Philippe Étancelin (1896-1981)

L’article en une minute

Vainqueur du Grand Prix de l’Automobile Club de France (ACF) de 1930 en pilote privé, puis des 24 Heures du Mans de 1934 sur une Alfa Romeo qu’il avait achetée à l’usine, ce négociant rouennais en plume et laine a refusé, fin 1934, la clause d’équipier de la Scuderia Ferrari.

  • 14 min de lecture
  • 10 chapitres
  • Pilote, 1896-1981
23saisons de course
59 000francs, première Bugatti
100 000francs de fixe, 1934

À retenir

2 janvier 1926

Étancelin a acheté sa première Bugatti pour 59 000 francs.

16 et 17 juin 1934

Étancelin a gagné les 24 Heures du Mans avec Luigi Chinetti.

Fin 1934

Étancelin a refusé la clause d’équipier de la Scuderia Ferrari.


Les essentiels

Photographie en noir et blanc : Philippe Étancelin en chemise blanche, au milieu d’une foule, près d’une femme qui tient des fleurs, devant un panneau « Stand 5 », en 1933.
Philippe Étancelin en 1933. Photo : Agence de presse Meurisse, domaine public, Wikimedia Commons.

Né à Rouen le 29 décembre 1896, Philippe Étancelin a gagné sur Bugatti sa première épreuve, la course de côte de Saint-Léger-du-Bourg-Denis, le 18 avril 1926. En vingt-trois saisons, entre 1926 et 1954, il a disputé au moins 169 épreuves ; il compte au moins cinquante-trois podiums, victoires comprises, et au moins vingt-cinq victoires, toutes disciplines, courses de côte comprises, dont le Grand Prix de l’ACF de 1930 et les 24 Heures du Mans de 1934. Il a disputé sa dernière course à Oulton Park le 7 août 1954 et est mort à Neuilly-sur-Seine le 13 octobre 1981, à 84 ans.

Les 16 et 17 juin 1934, Philippe Étancelin a gagné les 24 Heures du Mans sur une Alfa Romeo qu’il avait achetée à l’usine. La Scuderia Ferrari lui a proposé en septembre d’entrer dans son écurie pour 1935. Fin 1934, il a refusé de signer la clause qui l’obligeait à laisser passer un équipier italien de la Scuderia. Le 11 décembre 1934, L’Auto a annoncé qu’il courrait en 1935 sous les couleurs de l’écurie Subalpina, représentant officiel de Maserati. Il a renoncé pour cette saison à son statut de pilote indépendant, et l’écurie déciderait de ses engagements. De quoi dépendait la liberté de Philippe Étancelin ?


Chronologie
Philippe Étancelin 1896-1981
Légende
Naissance
Étape de vie ou de carrière
Voiture achetée ou commandée, contrat
Victoire
Refus de la clause d’équipier
Accident ou interruption
Mort
1896
29 décembre : naissance à Rouen
Philippe Étancelin est né à Rouen, au domicile de ses parents, rue de l’Industrie.
1916
25 avril : engagé volontaire au 39e régiment d’infanterie
Il s’est engagé volontaire le 25 avril 1916. Il a été démobilisé le 17 septembre 1919.
1922
24 avril : mariage avec Suzanne Leroy à Bacqueville-en-Caux
Le 24 avril 1922, à Bacqueville-en-Caux, il a épousé Suzanne Clémentine Caroline Leroy, institutrice.
1926
Première Bugatti achetée, première victoire à Saint-Léger-du-Bourg-Denis
Le 2 janvier 1926, il a acheté sa première Bugatti, une 35A, pour 59 000 francs. Le dimanche 18 avril, il a gagné sur cette voiture sa première course, la course de côte de Saint-Léger-du-Bourg-Denis.
1927
10 juillet : Grand Prix de la Marne à Reims, première victoire en Grand Prix
Le dimanche 10 juillet 1927, sur Bugatti, il a remporté à Reims sa première victoire en Grand Prix.
1930
21 septembre : Grand Prix de l’ACF à Pau, en pilote privé
Le dimanche 21 septembre 1930, à Pau, il a gagné sur Bugatti le Grand Prix de l’Automobile Club de France (ACF), en pilote privé, à 145 km/h de moyenne.
1933
Maserati 8CM commandée à Bologne ; contrat de marque pour 1934
Le contrat du 18 septembre 1933 a fixé à 115 000 francs la Maserati 8CM commandée à l’usine. Le 26 octobre, le pétrolier L’Économique a accepté son contrat de marque : 100 000 francs de fixe pour 1934.
1934
16 et 17 juin : 24 Heures du Mans, avec Luigi Chinetti
Avec Luigi Chinetti, il a gagné les 24 Heures du Mans sur l’Alfa Romeo 8C 2300 n° 9, qu’il avait commandée et achetée à l’usine.
1934
Novembre-décembre : refus de la clause d’équipier de la Scuderia Ferrari
Entre la mi-novembre et le début de décembre, il a refusé de signer la clause qui l’obligeait à laisser passer un équipier italien de la Scuderia, après avoir lui-même négocié son entrée dans l’écurie pour 1935.
1935
Saison chez Subalpina ; 8 septembre : accident de Monza
Engagé pour 1935 par l’écurie Subalpina, il a renoncé pour cette saison à son statut de pilote indépendant. Le dimanche 8 septembre, au Grand Prix d’Italie à Monza, l’accélérateur de la Maserati V8RI s’est bloqué ; l’accident l’a laissé grièvement blessé.
1936
Maserati V8RI achetée en février ; 1er mars : victoire à Pau
Le 19 février 1936, il a acheté une Maserati V8RI. Le dimanche 1er mars, il a gagné le Grand Prix de Pau au volant de cette voiture.
1937
10 février : jugement de Menton ; aucune course dans l’année
Le mercredi 10 février 1937, le juge de paix de Menton l’a condamné à 450 000 francs d’amende. Une transaction à 55 000 francs a été acceptée le 26 juillet 1937. Philippe Étancelin n’a disputé aucune course en 1937.
1948
Talbot-Lago T26C commandée à Anthony Lago, reçue en juillet
En juillet 1948, il a reçu la Talbot-Lago T26C qu’il avait commandée à Anthony Lago, à la veille du Grand Prix de l’ACF couru à Reims le 18 juillet.
1949
24 avril : Grand Prix de Paris, dernière victoire ; 11 septembre : 2e à Monza
Le dimanche 24 avril 1949, il a gagné à Montlhéry le Grand Prix de Paris, sa dernière victoire. Le 11 septembre, il a terminé deuxième du Grand Prix d’Italie et d’Europe à Monza.
1950
13 mai : Silverstone, première épreuve de l’histoire du championnat du monde des conducteurs
Le samedi 13 mai 1950, il a pris le départ du Grand Prix de Grande-Bretagne. Parti quatorzième sur Talbot-Lago, il a terminé huitième.
1952
Chevalier de la Légion d’honneur ; 6 juillet : croix remise à Rouen-les-Essarts
L’État l’a fait chevalier de la Légion d’honneur par un décret du 2 juillet 1952. Le dimanche 6 juillet, Jean Masson lui a remis la croix sur le circuit de Rouen-les-Essarts, quelques minutes avant le départ du Grand Prix de l’ACF.
1954
7 août : dernière course, Oulton Park
Le samedi 7 août 1954, à Oulton Park, il a pris le départ d’une épreuve de Formule libre. Il a abandonné ; cette course a été la dernière compétition de sa carrière.
1981
13 octobre : mort à Neuilly-sur-Seine
Philippe Étancelin est mort le mardi 13 octobre 1981 à Neuilly-sur-Seine, à 84 ans.

