Circuit de Silverstone : naissance d’un temple de la vitesse (1948-)

En 1948, le Royal Automobile Club loue pour douze mois un aérodrome de bombardiers désaffecté et charge un fermier de tracer un circuit en deux mois. Trois ans plus tard, le site accueille la première course de l’histoire du championnat du monde de Formule 1.

Circuit de Silverstone - vue aérienne
By Planet Labs, Inc. – https://medium.com/planet-stories/a-grand-prix-world-tour-86b08d45ae46, CC BY-SA 4.0, Circuit de Silverstone – vue aérienne – https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=76972982

Les essentiels du circuit de Silverstone

Le 2 octobre 1948, les voitures s’élancent entre des bidons d’huile et des bottes de paille, sur des pistes d’atterrissage balisées à la hâte. Le bail signé par le RAC court sur un an. Rien, ce jour-là, ne garantit que l’épreuve se répétera. Le site n’a ni tribunes permanentes, ni statut officiel, ni passé sportif. Quatre décennies plus tard, en 1987, Silverstone signe un contrat de sept ans pour héberger seul le Grand Prix de Grande-Bretagne. Comment un aérodrome loué pour une saison est-il devenu l’adresse fixe du sport automobile britannique ? La réponse tient à une suite de décisions institutionnelles et de choix de tracé, étalés de 1943 à 2011.



Chronologie détaillée du circuit de Silverstone (1943-2011)

Chronologie : Circuit de Silverstone (1943-2011)
Chronologie
Circuit de Silverstone
1943 – 2011
Légende
Fondation / Changement institutionnel
Première édition
Évolution du tracé
Pivot de rupture
Accident
1943
Ouverture de l’aérodrome RAF Silverstone
Station d’entraînement au bombardement de nuit (No. 17 Operational Training Unit), jusqu’à 54 bombardiers Vickers Wellington. Trois pistes en triangle reliées par une route périphérique.
1948
Premier RAC International Grand Prix sur les pistes
2 octobre. Circuit tracé en deux mois par le fermier James Wilson Brown, balisé aux bidons d’huile et bottes de paille. Victoire de Luigi Villoresi sur Maserati 4CLT/48. Environ 100 000 spectateurs.
1949
Adoption du tracé périmétrique
Abandon des pistes d’atterrissage au profit de la seule route périphérique : 4,649 km, huit virages nommés (Copse, Maggotts, Becketts, Chapel, Stowe, Club, Abbey, Woodcote).
1950
Première course du championnat du monde de Formule 1
13 mai. Première des sept manches de la saison inaugurale. Victoire de Nino Farina sur Alfa Romeo 158, triplé de la marque. Présence du roi George VI, cas unique au Royaume-Uni. Environ 200 000 spectateurs.
1952
Le BRDC reprend le bail du RAC
Le British Racing Drivers’ Club prend la responsabilité du site, qu’il exploitera et modernisera pendant des décennies.
1955
Début de l’alternance avec Aintree
De 1955 à 1963, le Grand Prix de Grande-Bretagne alterne entre Silverstone et le circuit d’Aintree, près de Liverpool.
1964
Alternance avec Brands Hatch
De 1964 à 1986, Silverstone reçoit le Grand Prix les années impaires, Brands Hatch les années paires.
1971
Le BRDC acquiert la pleine propriété du site
Achat du freehold auprès du ministère de la Défense. Silverstone cesse d’être un aérodrome loué pour devenir la propriété d’un club de course.
1973
Carambolage de Woodcote
Accident massif provoqué par Jody Scheckter au premier tour du Grand Prix, le plus gros vu en Formule 1 jusque-là, sans mort à déplorer.
1975
Ajout de la chicane de Woodcote
Une chicane est ajoutée pour ralentir la section, décision consécutive au carambolage de 1973.
1987
Silverstone devient hôte permanent du Grand Prix
La FISA impose un circuit unique par Grand Prix. Brands Hatch est écarté. Silverstone signe un contrat de sept ans (1987-1993), fin de l’alternance de trois décennies.
1991
Première course sur le tracé technique remanié
Refonte de 1990-1991 : passage d’un tracé ultra-rapide à un circuit plus technique. Victoire de Nigel Mansell sur Williams devant son public ; il prend Ayrton Senna sur son ponton dans son tour d’honneur.
2010
Nouvelle section Arena
Reconfiguration dessinée par le cabinet Populous, avec les virages Farm, Village, The Loop et Aintree. Tracé étrenné en 2010.
2011
Ouverture du complexe de stands The Wing
18 mai. Nouveau complexe d’un coût de 27 millions de livres. Le tracé du Grand Prix atteint sa configuration actuelle : 5,891 km et 18 virages, conservant la séquence Maggotts-Becketts-Chapel.

