FERRARI 250 LM
Conçue par Mauro Forghieri en 1963 sur la mécanique de la 250 P, refusée en GT par la FIA pour production insuffisante, puis confiée aux équipes privées, la 250 LM a offert à Ferrari sa dernière victoire aux 24 Heures du Mans du vivant d’Enzo.

Les essentiels de la Ferrari 250 LM
En octobre 1963, Ferrari présente au Salon de Paris une berlinette fermée à moteur central arrière : Mauro Forghieri a transposé l’architecture de la 250 P, prototype vainqueur à Le Mans quatre mois plus tôt, dans un habillage censé ouvrir à Ferrari la catégorie GT. La FIA refuse en avril 1964 : le seuil de cent exemplaires en douze mois n’est pas atteint. Enzo Ferrari abandonne le programme usine et cède les trente-deux châssis aux équipes privées. C’est la North American Racing Team de Luigi Chinetti qui donne à la 250 LM son fait d’armes le plus grand : les 24 Heures du Mans 1965, Masten Gregory et Jochen Rindt vainqueurs en 348 tours avec cinq tours d’avance. La même saison, des 250 LM privées s’adjugent le Gold Star australien et le championnat d’Italie de côte. Le châssis #5893 est adjugé trente-cinq millions de dollars aux enchères en février 2025.
La Ferrari 250 LM – Audio de 6 minutes pour tout comprendre
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Fiche technique – Ferrari 250 LM (1963-1965)
| Champ | Valeur |
|---|---|
| DESIGNATION | Ferrari 250 LM (1963-1965) |
| MOTORISATION | V12 Colombo à 60°, central arrière longitudinal, 3 285,72 cm³ (alésage 77 mm x course 58,8 mm), 6 carburateurs Weber 38/40 DCN |
| PUISSANCE | Tipo 211 (majorité des châssis) : environ 320 ch à 7 500 tr/min / Tipo 210 : environ 310 ch à 7 500 tr/min – estimations sources secondaires, puissance officielle non publiée par Ferrari |
| BOITE DE VITESSES | Manuelle 5 rapports, propulsion arrière |
| CHASSIS | Tipo 577, tubulaire acier, tubes diagonaux renforcés autour du cockpit |
| EMPATTEMENT | 2 400 mm |
| VOIE AV / AR | 1 350 mm / 1 340 mm |
| POIDS | 820 kg à sec (ferrari.com, source unique) ; 850 à 900 kg en ordre de marche selon motorsdb.com et conceptcarz.com |
| FREINS | Disques Dunlop aux 4 roues : AV outboard 303 mm, AR inboard 308 mm (supercarnostalgia.com, à recouper) |
| SUSPENSIONS | Doubles triangles inégaux AV et AR, ressorts hélicoïdaux, amortisseurs télescopiques Koni, barres anti-roulis |
| CARROSSERIE | Berlinette fermée aluminium, Scaglietti sur étude aérodynamique Pininfarina |
| CHASSIS PRODUITS | 32 (1963-1965) |
| SAISONS ENGAGEES | 1964-1966 (catégorie Groupe 4 Sports Car en 1966) |
| PALMARES CONSTRUCTEUR | Contribution au titre International Trophy for GT Prototypes 1965 (supercars.net, source unique) |
| PALMARES PILOTES | Spencer Martin : Gold Star australien 1965 (8 victoires) ; Edoardo Lualdi-Gabardi : champion d’Italie de côte 1965 (8 victoires) |
| VICTOIRES MAJEURES | 1er Le Mans 1965 (Gregory/Rindt, NART, châssis #5893) ; 1er et 2e 12 Heures de Reims 1964 ; doublet Spa 500 km 1965 ; triplé GP Mugello 1965 ; environ 10 victoires en 1964 sur 35 engagements (supercars.net, à recouper) |
| PILOTES PRINCIPAUX | Masten Gregory, Jochen Rindt, Graham Hill, Jo Bonnier, John Surtees, Lorenzo Bandini, David Piper, Lucien Bianchi, Pierre Dumay, Spencer Martin |
De la 250 P à la 250 LM : une berlinette conçue pour changer de catégorie
En mars 1963 à Genève, Ferrari présente la 250 P : un prototype à moteur central arrière qui rompt avec deux décennies de motorisation avant à Maranello. Quatre mois plus tard, à Le Mans, la 250 P de John Surtees et Ludovico Scarfiotti remporte les 24 Heures. Mauro Forghieri, directeur technique de Maranello depuis 1961, reçoit la commande de transposer cette architecture dans une carrosserie homologable en catégorie Groupe 3 GT. Il a trente ans et supervise à la fois le programme Formule 1 et les prototypes. La 250 LM est son projet d’adaptation : il part de la 250 P validée par la course, sans chercher à réinventer la machine.