Remerciements

Cet article fait partie d’une série dédiée à Philippe Étancelin. Il a été écrit grâce au concours précieux d’André Étancelin, petit-fils du pilote et auteur de plusieurs ouvrages sur la carrière de son grand-père, tels que « Le pilote sans casque, l’épopée du pilote privé le plus titré du sport automobile » et « Grand Prix Summum ».

Nous le remercions chaleureusement pour son assistance et pour toutes les sources qu’il nous a fournies.

Couverture du livre « Grand Prix Summum » d’André Étancelin : cinq voitures de Grand Prix en noir et blanc autour d’un fanion « 1926-1954 », sous le titre « Le Grand Livre de Bord d’un Pilote de Grand-Prix ».
Couverture du livre « Grand Prix Summum, le grand livre de bord d’un pilote de Grand-Prix », d’André Étancelin.
Voir les sources fournies par André Étancelin
  • Carte d’identité de Philippe Étancelin, pièce d’identité du pilote
  • L’Écho des sports, 1932, coupure sur la naissance de Philippe Étancelin, coupure reproduite page 4 de « Grand Prix Summum »
  • Fiche militaire de Philippe Étancelin, pièce reproduite page 8 de « Le pilote sans casque »
  • Cartes et en-têtes commerciaux de la maison « Ph. Étancelin fils », Petit-Quevilly, carte commerciale, en-tête de septembre 1934 (page 150) et en-tête de la maison paternelle (page 322) de « Grand Prix Summum »
  • Automobile Club de Monaco, autorisation du 5 avril 1930, pièce reproduite page 298 de « Grand Prix Summum »
  • Roger Labric, propos sur la casquette d’Étancelin, L’Aéro, 1936, coupure reproduite page 14 de « Le pilote sans casque »
  • Moteurs Courses, juillet 1952, couverture et légende sur la remise de la Légion d’honneur, pièce reproduite dans « Grand Prix Summum »
  • André Reichel, « Une date dans l’histoire de l’automobile : la remise officielle de la Légion d’honneur à Philippe Étancelin », article de presse de juillet 1952, pièce reproduite dans « Grand Prix Summum »
  • Paris-Normandie, 3 mai 1972, coupure sur les noces d’or de Philippe et Suzanne Étancelin, coupure reproduite page 304 de « Grand Prix Summum »
  • Philippe Étancelin, palmarès manuscrit « Palmarès Grands Prix Automobile » et notes « Déceptions », pièces reproduites pages 325 et 326 de « Grand Prix Summum »
  • Les Sports de Provence, 22 septembre 1930, coupure sur le Grand Prix de l’ACF de Pau, coupure reproduite page 13 de « Le pilote sans casque »
  • Le Petit Matin, 15 janvier 1931, « Philippe Étancelin courra le Grand Prix de Tunisie », coupure reproduite page 8 de « Grand Prix Summum »
  • Charles Faroux, dédicace sur une photographie de l’arrivée du Grand Prix de Montreux, 3 juin 1934, photographie dédicacée
  • Donington, Tourist Trophy 1938, panneau du podium, photographie reproduite page 203 de « Grand Prix Summum »
  • Maurice Henry, texte sur le 35e Grand Prix de l’ACF, Reims, juillet 1948, tableau « Les plus vite aux essais » et programme officiel, pièces reproduites page 224 de « Grand Prix Summum »
  • L’Automobile, n° 42, octobre 1949, compte rendu du Grand Prix d’Italie et d’Europe, pages reproduites
  • Monza, Grand Prix d’Italie et d’Europe 1949, panneau du podium, photographie reproduite page 241 de « Grand Prix Summum »
  • Daily Telegraph International Meeting, Oulton Park, programme de la réunion de la Gold Cup, 7 août 1954, programme reproduit page 296 de « Grand Prix Summum »
  • Correspondance d’Étancelin et de la Scuderia Ferrari, six lettres du 16 septembre au 10 octobre 1934, lettres reproduites pages 12, 150 et 151 de « Grand Prix Summum »
  • Charles Faroux, lettre à Étancelin, La Vie Automobile, Paris, 14 novembre 1934, lettre reproduite page 12 de « Grand Prix Summum »
  • Normandie-Matin, 18 juillet 1969, propos d’Étancelin recueillis par Jean-Michel Bezzina, coupure reproduite page 12 de « Grand Prix Summum »
  • Robert Benoist, lettre à Étancelin, Paris, 3 décembre 1934, lettre reproduite dans « Grand Prix Summum » (saison 1934)
  • Officine Alfieri Maserati, lettre du 7 septembre 1933, contrat n° 202 du 18 septembre 1933, facture du 27 décembre 1933, pièces reproduites pages 10 et 11 de « Grand Prix Summum »
  • Contrat de marque avec L’Économique (Standard, Esso), lettres des 16 et 26 octobre 1933, pièces de la correspondance de 1933
  • Code sportif international de l’AIACR, annexe sur les couleurs nationales, annexe reproduite page 13 de « Le pilote sans casque »
  • Pièces de l’affaire des Douanes (1936-1937) et de l’achat de la Maserati V8RI 4503, février 1936, pièces et coupures reproduites pages 196 à 198 de « Grand Prix Summum »
  • Le Dauphiné Libéré, octobre 1970, entretien d’Étancelin avec Albert Fontaine, texte transcrit page 312 de « Grand Prix Summum »

Rouen, 1896-1926 : comment Philippe Étancelin, négociant en plume et laine, paie-t-il sa première Bugatti ?

En 1926, Philippe Étancelin a commencé à courir au volant d’une Bugatti qu’il avait achetée lui-même et payée sur les revenus de son négoce de plume et de laine pour la literie.

Photographie en couleur : une Bugatti Type 35 blanche portant le numéro 50, pilote au casque bleu clair, filant vers la gauche devant un muret bleu aux publicités jaunes, sur la piste du Mans.
Une Bugatti Type 35 de 1926 au Le Mans Classic, en 2023. Photo : Hphoto.fr.

Philippe Étancelin est né à Rouen le 29 décembre 1896, au domicile de ses parents, rue de l’Industrie ; l’acte dressé ce jour-là le déclare né la veille au soir. À cette date, son père, Alfred Henri Étancelin, avait 28 ans et travaillait comme comptable, et sa mère, Marguerite Madeleine Lesauvage, en avait 19. Ils s’étaient mariés à Rouen le 27 juillet 1895. Le père tiendra ensuite sa propre maison, « H. Étancelin », rue Dutronché, à Rouen. Elle fabriquait mécaniquement des coutils et des toiles pour la sellerie et la carrosserie, et vendait des articles de literie en gros et demi-gros.

Engagé volontaire au 39e régiment d’infanterie le 25 avril 1916, il sera démobilisé le 17 septembre 1919. Le 24 avril 1922, à Bacqueville-en-Caux, il a épousé Suzanne Clémentine Caroline Leroy, institutrice. Il aura trois enfants. Roger naîtra en 1923, Jeanne-Alice en 1925 et Jean-Pierre en 1928.

Négociant en fournitures pour la literie, il a repris le commerce de gros de son père. Établie à Petit-Quevilly, sa maison portait un nom, « Ph. Étancelin fils », qui rappelait celui de la maison paternelle. Elle faisait en gros le négoce de la plume de canard et de la laine, sans fabriquer de literie. Il tiendra ce négoce jusque dans les années 1960.

Le 2 janvier 1926, il a acheté sa première Bugatti, une Type 35A, au magasin d’exposition de la marque, sur les Champs-Élysées. Il l’a payée 59 000 francs. Selon les archives familiales, cet achat a été fait à l’occasion de la naissance de Jeanne-Alice, et la bague promise a été remise à plus tard.