L’aérodrome de bombardiers (1943-1946)

Avant d’être un circuit, Silverstone fut une base aérienne militaire, ouverte au début de 1943 dans le Northamptonshire, à la limite du Buckinghamshire. La Royal Air Force y installe une station d’entraînement au bombardement de nuit, la No. 17 Operational Training Unit. Le site sert alors à former les équipages destinés aux raids nocturnes sur l’Europe occupée.

Une station d’entraînement au bombardement de nuit

La No. 17 Operational Training Unit forme plus de 2 000 personnes pendant la guerre : équipages, instructeurs, personnel de maintenance et auxiliaires de la Women’s Auxiliary Air Force. Jusqu’à 54 bombardiers Vickers Wellington sont basés sur le terrain. Un aérodrome satellite, RAF Turweston, complète le dispositif. L’entraînement de nuit reste l’une des missions les plus périlleuses de l’aviation militaire britannique, et Silverstone en porte la charge quotidienne pendant trois ans.
La guerre terminée, l’activité décline vite. En 1946, la station ferme. L’année suivante, la No. 17 OTU est rebaptisée No. 201 Advanced Flying School et transférée à RAF Swinderby, dans le Lincolnshire. Le terrain du Northamptonshire perd sa fonction militaire et reste à l’abandon, propriété de l’Air Ministry.

Un triangle de pistes qui deviendra un tracé

La géométrie du site est celle de tous les aérodromes de la RAF construits pendant la Seconde Guerre mondiale : trois pistes d’atterrissage disposées en triangle, reliées par une route périphérique. Ce format standard répondait à une contrainte de vent, chaque piste offrant une orientation différente pour les décollages et atterrissages.
Ce dessin militaire ne disparaîtra pas avec la fin de la guerre. Le circuit actuel s’inscrit encore dans le contour de l’ancien aérodrome. Le triangle de pistes servira de support au premier tracé de course en 1948, puis la route périphérique deviendra le circuit permanent à partir de 1949. La forme héritée d’une base de bombardiers dicte encore aujourd’hui une partie du dessin d’un circuit de Formule 1. Silverstone n’a jamais été construit pour l’automobile.


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Deux mois pour tracer un circuit (1948)

L’automobile revient sur le site en 1948, à l’initiative du Royal Automobile Club. Le club prend un bail d’un an sur l’aérodrome, encore sous contrôle de l’Air Ministry, sécurisé au 30 juin 1948 et formellement arrangé en août. La Grande-Bretagne n’a plus organisé de Grand Prix depuis 1927, faute de circuit disponible. Le RAC veut renouer avec l’épreuve, et le terrain désaffecté du Northamptonshire offre l’espace nécessaire.

