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Bugatti en compétition (1909-1996)

L’article en une minute

Bugatti a cessé de gagner en Grand Prix quand la formule des 750 kg, appliquée en 1934, a permis à l’État allemand de financer Mercedes-Benz et Auto Union. Aucun constructeur vivant de ses ventes ne pouvait suivre. La dernière victoire de la marque dans une grande épreuve est celle du Grand Prix de Belgique 1934, à Spa, devant sept voitures au départ.

  • 22 min de lecture
  • 8 chapitres
  • Constructeur, 1909-1996
5Targa Florio consécutives
1926titre des constructeurs
2victoires au Mans

À retenir

23 juillet 1911

Ernest Friderich finit deuxième du Grand Prix de France au Mans.

14 avril 1929

William Grover-Williams gagne le premier Grand Prix de Monaco sur Type 35B.

17-18 juin 1939

Wimille et Veyron gagnent les 24 Heures du Mans sur Type 57C.


Bugatti Type 37 bleu foncé n° 14 aux Mille Miglia 2021.
La Bugatti Type 37 de 1926 de Domenico Battagliola et Emanuel Piona aux Mille Miglia 2021. Crédit photo : Hphoto.fr.

Le titre mondial des constructeurs de 1926 a récompensé une marque dont les voitures gagnaient sur les circuits d’Europe, aux mains des pilotes d’usine comme des clients qui avaient acheté leur châssis au catalogue. Cinq Targa Florio consécutives de 1925 à 1929, puis quatre Grands Prix de l’Automobile Club de France de 1928 à 1931 : sur ces sept saisons, aucune épreuve de premier plan n’échappait durablement aux Bugatti.

Huit ans après le titre, au Grand Prix de Belgique 1934, René Dreyfus l’a emporté devant sept voitures au départ. Mercedes-Benz et Auto Union s’étaient retirées avant la course. Entre ces deux dates, la course de Grand Prix avait changé de financement. Des États y entretenaient des équipes, quand Molsheim y vendait des voitures et laissait ses acheteurs courir.

Les trois années suivantes ont vu la marque quitter les Grands Prix pour l’endurance, où elle a gagné les 24 Heures du Mans en 1937 puis en 1939. Après quoi il ne restera plus rien : une usine saisie, un fils tué lors des essais de la Type 57C, un constructeur mort en 1947, et deux tentatives de retour séparées de quarante ans qui n’aboutiront à aucune victoire. Comment une marque qui régnait sur les grandes épreuves en 1926 s’est-elle retrouvée sans réponse en 1934, avant de disparaître de leur calendrier après 1937 ?


Molsheim, 1909-1923 : courir pour exister

Ettore Bugatti a fondé son usine en 1909 à Molsheim, en Alsace alors allemande, et il a engagé ses voitures en course avant d’avoir une clientèle. Né à Milan le 15 septembre 1881, il restera de nationalité italienne pendant toute sa carrière de constructeur et ne demandera un passeport français qu’en 1946. La marque que l’on tient aujourd’hui pour française est née en territoire allemand, sous la main d’un Italien.

Le Mans 1911, sept heures derrière les grosses machines

Le 23 juillet 1911, Ernest Friderich a terminé deuxième du Grand Prix de France, au Mans, sur une Type 13 de 1 368 cm3. Victor Hémery l’a devancé sur une Fiat, en 7 h 06 min pour 655 km. L’épreuve était organisée par l’Automobile Club de la Sarthe et de l’Ouest, et non par l’Automobile Club de France. Les bases de données la classent aujourd’hui comme un Grand Prix de France non officiel, distinct de la lignée du Grand Prix de l’ACF ouverte en 1906.

Ce qui comptait ce jour-là tenait dans l’écart de cylindrée. Une voiturette de 1,4 litre avait couvert les 655 km derrière les grosses machines de l’époque. Friderich deviendra l’agent de la marque à Nice.

Brescia 1921, un nom de voiture gagné sur la piste

La production a continué pendant que la course s’arrêtait. En 1920, Friderich a repris le fil en remportant la Coupe des Voiturettes du Mans sur une Type 13 à moteur seize soupapes, avec une vingtaine de minutes d’avance sur le deuxième. C’était la première victoire d’importance de la marque.