La solution retenue est la berlinette fermée. La position moteur est conservée à l’identique : centrale arrière, longitudinale. Le châssis Tipo 577, à tubes d’acier avec longerons bas et renforts diagonaux autour du cockpit, reprend les principes structurels du prototype. Sous l’enveloppe de berlinette, le châssis et la mécanique sont ceux de la 250 P.
La carrosserie est confiée à Sergio Scaglietti, carrossier habituel de Maranello, sur une étude aérodynamique de Pininfarina. Pininfarina définit les formes, Scaglietti les réalise en aluminium sur le châssis tubulaire. Le résultat est une silhouette à ligne de toit fuyante, vitre arrière inclinée, prises d’air latérales pour le refroidissement du moteur central. Trente-deux châssis seront construits entre 1963 et 1965.

L’anatomie d’une machine entre deux mondes
Présentée comme berlinette, la 250 LM n’en partage que la silhouette. Sous la carrosserie aluminium de Scaglietti, les choix techniques renvoient aux prototypes : les freins inboard à l’arrière, le V12 en position centrale arrière. La carrosserie fermée est la seule concession à l’homologation GT envisagée.
Le châssis Tipo 577
Le châssis porte la désignation interne Tipo 577. C’est une structure à treillis tubulaire en acier, selon le principe qui équipe l’ensemble des Ferrari de course de l’époque. Les tubes diagonaux sont renforcés autour du cockpit, zone de contrainte prioritaire en cas de tonneau ou d’impact latéral. Les longerons sont bas, ce qui abaisse le centre de gravité sans recourir à des matériaux composites, encore absents du vocabulaire de Maranello en 1963. La carrosserie en aluminium est légère, mais le poids total reste disputé de 820 kg à sec, à 850 – 900 kg en ordre de marche selon les sources.

Le V12 Colombo en position centrale
Le moteur est le V12 Colombo à 60°, un bloc dont les origines remontent au dessin de Gioacchino Colombo pour Ferrari à la fin des années 1940, et qui a évolué à travers chaque génération de machines de Maranello. Deux variantes ont équipé les trente-deux châssis : le Tipo 211, reçu par environ deux tiers d’entre eux, et le Tipo 210. Ferrari n’a jamais publié de chiffres officiels de puissance : toutes les valeurs disponibles, de 270 à 320 ch selon les configurations, sont des estimations de sources secondaires. La répartition par châssis individuel relève des registres Ferrari Classiche.

Freins et suspensions : héritage prototype
Le système de freinage est directement issu du monde des prototypes. Les disques Dunlop sont montés outboard à l’avant et inboard à l’arrière. Le frein inboard nécessite des demi-arbres renforcés pour transmettre les efforts de freinage et réduit les masses non suspendues sur l’essieu arrière : un avantage cinématique acquis au prix d’une complexité mécanique accrue.

Les suspensions comprennent des doubles triangles inégaux aux quatre roues, avec amortisseurs télescopiques Koni et barres anti-roulis. La géométrie en doubles triangles permet de contrôler l’évolution du carrossage en virage, une exigence fondamentale sur les circuits de vitesse comme Le Mans ou Reims.
Le refus de la FIA : une berlinette sans catégorie
La demande d’homologation que Ferrari avait déposée pour la 250 LM en catégorie Groupe 3 GT repose sur une condition simple : cent exemplaires produits en douze mois. Au printemps 1964, la production n’a pas atteint ce seuil. Ferrari a construit une vingtaine de châssis depuis la présentation de la voiture au Salon de Paris en octobre 1963. La FIA examine le dossier en avril 1964 et rend son verdict : refus.