Le dimanche 18 avril 1926, moins de quatre mois après l’achat, il a disputé sur cette Bugatti sa première course, la course de côte de Saint-Léger-du-Bourg-Denis, et il l’a gagnée. C’était la première épreuve organisée par l’Automobile Club Normand. Pendant cette saison de courses de côte, Suzanne Étancelin a pris place à ses côtés dans la voiture. Avant la fin de l’année 1926, d’autres victoires en course de côte se sont ajoutées à celle de Saint-Léger.

Photographie ancienne : une Bugatti de course, un homme en casquette et une femme casquée à bord, entourés de spectateurs dans une rue ; inscription manuscrite «  Etancelin sur Bugatti  ».
Philippe et Suzanne Étancelin sur une Bugatti, probablement à la course de côte de Poix-de-Picardie, le 6 juin 1926. Photo : photographe inconnu, Archives famille Étancelin.

Reims et Pau, 1927-1930 : comment Philippe Étancelin gagne-t-il le Grand Prix de l’ACF en pilote privé ?

Trois ans avant de gagner en pilote privé le Grand Prix de l’Automobile Club de France, Philippe Étancelin a remporté à Reims, le dimanche 10 juillet 1927, sa première victoire en Grand Prix. Il l’a obtenue sur Bugatti, au Grand Prix de la Marne. La course de Reims et celle de 1930 auront chacune leur article ; le circuit et la marque ont déjà le leur, « Le circuit de Reims-Gueux (1926-1969) » et « Bugatti en compétition (1909-1996) ».

Entre ces deux victoires, Étancelin a couru avec ses propres mécaniciens. Il engageait ses propres voitures. Marius Beaucreux, resté à son service jusqu’en 1950, puis Gaston Toussaint étaient employés à l’année ; entre deux saisons, ils triaient la laine de son négoce. Le 5 avril 1930, l’Automobile Club de Monaco a autorisé son épouse, Suzanne Étancelin, à faire partie de l’équipe de ravitaillement de son mari, « à titre exceptionnel ».

Étancelin courait coiffé d’une casquette de tweed à l’envers. Il ne mettra un casque, par-dessus cette casquette, qu’à partir de 1952. Ses voitures couraient en bleu, couleur nationale du concurrent fixée par le code sportif international.

Le dimanche 21 septembre 1930, à Pau, Étancelin a gagné le Grand Prix de l’Automobile Club de France sur Bugatti, en pilote privé, à 145 km/h de moyenne. Les Sports de Provence du 22 septembre 1930 ont titré sur sa victoire : « L’amateur ÉTANCELIN sauve l’industrie automobile française d’une défaite retentissante ».

Photographie en noir et blanc : Philippe Étancelin, en costume, assis au volant d’une Bugatti, à Pau, lors du Grand Prix de l’Automobile Club de France de septembre 1930.
Philippe Étancelin au volant d’une Bugatti, à Pau, lors du Grand Prix de l’Automobile Club de France de 1930. Photo : Agence Rol, domaine public, Wikimedia Commons.

Bologne et Le Mans, 1931-1934 : comment Philippe Étancelin finance-t-il ses voitures et ses saisons ?

Philippe Étancelin a changé deux fois de marque entre 1931 et 1934 ; la seconde fois, en septembre et en octobre 1933, il a conclu deux contrats, l’un avec Maserati pour sa voiture, l’autre avec un pétrolier pour un revenu fixe. Le 15 janvier 1931, Le Petit Matin a rapporté ses propos : il rentrait de Milan, où il avait eu de longs pourparlers avec les dirigeants de la maison Alfa Romeo. La même année, il a quitté Bugatti pour l’Alfa Romeo 8C 2300 « Monza ». Le 16 août 1931, au Grand Prix du Comminges, il s’est classé premier sur Alfa Romeo dans la catégorie des voitures de plus de 1 500 cm3. Il a couru sur Alfa Romeo en 1932 et en 1933.

Au Grand Prix de l’ACF, le 11 juin 1933 à Montlhéry, Étancelin était en tête à l’avant-dernier tour. L’embrayage l’a trahi. Il a terminé deuxième, à 52 secondes de Giuseppe Campari, sur Maserati. Poussé au redémarrage contre le règlement, Campari n’a pas été disqualifié ; la commission sportive de l’ACF lui a infligé 1 000 francs d’amende. Selon les archives familiales, Étancelin a refusé de déposer une réclamation.

Photographie en noir et blanc : Philippe Étancelin, en casquette et veste claire, au volant d’une Alfa Romeo, à Montlhéry, aux essais du Grand Prix de l’Automobile Club de France de juin 1933.
Philippe Étancelin au volant d’une Alfa Romeo, à Montlhéry, aux essais du Grand Prix de l’Automobile Club de France, en juin 1933. Photo : Agence Rol, domaine public, Wikimedia Commons.

Pour la saison suivante, il a choisi Maserati. Dans une lettre du 7 septembre 1933, la maison de Bologne lui a consenti un prix bas pour avoir « un bon pilote ». Le contrat du 18 septembre 1933 a fixé à 115 000 francs la Maserati 8CM commandée à l’usine. Facturée le 27 décembre 1933, la voiture a été ramenée par la route jusqu’à Rouen.

Entre-temps, Étancelin avait proposé un contrat de marque au pétrolier L’Économique (Standard et Esso), par une lettre du 16 octobre 1933. L’Économique l’a accepté le 26 octobre. Pour 1934, ce contrat lui assurait 100 000 francs de fixe et réservait au pétrolier l’exclusivité des carburants et huiles. Chaque course non disputée lui coûterait 7 500 francs de pénalité.

Sur une photographie de l’arrivée du Grand Prix de Montreux, couru le 3 juin 1934, Charles Faroux lui a écrit une dédicace « à l’homme actuellement le plus rapide d’Europe ». Faroux était directeur de course des 24 Heures du Mans et rédacteur en chef de La Vie Automobile. Treize jours plus tard, les 16 et 17 juin 1934, Étancelin a gagné avec Luigi Chinetti les 24 Heures du Mans 1934. Ils couraient sur l’Alfa Romeo 8C 2300 n° 9, qu’Étancelin avait commandée et achetée à l’usine.


Départ des 24 Heures du Mans 1932, photo d’archive en noir et blanc : les voitures quittent la ligne devant les stands.

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Photo : départ des 24 Heures du Mans 1932, Agence Rol, domaine public, Wikimedia Commons.


Milan et Modène, automne 1934 : pourquoi Philippe Étancelin refuse-t-il la clause d’équipier de la Scuderia Ferrari ?

Entre la mi-novembre et le début de décembre 1934, Philippe Étancelin a refusé de signer la clause qui l’obligeait à laisser passer un équipier italien de la Scuderia Ferrari, après avoir lui-même négocié son entrée dans l’écurie pour 1935.

En septembre 1934, à Milan, au moment du Grand Prix d’Italie, Étancelin s’est entretenu avec Enzo Ferrari. La Scuderia Ferrari lui a proposé d’entrer dans son écurie pour 1935. Les conditions se sont discutées par lettres, dont six sont conservées, du 16 septembre au 10 octobre. Étancelin a accepté, dans celle du 16 septembre, le principe d’entrer dans la maison Alfa Romeo pour 1935, avec 45 % des prix. Le lendemain, la Scuderia a refusé la prime fixe de 20 000 lires par course qu’il réclamait.

Le 20 septembre, Étancelin a laissé à la Scuderia le soin de fixer les conditions. La lettre de la Scuderia du 24 septembre a confirmé l’offre : 45 % des prix de classement et des primes de départ, avec un traitement mensuel à forfait, sans prime de départ garantie par course. Elle y a demandé à Étancelin son chiffre ; le 3 octobre, elle a refusé tout engagement chiffré pour 1935. Le 10 octobre 1934, il a réclamé 45 % des prix et des primes de départ. Il a ajouté 100 000 francs d’appointements et l’une des meilleures voitures dont la Scuderia disposerait.