Le RAC, un bail et un fermier

Le centre du site n’est plus une base aérienne mais une ferme, consacrée aux céréales et à l’élevage de porcs. Le RAC emploie le fermier qui l’exploite, James Wilson Brown, pour tracer le circuit. Brown dispose de deux mois pour transformer les pistes et la route périphérique en parcours de course. Le montage du site commence le jeudi 30 septembre, deux jours avant la course.
Le tracé de 1948 emprunte les deux plus longues pistes d’atterrissage et une grande partie de la route périphérique. Sa longueur atteint environ 3,7 miles, soit près de 5,9 kilomètres, valeur d’époque restée approximative. Le balisage tient du provisoire : bidons d’huile et bottes de paille délimitent la trajectoire. Ce circuit long ne servira qu’une seule fois. Dès l’année suivante, seule la route périphérique sera conservée.

Villoresi sur les pistes d’atterrissage

La course se dispute le 2 octobre 1948, sur 65 tours, sous la nouvelle réglementation de la Formule 1 qui remplace les standards des Grands Prix d’avant-guerre. L’épreuve porte alors un nom précis : RAC International Grand Prix. Elle n’est pas encore le « British Grand Prix » et n’a pas le statut de Grande Épreuve. L’appellation britannique s’appliquera à partir de 1949, puis le statut mondial en 1950. Silverstone 1948 reste le premier Grand Prix britannique de l’après-guerre et le premier disputé sur le site, pas le premier Grand Prix britannique de l’histoire : celui-ci s’était tenu à Brooklands le 7 août 1926.
L’Italien Luigi Villoresi s’impose au volant de sa Maserati 4CLT/48. Il devance son compatriote Alberto Ascari, sur une Maserati 4CLT/48 identique, de quatorze secondes, et signe le meilleur tour en 2 min 52 s 0. La victoire tient à un fil. En course, la fixation du compte-tours de Villoresi cède, l’appareil tombe sous la pédale d’embrayage et la bloque. Villoresi termine la course sans embrayage. Environ 100 000 spectateurs, selon les estimations d’époque, assistent à cette première.


Du bail d’un an au tracé périmétrique (1949)

Dès 1949, l’expérience éphémère de 1948 cède la place à une configuration durable. Le RAC abandonne les pistes d’atterrissage et retient la seule route périphérique de l’ancien aérodrome. Le site est resurfacé, des stands sont aménagés, des talus de terre sont élevés pour accueillir les spectateurs. Le provisoire des bidons d’huile et des bottes de paille laisse place à un circuit organisé.

Copse, Maggotts, Becketts : la naissance d’un vocabulaire

Le tracé périmétrique mesure 4,649 kilomètres, soit 2,889 miles, et compte huit virages. Ces courbes reçoivent des noms qui vont structurer le circuit pendant des décennies : Copse, Maggotts, Becketts, Chapel, Stowe, Club, Abbey et Woodcote. Certains renvoient à des repères géographiques de l’ancien aérodrome, d’autres à des lieux-dits du Northamptonshire.
Ce vocabulaire survivra à toutes les refontes ultérieures. La séquence Maggotts-Becketts-Chapel, en particulier, restera l’une des sections les plus rapides de la Formule 1, conservée jusque dans le tracé actuel. En fixant la route périphérique comme circuit permanent, le RAC ne trace pas seulement un parcours : il installe une géographie que les pilotes nommeront pendant plus de soixante-dix ans. Le circuit tient désormais sur une seule boucle, celle que suivaient autrefois les véhicules de service de la RAF.

Plan du circuit de Silverstone (Royaume-Uni) dans sa configuration de 1949 à 1951.
Plan du circuit de Silverstone (Royaume-Uni) dans sa configuration de 1949 à 1951. By Tom McKay – Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=48187849

13 mai 1950 : la première course du championnat du monde

Deux ans après la course sur les pistes d’atterrissage, Silverstone entre dans l’histoire mondiale du sport automobile. Le 13 mai 1950 s’y dispute une épreuve au nom officiel complet : The Royal Automobile Club Grand Prix d’Europe Incorporating The British Grand Prix. C’est la première course de l’histoire du championnat du monde de Formule 1, la première des sept manches de la saison inaugurale. Dans le décompte du Grand Prix de Grande-Bretagne, il s’agit de la cinquième édition et de la troisième disputée à Silverstone depuis la reprise de 1948.

