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Scuderia Ferrari (1929-2026) : histoire et palmarès complet d’une écurie qui refusa de disparaître

L’article en une minute

Fondée à Modène le 16 novembre 1929, la Scuderia Ferrari est la seule écurie présente à chaque saison du championnat du monde de Formule 1 depuis 1950, alors qu’aucune voiture n’a couru sous son nom entre son absorption par Alfa Corse, en 1938, et le retour de 1947.

  • 16 min de lecture
  • 8 chapitres
  • Écurie, 1929-2026
16titres constructeurs
12victoires au Mans
17saisons sans titre

À retenir

16 novembre 1929

La Scuderia Ferrari naît à Modène, pour engager des Alfa Romeo.

29 août 2004

Schumacher décroche à Spa son septième titre pilotes.

2025

Ferrari remporte au Mans sa troisième victoire consécutive.


Les essentiels

Au 28 septembre 2026, la Scuderia Ferrari compte seize titres constructeurs et quinze titres pilotes en Formule 1. Les Ferrari ont aussi gagné douze fois les 24 Heures du Mans. Le dernier titre constructeurs remonte à 2008.

Le 30 décembre 1937, Alfa Romeo a racheté 80 % de la société de Modène. Son activité passera à Alfa Corse en janvier 1938. En 1947, Enzo Ferrari fera courir, depuis Maranello, des voitures à son nom. La Fabbrica Italiana Automobili Torino (FIAT) entrera pour moitié au capital de Ferrari en juin 1969. Jean Todt prendra la direction de la gestion sportive à l’été 1993.

Comment une société créée pour acheter des Alfa Romeo de course et les engager, pour une clientèle d’amateurs fortunés, a-t-elle traversé sa propre dissolution, puis trois changements de structure, jusqu’à devenir l’écurie la plus titrée chez les constructeurs, devant McLaren et ses dix titres ?

Ferrari 312 T5 rouge n° 2 aux couleurs de Gilles Villeneuve, en piste sur le circuit Paul Ricard, sous le titre « Scuderia Ferrari, 1929-2026 ».
Une Ferrari 312 T5 aux couleurs de Gilles Villeneuve au Grand Prix de France Historique 2025, sur le circuit Paul Ricard. Crédit photo : Hphoto.fr.

Modène, 1929 : la fondation d’une écurie au service d’Alfa Romeo

La Scuderia Ferrari est l’écurie fondée par Enzo Ferrari en 1929 pour engager des Alfa Romeo. Alfa Romeo racheta 80 % de la société en 1937 et l’absorba dans Alfa Corse en 1938. Enzo Ferrari la recréa sous sa propre marque en 1947, à Maranello, où son entreprise s’était installée en 1943. FIAT entra au capital de Ferrari en 1969.

La Scuderia Ferrari vit le jour le 16 novembre 1929 dans l’étude d’Alberto Della Fontana, notaire à Modène. Ses statuts lui donnaient pour objet d’acheter des voitures de course de la marque Alfa Romeo et de participer avec elles aux courses.

Le projet avait pris forme cinq semaines plus tôt. À Crémone, le 28 septembre 1929, Baconin Borzacchini avait établi sur une Maserati Tipo V4 un record du monde de vitesse sur 10 km lancé, en classe C, à 246,069 km/h. Le 12 octobre, à Bologne, un dîner fut donné en l’honneur de ce record. Enzo Ferrari y convainquit deux convives, Alfredo Caniato et Mario Tadini, de s’associer à lui. Par la suite, Borzacchini courra pour la Scuderia.

Né à Modène le 18 février 1898, Enzo Ferrari avait alors 31 ans et pilotait pour Alfa Romeo. Le 17 juin 1923, à Ravenne, il avait gagné le premier Circuito del Savio sur l’Alfa Romeo RL Targa Florio n° 28.

La Società anonima Scuderia Ferrari disposait d’un capital de 200 000 lires, divisé en 200 actions, dont 50 appartenaient à Enzo Ferrari. Parmi les associés figuraient les frères Alfredo et Augusto Caniato, héritiers d’une fortune textile de Ferrare, ainsi que Ferruccio Testi. Alfa Romeo et Pirelli souscrivirent chacune une petite part du capital.

Dès la fondation, Mario Tadini, pilote amateur fortuné, prit la présidence de la société, et Enzo Ferrari en devint l’administrateur délégué et le directeur. Parmi les relations d’affaires sur lesquelles il s’appuyait figuraient le fabricant allemand de systèmes d’allumage Bosch et le pétrolier Shell.

Infographie « Fondation de la Scuderia », Modène, 1929 : acte notarié du 16 novembre 1929, homologation du 29 novembre, capital de 200 000 lires en 200 actions, dont 50 à Enzo Ferrari, présidence de Mario Tadini.
La Società anonima Scuderia Ferrari, constituée à Modène le 16 novembre 1929 devant le notaire Alberto Della Fontana.
Infographie « Fondation de la Scuderia », Modène, 1929 : acte notarié du 16 novembre 1929, homologation du 29 novembre, capital de 200 000 lires en 200 actions, dont 50 à Enzo Ferrari, présidence de Mario Tadini.
La Società anonima Scuderia Ferrari, constituée à Modène le 16 novembre 1929 devant le notaire Alberto Della Fontana.

L’acte notarié porte la date du 16 novembre 1929 ; le tribunal de Modène homologua ensuite la société, le 29 novembre. Une autre date, le 1er décembre 1929, est souvent reprise pour la fondation sans s’appuyer sur aucune pièce. L’acte notarié tranche en faveur du 16 novembre.


Les années Alfa Romeo, 1930-1938 : le bras armé du constructeur milanais

De 1930 à 1937, la Scuderia Ferrari engagea les Alfa Romeo de course pour le compte d’amateurs fortunés, puis pour celui du constructeur milanais, qui finira par l’absorber. Dès 1930, elle réunit une cinquantaine de pilotes, amateurs pour la plupart, autour de professionnels comme Tazio Nuvolari et Achille Varzi.

Le mot retenu pour la raison sociale avait déjà cours dans les courses italiennes. Au début de 1928, Emilio Materassi avait formé sur Talbot la Scuderia Materassi.

La première saison mêla les engagements de l’usine et ceux de l’écurie. Aux Mille Miglia des 12 et 13 avril 1930, Nuvolari gagna pour Alfa Romeo avec Giovanni Battista Guidotti, sur une Alfa Romeo 6C 1750 Gran Sport. Les trois voitures de la Scuderia abandonnèrent. Selon la tradition, Nuvolari rattrapa Varzi, parti dix minutes avant lui sur une voiture identique, en roulant tous feux éteints. Varzi remporta ensuite la Targa Florio, le 4 mai 1930, sur une Alfa Romeo P2 que la Scuderia engageait pour l’usine. Le 15 juin, à Trieste-Opicina, Nuvolari signa sur une P2 la première victoire revendiquée par l’écurie, avec un record de 95,151 km/h.