Le 14 novembre 1934, les discussions duraient encore. Ce jour-là, dans une lettre privée à Étancelin, Charles Faroux, rédacteur en chef de La Vie Automobile, a écrit : « Je vois que Ferrari est décidément un homme avec qui il est difficile de conclure. » Dans la même lettre, il l’a remercié de le tenir au courant de ses pourparlers.

Le motif du refus tenait aux consignes d’écurie. Étancelin en refusait le principe, celui d’un ordre d’arrivée imposé aux pilotes. Trente-cinq ans plus tard, dans un entretien publié par Normandie-Matin le 18 juillet 1969, il a raconté avoir répondu à l’offre : « Gardez votre pont d’or, je garde ma liberté. »

À la fin de 1934, Étancelin a aussi envisagé de revenir chez Bugatti. Robert Benoist lui a écrit le 3 décembre 1934 que le prix de la Bugatti 3 litres 300 restait fixé à 200 000 francs, et que la voiture était bien placée pour plusieurs épreuves de la saison. Étancelin y a renoncé. Il restera sur Maserati.

Infographie : fin 1934, trois voies pour la saison 1935 de Philippe Étancelin, la Scuderia Ferrari, dont il a refusé la clause d’équipier, la Bugatti 3 litres 300, à laquelle il a renoncé, et l’écurie Subalpina.
Les trois voies de Philippe Étancelin pour la saison 1935, de septembre à décembre 1934.
Infographie : fin 1934, trois voies pour la saison 1935 de Philippe Étancelin, la Scuderia Ferrari, dont il a refusé la clause d’équipier, la Bugatti 3 litres 300, à laquelle il a renoncé, et l’écurie Subalpina.
Les trois voies de Philippe Étancelin pour la saison 1935, de septembre à décembre 1934.

Une autre offre se place hors de cette chronologie de l’automne 1934, sans date ni lieu connus. Selon les archives familiales, Alfred Neubauer, directeur de la compétition de Mercedes, a proposé à Étancelin de rejoindre son équipe, offre qu’Étancelin a refusée pour courir sur une voiture bleue.


Monza et Pau, 1935-1936 : comment Philippe Étancelin revient-il à la victoire après son accident de Monza ?

Moins de six mois ont séparé l’accident de Philippe Étancelin, sur une Maserati V8RI au Grand Prix d’Italie, à Monza le dimanche 8 septembre 1935, de sa victoire au Grand Prix de Pau.

L’écurie Subalpina, celle du comte Della Chiesa à Turin, représentait officiellement Maserati ; le 11 décembre 1934, L’Auto a annoncé qu’Étancelin et Zehender courraient pour elle en 1935. Faute de pouvoir obtenir une Maserati privée, Étancelin a renoncé pour cette saison à son statut de pilote indépendant. L’écurie a décidé de ses engagements. En juillet 1935, ses télégrammes lui ont fixé les courses qu’il disputerait.

Photographie en noir et blanc : un camion bâché portant l’inscription « S.A. Scuderia Subalpina Torino », un homme debout contre la cabine, près d’un kiosque de distribution d’essence, devant des arbres sans feuilles.
Le camion de la Scuderia Subalpina, écurie qui a engagé Philippe Étancelin en 1935. Photo : origine inconnue, Archives famille Étancelin.

À Monza, l’accélérateur de la Maserati s’est bloqué en course, et l’accident l’a laissé grièvement blessé.

Le 19 février 1936, Étancelin a acheté une autre Maserati V8RI. Elle portait le numéro de châssis 4503. Onze jours plus tard, le dimanche 1er mars 1936, il a gagné le Grand Prix de Pau au volant de cette voiture. Ce fut la seule victoire en Grand Prix de la Maserati V8RI, construite à quatre exemplaires.


Vintimille et Menton, 1936-1939 : pourquoi la douane poursuit-elle Philippe Étancelin pour contrebande ?

En juin 1936, Philippe Étancelin a vu l’administration bloquer à Vintimille l’importation de sa Maserati V8RI. Le régime de l’admission temporaire a été requalifié en tolérance, et le pilote s’est retrouvé poursuivi pour importation en contrebande.

Le mercredi 10 février 1937, le juge de paix de Menton l’a condamné à 450 000 francs d’amende, en reconnaissant sa bonne foi dans les attendus. Le jugement a été frappé d’appel. Une transaction à 55 000 francs a été acceptée le lundi 26 juillet 1937 avec l’accord du ministre, puis soldée le jeudi 5 août 1937.

Philippe Étancelin n’a disputé aucune course en 1937. Il est revenu à la compétition sur Talbot en 1938 et en 1939.

Photographie de presse en noir et blanc : des pilotes en combinaison et des officiels en costume réunis, au Grand Prix de l’Automobile Club de France, à Reims, en 1939.
Philippe Étancelin au Grand Prix de l’Automobile Club de France, à Reims, en juillet 1939. Photo : L’Automobile sur la Côte d’Azur et Fulgur, domaine public, Wikimedia Commons.

Paris, Reims et Monza, 1945-1950 : comment Philippe Étancelin revient-il en Grand Prix après la guerre ?

Philippe Étancelin a repris la course le dimanche 9 septembre 1945, dans le bois de Boulogne, à la Coupe des Prisonniers, au volant d’une vieille Alfa Romeo 2,3 litres « Monza ». Remonté jusqu’à la troisième place, il a abandonné aux trois quarts de la course. Après la guerre et jusqu’en 1951, son fils Jean-Pierre, né en 1928, l’a assisté comme mécanicien sur les circuits de Grand Prix.

En juillet 1948, il a reçu la Talbot-Lago T26C qu’il avait commandée à Anthony Lago, à la veille du Grand Prix de l’ACF couru à Reims le dimanche 18 juillet. Entré en possession de sa voiture, il a été autorisé par la commission sportive à utiliser son engagement. Pour la première course de la voiture, il a signé le quatrième temps des essais, derrière Wimille, Ascari et Sanesi, puis il a figuré parmi les abandons de ce 35e Grand Prix de l’ACF. Dans son texte consacré à cette course, Maurice Henry a écrit qu’Étancelin n’avait pas eu de voiture rapide entre les mains depuis une dizaine d’années.

Photographie en noir et blanc : deux hommes poussent une voiture de course sur une allée pavée du Cottage, à Blainville-Crevon, devant une maison à colombages et un potager.
La Talbot dans le potager du Cottage, à Blainville-Crevon, vers 1950. Photo : Paris-Normandie, photographe inconnu, Archives famille Étancelin.

Le dimanche 24 avril 1949, jour anniversaire de son mariage avec Suzanne Leroy, célébré en 1922 à Bacqueville-en-Caux, il a gagné à Montlhéry le Grand Prix de Paris, disputé en Formule 1, sur une Lago-Talbot 4,5 litres. Ce succès est resté la dernière victoire de sa carrière. Le 11 septembre suivant, au Grand Prix d’Italie et d’Europe couru à Monza, il a terminé deuxième derrière Alberto Ascari, au volant d’une Talbot sans compresseur. Dans son compte rendu de la course, paru dans le numéro 42 d’octobre 1949, le magazine L’Automobile a écrit qu’Ascari, poussé après son ravitaillement, aurait dû être disqualifié. Étancelin n’a pas déposé de réclamation.