Le refus n’est pas une surprise technique mais une décision arithmétique. Le règlement Groupe 3 est clair sur le nombre d’exemplaires requis, et Ferrari n’a pas la capacité industrielle de produire cent voitures de course en un an tout en maintenant ses programmes Formule 1 et prototype. La 250 LM a été conçue pour une catégorie à laquelle elle ne peut pas appartenir.
La réaction d’Enzo Ferrari est rapide. Il ne conteste pas la décision de la FIA et n’engage pas son usine dans une tentative de production accélérée. Il retire Maranello du programme et cède les châssis restants aux équipes qui souhaitent les acquérir. Cette décision est à la fois pragmatique et stratégique : Ferrari concentre ses ressources sur le programme Formule 1 et sur les prototypes pur-sang (la 330 P), et laisse la 250 LM vivre sa vie sportive sans le soutien de l’usine.
La conséquence immédiate est réglementaire : la 250 LM est engagée en catégorie Prototype jusqu’en 1966, puis en Groupe 4 Sports Car pour la saison 1966. Elle court donc non plus contre les GT contemporaines mais contre des prototypes construits explicitement pour la compétition. Cette position est paradoxale : la 250 LM a été conçue pour dominer la catégorie GT, et c’est dans la catégorie Prototype, face à des machines plus récentes et mieux financées, qu’elle va inscrire ses victoires les plus importantes.
L’ironie de la situation n’échappe pas aux contemporains : la voiture que la FIA a refusée comme GT parce qu’elle ressemblait trop peu à une voiture de route va battre, en prototype, les machines que Ford et Ferrari avaient construites pour dominer exactement cette catégorie.

Les équipes qui acquièrent des châssis 250 LM à partir de 1964 sont : Maranello Concessionaires en Grande-Bretagne, l’Ecurie Francorchamps en Belgique, la North American Racing Team de Luigi Chinetti aux Etats-Unis, la Scuderia Filipinetti en Suisse. Ces quatre structures écriront le palmarès de la 250 LM.
1964 : une saison de victoires en marge
La 250 LM entre en compétition à partir de 1964, entre les mains d’équipes privées que Maranello n’encadre plus directement. Refusée en GT, courant en prototype malgré elle, elle accumule les résultats dans une catégorie où elle n’était pas censée se battre.
Les 12 Heures de Reims, le 7 juillet 1964, donnent d’emblée la mesure de la voiture. Graham Hill et Jo Bonnier remportent l’épreuve pour Maranello Concessionaires, devant John Surtees et Lorenzo Bandini sur la 250 LM engagée par la NART : doublet complet sur le même modèle, par deux équipes distinctes. Le circuit de Reims est une piste de vitesse exigeante, portée sur les longs développements à haute vitesse et la fiabilité du moteur, deux domaines où le V12 Colombo en position centrale s’exprime sans contrainte.

Le même mois, en Angola, les 250 LM de l’Ecurie Francorchamps s’imposent en triplé avec Willy Mairesse et ses équipiers. David Piper, pilote anglais engagé sur sa propre voiture avec Maranello Concessionaires, inscrit plusieurs victoires en Grande-Bretagne et en Afrique du Sud, notamment au Kyalami 9 Heures avec Tony Maggs. Lucien Bianchi gagne à Zolder pour l’Ecurie Francorchamps. Aux Etats-Unis, Walt Hansgen et Augie Pabst remportent le Road America 500 pour la NART. En Italie, Nino Vaccarella s’impose à la Coppa Inter-Europa de Monza pour la Scuderia Filipinetti. En Suisse, Ludovico Scarfiotti gagne la côte de Sierre-Montana, également sous les couleurs de Filipinetti. Roy Salvadori remporte le Scott-Brown Memorial à Snetterton pour Maranello Concessionaires.
Le premier engagement de la 250 LM aux 24 Heures du Mans, en juin 1964, donne un résultat plus modeste : Pierre Dumay et Gérald Langlois von Ophem terminent à la seizième place. Ce n’est pas une performance de premier plan, mais la voiture termine, une donnée essentielle pour évaluer sa fiabilité sur la distance la plus longue.