Le triplé Alfa Romeo et la pole de Farina

La course se joue sur 70 tours. Nino Farina s’impose au volant de sa Alfa Romeo 158, partie de la pole position, en 2 h 13 min 23 s 6, à la moyenne de 146,378 km/h. Ses coéquipiers complètent le podium : Luigi Fagioli termine deuxième, Reg Parnell troisième, tous deux sur des Alfa Romeo 158. Le triplé de la marque milanaise ouvre le championnat.
Farina prolongera cette victoire jusqu’au titre. En novembre, à Monza, il remporte le premier championnat du monde de l’histoire de la Formule 1, devançant Juan Manuel Fangio de trois points. La course inaugurale de Silverstone aura donc sacré le premier champion du monde.

Un souverain régnant sur un circuit

Le 13 mai 1950, la tribune de Silverstone accueille une présence inédite. Le roi George VI, la reine Elizabeth, la princesse Margaret ainsi que Lord et Lady Mountbatten assistent à la course. C’est la seule fois qu’un souverain régnant a assisté à une course automobile au Royaume-Uni. Environ 200 000 spectateurs, selon les estimations d’époque, se pressent autour du circuit. Un aérodrome loué deux ans plus tôt pour douze mois reçoit désormais la couronne britannique et le championnat du monde le même jour.

Les deux Grands Prix fondateurs de Silverstone
Tableau des courses
Les deux Grands Prix fondateurs de Silverstone
Édition Date Vainqueur Voiture Podium (2e, 3e)
RAC International Grand Prix 2 octobre 1948 Luigi Villoresi (Italie) Maserati 4CLT/48 2e Alberto Ascari (Maserati 4CLT/48), à 14 s. 3e non retenu (podium documenté sur les deux premières places).
Grand Prix d’Europe / British Grand Prix (1re manche du championnat du monde) 13 mai 1950 Nino Farina (Italie) Alfa Romeo 158 2e Luigi Fagioli, 3e Reg Parnell (Alfa Romeo 158). Triplé Alfa Romeo.
L’édition 1948 porte le nom officiel de RAC International Grand Prix, sans statut de Grande Épreuve ; il s’agit du premier Grand Prix britannique de l’après-guerre, pas du premier de l’histoire (Brooklands, 1926). L’édition 1950 est la première course de l’histoire du championnat du monde de Formule 1. Affluences d’époque estimées : environ 100 000 spectateurs en 1948, environ 200 000 en 1950.

La rotation des circuits (1952-1986)

Portée par ces deux courses fondatrices, l’institution qui gère Silverstone change de mains en 1952. Le British Racing Drivers’ Club reprend le bail du RAC. Le club de pilotes prend alors la responsabilité d’un site qu’il exploitera et modernisera pendant des décennies. Cette reprise ouvre une longue phase d’ancrage juridique, entrecoupée d’une contrainte majeure : Silverstone doit partager le Grand Prix de Grande-Bretagne.

Départ à Silverstone en 1952 depuis GrandStand
By The late John Gourlay Beatson – Photos were taken by my father personally at the event in 1952, and were scanned by me after he left them to me in his Will. I own the Copyright, CC BY-SA 4.0, Départ à Silverstone en 1952 depuis GrandStand – https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=49085981

Le BRDC prend la main

Le BRDC consolide progressivement son emprise sur le site. En 1966, il crée Silverstone Circuits Limited, une filiale destinée à développer l’exploitation commerciale du circuit. En 1971, il franchit l’étape décisive : il acquiert la pleine propriété du terrain, le freehold, auprès du ministère de la Défense. Silverstone cesse d’être un aérodrome loué pour devenir la propriété d’un club de course.
Cette maîtrise foncière donnera au BRDC les moyens des refontes ultérieures. Sans elle, les investissements lourds des décennies suivantes n’auraient pas été possibles. En vingt-trois ans, le site est passé du bail d’un an de 1948 à la propriété pleine et entière.

