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Slipstreaming: maîtrise de l’aspiration

Le slipstreaming, ou aspiration, consiste à se placer dans le sillage de basse pression d’une voiture lancée à pleine vitesse. L’air y étant déjà écarté, la traînée du suiveur diminue et il gagne en vitesse sans solliciter davantage son moteur. Junior Johnson en révèle l’avantage compétitif aux 500 miles de Daytona 1960.

Grand Prix de France Historique - Masters Endurance Legends – Ferrari 458 GT3 – 2012
Grand Prix de France Historique – Masters Endurance Legends – Ferrari 458 GT3 – 2012


Les essentiels du slipstreaming

Aérodynamique de course : années 1960-1970

Le slipstreaming, ou aspiration, consiste à se placer juste derrière une voiture lancée à pleine vitesse pour rouler dans son sillage de basse pression, là où l’air oppose moins de résistance, et gagner de la vitesse sans solliciter davantage le moteur.

Synonymes : aspiration (français), drafting (NASCAR), tow (Formule 1).


Les données techniques du slipstreaming

Mécanisme physique

Une voiture lancée à grande vitesse comprime l’air devant elle et laisse derrière elle une zone de basse pression, un sillage turbulent où l’air a déjà été écarté. La voiture qui suit de près pénètre cette zone : l’air y est moins dense, sa traînée aérodynamique, la force qui s’oppose à l’avancement, diminue. À puissance moteur égale, elle accélère davantage ou consomme moins pour la même vitesse. L’effet atteint son maximum quand l’écart reste très court, de l’ordre d’un quart de longueur de voiture. La contrepartie tient à ce même sillage : turbulent, il prive le suiveur d’appui aérodynamique dès qu’il aborde un virage.

Source : Wikipedia (Drafting, aerodynamics) ; Catesby Projects (analyse CFD) ; Raceteq.


Les chiffres clés du slipstreaming

0,24

Cx suiveuse dans le sillage (0,59 en air libre)

Étude CFD NASCAR (estimé)

< 0,25

Écart x/L pour l’effet maximal

Étude CFD NASCAR (estimé)

+10 à 20 km/h

Gain en ligne droite en Formule 1 (avec DRS)

Presse de vulgarisation (estimé)

362 km/h

Pointe Porsche 917 LH, Mulsanne 1971

Wikipedia, Mulsanne (estimé)


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Les points marquants du slipstreaming

Contextes d’observation

NASCAR 1960 Drafting

1960 : Junior Johnson remporte Daytona 500 : la puissance du drafting révélée

Aux 500 miles de Daytona 1960, Junior Johnson met en évidence l’avantage compétitif du drafting. Sa Chevrolet accuse environ 35 km/h de moins que les voitures les plus rapides. En se calant dans leur sillage, il gagne assez de vitesse pour remporter la course malgré son déficit de puissance. La technique se généralise ensuite en stock-car.

Source : Wikipedia (Drafting) ; NASCAR.com.

Formule 1 Monza 1969-1971

1969-1971 : Monza, capitale de l’aspiration : cinq voitures en 0,61 s en 1971

Avant les ailerons et les chicanes, Monza était le théâtre des batailles d’aspiration. En 1969, Jackie Stewart l’emporte au terme d’une arrivée groupée de quatre voitures. En 1971, Peter Gethin (BRM) devance Ronnie Peterson de 0,01 seconde, les cinq premiers tenant en 0,61 seconde : l’arrivée la plus serrée de l’histoire de la Formule 1, à 242,615 km/h de moyenne.

Source : Motor Sport Magazine ; Wikipedia (1971 Italian Grand Prix).

Endurance Le Mans, Hunaudières

1967-1990 : La Mulsanne, terrain d’aspiration majeur : 362 km/h pour la Porsche 917 LH

La ligne droite des Hunaudières, longue d’environ 6 km avant l’ajout des chicanes en 1990, était la plus longue ligne droite d’un circuit au monde et un terrain d’aspiration majeur. Les pointes y atteignaient 362 km/h pour la Porsche 917 LH en 1971, après 343 km/h pour une Ford en 1967.

Source : 24h-lemans.com ; Wikipedia (Mulsanne Straight).


L’idée reçue sur le slipstreaming

À ne pas confondre

Slipstream et air sale (dirty air) désignent le même sillage, mais produisent des effets opposés selon la phase de piste. En ligne droite, suivre de près réduit la traînée et fait gagner de la vitesse. En virage, ce même air turbulent prive la voiture suiveuse de son appui aérodynamique et dégrade sa tenue de route. L’avantage en ligne droite et le handicap en courbe sont les deux faces d’un seul phénomène.

Sportauto-Heritage.fr - GPAO - 2L Cup - 40 gros freinage
Sportauto-Heritage.fr – GPAO – 2L Cup – Perte d’adhérence dans Dirty Air

Pourquoi ça compte

Avant les ailerons, la vitesse de pointe décidait des courses, et l’aspiration en était l’arme principale. Monza et Reims devaient leurs arrivées en peloton à cette physique : le suiveur conservait l’avantage pour porter l’attaque dans le dernier tour. L’appui aérodynamique, apparu à la fin des années 1960, a déplacé le terrain décisif vers les virages, là où le sillage devient un handicap. Les chicanes installées à Monza pour 1972 ont scellé la fin de ces trains de voitures. Le slipstreaming raconte ce basculement précis : le moment où l’air a cessé d’être un simple frein en ligne droite pour devenir une ressource à gérer en courbe.


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Sources

Sources


Sportauto-Heritage.fr – Les chroniques du Sport Automobile au XXe Siècle

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