055 - ALFA ROMEO 6C 1750 GRAN SPORT ZAGATO - 1930
055 – ALFA ROMEO 6C 1750 GRAN SPORT ZAGATO – 1930 – crédit Hphoto.fr

Enzo Ferrari courait encore. Le 9 août 1931, au Circuito delle Tre Province, il disputa sa dernière course sur une Alfa Romeo 8C 2300, avec Peppino Verdelli pour copilote, et finit deuxième derrière Nuvolari. Il rapportera plus tard que Nuvolari lui avait avoué, à l’arrivée, n’avoir jamais eu à pousser aussi loin pour le battre. Après la naissance de son fils Alfredo, dit Dino, le 19 janvier 1932, il cessa de piloter.

Le 9 juillet 1932, aux 24 Heures de Spa, le cheval cabré apparut pour la première fois sur une voiture de la Scuderia. L’emblème venait de Francesco Baracca, as de l’aviation italienne aux 34 victoires, mort en 1918. Un cheval cabré noir ornait le fuselage de son avion. Enzo Ferrari racontera que la comtesse Paolina Baracca lui avait suggéré de le mettre sur ses voitures, après sa victoire de Savio en 1923. Il y ajouta le fond jaune, couleur de Modène.

En 1933, Alfa Romeo passa sous le contrôle de l’État, par l’Istituto per la Ricostruzione Industriale (IRI), et se retira de la course. La Scuderia devint son équipe de fait. Nuvolari partit chez Maserati avec Borzacchini début juillet 1933, une semaine avant le Grand Prix de Belgique du 9 juillet. Revenu de chez Bugatti, Varzi courut pour la Scuderia en 1934 sur Alfa Romeo P3, vainqueur notamment de la Targa Florio et des Mille Miglia, avant de passer chez Auto Union de 1935 à 1937.

Ferrari fait concevoir en 1935 une machine radicale : la Bimotore, équipée de deux moteurs Alfa Romeo en ligne de seize cylindres au total. Entièrement construite à Modène, c'est la première voiture que l'on peut considérer comme une création propre de Ferrari.
Tazio Nuvolari au volant de la Bimotore – Crédit inconnu

Mercedes-Benz et Auto Union alignèrent à partir de 1934 des voitures subventionnées par le Reich, dont Adolf Hitler avait annoncé les aides le 11 février 1933. L’État couvrira environ un cinquième des dépenses de course d’Auto Union entre 1934 et 1939. En 1935, la Mercedes-Benz W25 développait de 370 à 430 ch avec le moteur M 25 B de 3 992 cm3, et de 398 à 462 ch avec le M 25 C de 4 309 cm3 ; l’Auto Union Type B tirait 375 ch de son V16 de 5 litres. L’Alfa Romeo P3 Tipo B de la Scuderia, réalésée à 3 165 cm3, en donnait environ 265. L’écart dépassait 100 ch.

Luigi Bazzi conçut et construisit à Modène, la même année, deux Alfa Romeo Bimotore, qui associaient chacune deux huit-cylindres en ligne de P3 de 3 165 cm3, pour environ 540 ch. Revenu à la Scuderia en 1935, Nuvolari établit au volant de la Bimotore deux records, le 16 juin, sur l’autostrade Florence-Livourne : 321,4 km/h sur le kilomètre lancé et 323,1 km/h sur le mille lancé.

Le 28 juillet 1935, au Nürburgring, Nuvolari remporta le Grand Prix d’Allemagne sur la P3 face à cinq Mercedes-Benz W25 et quatre Auto Union Type B. Manfred von Brauchitsch, en tête, avait vu un pneu éclater dans le dernier tour. Selon un récit souvent repris, les organisateurs n’avaient pas prévu l’hymne italien.

La Scuderia engagea en 1936 l’Alfa Romeo 12C-36, à moteur V12 de 4,1 litres à compresseur, donnée pour 370 ch à 5 800 tr/min. Nuvolari la mena à quatre victoires, dont la Coupe Vanderbilt, courue le 12 octobre 1936 à Roosevelt Raceway. Aucune ne comptait pour le championnat d’Europe.

Le 30 décembre 1937, Alfa Romeo racheta 80 % de la Scuderia et transféra son activité au Portello, à Milan, où l’ingénieur espagnol Wifredo Ricart était entré en octobre. En janvier 1938, cette activité prit le nom d’Alfa Corse.

Infographie « Huit saisons au service d’Alfa Romeo » : 15 juin 1930, première victoire à Trieste-Opicina ; 9 juillet 1932, cheval cabré à Spa ; 28 juillet 1935, Nuvolari au Nürburgring ; 30 décembre 1937, rachat de 80 % par Alfa Romeo.
De la première victoire de 1930 à l’absorption par Alfa Corse, en 1938, la Scuderia Ferrari engage les Alfa Romeo de course.
Infographie « Huit saisons au service d’Alfa Romeo » : 15 juin 1930, première victoire à Trieste-Opicina ; 9 juillet 1932, cheval cabré à Spa ; 28 juillet 1935, Nuvolari au Nürburgring ; 30 décembre 1937, rachat de 80 % par Alfa Romeo.
De la première victoire de 1930 à l’absorption par Alfa Corse, en 1938, la Scuderia Ferrari engage les Alfa Romeo de course.

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Comment Enzo Ferrari refonde-t-il son écurie sous son propre nom, en 1947 ?

En 1947, Enzo Ferrari fit renaître la Scuderia Ferrari sous sa propre marque, à Maranello, huit ans après sa rupture avec Alfa Romeo : le 11 mai, à Piacenza, la Ferrari 125 S prit le premier départ d’une voiture portant son nom.

Le 6 septembre 1939, Ugo Gobbato, directeur d’Alfa Romeo, avait mis fin au contrat d’Enzo Ferrari. Une clause de non-concurrence le liait pour quatre ans. Une semaine plus tard, le 13 septembre, il fonda à Modène Auto Avio Costruzioni. L’entreprise engagera deux Tipo 815 aux Mille Miglia du 28 avril 1940, confiées à Alberto Ascari et à Lotario Rangoni. En 1943, elle s’installa à Maranello sur ordre du gouvernement. L’usine sera bombardée en novembre 1944, puis en février 1945.

Le moteur de la 125 S, un V12 de 1 497 cm3, était l’œuvre de Gioachino Colombo. À Piacenza, Franco Cortese menait la course quand la pompe à essence se grippa, à trois tours de l’arrivée. La 125 S abandonna. Quatorze jours plus tard, le 25 mai 1947, Cortese donna à la 125 S sa première victoire, au Grand Prix de Rome, sur le circuit de Caracalla : 40 tours, soit 137,6 km, à 88,5 km/h de moyenne.