Le samedi 13 mai 1950, il était au départ du Grand Prix de Grande-Bretagne à Silverstone, première épreuve de l’histoire du championnat du monde des conducteurs. Parti quatorzième sur Talbot-Lago, il a terminé huitième, à cinq tours. Vingt et un ans plus tôt, le 14 avril 1929, il avait pris le départ du premier Grand Prix de Monaco ; la comparaison de la liste des partants de Monaco et de celle de Silverstone montre que, des seize hommes alignés à Monaco en 1929, il était le seul à figurer parmi les partants de 1950.

Infographie : des seize partants du premier Grand Prix de Monaco, le 14 avril 1929, Philippe Étancelin est le seul au départ de Silverstone le 13 mai 1950, première épreuve du championnat du monde des conducteurs, qu’il a finie huitième.
Du premier Grand Prix de Monaco, le 14 avril 1929, à la première épreuve du championnat du monde des conducteurs, à Silverstone, le 13 mai 1950.
Infographie : des seize partants du premier Grand Prix de Monaco, le 14 avril 1929, Philippe Étancelin est le seul au départ de Silverstone le 13 mai 1950, première épreuve du championnat du monde des conducteurs, qu’il a finie huitième.
Du premier Grand Prix de Monaco, le 14 avril 1929, à la première épreuve du championnat du monde des conducteurs, à Silverstone, le 13 mai 1950.

Le dimanche 2 juillet, à Reims, il a pris la cinquième place du Grand Prix de l’ACF dans une voiture partagée avec Eugène Chaboud, pour 1 point. Le dimanche 30 juillet, il a ouvert le nouveau circuit de Rouen-les-Essarts, le jour de son inauguration, au volant de la voiture portant le numéro 0, pour un tour d’ouverture, hors course. Le dimanche 3 septembre, au Grand Prix d’Italie à Monza, il a terminé cinquième et marqué 2 points, à 53 ans.


Les voitures achetées ou commandées par Philippe Étancelin, de 1926 à 1948

Voitures
Les voitures achetées ou commandées par Philippe Étancelin, de 1926 à 1948
AnnéeVoitureAcquisitionPrix (francs)Course marquante
1926Bugatti 35AAchat le 2 janvier 1926, au magasin d’exposition Bugatti des Champs-Élysées59 000Course de côte de Saint-Léger-du-Bourg-Denis, 18 avril 1926 : victoire
1933Maserati 8CMCommande à l’usine de Bologne, contrat du 18 septembre 1933115 000Saison 1934
1934Alfa Romeo 8C 2300 n° 9Commandée et achetée à l’usine (date non documentée)Non documenté24 Heures du Mans, 16 et 17 juin 1934 : victoire avec Luigi Chinetti
1936Maserati V8RIAchat le 19 février 1936Non documentéGrand Prix de Pau, 1er mars 1936 : victoire
1948Talbot-Lago T26CCommandée à Anthony Lago ; reçue en juillet 1948Non documentéGrand Prix de l’Automobile Club de France à Reims, 18 juillet 1948 : première course de la voiture

Rouen-les-Essarts et Oulton Park, 1951-1954 : comment Philippe Étancelin termine-t-il sa carrière ?

Philippe Étancelin courait encore quand l’État l’a fait chevalier de la Légion d’honneur, par un décret du 2 juillet 1952. Sa dernière course aurait lieu deux ans et un mois plus tard. Pris sur le rapport du président du Conseil des ministres et du ministre de l’Éducation nationale, le décret a paru au Journal officiel du 5 juillet 1952. Il lui a donné la qualité de « champion automobiliste ; 32 ans d’activité professionnelle et sportive et de services militaires ».

Le lendemain de cette publication, le dimanche 6 juillet 1952, Jean Masson lui a remis la croix sur le circuit de Rouen-les-Essarts, quelques minutes avant le départ du Grand Prix de l’ACF. André Marie, député de la Seine-Inférieure, était absent. Étancelin a reçu la décoration en combinaison de course. L’épreuve, disputée en Formule 2, a été son dernier Grand Prix comptant pour le championnat du monde des conducteurs : il l’a terminée 8e sur une Maserati A6GCM, à 55 ans.

Photographie en noir et blanc : un homme en costume épingle la croix de la Légion d'honneur sur la combinaison de course de Philippe Étancelin, entourés de spectateurs, au circuit de Rouen-les-Essarts.
Remise de la Légion d’honneur à Philippe Étancelin, Rouen-les-Essarts, juillet 1952. Photo : photographe inconnu, Archives famille Étancelin.

De 1950 à 1952, Étancelin a disputé douze Grands Prix comptant pour ce championnat et y a marqué trois points. Il a encore couru en 1953 et en 1954, hors du championnat du monde.

Le samedi 7 août 1954, à Oulton Park, il a pris le départ d’une épreuve de Formule libre de 55 miles, au programme de la réunion de la Gold Cup. Il a abandonné. Cette course a été la dernière compétition de sa carrière ; il avait 57 ans.

En vingt-trois saisons de course, entre 1926 et 1954, Philippe Étancelin a disputé au moins 169 épreuves, toutes disciplines ; il compte au moins vingt-cinq victoires, toutes disciplines, courses de côte comprises, et au moins cinquante-trois podiums, victoires comprises. Il n’a couru ni en 1937 ni de 1940 à 1944.


Blainville-Crevon, 1955-1981 : comment Philippe Étancelin vit-il ses dernières années ?

Après sa dernière course, en 1954, Philippe Étancelin a vécu sa retraite avec Suzanne, son épouse, à Blainville-Crevon. Le couple habitait « Le Cottage », la propriété qu’il avait achetée début 1936 à Henri Gaumont, sur le conseil des médecins, après son accident du Grand Prix d’Italie, à Monza, le 8 septembre 1935. Il y a mené une vie de propriétaire terrien. Son négoce de fournitures pour literie, plume et laine, qui avait payé sa première Bugatti, est resté son métier jusque dans les années 1960.

Photographie en noir et blanc : un homme en costume clair et casquette, debout, la main posée sur la roue avant d’une monoplace de course vue de face, devant des arbres.
Philippe Étancelin près d’une Talbot monoplace, au Cottage, sa propriété de Blainville-Crevon. Photo : Suzanne Étancelin, Archives famille Étancelin.

En mars 1956, Étancelin a pris part aux essais de la Bugatti 251. Des parades et des démonstrations l’ont ensuite conduit à Monaco en 1969 et à Dijon en 1974 ; en 1980, une autre l’a conduit sur le circuit de Rouen-les-Essarts. Il a été membre du Club international des anciens pilotes de Grand Prix.

Photographie en couleur : une Bugatti 251 monoplace bleue aux sièges orange, exposée au salon Rétromobile, en 2026.
Une Bugatti 251 exposée à Rétromobile, en 2026. Photo : Eric Salard, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons, recadrée et redimensionnée.

Le 3 mai 1972, aux noces d’or du couple, Jean Lecanuet, sénateur-maire de Rouen, a remis à Étancelin, âgé de 75 ans, la médaille de la Ville de Rouen. Philippe Étancelin est mort le mardi 13 octobre 1981 à Neuilly-sur-Seine, à 84 ans. Ses obsèques ont eu lieu à Rouen le samedi 17 octobre 1981.



Ce que le parcours révèle : une indépendance suspendue à la voiture qu’il pouvait acheter

Chez Philippe Étancelin, l’achat a précédé la course. Le 2 janvier 1926, le négociant de Petit-Quevilly a payé sa première Bugatti sur les revenus de son commerce de plume et de laine ; il n’a disputé sa première course que le 18 avril suivant. Entre deux saisons, ses mécaniciens, Marius Beaucreux puis Gaston Toussaint, triaient la laine de ce même négoce.

