d’Étancelin à B. Aslan-Finaly du 16 octobre 1933, accord du 7 février 1934 et pièces du pétrolier Contrat de 100 000 francs accepté le 26 octobre 1933 par B. Aslan-Finaly ; la société L’Économique, dont les marques sont Standard, Esso et Stanavo, a son siège au 82 avenue des Champs-Élysées. Termes du contrat : deux tiers au 1er janvier 1934, solde au 30 septembre, pénalité de 7 500 francs par course non disputée, carburant payé par le pilote et huile fournie gratuitement, engagement de courir les épreuves de l’état joint « et le cas échéant, à d’autres courses ». L’état « Courses 1934 » énumère huit Grands Prix, sans les 24 Heures du Mans, avec un barème de primes dont 15 000 francs pour la victoire au Grand Prix de l’Automobile Club de France. Accord du 7 février 1934 : Finaly accepte d’aider Étancelin à obtenir la voiture des 24 Heures et se réserve, si Étancelin ne court pas, d’en disposer avec Chinetti et de désigner un second conducteur ; chèque de 10 000 francs du 19 juillet 1934, deuxième versement. Publicité Essolube célébrant Étancelin et Chinetti. Pièces communiquées par l’auteur.
- ★ PRIMAIRE Fonds familial André Étancelin, « Grand Prix Summum » page 132, laissez-passer n° 91 et n° 92 du Circuit permanent de la Sarthe Deux laissez-passer, le n° 92 pour Étancelin et le n° 91 pour Chinetti, portant « Alfa-Roméo n° 9 » et « les 16 et 17 juin 1934 », délivrés au Mans le 15 juin 1934. Pièces communiquées par l’auteur.
- ★ PRIMAIRE Vicomte de Rohan, président de l’Automobile Club de France, lettre à Philippe Étancelin, Paris, 23 juin 1934 Pièce dactylographiée signée, à en-tête de l’Automobile Club de France, six jours après l’arrivée. Le donneur du départ atteste lui-même avoir donné celui de l’édition 1934, précise avoir quitté le circuit avant l’arrivée et demande d’associer Chinetti à ses compliments. Fonds familial André Étancelin, pièce communiquée par l’auteur.
- ★ PRIMAIRE Georges Durand, secrétaire général de l’Automobile Club de l’Ouest, mot manuscrit à Étancelin, 1934 (page 90) Mot sur papier à en-tête du Comité de direction de l’Automobile Club de l’Ouest : Durand félicite le pilote et précise qu’il a remis les fleurs de la victoire au nom de l’Automobile Club de l’Ouest, et qu’elles étaient aussi destinées à Madame Étancelin. Fonds familial André Étancelin, page 90 de « Grand Prix Summum », pièce communiquée par l’auteur.
Contexte réglementaire et institutionnel
-
★ PRIMAIRE
Automobile Club de l’Ouest, « 24 Hours Centenary – The legacy of the turbo engine », 10 mars 2023
https://www.24h-lemans.com/en/news/24-hours-centenary-the-legacy-of-the-turbo-engine-57186 Règles d’équivalence limitant la cylindrée des voitures à compresseur, en vigueur dès 1931 ; première victoire du compresseur au Mans avec Alfa Romeo en 1931. -
SEC.
1934 24 Hours of Le Mans, encyclopédie anglophone
https://en.wikipedia.org/wiki/1934_24_Hours_of_Le_Mans Intervalle de 24 tours entre deux ravitaillements ; 45 voitures présentes la semaine de course ; goudron neuf ramolli par la chaleur et copeaux de bois répandus par les commissaires ; Duesenberg du prince Nicolas de Roumanie arrêtée par un papillon des gaz bloqué ; soutien de l’usine à la Bugatti n° 2 ; accident de Maison Blanche ; abandons des Aston Martin d’usine n° 22 et n° 23, pneu déchapé de l’Aston Martin de Tongue ; indice de performance de la Riley n° 36 ; Lord Howe, de son nom Francis Curzon. -
SEC.
24h-lemans.com, « 1906-1923 : The ACO – the driving force that gave us the 24 Hours of Le Mans », 16 octobre 2022
https://www.24h-lemans.com/en/news/1906-1923-the-aco-the-driving-force-that-gave-us-the-24-hours-of-le-mans-56715 Fondation du club en 1906 ; Georges Durand, secrétaire général de l’Automobile Club de l’Ouest. -
SEC.
lemans.org, « The ACO is celebrating its 120th anniversary », 24 janvier 2026
https://www.lemans.org/en/news/aco/the-aco-is-celebrating-its-120th-anniversary-and-a-generous-slice-of-motorsport-history-60268 Georges Durand, premier secrétaire général de l’Automobile Club de l’Ouest. - SEC. André Étancelin, auteur de « Grand Prix Summum », précisions communiquées à l’éditeur Réponse de l’Automobile Club de l’Ouest à l’auteur en 2025 : aucun programme officiel n’a été édité pour 1934. Fonds familial André Étancelin.