Infographie « De la rupture avec Alfa Romeo à la 125 S » : contrat d’Enzo Ferrari rompu le 6 septembre 1939, Auto Avio Costruzioni le 13, premier départ de la 125 S le 11 mai 1947, première victoire à Rome le 25 mai 1947.
De la fin du contrat d’Enzo Ferrari chez Alfa Romeo, en 1939, à la première victoire de la Ferrari 125 S, en 1947.
Infographie « De la rupture avec Alfa Romeo à la 125 S » : contrat d’Enzo Ferrari rompu le 6 septembre 1939, Auto Avio Costruzioni le 13, premier départ de la 125 S le 11 mai 1947, première victoire à Rome le 25 mai 1947.
De la fin du contrat d’Enzo Ferrari chez Alfa Romeo, en 1939, à la première victoire de la Ferrari 125 S, en 1947.

Les 24 Heures du Mans 1949 apportèrent à Ferrari sa première victoire dans la Sarthe. La Ferrari 166 MM de Luigi Chinetti et de Peter Mitchell-Thomson, Lord Selsdon, s’imposa. Malade, Lord Selsdon ne conduisit qu’une heure environ. Chinetti resta près de 23 heures au volant. Premier importateur de Ferrari aux États-Unis, il fondera en 1958 le North American Racing Team (NART).

Ferrari 375 F1 en exhibition à Silverstone
Ferrari 375 F1 en exhibition à Silverstone

La Scuderia manqua en 1950 le premier Grand Prix du championnat du monde, à Silverstone, faute d’accord sur les primes de départ. Ses voitures coururent à Mons une épreuve de Formule 2, où Ascari gagna devant Luigi Villoresi. Cortese fut troisième. Ferrari débuta au championnat à Monaco, deuxième manche, le 21 mai 1950. Le 14 juillet 1951, à Silverstone, José Froilán González lui donna sa première victoire en championnat du monde, sur une Ferrari 375 F1.

Après le retrait d’Alfa Romeo et le forfait de British Racing Motors (BRM) à Turin, en avril 1952, les organisateurs firent courir les championnats de 1952 et de 1953 selon le règlement de Formule 2, à moteur atmosphérique de 2 litres. Juan Manuel Fangio manqua la saison 1952 après son accident de Monza, en juin. Ascari gagna cette année-là les six Grands Prix européens qu’il disputa et totalisa 36 points, le maximum possible avec les quatre meilleurs résultats. Il disputa aussi une septième manche, l’Indianapolis 500, où sa Ferrari 375 Special abandonna ; il y fut classé 31e. Champion en 1952, il le sera de nouveau en 1953.

Sous sa marque propre, la Scuderia gagnera encore deux titres pilotes avant 1959. Fangio lui donna le premier en 1956, quatrième de ses cinq titres et seul acquis sur Ferrari. En 1958, Mike Hawthorn devint le premier Britannique champion du monde, avec 42 points contre 41 à Stirling Moss, pour une victoire contre quatre. Quatre pilotes de la Scuderia étaient morts depuis 1957 : Eugenio Castellotti et Alfonso de Portago en 1957, Luigi Musso et Peter Collins en 1958. Hawthorn se tuera sur la route, près de Guildford, le 22 janvier 1959, à 29 ans.


Comment la Scuderia remporte-t-elle ses huit premiers titres constructeurs, entre 1961 et 1983 ?

La Scuderia Ferrari a gagné ses deux premiers titres constructeurs en 1961 et en 1964, puis six autres en neuf saisons, de 1975 à 1983. Trois vinrent de suite, de 1975 à 1977 ; les trois suivants datent de 1979, 1982 et 1983. Le titre constructeurs existait depuis 1958, sous le nom de Coupe internationale des constructeurs jusqu’en 1980.

Infographie « Huit titres constructeurs en vingt-six saisons », de 1958 à 1983 : titres constructeurs en 1961, 1964, 1975, 1976, 1977, 1979, 1982 et 1983 ; titre pilotes seulement en 1958.
Les saisons de la Scuderia Ferrari de 1958, première année du titre des constructeurs, à 1983.
Infographie « Huit titres constructeurs en vingt-six saisons », de 1958 à 1983 : titres constructeurs en 1961, 1964, 1975, 1976, 1977, 1979, 1982 et 1983 ; titre pilotes seulement en 1958.
Les saisons de la Scuderia Ferrari de 1958, première année du titre des constructeurs, à 1983.
Photo en noir et blanc de la Ferrari 156 F1 de profil, en mars 1961 à Modène, devant Enzo Ferrari assis et l’ingénieur Carlo Chiti.
La Ferrari 156 F1 à l’Aerautodromo de Modène, en mars 1961, avec Enzo Ferrari et Carlo Chiti. Photo : Peter Coltrin, domaine public, Wikimedia Commons.

En 1961, la Formule 1 passa à des moteurs de 1 500 cm3. À Monza, le 10 septembre, Phil Hill et Wolfgang von Trips se disputaient encore le titre au Grand Prix d’Italie, avant-dernière manche de la saison. À la fin du deuxième tour, à l’approche de la Parabolica, la Lotus de Jim Clark toucha la Ferrari de von Trips. Wolfgang von Trips fut tué avec quinze spectateurs. Phil Hill devint champion avec 34 points, un de plus que son coéquipier, et la Scuderia gagna le premier titre constructeurs de son histoire. En novembre 1961, Carlo Chiti et Romolo Tavoni furent congédiés, avec Ermanno Della Casa et Giotto Bizzarrini. Chiti rejoindra en 1962, avec Tavoni et Bizzarrini, la nouvelle écurie Automobili Turismo Sport Serenissima (ATS).

Ferrari 330 P4 - GPFH2025 - Paul Ricard
Ferrari 330 P4 – GPFH2025 – Paul Ricard – crédit Hphoto.fr

John Surtees, seul pilote champion du monde en moto et en Formule 1, l’emporta en 1964 avec 40 points, un de plus que Graham Hill, et apporta à la Scuderia son deuxième titre constructeurs. Jim Clark en comptait 32.

Ferrari 330 P4 - GPFH2025 - Paul Ricard
Ferrari 330 P4 – GPFH2025 – Paul Ricard – crédit Hphoto.fr

Aucun titre ne suivit pendant dix saisons. En 1969, la Scuderia ne marqua que 7 points au classement des constructeurs, sixième ex æquo avec BRM. Le 18 juin 1969, Enzo Ferrari signa la cession de 50 % de Ferrari à FIAT ; l’accord fut rendu public le 21 juin. Il garda la gestion sportive. L’année suivante, Jacky Ickx termina à cinq points de Jochen Rindt, 40 contre 45.

FERRARI - 312 B - 1970 - Chassis #003 - Jacky Ickx - Retromobile
FERRARI – 312 B – 1970 – Chassis #003 – Jacky Ickx – Retromobile – crédit Hphoto.fr

Arrivé en 1974, Niki Lauda signa neuf pole positions dès sa première saison, sous la direction sportive de Luca Cordero di Montezemolo. En 1975, la Ferrari 312 T, à boîte de vitesses transversale conçue par Mauro Forghieri, lui donna le titre pilotes et apporta à la Scuderia le titre constructeurs. Le 1er août 1976, au Nürburgring, sa Ferrari 312 T2 prit feu après un accident au deuxième tour, à l’approche du Bergwerk. Arturo Merzario et Guy Edwards l’extrairent de la voiture, aidés de Brett Lunger et de Harald Ertl. Lauda reçut les derniers sacrements.