Le bilan de la saison 1964 se résume à environ dix victoires sur trente-cinq engagements selon supercars.net, source unique sur ce décompte. Au moins huit victoires individuelles sont identifiables dans les sources consultées : Reims, Zolder, Snetterton, Road America, Coppa Inter-Europa à Monza, Sierre-Montana, Kyalami, et le triplé en Angola.
Le Mans 1965 : la victoire des équipes privées
La 24e édition des 24 Heures du Mans, en juin 1965, voit s’affronter les prototypes de Ford et Ferrari dans ce qui est déjà présenté comme un duel industriel. Ford a engagé ses GT40 dans l’espoir d’un premier succès américain au Mans. Ferrari aligne ses 330 P2, machines d’usine financées et préparées par Maranello. Dans ce contexte, les 250 LM engagées par des équipes privées n’apparaissent pas comme les candidates à la victoire les plus probables.
L’équipe de Luigi Chinetti, la North American Racing Team, a confié le châssis #5893 numéro 21 à Masten Gregory et Jochen Rindt. Gregory est un Américain de Kansas City, pilote expérimenté à défaut d’être régulier, capable d’endurance et d’adaptation aux conditions changeantes. Rindt est un Autrichien de vingt-deux ans, encore peu connu au niveau international mais dont la vitesse est déjà remarquée. Ni l’un ni l’autre ne figure parmi les pilotes d’usine que les favoris ont alignés.
La course apporte ce que Le Mans sait produire : une nuit de retournements, d’abandons mécaniques, de décisions tactiques qui font et défont les classements. Les Ford GT40 et les Ferrari 330 P2 rencontrent des difficultés. Gregory et Rindt, sur leur 250 LM, avancent sans forcer les allures, en respectant les limites de leur machine.

Un épisode particulier marque la nuit. Selon l’enquête publiée en octobre 2020 par Motor Sport Magazine à partir des archives ACO (Journal de Course, relevés horaires, feuilles de chrono individuelles), Gregory, gêné par la brume nocturne, rentre aux stands. Rindt n’est pas disponible immédiatement. Ed Hugus, pilote américain présent au Mans pour conduire une autre Ferrari non qualifiée, prend le volant sans informer les commissaires. Les archives ACO consultées par le magazine ne font jamais apparaître Hugus dans les relevés officiels. Son intervention n’est pas homologuée. Le scénario est documenté par une enquête sérieuse sur archives de première main, sans être définitivement établi faute d’accès direct aux documents originaux de l’ACO.
Gregory et Rindt franchissent la ligne d’arrivée en tête après 348 tours et cinq tours d’avance. Le deuxième est également une 250 LM : celle de Pierre Dumay et Gustave Gosselin, engagée par l’Ecurie Francorchamps. Doublet 250 LM aux 24 Heures du Mans 1965.

C’est la dernière victoire de Ferrari aux 24 Heures du Mans du vivant d’Enzo Ferrari, acquise par une équipe américaine privée, sur une voiture que la FIA avait refusé d’homologuer, dans une catégorie que cette voiture n’avait jamais été autorisée à intégrer.
1965-1966 et la diffusion mondiale
La victoire au Mans n’est pas le seul titre 1965 inscrit au nom d’une 250 LM. La même saison, sur deux continents, des pilotes sur le même modèle construisent des palmarès complets dans leurs championnats nationaux respectifs.
En Australie, Spencer Martin engage une 250 LM dans le Gold Star, le championnat de vitesse australien qui réunit l’élite locale sur des circuits permanents. Martin remporte huit épreuves du championnat et s’adjuge le titre 1965. En Italie, Edoardo Lualdi-Gabardi inscrit huit victoires sur les routes de côte du championnat national et décroche le titre de champion d’Italie de côte 1965. Les deux champions travaillent sur des voitures acquises auprès des revendeurs.
Sur les circuits européens, la 250 LM confirme ses qualités en vitesse pure. Les 500 km de Spa-Francorchamps 1965 voient les 250 LM prendre les deux premières places, un doublet sur le circuit belge reconnu comme l’un des plus rapides et des plus exigeants du calendrier. Le Grand Prix de Mugello 1965, épreuve ouverte aux prototypes et aux GT, se conclut par un triplé 250 LM : trois voitures du même modèle sur les trois premières marches du podium.