Le 8 septembre 1921, quatre Type 13 se sont présentées au Grand Prix des Voiturettes de Brescia. Elles ont pris les quatre premières places : Friderich devant Pierre de Vizcaya, Michel Baccoli et Pierre Marco, à une moyenne supérieure à 113 km/h pour le vainqueur. Le résultat a donné son surnom à la voiture. Toutes les Bugatti à seize soupapes s’appelleront Brescia à partir de là, y compris celles vendues à des clients qui ne courraient jamais.

Molsheim est passé aux grandes épreuves l’année suivante. Le 15 juillet 1922, au Grand Prix de l’ACF de Strasbourg, Pierre de Vizcaya a pris la deuxième place et Pierre Marco la troisième. Ils couraient sur des Type 29/30 à carrosserie fuselée que l’on a comparées à des cigares. Felice Nazzaro l’a emporté sur Fiat, au terme de 60 tours d’un circuit de 13,38 km.

1923, deux terrains ouverts la même année

Les 26 et 27 mai 1923, deux Brescia ont pris le départ de la première édition des 24 Heures du Mans, devant 33 partants. De Pourtalès et de La Rochefoucauld ont terminé dixièmes au général et ont gagné la classe 1 101 à 1 500 cm3. Marie et Pichard ont fini vingt-deuxièmes. La Chenard et Walcker victorieuse avait couvert 2 209,536 km à 92,064 km/h, une moyenne qu’aucune des deux voiturettes alsaciennes ne pouvait approcher. Soixante et onze ans plus tard, en 1994, Bugatti sera le seul constructeur engagé au Mans à pouvoir se réclamer de cette édition inaugurale.

Cinq semaines après, le 2 juillet, le Grand Prix de l’ACF de Tours a vu apparaître la Type 32, un huit cylindres de 1 991 cm3 crédité de 90 ch, habillé d’une carrosserie en profil d’aile qui lui a valu le surnom de Tank de Tours. Friderich a terminé troisième en 7 h 00 min 22,4 s, à un peu plus de 112 km/h de moyenne.

Cinq exemplaires ont été construits, dont un prototype, pour une masse d’environ 650 kg et un empattement de 1 994 mm.

Infographie « De Molsheim au Mans, les premiers résultats » : usine en 1909, deuxième place au Mans en 1911, quatre premières places à Brescia en 1921, podium à Strasbourg en 1922, classe gagnée au Mans en 1923.
De 1909 à 1923, les premiers résultats de Bugatti, de la fondation de Molsheim à la victoire de classe des premières 24 Heures du Mans.
Infographie « De Molsheim au Mans, les premiers résultats » : usine en 1909, deuxième place au Mans en 1911, quatre premières places à Brescia en 1921, podium à Strasbourg en 1922, classe gagnée au Mans en 1923.
De 1909 à 1923, les premiers résultats de Bugatti, de la fondation de Molsheim à la victoire de classe des premières 24 Heures du Mans.