Résultats et chronologie
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★ PRIMAIRE
Automobile Club de l’Ouest, dossier historique des 24 Heures du Mans
https://assets.lemans.org/explorer/pdf/courses/2018/24-heures-du-mans/press-kit/uk/statistiques-historiques-en.pdf Distance homologuée de 2 886,938 km, moyenne de 120,289 km/h, meilleur tour en course d’Étancelin en 5 min 41 s à 142,437 km/h, 44 partants et 21 abandons, indice de performance et 10e Coupe biennale attribués à la Riley n° 36, qui avait déjà remporté l’indice de 1933, la Coupe biennale de 1933 revenant à Nuvolari et Sommer ; tableau des plus grands écarts (349,808 km en 1927, 180,208 km en 1934), série des vainqueurs depuis 1923 (Alfa Romeo de 1931 à 1934, 3 144,038 km à 131,001 km/h et meilleur tour en 5 min 31 s 4 en 1933, Nuvolari devant Chinetti de 400 m, Lagonda Rapide de Hindmarsh et Fontes en 1935 avec 3 006,797 km à 125,283 km/h). Circuit de 13,492 km de 1932 à 1955 avec la liaison privée des Esses du Tertre Rouge, Charles Faroux directeur de course de 1923 à 1956 (page 19), vicomte de Rohan donneur du départ de 1934, commentaire de l’édition : dispositifs de ravitaillement automatiques et stands surélevés. -
★ PRIMAIRE
Motor Sport, « English Small Cars Sweep the Board at Le Mans », juillet 1934
https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/july-1934/6/english-small-cars-sweep-the-board-at-le-mans/ Compte rendu d’époque : 44 partants, brume par plaques, arrêt de la n° 6 à 18 h 30, Howe rejoignant la n° 9 peu après 20 h puis plus de deux tours d’avance pendant l’arrêt de la n° 9, panne d’éclairage de Howe, bielle coulée de la Bugatti n° 2, accident juste avant Maison Blanche avec Brunet cinquième, embrayage de la n° 6 à 2 h, démarreur de l’Aston Martin d’usine n° 21 bloquant le moteur, ordres après 6, 12 et 18 heures, Chinetti se présentant à son stand à 15 h 15 pour céder la place, Étancelin lui faisant signe de repartir, classement d’époque des vingt premiers avec distances (2 706,730 km pour la deuxième, 2 688,156 km pour la troisième), leçon du chewing-gum de l’année précédente, Duesenberg arrêtée par un papillon des gaz bloqué, titre du compte rendu. -
★ PRIMAIRE
L’Auto, liste des partants des 24 Heures du Mans, 15 juin 1934 (page 1)
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4634510d Liste des partants avec leurs cylindrées, majoration de cylindrée des voitures à compresseur ; équipages inscrits « A. Vincent-Falkner » (Aston Martin de Reggie Tongue) et « Ch. Brunet-Idlaner » (Bugatti n° 14). -
★ PRIMAIRE
L’Auto, temps relevés aux essais, 16 juin 1934
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4634511t Deuxième séance d’essais, dans la nuit du 14 au 15 juin : chronométrage officieux de l’Alfa Romeo n° 9 en 5 min 26 s sur le tour de 13,492 km, plus vite que le record du tour de l’épreuve. -
★ PRIMAIRE
L’Auto, classements horaires de la course, 17 juin 1934
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k46345127 Ordre au premier tour, classements horaires, arrêt de l’Alfa Romeo n° 9 au 48e tour, à 20 h 45. -
★ PRIMAIRE
L’Auto, compte rendu des 24 Heures du Mans, 18 juin 1934 (pages 1 et 2)
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4634513n Classement officiel et classement par catégories, abandons et leurs causes ; benzol comme carburant de l’Alfa Romeo n° 9 ; présence de M. Davis au stand de la Standard pendant la course. -
★ PRIMAIRE
L’Intransigeant, « Les 24 heures automobile du Mans », 18 juin 1934
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k794416j Classements relevés à 7 h et à 10 h, liste horaire des abandons. -
★ PRIMAIRE
L’Ouest-Éclair, compte rendu des 24 Heures du Mans, 18 juin 1934
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6596786 Classement à 4 heures ; photographie de l’arrivée. -
SEC.