La saison 1966 voit la 250 LM engagée dans une configuration réglementaire différente : le règlement FIA crée le Groupe 4 Sports Car, et la voiture y trouve une place correspondant à sa production de trente-deux exemplaires. David Piper, pilote anglais qui suit la 250 LM depuis ses débuts en 1964, reste l’un des engageants les plus réguliers. Il continue à courir sur sa voiture dans plusieurs compétitions européennes, sans rechercher un programme structuré mais en tirant de la 250 LM ce qu’elle peut encore offrir.
Ce que dessine cette diffusion internationale entre 1964 et 1966 est une forme de vie sportive décentralisée, à l’opposé du modèle industriel que Ford ou l’usine Ferrari représentent. La 250 LM vit à travers ses propriétaires. Ses victoires viennent d’Australie et d’Italie, sur des circuits que Maranello ne suit pas, et de Belgique, où aucun ingénieur de Maranello n’est présent dans les stands. Cette autonomie est le résultat direct du refus de la FIA en 1964 : en abandonnant le programme, Ferrari a libéré la voiture.
L’héritage de la 250 LM
La 250 LM n’a pas produit une génération de voitures directement dérivées d’elle. Ferrari n’a pas lancé de programme GT à moteur central dans les années qui ont suivi. Pourtant, la machine de Forghieri a ouvert quelque chose que Maranello n’a plus fermé : la berlinette fermée à moteur central arrière comme forme définitive de la Ferrari de compétition.

Première Ferrari de série à moteur central
La 250 P, en 1963, avait été la première Ferrari à moteur central à remporter Le Mans, mais c’était un prototype en exemplaire unique, courant sous la seule bannière de l’usine. La 250 LM est autre chose : une berlinette de compétition construite en trente-deux châssis, destinée aux équipes clientes, courant sur la plupart des circuits du calendrier international.
C’est donc la première Ferrari de compétition en série à adopter la configuration moteur central arrière. La 250 P avait été la première Ferrari à moteur central : la 250 LM est la première à diffuser cette architecture dans une production destinée aux clients. Des pilotes privés, sur trois continents, courent en 1964 et 1965 avec une berlinette à moteur central arrière, avant que cette configuration ne s’impose dans les sportives de route des grands constructeurs.

La Ferrari Dino 206 GT de 1967, première Ferrari de route à moteur central, doit plus à l’expérience de la 250 LM que la chronologie ne le suggère. L’expérience accumulée sur les trente-deux châssis de course, sur la thermique du moteur en position centrale, sur les compromis entre habitabilité et refroidissement moteur, a alimenté la réflexion de Maranello pour sa berlinette de route.
Parmi les trente-deux châssis produits, un seul n’a jamais couru : le #6025, construit par Pininfarina comme berlinette de route, intérieur cuir rouge et vitres électriques. Les propriétaires successifs de chaque châssis et leur état actuel relèvent des registres Ferrari Classiche et de Cavallino Magazine.
Conclusion : une victoire que personne n’avait commandée
En 1965, le sport automobile international est organisé autour des programmes d’usine. Ford a mobilisé les ressources de Dearborn pour amener ses GT40 à Le Mans. Ferrari a construit ses 330 P2 pour gagner en prototype. Dans ce contexte, la 250 LM que Chinetti a confiée à Gregory et Rindt occupe un rôle que personne à Maranello n’avait prévu : une voiture abandonnée, courant hors catégorie, finit par l’emporter.
Les 24 Heures du Mans 1965 donnent la réponse que cette voiture appelle depuis son refus de la FIA. Les GT40 de Ford et les 330 P2 de Maranello tombent en panne avant la fin. Gregory et Rindt couvrent 348 tours en respectant les limites de leur machine. La 250 LM gagne parce qu’elle tient, dans une course où les projets les mieux financés n’ont pas tenu.

Ferrari n’a plus gagné Le Mans du vivant d’Enzo Ferrari. Le châssis #5893 est adjugé trente-cinq millions de dollars aux enchères en février 2025, soixante ans après la victoire au Mans pour le compte d’une équipe que Maranello n’avait pas mandatée. Et le châssis #6053, ici en photos, sera vendu à plus de 20 millions de dollars la même année.