Plan du circuit de Silverstone (Royaume-Uni) dans sa configuration de 1975 à 1986.
Plan du circuit de Silverstone (Royaume-Uni) dans sa configuration de 1975 à 1986. By Tom McKay – Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=48187855

Aintree, Brands Hatch et le tour de rôle

La propriété du site ne donne pourtant pas à Silverstone l’exclusivité du Grand Prix. De 1955 à 1963, l’épreuve alterne entre Silverstone et Aintree, près de Liverpool. De 1964 à 1986, elle passe en rotation avec Brands Hatch, dans le Kent : Silverstone reçoit le Grand Prix les années impaires, Brands Hatch les années paires.
Cette alternance impose une nuance historique tenace. Le premier vainqueur britannique du Grand Prix de Grande-Bretagne, Stirling Moss en 1955, s’est imposé à Aintree, pas à Silverstone. Peter Collins offrira à Silverstone une victoire britannique en 1958, sur une Ferrari. Pendant plus de trois décennies, le circuit du Northamptonshire n’aura donc accueilli l’épreuve qu’une année sur deux.

Ronnie Peterson au volant de la JPS Lotus 72E, Grand Prix John Player 1975, circuit de Silverstone, Angleterre.
Ronnie Peterson au volant de la JPS Lotus 72E, Grand Prix John Player 1975, circuit de Silverstone, Angleterre. Ronnie Peterson with JPS Lotus 72E, John Player Grand Prix 1975, Silverstone Circuit, England.

Le circuit permanent et ses métamorphoses (1987-2011)

L’alternance prend fin en 1987. Cette année-là, Silverstone devient l’hôte permanent du Grand Prix de Grande-Bretagne. La FISA impose une politique de contrats de longue durée réservés à un seul circuit par Grand Prix. Brands Hatch est écarté, et Silverstone signe un contrat de sept ans, courant de 1987 à 1993. Le tour de rôle de trois décennies s’achève, et le circuit du Northamptonshire hérite seul de l’épreuve nationale.

1987 : la fin du partage

La décision de la FISA règle une question ouverte depuis 1955. En liant le Grand Prix à un site unique par contrat pluriannuel, elle met fin à la concurrence entre Silverstone et Brands Hatch. Silverstone l’emporte, et le contrat de sept ans installe pour la première fois une garantie de durée. Le bail d’un an de 1948 trouve son terme logique trente-neuf ans plus tard.

Plan du circuit de Silverstone (Royaume-Uni) dans sa configuration de 1989, avec la chicane Woodcote.
Plan du circuit de Silverstone (Royaume-Uni) dans sa configuration de 1989, avec la chicane Woodcote. By Tom McKay – Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=48187858

De la chicane de Woodcote au tracé technique

Le tracé lui-même n’a cessé d’évoluer. En 1975, une chicane est ajoutée à Woodcote pour ralentir cette section. La décision fait suite au carambolage massif provoqué par Jody Scheckter à Woodcote, au premier tour du Grand Prix de 1973, le plus gros accident vu en Formule 1 jusque-là, sans mort à déplorer.
La refonte la plus profonde intervient entre les éditions 1990 et 1991. Silverstone passe d’un tracé ultra-rapide, dont les virages se négociaient en quatrième ou en cinquième, à un circuit plus technique. Les ingénieurs modifient Maggotts, Becketts et Chapel en une séquence gauche-droite-gauche-droite-gauche, élargissent le rayon de Copse et ajoutent plusieurs virages : Bridge, Priory, Brooklands et Luffield après Abbey, ainsi que Vale entre Stowe et Club. Nigel Mansell remporte la première course sur ce tracé remanié, au volant de sa Williams, devant son public. Dans son tour d’honneur, il prend Ayrton Senna sur son ponton, la McLaren du Brésilien étant tombée en panne d’essence au dernier tour.