En septembre et en octobre 1933, deux contrats ont chiffré son économie de pilote privé. Celui du 18 septembre a fixé à 115 000 francs la Maserati 8CM qu’il commandait à l’usine de Bologne ; le 26 octobre, le pétrolier L’Économique a accepté de lui verser 100 000 francs de fixe pour 1934. Étancelin lui avait proposé lui-même ce contrat de marque, par une lettre du 16 octobre 1933. Les 16 et 17 juin 1934, il a gagné les 24 Heures du Mans sur une Alfa Romeo qu’il avait achetée à l’usine.

Le 10 octobre 1934, dans la dernière des six lettres conservées de sa négociation avec la Scuderia Ferrari, Étancelin a demandé 100 000 francs d’appointements. Il a réclamé aussi l’une des meilleures voitures dont la Scuderia disposerait. Le 14 novembre, les discussions duraient encore. Fin 1934, il a refusé de signer la clause qui l’obligeait à laisser passer un équipier italien de la Scuderia.

Selon les archives familiales, Alfred Neubauer, directeur de la compétition de Mercedes, lui a proposé, sans date connue, de rejoindre son équipe, et Étancelin a refusé pour courir sur une voiture bleue.

La saison 1935 s’est décidée sur une voiture qu’il n’a pas pu obtenir. Le 3 décembre 1934, Robert Benoist lui a écrit que la Bugatti 3 litres 300 restait à 200 000 francs. Étancelin n’y a pas donné suite. Le 11 décembre, L’Auto a annoncé qu’il courrait en 1935 pour l’écurie Subalpina, représentant officiel de Maserati. Faute de pouvoir obtenir une Maserati privée, il a renoncé pour cette saison à son statut de pilote indépendant, et l’écurie a décidé de ses engagements. Le 19 février 1936, il a acheté la Maserati V8RI 4503.

En 1952, l’État a réuni dans une même qualité le métier qui avait payé la Bugatti de 1926 et la course, qu’il pratiquait encore. Le décret du 2 juillet 1952 l’a fait chevalier de la Légion d’honneur au titre de « 32 ans d’activité professionnelle et sportive et de services militaires ».



Sources

★ PRIMAIRE (source primaire) • SEC. (source secondaire)

Biographie et sources primaires

  • ★ PRIMAIRE Archives départementales de la Seine-Maritime, état civil de Rouen, naissances du 21 novembre au 31 décembre 1896 (cote 4 E 13825, images 144 et 165 sur 191), acte n° 2277 et table annuelle
    https://www.archivesdepartementales76.net/ark:/50278/42333916fb145265dc0e08c333919081/dao/0/layout:linear Acte dressé le 29 décembre 1896 à quinze heures trente : enfant déclaré né à Rouen la veille à onze heures du soir, domicile des parents rue de l’Industrie ; père Alfred Henri Étancelin, 28 ans, comptable ; mère Marguerite Madeleine Lesauvage, 19 ans ; mariage des parents le 27 juillet 1895 ; mentions marginales du mariage à Bacqueville et du décès le 13 octobre 1981 à Neuilly-sur-Seine.
  • ★ PRIMAIRE Fichier des personnes décédées de l’INSEE, Philippe Jean Armand Etancelin
    https://deces.matchid.io/deces/api/v1/search?q=Philippe+Etancelin Décès le 13 octobre 1981 à Neuilly-sur-Seine, acte n° 579.
  • ★ PRIMAIRE Carte d’identité de Philippe Étancelin
    Fonds familial André Étancelin, pièce d’identité du pilote Naissance à Rouen le 29 décembre 1896.
  • ★ PRIMAIRE L’Écho des sports, 1932, coupure sur la naissance de Philippe Étancelin
    Fonds familial André Étancelin, coupure reproduite page 4 de « Le Grand Livre de Bord d’un Pilote de Grand-Prix, Grand-Prix Summum » Naissance à Rouen le 29 décembre 1896.
  • ★ PRIMAIRE Fiche militaire de Philippe Étancelin
    Fonds familial André Étancelin, pièce reproduite page 8 de « Le pilote sans casque » Engagement volontaire le 25 avril 1916 au 39e régiment d’infanterie, démobilisation le 17 septembre 1919.
  • ★ PRIMAIRE Cartes et en-têtes commerciaux de la maison « Ph. Étancelin fils », Petit-Quevilly
    Fonds familial André Étancelin, carte commerciale, en-tête de septembre 1934 (page 150) et en-tête de la maison paternelle (page 322) de « Le Grand Livre de Bord d’un Pilote de Grand-Prix, Grand-Prix Summum » Négoce de fournitures pour literie, plume et laine ; mention « Laines, Importation » dès 1934 ; maison « H. Étancelin », rue Dutronché, à Rouen, fabrication mécanique de coutils, toiles et articles de literie en gros et demi-gros.
  • ★ PRIMAIRE Automobile Club de Monaco, autorisation du 5 avril 1930
    Fonds familial André Étancelin, pièce reproduite page 298 de « Le Grand Livre de Bord d’un Pilote de Grand-Prix, Grand-Prix Summum » Autorisation donnée à Suzanne Étancelin, à titre exceptionnel, de faire partie de l’équipe de ravitaillement de son mari.
  • ★ PRIMAIRE Roger Labric, propos sur la casquette d’Étancelin, L’Aéro, 1936
    Fonds familial André Étancelin, coupure reproduite page 14 de « Le pilote sans casque » Casquette de tweed portée à l’envers en course.
  • ★ PRIMAIRE Journal officiel de la République française, Lois et décrets, 5 juillet 1952, page 6734
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k15648231 Décret du 2 juillet 1952 nommant Philippe Étancelin chevalier de la Légion d’honneur, sur le rapport du président du Conseil des ministres et du ministre de l’Éducation nationale, avec la qualité « champion automobiliste ; 32 ans d’activité professionnelle et sportive et de services militaires ».
  • ★ PRIMAIRE France-Afrique (Abidjan), 8 juillet 1952
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k95817659 Dépêche sur la nomination de Philippe Étancelin comme chevalier de la Légion d’honneur par décret publié au Journal officiel.
  • ★ PRIMAIRE Moteurs Courses, juillet 1952, couverture et légende sur la remise de la Légion d’honneur
    Fonds familial André Étancelin, pièce reproduite dans « Le Grand Livre de Bord d’un Pilote de Grand-Prix, Grand-Prix Summum » Remise de la croix sur le circuit de Rouen-les-Essarts, quelques minutes avant le départ d’un Grand Prix, Étancelin en combinaison de course.
  • ★ PRIMAIRE André Reichel, « Une date dans l’histoire de l’automobile : la remise officielle de la Légion d’honneur à Philippe Étancelin », article de presse de juillet 1952
    Fonds familial André Étancelin, pièce reproduite dans « Le Grand Livre de Bord d’un Pilote de Grand-Prix, Grand-Prix Summum » Cérémonie du 6 juillet 1952 sur le circuit des Essarts, lors du Grand Prix de l’ACF ; croix remise par Jean Masson en l’absence d’André Marie.
  • ★ PRIMAIRE Paris-Normandie, 3 mai 1972, coupure sur les noces d’or de Philippe et Suzanne Étancelin
    Fonds familial André Étancelin, coupure reproduite page 304 de « Le Grand Livre de Bord d’un Pilote de Grand-Prix, Grand-Prix Summum » Médaille de la Ville de Rouen remise par Jean Lecanuet, sénateur-maire, le 3 mai 1972.
  • SEC. Motor Sport, décembre 1981, page 37, « Obituary – Phillipe Etancelin »
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/page/december-1981/37 Nécrologie de Philippe Étancelin, mort à la mi-octobre 1981.
  • SEC. André Étancelin, « Le Grand Livre de Bord d’un Pilote de Grand-Prix, Grand-Prix Summum », édité à compte d’auteur, 2016, 328 pages, ISBN 978-2-7466-9358-6
    Ouvrage imprimé, fonds familial André Étancelin, sans édition en ligne Texte de l’auteur : bilan de carrière (page 326), renoncement au statut de pilote indépendant pour la saison 1935 chez Subalpina et refus des consignes d’écurie (page 149), télégrammes de l’écurie en juillet 1935 (page 165), achat de la propriété « Le Cottage » début 1936 (page 311), financement de la première Bugatti par le négoce, père et ascendance, mécanicien Jean-Pierre Étancelin de 1945 à 1951 (page 322) ; propos d’Étancelin rapportés par François Jolly (page 314) ; retraite (pages 303, 304, 310 et 311) ; discours de Bernard Loitron aux obsèques du 17 octobre 1981 (page 313).
  • SEC. André Étancelin, « Le pilote sans casque », album, 2026, ISBN 979-10-984761-0-5
    Ouvrage imprimé, fonds familial André Étancelin, sans édition en ligne Achat de la première Bugatti le 2 janvier 1926 pour 59 000 francs (page 9) ; enfants du couple (pages 9 et 32) ; mécaniciens Marius Beaucreux et Gaston Toussaint (page 29) ; offre d’Alfred Neubauer (pages 29 et 47) ; casque porté à partir de 1952 ; Saint-Léger-du-Bourg-Denis le 18 avril 1926 et ouverture du circuit de Rouen-les-Essarts le 30 juillet 1950 (page 338) ; planche « 1926-1954 Palmarès complet ».