FERRARI - 312 T - 1975 - Chassis #024 - Clay Regazzoni - Retromobile
FERRARI – 312 T – 1975 – Chassis #024 – Clay Regazzoni – Retromobile – crédit Hphoto.fr

Quarante-deux jours plus tard, le 12 septembre 1976, il reprit la course à Monza. À Fuji, le 24 octobre, il abandonna volontairement au deuxième tour et perdit le titre d’un point, 68 contre 69 à James Hunt. La Scuderia garda le titre constructeurs. Champion de nouveau en 1977, année d’un troisième titre constructeurs consécutif, Lauda quittera l’équipe avant les deux dernières manches.

FERRARI - 312 T5 - 1980 - Chassis #048 - Gilles Villeneuve - Retromobile
FERRARI – 312 T5 – 1980 – Chassis #048 – Gilles Villeneuve – Retromobile – crédit Hphoto.fr

Jody Scheckter fut champion en 1979 sur la Ferrari 312 T3 aux deux premières manches, puis sur la 312 T4 de Forghieri, avec 51 points contre 47 à son coéquipier Gilles Villeneuve ; la Scuderia gagna aussi le titre constructeurs. Elle ne placera plus deux pilotes aux deux premières places du championnat avant 2002. En 1981, elle engagea son premier moteur turbocompressé, sur la Ferrari 126 CK, quatre ans après Renault.

Le 25 avril 1982, à Imola, Didier Pironi dépassa Villeneuve dans le dernier tour, malgré la consigne de l’équipe. Treize jours plus tard, le 8 mai, Villeneuve se tua en qualification à Zolder : sa roue avant toucha la roue arrière droite de la March 821 de Jochen Mass. Pironi se blessa le 7 août aux essais du Grand Prix d’Allemagne, à Hockenheim. Il ne courra plus en Formule 1. Deuxième du championnat avec 39 points, il finit derrière Keke Rosberg, l’année où la Scuderia fut championne des constructeurs. Elle conservera ce titre en 1983.


Comment la Scuderia traverse-t-elle quinze saisons sans titre constructeurs, entre 1984 et 1998 ?

De 1984 à 1998, la Scuderia Ferrari a passé quinze saisons sans titre constructeurs, dont quatre saisons entières du vivant d’Enzo Ferrari, de 1984 à 1987. Mort en cours de saison 1988, il ne connaîtra pas les dix suivantes, de 1989 à 1998.

Infographie « Quinze saisons sans titre constructeurs », 1984 à 1998 : mort d’Enzo Ferrari le 14 août 1988, 100e victoire en championnat du monde par Alain Prost le 8 juillet 1990, aucun Grand Prix gagné de 1991 à 1993.
De 1984 à 1998, la Scuderia Ferrari ne gagne aucun titre constructeurs ; Enzo Ferrari meurt en 1988.
Infographie « Quinze saisons sans titre constructeurs », 1984 à 1998 : mort d’Enzo Ferrari le 14 août 1988, 100e victoire en championnat du monde par Alain Prost le 8 juillet 1990, aucun Grand Prix gagné de 1991 à 1993.
De 1984 à 1998, la Scuderia Ferrari ne gagne aucun titre constructeurs ; Enzo Ferrari meurt en 1988.
FERRARI - 312 T5 - 1980 - Chassis #048 - Gilles Villeneuve - Retromobile
FERRARI – 312 T5 – 1980 – Chassis #048 – Gilles Villeneuve – Retromobile – crédit Hphoto.fr

Michele Alboreto mena le championnat de 1985 jusqu’à l’été, avant de le perdre face à Alain Prost, 53 points contre 73.

FERRARI - 126 C4 - 1984 - Chassis #074 - Michele Alboreto - Retromobile
FERRARI – 126 C4 – 1984 – Chassis #074 – Michele Alboreto – Retromobile – crédit Hphoto.fr

Enzo Ferrari mourut à Maranello le 14 août 1988, à 90 ans, malade depuis plusieurs mois. Il fut inhumé le 15. Selon sa volonté, sa mort ne fut annoncée que le 16 août. La même année, FIAT porta sa part du capital à 90 %. Le circuit d’Imola, Autodromo Dino Ferrari depuis 1970, prit le nom d’Autodromo Enzo e Dino Ferrari.

FERRARI - 156-85 - 1985 - René Arnoux - Retromobile
FERRARI – 156-85 – 1985 – René Arnoux – Retromobile – crédit Hphoto.fr

Le 11 septembre 1988, à Monza, Gerhard Berger et Alboreto offrirent à la Scuderia un doublé au Grand Prix d’Italie, sa 94e victoire en championnat du monde ; ce fut la seule course de la saison que McLaren ne gagna pas.

FERRARI - 87/88 C - 1988 - Chassis #102 - Gerhard Berger - Retromobile
FERRARI – 87/88 C – 1988 – Chassis #102 – Gerhard Berger – Retromobile – crédit Hphoto.fr

Le 8 juillet 1990, au Grand Prix de France, Prost signa la 100e victoire de Ferrari en championnat du monde. Il termina la saison deuxième, avec 71 points contre 78 à Ayrton Senna. Après le Grand Prix du Japon 1991, à la veille de la dernière manche, en Australie, il fut licencié et remplacé par Gianni Morbidelli.

FERRARI - 126 C4 - 1984 - Chassis #074 - Michele Alboreto - Retromobile
FERRARI – 126 C4 – 1984 – Chassis #074 – Michele Alboreto – Retromobile – crédit Hphoto.fr

En novembre 1991, Gianni Agnelli nomma Luca di Montezemolo président de Ferrari. La Scuderia ne gagnera aucun Grand Prix de 1991 à 1993.

FERRARI - F92 - 1992 - Jean Alesi - Retromobile
FERRARI – F92 – 1992 – Jean Alesi – Retromobile – crédit Hphoto.fr

À l’été 1993, Jean Todt entra chez Ferrari comme directeur de la gestion sportive. Il dirigeait auparavant Peugeot Talbot Sport. L’équipe avait gagné les 24 Heures du Mans en 1992 et en 1993 avec la Peugeot 905. En 1994, la seule victoire de la Scuderia reviendra à Berger, en Allemagne. Le 11 juin 1995, au Grand Prix du Canada, Jean Alesi remportera pour elle le seul Grand Prix de sa carrière. Ce sera aussi l’unique succès de la Scuderia cette année-là.

L’arrivée de Michael Schumacher, en 1996, fut rendue publique en deux temps : Gianni Agnelli la révéla le 10 août 1995, et Ferrari l’annonça officiellement six jours plus tard, le 16 août. Ross Brawn entra en décembre 1996 comme directeur technique. Rory Byrne le rejoindra en 1997 comme designer en chef, rappelé de sa retraite en Thaïlande pour remplacer John Barnard. En 1997, année du titre de Jacques Villeneuve sur Williams, Schumacher fut exclu du classement final du championnat. Ferrari garda ses points chez les constructeurs et finit deuxième, avec 102 points contre 123 à Williams.