Chronologie de Bugatti en compétition au XXème Siècle

Bugatti en compétition : la frise, 1909-1996
Histoire
Bugatti en compétition, les jalons 1909-1996
Légende
Fondation
Évolution
Décision institutionnelle
Victoire majeure
Rupture
Échec, accident
Fin
1909
Ettore Bugatti fonde son usine à Molsheim
L’Alsace est alors allemande. Le constructeur, né à Milan, restera de nationalité italienne jusqu’en 1946.
1911
Friderich deuxième au Grand Prix de France, au Mans
Une Type 13 de 1 368 cm3 couvre les 655 km derrière la Fiat de Victor Hémery. Premier résultat de la marque en circuit.
1920
Première victoire, Coupe des Voiturettes du Mans
Friderich s’impose sur Type 13 à seize soupapes, avec une vingtaine de minutes d’avance.
1921
Quatre premières places au Grand Prix des Voiturettes de Brescia
Le 8 septembre, les quatre Type 13 engagées prennent les quatre premiers rangs. Toutes les Bugatti à seize soupapes s’appelleront Brescia.
1923
La Type 32 « Tank de Tours » troisième au Grand Prix de l’ACF
Première carrosserie en profil d’aile de la marque, cinq exemplaires construits. La même année, deux Brescia courent la première édition des 24 Heures du Mans.
1924
Débuts manqués de la Type 35 à Lyon
Le 3 août, des pneumatiques Dunlop mal vulcanisés se détruisent en course. Les Bugatti terminent septième, huitième et onzième.
1925
Première des cinq Targa Florio consécutives
Bartolomeo Costantini ouvre une série qu’aucun constructeur n’avait réalisée avant. Alfa Romeo enchaînera six victoires de 1930 à 1935, Porsche cinq de 1966 à 1970.
1926
Titre du championnat du monde des constructeurs
Deuxième saison du championnat AIACR, première année de la formule 1 500 cm3. Bugatti l’emporte sur Type 39 et 39A.
1929
Grover-Williams gagne le premier Grand Prix de Monaco
Le 14 avril, sur Type 35B, cent tours d’un circuit de 3,18 km à 80 km/h de moyenne.
1930
Un client gagne le Grand Prix de l’ACF sur sa propre voiture
Le 21 septembre à Pau, Philippe Étancelin l’emporte en pilote privé, devant les voitures d’usine, sur une Type 35C achetée en 1929.
1931
Chiron et Varzi gagnent les dix heures de Montlhéry
Le 21 juin, sur Type 51 d’usine, après avoir mené plus de huit heures. Quatrième Grand Prix de l’ACF consécutif pour la marque.
1934
La formule des 750 kg et les équipes financées par l’État allemand
Le règlement adopté en 1933 ouvre la voie au financement de Mercedes-Benz et d’Auto Union. Aucun constructeur vivant de ses ventes ne peut suivre.
1934
Dernière victoire en grande épreuve, à Spa
René Dreyfus l’emporte sur Type 59 devant sept voitures au départ, les deux équipes allemandes s’étant retirées avant la course.
1936
Le Grand Prix de l’ACF couru en formule sport
L’Automobile Club de France change de règlement pour redonner une chance aux constructeurs nationaux. Wimille et Sommer gagnent sur Type 57G le 28 juin à Montlhéry.
1937
Victoire aux 24 Heures du Mans, les premiers 2 000 miles
Wimille et Benoist couvrent 3 287,938 km à 136,997 km/h sur Type 57G. Victoire au scratch, à la classe et à l’indice de performance.
1939
Seconde victoire au Mans et record de distance
Wimille et Veyron portent le record à 3 354,760 km à 139,781 km/h sur Type 57C, les 17 et 18 juin.
1939
Jean Bugatti tué à l’essai de la voiture victorieuse
Le 11 août vers 22 heures, près de Duppigheim, après avoir évité un cycliste entré sur la portion d’essai fermée. Il avait 30 ans.
1947
Mort d’Ettore Bugatti, deux mois après la restitution de l’usine
La cour d’appel de Colmar lui avait rendu Molsheim le 11 juin 1947, saisie à la Libération comme bien ennemi. Il meurt le 21 août à Neuilly-sur-Seine.
1996
Dernier engagement du 20e siècle, aux 24 Heures de Daytona
L’EB110 SC du Monaco Racing Team occupait la septième place au général quand une panne électronique l’a arrêtée, après sept heures de course.

Lyon, 3 août 1924 : la voiture qui perd sa première course

Le 3 août 1924, au Grand Prix de l’ACF sur le circuit de Lyon-Givors, la Type 35 a fait ses débuts, et elle a perdu. Trente-cinq tours de 23,145 km, soit 810,09 km, ont suffi à établir que la voiture neuve de Molsheim ne tenait pas le rythme des Alfa Romeo P2 et des Delage ; Giuseppe Campari l’a emporté sur Alfa Romeo, devant Albert Divo et Robert Benoist sur Delage. À l’arrivée, onze voitures ont été classées. Jean Chassagne a pris la septième place et Ernest Friderich la huitième. Garnier a terminé onzième.

Bugatti Type 35 n° 11 de 1925 aux Mille Miglia 2021.
La Bugatti Type 35 de 1925 de Giacomo et Alberto Foglia aux Mille Miglia 2021. Crédit photo : Hphoto.fr.

Ce jour-là, le nombre exact de Type 35 engagées n’est pas établi. Le constructeur parle de cinq voitures au départ et d’un sixième châssis, le prototype, gardé en réserve.

L’échec venait des pneumatiques

L’échec portait sur les pneumatiques. À Lyon, les Dunlop montées sur la voiture avaient été mal vulcanisées, et les gommes se sont détruites en course. Après l’épreuve, Molsheim n’a rien changé à la conception de la voiture.