Palmarès et statistiques de carrière

  • ★ PRIMAIRE Philippe Étancelin, palmarès manuscrit « Palmarès Grands Prix Automobile » et notes « Déceptions »
    Fonds familial André Étancelin, pièces reproduites pages 325 et 326 de « Le Grand Livre de Bord d’un Pilote de Grand-Prix, Grand-Prix Summum » Palmarès de la main du pilote, de 1926 à 1954 ; saison 1937 : « pas couru ».
  • ★ PRIMAIRE API Jolpica-F1, résultats de Philippe Étancelin au championnat du monde
    https://api.jolpi.ca/ergast/f1/drivers/etancelin/results.json?limit=50 Douze Grands Prix de 1950 à 1952, 3 points : cinquième à Reims le 2 juillet 1950 (voiture partagée avec Eugène Chaboud, 1 point), cinquième à Monza le 3 septembre 1950 (2 points), huitième à Rouen le 6 juillet 1952 sur Maserati.
  • ★ PRIMAIRE API Jolpica-F1, Grand Prix de Grande-Bretagne 1950, résultats et liste des partants
    https://api.jolpi.ca/ergast/f1/1950/1/results.json Silverstone, 13 mai 1950, première épreuve du championnat du monde des conducteurs : Étancelin huitième, parti quatorzième ; partants de l’épreuve.
  • ★ PRIMAIRE L’Écho des sports, 11 juillet 1927, page 2
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9539285f Victoire d’Étancelin sur Bugatti au Grand Prix de la Marne, à Reims, le 10 juillet 1927.
  • ★ PRIMAIRE L’Écho des sports, 15 avril 1929
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k95600510 Grand Prix de Monaco du 14 avril 1929 : Étancelin sixième, seule voiture du plateau sans compresseur.
  • ★ PRIMAIRE L’Auto, 15 avril 1929, compte rendu du Grand Prix de Monaco
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4632797d Seize concurrents au départ du Grand Prix de Monaco du 14 avril 1929 ; Étancelin sixième sur Bugatti 2 litres, seul sans compresseur.
  • ★ PRIMAIRE L’Écho des sports, 22 septembre 1930, page 1
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k95605702 Victoire d’Étancelin sur Bugatti au Grand Prix de l’ACF, à 145 km/h de moyenne.
  • ★ PRIMAIRE Les Sports de Provence, 22 septembre 1930, coupure sur le Grand Prix de l’ACF de Pau
    Fonds familial André Étancelin, coupure reproduite page 13 de « Le pilote sans casque » Titre « L’amateur ÉTANCELIN sauve l’industrie automobile française d’une défaite retentissante ».
  • ★ PRIMAIRE Le Petit Matin, 15 janvier 1931, « Philippe Étancelin courra le Grand Prix de Tunisie »
    Fonds familial André Étancelin, coupure reproduite page 8 de « Le Grand Livre de Bord d’un Pilote de Grand-Prix, Grand-Prix Summum » Propos d’Étancelin : retour de Milan après de longs pourparlers avec les dirigeants d’Alfa Romeo, débuts sur Alfa Romeo prévus en 1931.
  • ★ PRIMAIRE Presse néerlandaise, 17 août 1931, « De groote prijs van Comminges »
    https://resolver.kb.nl/resolve?urn=ddd:010013668:mpeg21:a0292:ocr Grand Prix du Comminges : première place d’Étancelin sur Alfa Romeo dans la classe des voitures de plus de 1 500 cm3.
  • ★ PRIMAIRE L’Auto, 12 juin 1933, Grand Prix de l’ACF, Montlhéry
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k46341457 Classement : Campari 3 h 48 min 45 s 2/5, Étancelin 3 h 49 min 37 s 2/5, soit 52 secondes d’écart ; Campari poussé au redémarrage, contrairement à l’article 15 du règlement, amende infligée par les commissaires sportifs sans mise hors course ; embrayage d’Étancelin défaillant sur les onze derniers tours.
  • ★ PRIMAIRE Motor Sport, juillet 1933, page 11, « 1933 French Grand Prix »
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/july-1933/11/french-grand-prix-18/ Grand Prix de l’ACF 1933 : Campari non disqualifié, amende de 1 000 francs infligée par la commission sportive.
  • ★ PRIMAIRE Charles Faroux, dédicace sur une photographie de l’arrivée du Grand Prix de Montreux, 3 juin 1934
    Fonds familial André Étancelin, photographie dédicacée Dédicace « à l’homme actuellement le plus rapide d’Europe ».
  • ★ PRIMAIRE L’Auto, 17 juin 1934, classements horaires des 24 Heures du Mans
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k46345127 Alfa Romeo n° 9 d’Étancelin et Chinetti en course pendant les 24 Heures du Mans des 16 et 17 juin 1934.
  • ★ PRIMAIRE L’Auto, 18 juin 1934, compte rendu des 24 Heures du Mans
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4634513n Classement officiel de l’épreuve : victoire de l’Alfa Romeo n° 9, Étancelin et Chinetti.
  • ★ PRIMAIRE Motor Sport, juillet 1934, « English Small Cars Sweep the Board at Le Mans »
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/july-1934/6/english-small-cars-sweep-the-board-at-le-mans/ Compte rendu des 24 Heures du Mans 1934, relais d’Étancelin et de Chinetti.
  • ★ PRIMAIRE Motor Sport, avril 1936, « The first Grand Prix of the season »
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/april-1936/42/the-first-grand-prix-of-the-season/ Grand Prix de Pau couru le 1er mars 1936 : première place d’Étancelin sur Maserati.
  • ★ PRIMAIRE Presse néerlandaise, 3 avril 1939, dépêche sur le Grand Prix de Pau
    https://resolver.kb.nl/resolve?urn=KBNRC01:000053436:mpeg21:a0284:ocr Grand Prix de Pau 1939 : Étancelin sur Talbot, troisième à deux tours des deux Mercedes-Benz.
  • ★ PRIMAIRE Donington, Tourist Trophy 1938, panneau du podium
    Fonds familial André Étancelin, photographie reproduite page 203 de « Le Grand Livre de Bord d’un Pilote de Grand-Prix, Grand-Prix Summum » Étancelin sur Talbot au Tourist Trophy de Donington en 1938.
  • ★ PRIMAIRE Motor Sport, novembre 1945, « The First Post-War Racing »
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/november-1945/11/france-shows-us-the-way/ Coupe des Prisonniers, bois de Boulogne : l’Alfa Romeo « Monza » 2,3 litres pilotée par Étancelin remonte à la troisième place puis abandonne aux trois quarts de la course.
  • ★ PRIMAIRE Presse néerlandaise, 19 juillet 1948, dépêche « Alfa Romeo wint in Reims »
    https://resolver.kb.nl/resolve?urn=MMKB15:000555017:mpeg21:a00040:ocr 35e Grand Prix de l’ACF, Reims : Étancelin (Talbot) parmi les abandons.
  • ★ PRIMAIRE Maurice Henry, texte sur le 35e Grand Prix de l’ACF, Reims, juillet 1948, tableau « Les plus vite aux essais » et programme officiel
    Fonds familial André Étancelin, pièces reproduites page 224 de « Le Grand Livre de Bord d’un Pilote de Grand-Prix, Grand-Prix Summum » Étancelin entré en possession de sa voiture, autorisé à utiliser son engagement ; quatrième temps des essais derrière Wimille, Ascari et Sanesi ; propos sur l’absence de voiture rapide depuis une dizaine d’années.
  • ★ PRIMAIRE Motor Sport, juin 1949, « Reports of Recent Events »
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/june-1949/5/reports-of-recent-events-june-1949/ Grand Prix de Paris, Montlhéry, 24 avril 1949, en Formule 1 : victoire d’Étancelin sur Lago-Talbot 4,5 litres.
  • ★ PRIMAIRE L’Automobile, n° 42, octobre 1949, compte rendu du Grand Prix d’Italie et d’Europe
    Fonds familial André Étancelin, pages reproduites Monza, 11 septembre 1949 : Ascari, poussé après son ravitaillement, aurait dû être disqualifié.
  • ★ PRIMAIRE Monza, Grand Prix d’Italie et d’Europe 1949, panneau du podium
    Fonds familial André Étancelin, photographie reproduite page 241 de « Le Grand Livre de Bord d’un Pilote de Grand-Prix, Grand-Prix Summum » Étancelin deuxième derrière Alberto Ascari, sur Talbot sans compresseur.
  • ★ PRIMAIRE Daily Telegraph International Meeting, Oulton Park, programme de la réunion de la Gold Cup, 7 août 1954
    Fonds familial André Étancelin, programme reproduit page 296 de « Le Grand Livre de Bord d’un Pilote de Grand-Prix, Grand-Prix Summum » Dernière compétition d’Étancelin : épreuve de Formule libre de 55 miles, samedi 7 août 1954.
  • SEC. Racing Sports Cars, archive du pilote Philippe Étancelin
    https://www.racingsportscars.com/driver/archive/Philippe-Etancelin-F.html Participations aux 24 Heures du Mans, dont la victoire de 1934.
  • SEC. Motor Sport, novembre 1999, « Phi-Phi: The combative career of Philippe Etancelin », Bill Boddy
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/november-1999/48/phi-phi/ Débuts sur Bugatti en courses de côte, passage à l’Alfa Romeo « Monza », victoire du Grand Prix de Paris sur Lago-Talbot.