Les 24 heures.fr, résumé de la course 1934 (copie archivée le 26 janvier 2021)
https://web.archive.org/web/20210126052711/http://www.les24heures.fr/1934/71-1934-la-consecration-pour-alfa-romeo Stands de ravitaillement agrandis, Duesenberg du prince Nicolas de Roumanie non partante, une seule arrivée sur les huit voitures de plus de trois litres. - SEC. Fonds familial André Étancelin, « Grand Prix Summum » page 134, « Le film de la course » Récit de la fuite au réservoir découverte au quarante-huitième tour, au moment où Étancelin va relayer Chinetti, du retard refait au fil des tours et du geste d’Étancelin envers Chinetti en fin de course ; légendes de photographies créditant la photographie du colmatage à Match du 19 juin 1934 et nommant Suzanne Étancelin. Ouvrage d’André Étancelin, tirage à compte d’auteur sans édition en ligne, consultation sur pièces communiquées par l’auteur.
-
SEC.
24h en piste, fiche de la voiture n° 9 de l’édition 1934
https://www.24h-en-piste.com/fr/AfficherDetails.php?Type=Course&Annee=1934&Numero=9 Châssis 2311249, huit cylindres de 2 336 cm3 à compresseur Roots (alésage et course de 65 sur 88 mm, boîte à quatre rapports, freins à tambours), pneus Englebert et amortisseurs Repusseau, première participation d’Étancelin, classement heure par heure de la voiture. -
SEC.
Racing Sports Cars, résultats des 24 Heures du Mans 1934
https://www.racingsportscars.com/results/Le_Mans-1934-06-17.html Classement des vingt-trois classés avec équipages, voitures, engageurs, tours (213 pour la n° 9) et distances, classes (S+3.0 pour la n° 9), motifs d’abandon (embrayage de la n° 6, une soupape de la n° 5, moteur de la n° 2, Lorraine-Dietrich n° 3 après 133 tours, Bugatti n° 14 après 75 tours, Aston Martin n° 21 mise hors course pour distance insuffisante après 59 tours), 45 présentes, 44 partants, Aston Martin n° 20 engagée sous le nom « A. Vincent » (R. E. Tongue), temps chaud et ensoleillé. -
SEC.
Experience Le Mans, engagés et résultats de 1934
https://www.experiencelemans.com/contents/en-us/d199_1934_Le_Mans_24_Hours_Competitors_and_Results.html Nom officiel de l’épreuve, circuit de 13 492 m, 44 partants et 23 classés, liste des engagés (Riley n° 38 de Miss Champney et Mrs Petre, Tracta de Félix Quinault, Lorraine-Dietrich de Porthault et Vernet), classement des vingt-trois classés avec distances, motifs et tours d’abandon des autres. -
SEC.
Race Database, résultats des 24 Heures du Mans 1934
https://www.race-database.com/results/results.php?year=1934&race=1&series_id=8 Classement structuré avec engageur, classe de cylindrée et nombre de tours, qui donne 213 tours au vainqueur. -
SEC.
24 Heures du Mans 1934, encyclopédie francophone
https://fr.wikipedia.org/wiki/24_Heures_du_Mans_1934 213 tours au vainqueur, prix de la performance attribué à la Riley 9 Brooklands n° 36, 88 pilotes au départ dont quatre femmes avec un équipage féminin. -
SEC.
Les 24 heures.fr, dossier Bugatti aux 24 heures du Mans 1934 (copie archivée le 23 février 2024)
https://web.archive.org/web/20240223003427/http://www.les24heures.fr/1934/113-1934-histoire/505-bugatti-aux-24-heures-du-mans-1934 Absence d’engagement d’usine, cinq Bugatti inscrites par des particuliers ; Type 50S n° 2 engagée par Labric, soutenue par l’usine, plus forte cylindrée des partants ; Type 44 n° 4 ; Type 55 n° 14, châssis 55208 facturé à l’agent parisien Dominique Lamberjack, en carrosserie Roadster Luxe, Brunet sorti de l’accident avec une arcade sourcilière fendue ; n° 29 de Bodoignet, vainqueur de la catégorie 1 100 cm3 en 1932 sur Amilcar, et de Vallon ; tours et motifs d’abandon des cinq Bugatti. -
SEC.
The Bugatti Revue, « Bugattis racing at Le Mans »
https://www.bugattirevue.com/revue8/lemans.htm Type 50S n° 2 préparée par Jean Bugatti, pilotée par Roger Labric, pilote, écrivain et historien ; accident de la Type 55 n° 14, dont le pilote évite une MG et heurte une Tracta ; n° 29 dotée d’un moteur de 1 351 cm3. -
SEC.
Bugatti, communiqué « Pebble Beach 2015 : Bugatti présente les supersportives qui ont marqué l’histoire de l’entreprise », Molsheim, 14 août 2015
https://newsroom.bugatti.com/api/fr/communiques-de-presse/pdf/pebble-beach-2015-bugatti-pr-sente-les-supersportives-qui-ont-marqu-l-histoire-de-l-entreprise Châssis 55208 commandé en février 1932 par Dominique Lamberjack et livré en avril 1932, en carrosserie roadster luxe.