Sources
Données techniques et versions
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SEC.
Motorsport Database — Ferrari 250 LM fiche technique
www.motorsdb.com/fiche-technique/auto/51662/Ferrari-250-LM-1963-1966 Cylindrée exacte (3 285,72 cm³), alésage (77 mm) et course (58,8 mm), boîte 5 rapports, voies AV/AR (1 350/1 340 mm), empattement (2 400 mm), taux de compression 9,7:1. -
SEC.
Ferrari.com — Ferrari 250 LM (fiche officielle)
www.ferrari.com/en-EN/auto/250-lm Empattement 2 400 mm, voies AV/AR, poids à sec 820 kg (source unique sur ce chiffre), hauteur 1 115 mm (source unique). Présentation au Salon de Paris d’octobre 1963 confirmée. -
SEC.
SB Race Engineering — Ferrari 250 LM technical overview
www.sbraceengineering.co.uk/ferrari-specialists/ferrari-models-1960-to-1969/ferrari-250-lm/ Variantes Tipo 210 et Tipo 211 : taux de compression respectifs (9,5:1 et 9,7:1), estimations de puissance (310 et 320 ch à 7 500 tr/min), description du comportement différencié des deux versions. -
SEC.
SuperCar Nostalgia — Ferrari 250 LM
www.supercarnostalgia.com/blog/ferrari-250-lm Freins Dunlop : dimensions AV outboard 303 mm, AR inboard 308 mm ; demi-arbres renforcés pour freins arrière inboard. Châssis Tipo 577, structure tubulaire acier, renforts cockpit. -
SEC.
ConceptCarz — Ferrari 250 LM
www.conceptcarz.com/vehicle/z11847/ferrari-250-lm.aspx 32 châssis produits (concordant avec supercars.net), empattement et voies, poids en ordre de marche 850-900 kg. Châssis #6025 (berlinette de route Pininfarina, unique exemplaire non-compétitif). - LACUNE Répartition Tipo 210 / Tipo 211 par châssis individuel Non documentée dans les sources consultées. Consulter les registres Ferrari Classiche (Maranello) ou Cavallino Magazine (registre de référence des 250 LM).
- LACUNE Poids à sec officiel (homologation FIA 1963-1964) Le chiffre 820 kg (ferrari.com) n’est pas recoupé. Consulter les fiches d’homologation FIA de la période 1963-1964 pour le poids minimum réglementaire.
- LACUNE Dimensions exactes des disques Dunlop (AV 303 mm / AR 308 mm) Source unique : supercarnostalgia.com. Recoupement conseillé avec la presse technique d’époque : Autocar et Autosport (1964-1965).
Palmarès et résultats
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★ PRIMAIRE
Motor Sport Magazine — enquête archives ACO, Le Mans 1965 (octobre 2020)
www.motorsportmagazine.com/archive/article/october-2020/78/the-mystery-of-the-third-man-in-rindt-gregorys-le-mans-1965-win/ Consultation des archives ACO primaires (Journal de Course, relevés horaires, feuilles de chrono individuelles) pour l’affaire Ed Hugus. Conclusion : Hugus n’apparaît jamais dans les relevés officiels. Enquête de première main sur archive, source de référence sur cet épisode. -
★ PRIMAIRE
Ferrari.com — Le Mans 1965, victoire Ferrari
www.ferrari.com/en-EN/magazine/articles/ferraris-heroic-1965-victory-at-le-mans Confirmation de la victoire Gregory/Rindt (NART, châssis #5893, numéro 21) aux 24 Heures du Mans 1965. Source constructeur. -
★ PRIMAIRE
24h-lemans.com — Ferrari aux 24 Heures du Mans 1960-1965
www.24h-lemans.com/en/news/ferrari-at-the-24-hours-of-le-mans-1960-1965-6-6 Résultats officiels ACO : victoire 1965, doublet 250 LM (1er Gregory/Rindt, 2e Dumay/Gosselin). Classement Le Mans 1964 (16e Dumay/Langlois von Ophem). -
SEC.
Supercars.net — Ferrari 250 LM, palmarès et statistiques
www.supercars.net/blog/ferrari-250-lm Environ 10 victoires sur 35 engagements en 1964 (source unique, à recouper), Spencer Martin/Gold Star australien 1965 (8 victoires), Lualdi-Gabardi/Italie de côte 1965 (8 victoires), doublet Spa 1965, triplé Mugello 1965. Engagements 1966 de David Piper. -