Contexte historique et rivalités

  • ★ PRIMAIRE Correspondance d’Étancelin et de la Scuderia Ferrari, six lettres du 16 septembre au 10 octobre 1934
    Fonds familial André Étancelin, lettres reproduites pages 12, 150 et 151 de « Le Grand Livre de Bord d’un Pilote de Grand-Prix, Grand-Prix Summum » Entretien de Milan ; principe d’une entrée « dans la maison Alfa Romeo pour 1935 » et 45 % des prix (16 septembre) ; prime fixe de 20 000 lires par course refusée (17 septembre) ; offre confirmée par la lettre de la Scuderia du 24 septembre ; absence d’engagement chiffré pour 1935 (3 octobre) ; demande de 100 000 francs d’appointements et d’« une des meilleures voitures » (10 octobre).
  • ★ PRIMAIRE Charles Faroux, lettre à Étancelin, La Vie Automobile, Paris, 14 novembre 1934
    Fonds familial André Étancelin, lettre reproduite page 12 de « Le Grand Livre de Bord d’un Pilote de Grand-Prix, Grand-Prix Summum » Pourparlers avec la Scuderia Ferrari encore ouverts ; phrase « Je vois que Ferrari est décidément un homme avec qui il est difficile de conclure ».
  • ★ PRIMAIRE Normandie-Matin, 18 juillet 1969, propos d’Étancelin recueillis par Jean-Michel Bezzina
    Fonds familial André Étancelin, coupure reproduite page 12 de « Le Grand Livre de Bord d’un Pilote de Grand-Prix, Grand-Prix Summum » Étancelin raconte l’offre de la Scuderia Ferrari et sa réponse : « Gardez votre pont d’or, je garde ma liberté ».
  • ★ PRIMAIRE Robert Benoist, lettre à Étancelin, Paris, 3 décembre 1934
    Fonds familial André Étancelin, lettre reproduite dans « Le Grand Livre de Bord d’un Pilote de Grand-Prix, Grand-Prix Summum » (saison 1934) Prix de la Bugatti 3 litres 300 maintenu à 200 000 francs ; voiture bien placée pour plusieurs épreuves de la saison.
  • ★ PRIMAIRE L’Auto, 11 décembre 1934, « Etancelin et Zehender courront sous les couleurs de l’écurie Sub-Alpina »
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4634688q Engagement d’Étancelin et de Zehender par l’écurie du comte Della Chiesa, représentant officiel de Maserati, pour 1935.
  • ★ PRIMAIRE Officine Alfieri Maserati, lettre du 7 septembre 1933, contrat n° 202 du 18 septembre 1933, facture du 27 décembre 1933
    Fonds familial André Étancelin, pièces reproduites pages 10 et 11 de « Le Grand Livre de Bord d’un Pilote de Grand-Prix, Grand-Prix Summum » Maserati 8CM commandée à l’usine de Bologne pour 115 000 francs, prix bas consenti pour avoir « un bon pilote », voiture facturée le 27 décembre 1933.
  • ★ PRIMAIRE Contrat de marque avec L’Économique (Standard, Esso), lettres des 16 et 26 octobre 1933
    Fonds familial André Étancelin, pièces de la correspondance de 1933 Contrat pour 1934 : 100 000 francs de fixe, exclusivité des carburants et huiles, pénalité de 7 500 francs par course non disputée.
  • ★ PRIMAIRE Code sportif international de l’AIACR, annexe sur les couleurs nationales
    Fonds familial André Étancelin, annexe reproduite page 13 de « Le pilote sans casque » Bleu, couleur nationale du concurrent français.
  • ★ PRIMAIRE Pièces de l’affaire des Douanes (1936-1937) et de l’achat de la Maserati V8RI 4503, février 1936
    Fonds familial André Étancelin, pièces et coupures reproduites pages 196 à 198 de « Le Grand Livre de Bord d’un Pilote de Grand-Prix, Grand-Prix Summum » Maserati V8RI achetée le 19 février 1936 ; blocage à Vintimille en juin 1936 ; jugement du juge de paix de Menton du 10 février 1937 (450 000 francs d’amende) ; transaction à 55 000 francs acceptée le 26 juillet 1937 et soldée le 5 août 1937.

Sources iconographiques

  • ★ PRIMAIRE Photographies d’archive de Philippe Étancelin
    Fonds familial André Étancelin Photographies d’époque de la carrière du pilote, de la famille et de ses voitures.

Accidents et incidents

Sportauto-Heritage.fr – Les chroniques du sport automobile au XXe siècle

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