Biographies des acteurs impliqués
- ★ PRIMAIRE Fonds familial André Étancelin, « Grand Prix Summum » page 20 et planche de palmarès 1926-1954 Fiche du grand livre établissant que le châssis 2311249 fut acheté à l’usine Alfa Romeo pour cette seule épreuve puis revendu à la Standard (Esso) après la victoire, et désignation du modèle en 8C 2300. La planche de palmarès donne la saison 1934 d’Étancelin, dont le Grand Prix de l’Automobile Club de France du 1er juillet et la victoire du Grand Prix de Dieppe le 22 juillet, et sa seconde participation au Mans en 1938, sur Talbot T150C avec Chinetti, abandon sur soupape au 66e tour. Tirage à compte d’auteur sans édition en ligne, consultation sur pièces communiquées par l’auteur.
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★ PRIMAIRE
Reggie Tongue, « The Reminiscences of Reggie Tongue », Motor Sport, mai 1947
https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/may-1947/13/the-reminiscences-of-reggie-tongue/ Souvenirs signés de l’engageur : il engage au Mans sa propre Aston Martin, châssis LM 10, qualifiée sans difficulté pour la Coupe Rudge-Whitworth. -
★ PRIMAIRE
Le Figaro, promotion de Boris Aslan-Finaly dans l’ordre de la Légion d’honneur, 16 février 1938
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4097675 Prénom Boris de B. Aslan-Finaly, dirigeant de la Standard française des pétroles. -
★ PRIMAIRE
L’Auto, 5 juin 1934
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k46345001 B. Aslan-Finaly cité avec la qualité d’administrateur délégué, dans le compte rendu de l’inauguration d’une raffinerie de la Standard. -
SEC.
Michael Sedgwick Trust, notice de « High Speed Diary – The Life and Times of Reggie Ellis Tongue »
https://michaelsedgwicktrust.co.uk/supported_book/high-speed-diary-the-life-and-times-of-reggie-ellis-tongue/ Biographie tirée des carnets de Reggie Tongue : engagé au Mans sous le pseudonyme « A Vincent » parce que les administrateurs des biens de sa famille s’opposaient à ses courses de vitesse, il avoue la chose par télégramme pendant les essais. -
SEC.
World Sports Racing Prototypes, saison 1934 des courses d’avant-guerre
http://www.wsrp.cz/prewar1934.html Classement des 24 Heures du Mans 1934 avec châssis et immatriculations : Aston Martin n° 20, châssis LM10, immatriculée MV 2793, engagée par M. R. E. Tongue.
Héritage et postérité
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★ PRIMAIRE
Peter Auto, chronométrage officiel d’Al Kamel Systems, Le Mans Classic 2023, plateau 1, course 1, classement
https://peterautoracing.alkamelsystems.com/Results/13_2023/04_LE%20MANS%20CLASSIC/535_PLATEAU%201%20-%20GRID%201/202307011615_RACE%201/03_Classification_RACE%201.PDF Course du 1er juillet 2023 : Alfa Romeo 8C 2300 LM 1934, n° 9, pilotée par Robert Kauffman, 7 tours en 48 min 27,061 s. -
SEC.
Classic & Sports Car, Mick Walsh, histoire de l’Alfa Romeo 8C 2300 victorieuse des 24 Heures du Mans 1934, 19 mars 2024
https://www.classicandsportscar.com/features/alfa-romeo-8c-2300-story-wrigley-special Châssis 2311249, l’un des derniers 8C 2300 construits, châssis court avec carrosserie Le Mans, freins à tambours ; exposition en vitrine sur les Champs-Élysées, exportation au Royaume-Uni en 1937, immatriculation DYO 308 et propriétaire Norman Lewis, remise en vente en 1939, vraisemblablement pour 575 livres, achat par Bill Little pour 1 250 livres en 1948, ventes de 1950 (Guy Griffiths) et de 1954 (Peter Spiral), voiture guère montrée en public avant 2012, puis acquise par Craig McCaw, restaurée par Blakeney Motorsport vers 2011 et présentée au concours de Windsor en 2012. Propos de Chinetti sur le chewing-gum. -
SEC.
Conceptcarz, Alfa Romeo 8C 2300 Corto Le Mans Spider par Brianza, châssis 2311249
https://www.conceptcarz.com/profile/18056,15579/1934-alfa-romeo-8c-2300.aspx Identification du 2311249 comme l’un des derniers 8C 2300 construits, carrosserie Le Mans par Brianza sur châssis court.
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