1999-2008 : Jean Todt, Michael Schumacher et Kimi Räikkönen ramènent huit titres constructeurs

Six saisons après l’arrivée de Jean Todt, la Scuderia Ferrari a reconquis en 1999 le titre constructeurs, le premier des huit qu’elle remportera jusqu’en 2008.

FERRARI - F2002 - 2002 - Chassis #221 - Michael Schumacher - Retromobile
FERRARI – F2002 – 2002 – Chassis #221 – Michael Schumacher – Retromobile – crédit Hphoto.fr

Le 11 juillet 1999, à Silverstone, Michael Schumacher se cassa la jambe et Mika Salo le remplaça. Eddie Irvine termina deuxième du championnat pilotes, avec 74 points contre 76 à Mika Häkkinen.

FERRARI - F2007 - 2007 - Chassis #259 - Kimi Räikkönen - Retromobile
FERRARI – F2007 – 2007 – Chassis #259 – Kimi Räikkönen – Retromobile – crédit Hphoto.fr

Le 8 octobre 2000, vainqueur du Grand Prix du Japon à Suzuka, Schumacher lança sur la radio de l’équipe : « Tu es formidable, Ross, vous tous… Nous l’avons fait, nous l’avons fait… Je n’arrive pas à y croire ! » (traduit de l’anglais). Il rendait à la Scuderia le titre pilotes, qu’elle n’avait plus gagné depuis Jody Scheckter en 1979.

Ferrari F1 F2008 - GPFH2025 - Paul Ricard
Ferrari F1 F2008 – GPFH2025 – Paul Ricard – crédit Hphoto.fr

Schumacher conserva le titre en 2001. L’année suivante, il s’assura le titre dès le Grand Prix de France, le 21 juillet, onzième manche sur dix-sept. Il termina la saison avec 144 points, devant son coéquipier Rubens Barrichello, deuxième avec 77 ; la Scuderia totalisa 221 points chez les constructeurs. Il égalait cette année-là les cinq titres de Juan Manuel Fangio, record établi en 1957. En 2003, il ne devança Kimi Räikkönen que de deux points, 93 contre 91.

Ferrari F1 F2008 - GPFH2025 - Paul Ricard
Ferrari F1 F2008 – GPFH2025 – Paul Ricard – crédit Hphoto.fr

La Ferrari F2004 de Rory Byrne et d’Aldo Costa, conçue sous la direction technique de Ross Brawn, gagna quinze des dix-huit Grands Prix de 2004. Treize revinrent à Schumacher, deux à Barrichello. Le V10 Tipo 053 de 3 000 cm3 de la F2004 développait de l’ordre de 865 ch en course selon les estimations, Ferrari n’ayant publié aucun chiffre. Aldo Costa deviendra ensuite le designer en chef de la Scuderia. Le 29 août 2004, au Grand Prix de Belgique, à Spa, Schumacher remporta son septième titre, le cinquième de suite ; il finira la saison avec 148 points contre 114 à Barrichello. La Scuderia gagna aussi son sixième titre constructeurs consécutif.

Ferrari F2008 au stand, entourée de mécaniciens, sur le circuit Paul Ricard ; infographie « Huit titres constructeurs en dix saisons » : titre reconquis en 1999, quinze victoires sur dix-huit en 2004, seizième titre le 2 novembre 2008.
De 1999 à 2008, la Scuderia Ferrari gagne huit titres constructeurs, le dernier à Interlagos. Photo : une Ferrari F2008 au Grand Prix de France Historique 2025. Crédit photo : Hphoto.fr.
Ferrari F2008 au stand, entourée de mécaniciens, sur le circuit Paul Ricard ; infographie « Huit titres constructeurs en dix saisons » : titre reconquis en 1999, quinze victoires sur dix-huit en 2004, seizième titre le 2 novembre 2008.
De 1999 à 2008, la Scuderia Ferrari gagne huit titres constructeurs, le dernier à Interlagos. Photo : une Ferrari F2008 au Grand Prix de France Historique 2025. Crédit photo : Hphoto.fr.

Goodyear s’était retiré de la Formule 1 à la fin de 1998. Bridgestone, partenaire de Ferrari, avait alors été le seul manufacturier de pneumatiques du plateau en 1999 et en 2000, avant d’affronter Michelin à partir de 2001. En 2005, le règlement interdit les changements de pneus en course. La Scuderia ne gagna que le Grand Prix des États-Unis, couru par six voitures après le retrait des équipes chaussées par Michelin. L’année suivante, Schumacher perdit le titre face à Fernando Alonso, 121 points contre 134. Renault devança Ferrari chez les constructeurs, 206 à 201.

En 2007, Räikkönen fut champion avec 110 points, un de plus que Lewis Hamilton et Alonso. Le 7 octobre, au Grand Prix de Chine, il avait signé la 200e victoire de la Scuderia. Jean Todt, directeur général de Ferrari depuis 2004 et administrateur délégué depuis 2006, quitta la direction de l’équipe de course cette année-là ; Stefano Domenicali lui succéda en 2008. Le 2 novembre 2008, à Interlagos, Felipe Massa perdit le titre pilotes d’un point, 97 contre 98 à Hamilton. La Scuderia fut championne des constructeurs pour la seizième fois.


Titres de la Scuderia Ferrari en Formule 1

Palmarès
Les titres pilotes et constructeurs de la Scuderia Ferrari 1952-2008
16
Titres constructeurs
15
Titres pilotes
1961-2008
Période des titres constructeurs
AnnéeTitre pilotesTitre constructeurs
1952Alberto AscariNon attribué avant 1958
1953Alberto AscariNon attribué avant 1958
1956Juan Manuel FangioNon attribué avant 1958
1958Mike HawthornNon : Vanwall
1961Phil HillOui
1964John SurteesOui
1975Niki LaudaOui
1976Non : James Hunt, McLarenOui
1977Niki LaudaOui
1979Jody ScheckterOui
1982Non : Keke Rosberg, WilliamsOui
1983Non : Nelson Piquet, BrabhamOui
1999Non : Mika Häkkinen, McLarenOui
2000Michael SchumacherOui
2001Michael SchumacherOui
2002Michael SchumacherOui
2003Michael SchumacherOui
2004Michael SchumacherOui
2007Kimi RäikkönenOui
2008Non : Lewis Hamilton, McLarenOui

Le titre constructeurs existe depuis 1958, sous le nom de Coupe internationale des constructeurs jusqu’en 1980 : les titres pilotes d’Alberto Ascari (1952, 1953) et de Juan Manuel Fangio pour Ferrari (1956) ne comptent donc pour aucun titre constructeurs, aucun titre rétroactif n’existant pour ces saisons. La valeur établie est 16. Au 26 septembre 2026, date du Grand Prix d’Azerbaïdjan, le classement des titres constructeurs reste : Ferrari 16, McLaren 10, Williams 9, Mercedes 8, Red Bull 6.