Plan du circuit de Silverstone (Royaume-Uni) dans sa configuration de 1991 à 1993.
Plan du circuit de Silverstone (Royaume-Uni) dans sa configuration de 1991 à 1993.By Tom McKay – Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=48187859

Arena et The Wing : le circuit du XXIe siècle

Les évolutions se poursuivent au XXIe siècle. En 2010, le circuit étrenne la section Arena, dessinée par le cabinet Populous, avec les virages Farm, Village, The Loop et Aintree. L’année suivante, le 18 mai 2011, Silverstone inaugure The Wing, un nouveau complexe de stands d’un coût de 27 millions de livres. Le tracé du Grand Prix atteint alors sa configuration actuelle : 5,891 kilomètres et 18 virages, qui conservent la séquence rapide Maggotts-Becketts-Chapel.

version mise à jour du circuit de Silverstone 2011
version mise à jour du circuit de Silverstone 2011 By Antoine266 – Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=97517203

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Ce que Silverstone révèle

Aucune décision, en 1948, ne destinait Silverstone à la permanence. Le RAC cherchait un terrain libre pour rendre à la Grande-Bretagne un Grand Prix disparu depuis 1927. Il en trouva un dans un aérodrome désaffecté, le loua pour douze mois et confia le tracé à son fermier. La course du 2 octobre fut une opération ponctuelle, montée en deux mois, balisée avec les moyens du bord.

La permanence est venue ensuite, par étapes que personne n’avait planifiées d’un seul tenant. Le retour de l’épreuve en 1949, l’entrée dans le championnat du monde en 1950, la reprise du bail par le BRDC en 1952, l’achat du terrain en 1971, le contrat imposé par la FISA en 1987 : chaque décision a ajouté une garantie de durée à un site qui n’en offrait aucune au départ. Le contrat de sept ans de 1987 a scellé ce que le bail d’un an de 1948 laissait entièrement ouvert.
Dans cette trajectoire, la géographie de l’aérodrome n’a jamais disparu. La route périphérique qu’empruntaient les véhicules de la RAF est devenue le circuit de 1949, et la séquence Maggotts-Becketts-Chapel qu’elle dessinait se court encore aujourd’hui. Le vocabulaire fixé en 1949 a survécu à toutes les refontes. Silverstone n’a pas remplacé son passé militaire, il l’a recouvert sans l’effacer. En 1971, le British Racing Drivers’ Club a acquis la pleine propriété d’un terrain que l’Air Ministry avait loué pour un an en 1948.


★ PRIMAIRE Presse d’époque, résultats officiels, organisateurs SEC. Encyclopédie, monographie, base de données LACUNE Archive non consultée, donnée manquante

Sources primaires de l’événement

Contexte réglementaire et institutionnel

Résultats, chronologie et évolution du tracé

Contexte historique avant Silverstone

Lacunes documentaires

  • LACUNE Archives Silverstone / ouvrage Meredith et Blackwell, « Silverstone’s First Grand Prix: 1948 the Race on the Runways » Longueur exacte au mètre et nombre précis de virages du tracé 1948 (configuration sur les pistes d’atterrissage), donnée seulement approximative dans les sources en ligne.
  • LACUNE StatsF1 / archives du British Grand Prix Liste année par année des vainqueurs des éditions disputées à Silverstone entre 1950 et 1987, hors périmètre de l’angle et non compilée en P1.
  • LACUNE Archives BRDC Coût chiffré de la refonte du tracé entre les éditions 1990 et 1991, non trouvé dans les sources consultées.
  • LACUNE Archives RAC / BRDC Montant financier du bail conclu par le RAC en 1948 (durée d’un an confirmée, montant inconnu).

Sportauto-Heritage.fr – Les chroniques du Sport Automobile au XXe Siècle

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