La Type 35 qui a couru ce jour-là était un huit cylindres en ligne atmosphérique de 1 991 cm3, à vilebrequin monté sur roulements, crédité de 90 ch. Elle portait des roues en aluminium à tambour de frein intégré. Cette pièce n’a servi à rien le 3 août 1924 : le défaut venait de ce qui était monté dessus.

Un échec sans conséquence commerciale

Après Lyon, aucune source ne documente de baisse des commandes. Jusqu’en 1930, la production de la famille Type 35 se poursuivra et atteindra 340 voitures selon le Bugatti Trust ; le détail par version en compte 96 Type 35 et 139 Type 35A, puis 13 Type 35T conçues pour la Sicile. S’y ajoutent environ 45 Type 35C et environ 37 Type 35B. Les 340 voitures du Bugatti Trust correspondent à la famille Type 35 augmentée des dix Type 39 et 39A ; le total de 640, que reprennent plusieurs publications françaises, y ajoute les Type 37 et 37A, à moteur quatre cylindres sur le même châssis, soit environ 290 machines de plus.

Infographie « 340 voitures, par version » : 96 Type 35, 139 Type 35A, 13 Type 35T, environ 45 Type 35C, environ 37 Type 35B et 10 Type 39 et 39A, soit 340 voitures selon le Bugatti Trust.
De 1924 à 1930, la famille Type 35 compte 340 voitures dans le périmètre du Bugatti Trust, Type 39 et 39A comprises.
Infographie « 340 voitures, par version » : 96 Type 35, 139 Type 35A, 13 Type 35T, environ 45 Type 35C, environ 37 Type 35B et 10 Type 39 et 39A, soit 340 voitures selon le Bugatti Trust.
De 1924 à 1930, la famille Type 35 compte 340 voitures dans le périmètre du Bugatti Trust, Type 39 et 39A comprises.

La voiture qui avait perdu à Lyon gagnera la Targa Florio l’année suivante.


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1925-1931 : gagner en vendant

Sept saisons ont suivi l’échec de Lyon, pendant lesquelles Bugatti a gagné sur tous les terrains où ses voitures se présentaient, sans que l’usine ait eu besoin d’engager partout elle-même. Le mécanisme tenait à la production. Molsheim vendait des voitures de Grand Prix à des clients qui les faisaient courir sous leurs propres couleurs, et chacune de leurs victoires revenait au constructeur.

Bugatti Type 35B bleue n° 81 de profil au Le Mans Classic, sur l’infographie « Des victoires d’usine à celle d’un client » : cinq Targa Florio de 1925 à 1929, titre de 1926, Étancelin à Pau en 1930.
De 1925 à 1930, Bugatti a gagné avec ses pilotes d’usine, puis avec Philippe Étancelin, client, au Grand Prix de l’ACF 1930. Photo : la Bugatti Type 35B de 1926 de Matthieu Chenuil, Matthieu Delefortrie et Eric Alvergnat au Le Mans Classic 2023. Crédit photo : Hphoto.fr.
Bugatti Type 35B bleue n° 81 de profil au Le Mans Classic, sur l’infographie « Des victoires d’usine à celle d’un client » : cinq Targa Florio de 1925 à 1929, titre de 1926, Étancelin à Pau en 1930.
De 1925 à 1930, Bugatti a gagné avec ses pilotes d’usine, puis avec Philippe Étancelin, client, au Grand Prix de l’ACF 1930. Photo : la Bugatti Type 35B de 1926 de Matthieu Chenuil, Matthieu Delefortrie et Eric Alvergnat au Le Mans Classic 2023. Crédit photo : Hphoto.fr.

Cinq Targa Florio d’affilée

En 1925, Bartolomeo Costantini a ouvert la série sur une Type 35, puis l’a confirmée en 1926 sur une Type 35T, version de 2 262 cm3 dessinée pour les routes des Madonies. En 1927, Emilio Materassi a gagné sur une Type 35C. Albert Divo a pris le relais en 1928 puis en 1929.

Bugatti Type 35 blanche n° 50 au Le Mans Classic 2023.
La Bugatti Type 35 de 1926 de Thierry Stapts et Eric Perouse au Le Mans Classic 2023. Crédit photo : Hphoto.fr.