2009-2026 : dix-sept saisons sans titre constructeurs et le retour au Mans

De 2009 à 2025, la Scuderia Ferrari a couru dix-sept saisons de Formule 1 sans titre constructeurs, tandis que la Ferrari 499P gagnait les 24 Heures du Mans de 2023 à 2025.

En 2019, Charles Leclerc gagna en Belgique et en Italie. Il remportera trois Grands Prix en 2022 et trois autres en 2024, dont Monaco. Le 14 juin 2026, au Grand Prix de Barcelone, Lewis Hamilton signa la 249e victoire de Ferrari en championnat du monde.

Les Ferrari avaient gagné neuf fois les 24 Heures du Mans entre 1949 et 1965, dont six fois de suite de 1960 à 1965 ; seule Porsche fera mieux, avec sept victoires consécutives de 1981 à 1987. La série s’acheva en 1965 sur la victoire de la Ferrari 250 LM de Masten Gregory et Jochen Rindt, engagée par le NART.

La Scuderia courut en endurance d’usine jusqu’en 1973. Championne du monde des marques en 1972 avec la Ferrari 312 PB, elle finit deuxième au Mans l’année suivante. Son absence d’usine au Mans durera cinquante ans.

Ferrari 250 LM rouge exposée à Rétromobile 2025 ; infographie « Du Mans 1965 au Mans 2023 » : victoire de la 250 LM du North American Racing Team en 1965, six succès de 1960 à 1965, retour avec la 499P en 2023, 58 ans entre deux victoires.
Ferrari aux 24 Heures du Mans, de la victoire de la 250 LM du North American Racing Team, en 1965, à celles de la 499P, de 2023 à 2025. Photo : une Ferrari 250 LM à Rétromobile 2025. Crédit photo : Hphoto.fr.
Ferrari 250 LM rouge exposée à Rétromobile 2025 ; infographie « Du Mans 1965 au Mans 2023 » : victoire de la 250 LM du North American Racing Team en 1965, six succès de 1960 à 1965, retour avec la 499P en 2023, 58 ans entre deux victoires.
Ferrari aux 24 Heures du Mans, de la victoire de la 250 LM du North American Racing Team, en 1965, à celles de la 499P, de 2023 à 2025. Photo : une Ferrari 250 LM à Rétromobile 2025. Crédit photo : Hphoto.fr.

En 2023, Ferrari revint dans la Sarthe avec la 499P, en catégorie Hypercar. La voiture n° 51 de Ferrari AF Corse gagna aux mains d’Alessandro Pier Guidi et de James Calado, avec Antonio Giovinazzi. Ferrari n’avait plus gagné au Mans depuis cinquante-huit ans. En 2024, la 499P n° 50 de Ferrari AF Corse l’emporta à son tour, pilotée par Antonio Fuoco et Miguel Molina, associés à Nicklas Nielsen. En 2025, la victoire revint à la 499P n° 83 d’AF Corse, engagée à titre privé, que pilotaient Robert Kubica et Yifei Ye avec Phil Hanson.

Victoires de Ferrari aux 24 Heures du Mans

Palmarès
Les douze victoires de Ferrari aux 24 Heures du Mans 1949-2025
12
Victoires absolues
6
Victoires consécutives, 1960-1965
58 ans
Sans victoire, 1965-2023
3
Victoires consécutives, 2023-2025
AnnéeÉquipageVoitureCatégorie
1949 Luigi Chinetti, Lord Selsdon (Peter Mitchell-Thomson) Ferrari 166 MM Sport 2 litres (S 2.0)
1954 José Froilán González, Maurice Trintignant Ferrari 375 Plus Sport 5 litres (S 5.0)
1958 Olivier Gendebien, Phil Hill Ferrari 250 TR/58 Sport 3 litres (S 3.0)
1960 Olivier Gendebien, Paul Frère Ferrari 250 TR 59/60 Sport 3 litres (S 3.0)
1961 Olivier Gendebien, Phil Hill Ferrari 250 TRI/61 Sport 3 litres (S 3.0)
1962 Olivier Gendebien, Phil Hill Ferrari 330 TRI/LM Expérimental plus de 3 litres (E +3.0) ; dernière victoire d’une voiture à moteur avant
1963 Ludovico Scarfiotti, Lorenzo Bandini Ferrari 250 P Prototype 3 litres (P 3.0) ; première victoire d’une voiture à moteur central arrière
1964 Jean Guichet, Nino Vaccarella Ferrari 275 P Prototype 4 litres (P 4.0)
1965 Masten Gregory, Jochen Rindt (NART) Ferrari 250 LM Prototype 4 litres (P 4.0)
2023 Alessandro Pier Guidi, James Calado, Antonio Giovinazzi (n° 51, Ferrari AF Corse) Ferrari 499P Hypercar
2024 Antonio Fuoco, Miguel Molina, Nicklas Nielsen (n° 50, Ferrari AF Corse) Ferrari 499P Hypercar
2025 Robert Kubica, Yifei Ye, Phil Hanson (n° 83, AF Corse, engagement privé) Ferrari 499P Hypercar

Catégories 1949-1965 d’après les classements officiels : voitures de sport de 1949 à 1961, catégorie expérimentale plus de 3 litres en 1962, prototypes de 1963 à 1965. Six victoires consécutives de 1960 à 1965 : série dépassée par les sept victoires consécutives de Porsche, de 1981 à 1987. Ferrari court en endurance d’usine jusqu’en 1973 (titre mondial des marques en 1972 avec la 312 PB) ; l’usine revient au Mans en 2023, après cinquante ans sans engagement d’usine, cinquante-huit ans s’étant alors écoulés depuis la dernière victoire, en 1965. La troisième victoire consécutive, en 2025, vaut à Ferrari de garder définitivement le trophée des 24 Heures du Mans.


Ce que l’histoire de la Scuderia Ferrari révèle

Des quatre changements de structure de la Scuderia Ferrari, un seul a fait disparaître la société : son absorption par Alfa Corse, en janvier 1938.

Alfa Romeo, petit actionnaire en 1929, détenait 80 % des parts à la fin de 1937. En 1947, Enzo Ferrari recréa l’écurie sous sa propre marque, à Maranello. Les deux réorganisations suivantes touchèrent une équipe en activité, par le capital puis par la direction sportive. FIAT entra pour moitié au capital en juin 1969 et laissa à Enzo Ferrari la gestion sportive. Elle montera à 90 % en 1988. Enzo Ferrari mourut cette année-là.