SEC.
Rossoautomobili — Ferrari 250 LM, the last prancing horse to win Le Mans
www.rossoautomobili.com/blogs/magazine/ferrari-250-lm-the-last-ferrari-win-at-le-mans Pilotes par saison : Lucien Bianchi (Zolder), Roy Salvadori (Snetterton), Walt Hansgen/Augie Pabst (Road America), Nino Vaccarella (Coppa Inter-Europa Monza), Ludovico Scarfiotti (Sierre-Montana), David Piper/Tony Maggs (Kyalami), Willy Mairesse (Angola triplé). -
SEC.
Wikipedia — 12 Hours of Reims 1964
en.wikipedia.org/wiki/1964_12_Hours_of_Reims Date confirmée (7 juillet 1964), résultats : 1er Hill/Bonnier (Maranello Concessionaires), 2e Surtees/Bandini (NART). Doublet 250 LM établi. -
SEC.
Diecast.org — Ferrari 250 LM 1965 Le Mans winner
www.diecast.org/community/1_43/ferrari-250-lm-1965-le-mans-winner 348 tours parcourus, 5 tours d’avance à l’arrivée. - LACUNE Affaire Ed Hugus : archives ACO primaires L’enquête Motor Sport Magazine (oct. 2020) a consulté des archives ACO, mais l’accès direct aux documents originaux (Journal de Course complet, feuilles de chrono individuelles) n’a pas été possible. L’ACO (Automobile Club de l’Ouest) est l’archive compétente pour établir définitivement si Hugus a ou non conduit la #5893.
- LACUNE Décompte exhaustif des victoires et engagements 1964 Supercars.net cite 10 victoires sur 35 engagements en 1964 : source unique, non recoupée. Consulter Motorsport Reference ou Racing Reference pour le décompte exhaustif épreuve par épreuve.
Innovations et héritage
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SEC.
Sportscarbible — Ferrari 250 LM / 275 LM
www.sportscarbible.com/ferrari/ferrari-250-lm/ferrari-250-lm.html Confirmation que la désignation « 275 LM » est informelle et journalistique : Ferrari n’a jamais renommé le modèle. Cylindrée 3 285 cm³ équipant tous les châssis depuis l’origine. -
SEC.
Petrolicious — The unconfirmed true story of Ferrari’s last Le Mans win
www.petrolicious.com/blogs/articles/the-unconfirmed-true-story-of-ferrari-s-last-le-mans-win Contexte narrative sur l’intervention d’Ed Hugus en 1965, recoupant l’enquête Motor Sport Magazine sur le récit de la nuit. -
SEC.
Malaymail — Ferrari 250 LM adjugée 35 millions USD (février 2025)
www.malaymail.com Vente aux enchères en février 2025 d’un châssis 250 LM vainqueur de Le Mans 1965 pour 35 millions de dollars USD. - LACUNE Liste complète des 32 châssis (numérotation, propriétaires, état actuel) Non disponible dans les sources consultées. Consulter Cavallino Magazine (registre de référence de la 250 LM) et les registres Ferrari Classiche (Maranello).
Biographies des acteurs
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SEC.
DK Engineering — Ferrari 250 LM (châssis, acteurs)
www.dkeng.co.uk/racing/22/Previously_Prepared_Cars/1964_ferrari_250_lm.html Refus d’homologation FIA avril 1964, seuil des 100 exemplaires non atteint. Contexte équipes privées (Maranello Concessionaires, NART, Ecurie Francorchamps, Filipinetti). -
SEC.
Radical Magazine — Masten Gregory & Jochen Rindt, NART, Le Mans 1965
www.radical-mag.com Châssis #5893 confirmé comme vainqueur Le Mans 1965, équipe NART/Luigi Chinetti. Contexte biographique Gregory et Rindt à l’époque de la course. - LACUNE Citations directes de Mauro Forghieri ou Enzo Ferrari sur la 250 LM Aucune citation primaire identifiable dans les sources consultées. Consulter Motor Sport Magazine (archives 1963-1965), Autosport d’époque, et les ouvrages biographiques sur Forghieri : « Ingegnere » (Forghieri, Nada Editore).

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