Infographie « Quatre changements de structure » de la Scuderia Ferrari : absorption par Alfa Corse en janvier 1938, recréation à Maranello en 1947, entrée de FIAT pour moitié en juin 1969, direction de Jean Todt à l’été 1993.
Des quatre changements de structure de la Scuderia Ferrari, seul celui de 1938 fit disparaître la société.
Infographie « Quatre changements de structure » de la Scuderia Ferrari : absorption par Alfa Corse en janvier 1938, recréation à Maranello en 1947, entrée de FIAT pour moitié en juin 1969, direction de Jean Todt à l’été 1993.
Des quatre changements de structure de la Scuderia Ferrari, seul celui de 1938 fit disparaître la société.

À l’été 1993, la direction de l’équipe de course passa à Jean Todt, qui la garda jusqu’en 2007. Ce fut le plus long mandat de directeur sportif depuis 1930. Sept des seize titres constructeurs furent gagnés pendant ces quinze saisons, de 1999 à 2004 puis en 2007.

Depuis 2008, la Scuderia n’a plus gagné de titre constructeurs en Formule 1. En 2025, une troisième victoire de suite dans la Sarthe valut à Ferrari de conserver définitivement le trophée des 24 Heures du Mans.


La chronologie de la Scuderia Ferrari

Chronologie
La chronologie de la Scuderia Ferrari 1929-2026
Légende Fondation Évolution Changement de structure Titre ou victoire majeure Pivot de rupture Deuil ou accident Mort d’Enzo Ferrari
1929
Fondation notariale à Modène
Le 16 novembre 1929, chez le notaire Alberto Della Fontana, Enzo Ferrari et ses associés signent les statuts de la Scuderia Ferrari, au capital de 200 000 lires. Alfredo et Augusto Caniato, Mario Tadini et Ferruccio Testi comptent parmi les associés, Alfa Romeo et Pirelli parmi les actionnaires.
1930
Trieste-Opicina, première victoire revendiquée par l’écurie
Le 15 juin 1930, Tazio Nuvolari s’impose à Trieste-Opicina sur Alfa Romeo P2 : c’est la première victoire revendiquée par la Scuderia. La Targa Florio du 4 mai, gagnée par Achille Varzi sur une P2 engagée pour le compte de l’usine, reste une victoire d’usine.
1932
Premier Cavallino Rampante sur une carrosserie
Le cheval cabré apparaît pour la première fois sur une voiture de la Scuderia aux 24 Heures de Spa, le 9 juillet 1932.
1935
Nuvolari bat les Flèches d’argent au GP d’Allemagne
Le 28 juillet 1935, sur une Alfa Romeo P3 Tipo B réalésée à 3,2 litres, Tazio Nuvolari devance les Mercedes-Benz W25 et les Auto Union d’usine sur le Nürburgring.
1937-1938
Alfa Romeo rachète 80 % de la Scuderia, absorbée par Alfa Corse
Le 30 décembre 1937, Alfa Romeo rachète 80 % du capital ; l’activité de course est transférée au Portello sous le nom d’Alfa Corse, opérationnelle en janvier 1938. C’est la seule dissolution juridique documentée de l’écurie.
1939
Enzo Ferrari quitte Alfa Romeo, fonde Auto Avio Costruzioni
Le contrat d’Enzo Ferrari avec Alfa Romeo prend fin le 6 septembre 1939, avec une clause de non-concurrence de quatre ans. Il fonde Auto Avio Costruzioni à Modène le 13 septembre.
1947
Refondation sous le nom Ferrari, à Maranello
Le 11 mai 1947, la Ferrari 125 S prend son premier départ à Piacenza, pilotée par Franco Cortese. La première victoire suit le 25 mai, au Grand Prix de Rome.
1949
Première victoire aux 24 Heures du Mans
Luigi Chinetti et Lord Selsdon remportent l’épreuve sur une Ferrari 166 MM, en catégorie sport 2 litres.
1951
Première victoire en championnat du monde de F1
José Froilán González s’impose au Grand Prix de Grande-Bretagne, à Silverstone, le 14 juillet 1951, sur une Ferrari 375 F1.
1952-1953
Titres consécutifs d’Alberto Ascari
Alberto Ascari remporte les deux titres pilotes, dont celui de 1952 avec 36 points, le maximum possible sur les quatre meilleurs résultats retenus.
1961
Phil Hill champion ; mort de Wolfgang von Trips à Monza
Phil Hill devient champion du monde le 10 septembre 1961, jour où son coéquipier Wolfgang von Trips meurt à Monza avec quinze spectateurs, à l’approche de la Parabolica.
1969
FIAT entre à 50 % au capital
Le contrat est signé le 18 juin 1969 et rendu public le 21 juin ; Enzo Ferrari conserve la gestion sportive de l’écurie. FIAT montera à 90 % du capital en 1988.
1975-1977
Deux titres pilotes de Niki Lauda, accident du Nürburgring en 1976
Niki Lauda est champion en 1975 puis en 1977 ; entre les deux, il est extrait des flammes de sa Ferrari au Nürburgring le 1er août 1976 et revient courir à Monza quarante-deux jours plus tard.
1982
Mort de Gilles Villeneuve à Zolder
Gilles Villeneuve meurt le 8 mai 1982 en qualification du Grand Prix de Belgique, treize jours après avoir été doublé par Didier Pironi à Imola malgré une consigne d’équipe.
1988
Mort d’Enzo Ferrari
Enzo Ferrari meurt le 14 août 1988 à Maranello, à 90 ans ; son décès est annoncé le 16 août, selon sa volonté.
1993
Jean Todt entre comme directeur de la gestion sportive
Jean Todt rejoint la Scuderia à l’été 1993 comme directeur de la gestion sportive, après avoir dirigé Peugeot Talbot Sport.
1999-2008
Huit titres constructeurs entre 1999 et 2008, sept sous Jean Todt
L’écurie remporte huit titres constructeurs entre 1999 et 2008 ; Michael Schumacher y ajoute cinq titres pilotes consécutifs, de 2000 à 2004, et Kimi Räikkönen celui de 2007.
2023
Retour à la victoire au Mans (499P), après 58 ans sans victoire
La Ferrari 499P s’impose aux 24 Heures du Mans en 2023, cinquante-huit ans après la dernière victoire de la marque dans l’épreuve, en 1965.
2024-2025
Deux nouvelles victoires au Mans, trophée acquis définitivement
La 499P remporte deux nouvelles éditions consécutives, en 2024 puis en 2025 ; la troisième victoire de rang vaut à Ferrari de garder définitivement le trophée des 24 Heures du Mans.
2026
250e victoire en Grand Prix ; six manches sans victoire jusqu’au GP d’Azerbaïdjan
Charles Leclerc offre à l’écurie sa 250e victoire en Grand Prix le 5 juillet 2026 à Silverstone. Aucune des six manches suivantes, jusqu’au Grand Prix d’Azerbaïdjan du 26 septembre, n’est remportée par une Ferrari.


Sources

★ PRIMAIRE (source primaire) • SEC. (source secondaire) • LACUNE (données manquantes)

Sources primaires de l’événement

  • ★ PRIMAIRE Ferrari.com, « 16 November 1929: the foundation of Scuderia Ferrari »
    https://www.ferrari.com/en-EN/magazine/articles/foundation-scuderia-ferrari-formula-one-team Date de la fondation notariale, le 16 novembre 1929, chez le notaire Alberto Della Fontana, à Modène ; homologation par le tribunal le 29 novembre ; dîner de Bologne du 12 octobre 1929, où Enzo Ferrari convainc Alfredo Caniato et Mario Tadini.
  • ★ PRIMAIRE Museo Storico Alfa Romeo, « Scuderia Ferrari: 90 years »
    https://www.museoalfaromeo.com/en-us/news/Pages/90-anni-Scuderia-Ferrari.aspx Objet statutaire de la société (acheter et engager des voitures Alfa Romeo), capital de 200 000 lires réparti en 200 actions dont 50 pour Enzo Ferrari, organes dirigeants (Mario Tadini président, Enzo Ferrari administrateur délégué).
  • ★ PRIMAIRE Maserati.com, « Maserati Tipo V4 and Borzacchini’s Cremona record »
    https://www.maserati.com/gb/en/news/maserati-tipo-v4-cremona-record-borzacchini Record du monde des 10 km lancés établi par Baconin Borzacchini à Crémone, le 28 septembre 1929, à l’origine du dîner de Bologne où se noue le projet de la Scuderia.
  • SEC. Treccani, Vocabolario, « scuderia »
    https://www.treccani.it/vocabolario/scuderia/ Sens propre (bâtiments pour chevaux de selle et de trait), sens hippique et sens sportif du mot « scuderia » ; étymologie retenue, dérivée de « scudiere » (écuyer).
  • SEC. FundingUniverse, « History of Ferrari S.p.A. » (d’après International Directory of Company Histories)
    https://www.fundinguniverse.com/company-histories/ferrari-s-p-a-history/ Bosch cité parmi les relations d’affaires d’Enzo Ferrari (allumage), aux côtés de Shell et de Pirelli : partenaire fournisseur, jamais actionnaire de la Scuderia.
  • LACUNE Signataires de l’acte notarié du 16 novembre 1929 Les associés (Enzo Ferrari, les frères Caniato, Mario Tadini, Ferruccio Testi, Alfa Romeo, Pirelli) sont établis, mais aucune source en ligne ne nomme les signataires de l’acte ; archive compétente : minute notariale, Archivio notarile distrettuale di Modena.
  • LACUNE Ventilation fine du capital de 1929 (200 actions) Les 50 actions d’Enzo Ferrari sont établies ; la répartition du reste diverge entre deux sources de rang secondaire ; archive compétente : registre des sociétés, Camera di Commercio di Modena.
  • LACUNE Première attestation du mot « scuderia » et motif du choix par Enzo Ferrari Aucune source en ligne ne date la première attestation ni ne rapporte un motif du choix par Enzo Ferrari ; archive compétente : DELI (Cortelazzo-Zolli) et Grande dizionario della lingua italiana (Battaglia) pour la datation, écrits d’Enzo Ferrari et Museo Casa Enzo Ferrari pour le motif.

Contexte réglementaire et institutionnel

  • ★ PRIMAIRE Ferrari.com, « A new partner »
    https://www.ferrari.com/en-EN/history/moments/1969/a-new-partner/more Entrée de FIAT à hauteur de 50 % du capital de Ferrari, contrat signé le 18 juin 1969, Enzo Ferrari conservant la gestion sportive.
  • ★ PRIMAIRE Autodromo di Imola, « History »
    https://www.autodromoimola.it/en/history/ Circuit nommé Autodromo Dino Ferrari en 1970, puis Autodromo Enzo e Dino Ferrari depuis 1988 ; Monza n’a jamais porté le nom d’Enzo Ferrari.
  • ★ PRIMAIRE Bridgestone, « BRIDGESTONE in F1, 14 YEARS », épisode 1999
    https://ms.bridgestone.co.jp/special/document/f1/en/episode/1999/ Bridgestone seul manufacturier du plateau en 1999-2000, dont Ferrari ; retour du titre constructeurs de Ferrari après seize ans, porté par les pneus Bridgestone.
  • SEC. Wikipédia EN, « Formula One tyres »
    https://en.wikipedia.org/wiki/Formula_One_tyres Concurrence de Michelin de 2001 à 2006 : Bridgestone n’est donc seul manufacturier du plateau qu’en 1999 et 2000.
  • SEC. Autosport, « How Enzo Ferrari ended his former employer’s era of grand prix supremacy »
    https://www.autosport.com/f1/news/how-enzo-ferrari-ended-his-former-employers-era-of-grand-prix-supremacy/10702697/ Fin du contrat d’Enzo Ferrari par Ugo Gobbato, directeur d’Alfa Romeo, le 6 septembre 1939, clause de non-concurrence de quatre ans, fondation de l’Auto Avio Costruzioni le 13 septembre 1939.
  • SEC. Wikipédia EN, « Auto Avio Costruzioni 815 »
    https://en.wikipedia.org/wiki/Auto_Avio_Costruzioni_815 Deux Tipo 815 engagées à la Mille Miglia du 28 avril 1940, pilotées par Alberto Ascari et Lotario Rangoni, sans le nom Ferrari.
  • SEC. Revs Institute, Automedia, « Enzo Ferrari’s Auto Avio Costruzioni Tipo 815 »
    https://automedia.revsinstitute.org/enzo-ferraris-auto-avio-costruzioni-tipo-815/ Fin du contrat d’Enzo Ferrari avec Alfa Romeo le 6 septembre 1939 (Ugo Gobbato) ; fondation de l’Auto Avio Costruzioni au 11 Viale Trento e Trieste, à Modène, ancien siège de la Scuderia.
  • SEC. Wikipédia EN, « 1952 Formula One season »
    https://en.wikipedia.org/wiki/1952_Formula_One_season Basculement du championnat du monde 1952-1953 sur le règlement de Formule 2 (2 litres atmosphérique), après le retrait d’Alfa Romeo et le forfait de BRM, sans modification du règlement de Formule 1.
  • SEC. Audi.com, « How the “Silver Arrow” legend was born »
    https://www.audi.com/en/press-releases/how-the-silver-arrow-legend-was-born-1166 Communiqué Audi Tradition : entre 1934 et 1939, Auto Union dépense environ 13,2 millions de Reichsmarks en course, pour environ 2,7 millions reçus de l’État, soit une moyenne annuelle d’environ 20 % des dépenses couverte par des subventions publiques directes.
  • LACUNE Financements indirects des Flèches d’argent (marchés publics, avantages fiscaux) Seules les subventions directes de course sont chiffrées en ligne ; aucun chiffrage des aides indirectes ; archive compétente : Bundesarchiv (fonds du ministère des Transports du Reich et du NSKK), Mercedes-Benz Classic Archive, Sächsisches Staatsarchiv Chemnitz.

Résultats et chronologie

Biographies des acteurs impliqués

Héritage et postérité

Sportauto-Heritage.fr – Les chroniques du sport automobile au XXe siècle

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