Le compte rendu de Motor Sport de mai 1928 raconte une édition serrée : « Un duel formidable s’est livré tout au long de l’épreuve entre le Français sur sa Bugatti 2,3 litres et le champion italien Giuseppe Campari sur sa petite Alfa Romeo de 1 500 cm3. » Divo l’a emporté en 7 h 20 min 56 s, à onze secondes du temps de référence établi par Costantini en 1926, devant 37 partants. Campari a terminé à moins de deux minutes. Au dernier tour, il avait crevé sa roue de secours et parcouru près de dix kilomètres sur la jante pour rejoindre son dépôt de pneumatiques. Eliška Junek a pris la cinquième place.

L’année suivante, le 5 mai 1929, Divo a gagné de nouveau sur une Type 35C, en 7 h 15 min 41,7 s à 74,4 km/h, soit trente-cinq minutes de mieux que l’année précédente. Aucun constructeur n’avait gagné cinq fois de suite la Targa Florio avant lui. Alfa Romeo enchaînera six victoires de 1930 à 1935, et Porsche cinq de 1966 à 1970.

Le titre de 1926, gagné sur Type 39

En 1926, l’Association internationale des automobile-clubs reconnus a ramené la cylindrée des grandes épreuves à 1 500 cm3. La Type 35 de deux litres devenait inéligible. Bugatti a engagé la Type 39 et sa version suralimentée Type 39A, dix exemplaires en tout, et a remporté le deuxième championnat du monde des constructeurs jamais couru.

Le Grand Prix de l’ACF de cette saison a donné la mesure de l’avantage. Trois Type 39A d’usine se sont présentées seules au départ, et Jules Goux a été le seul classé à l’arrivée. Goux a récidivé au Grand Prix d’Europe de Lasarte, puis Costantini a gagné devant lui le Grand Prix d’Espagne, couru en formule libre, sur une Type 35 de deux litres. Au Grand Prix d’Italie de Monza, « Sabipa » a mené Costantini à l’arrivée. Costantini quittera le volant l’année suivante pour prendre la direction de l’équipe de course, qu’il tiendra jusqu’en 1935.

Quatre Grands Prix de l’ACF, dont un gagné par un client

Le 14 avril 1929, William Grover-Williams a remporté le premier Grand Prix de Monaco sur une Type 35B, cent tours d’un circuit de 3,18 km à 80 km/h de moyenne. Le même Grover-Williams avait gagné le Grand Prix de l’ACF 1928 sur une Type 35C et le gagnera de nouveau en 1929 sur une 35B.

Le 21 septembre 1930, à Pau, le Grand Prix de l’ACF est revenu à Philippe Étancelin, en pilote privé, devant les voitures d’usine. Il courait sur une Type 35C achetée en 1929. Henry Birkin a terminé deuxième sur une Bentley 4,5 litres allégée, Juan Zanelli troisième sur une autre Bugatti. Un client de Molsheim venait de gagner le Grand Prix de l’ACF sur une voiture de catalogue.

Le 21 juin 1931, à Montlhéry, la série s’est close sur une épreuve de dix heures que Louis Chiron et Achille Varzi ont menée pendant plus de huit heures sur une Type 51 d’usine. Deux mois plus tôt, le 19 avril, Chiron avait gagné chez lui à Monaco, parti onzième, en prenant la tête avec Varzi au vingtième tour. Quatre Type 51 d’usine étaient engagées ce jour-là, confiées à Chiron, Varzi, Divo et Guy Bouriat.

Ce que le chiffre de 2 000 victoires recouvre

Les décomptes de victoires de la Type 35 circulent depuis un siècle sans que personne ait publié le registre qui les fonde. Wikipedia parle de plus de 1 000 courses pour la famille. Le constructeur avance plus de 2 000 victoires entre 1924 et 1930 dans une publication, plus de 2 500 victoires et podiums dans une autre. Le Bugatti Trust retient environ 2 500 victoires, avec une pointe à 12 par mois. Une reprise de presse écrit même plus de 2 000 victoires pour la seule année 1927.

Infographie « Quatre décomptes, aucun registre publié » : plus de 1 000 courses selon Wikipedia, plus de 2 000 victoires et plus de 2 500 victoires et podiums selon le constructeur, environ 2 500 selon le Bugatti Trust.
Les victoires de la famille Type 35 se comptent de quatre façons selon la source, sans registre publié ni périmètre défini.
Infographie « Quatre décomptes, aucun registre publié » : plus de 1 000 courses selon Wikipedia, plus de 2 000 victoires et plus de 2 500 victoires et podiums selon le constructeur, environ 2 500 selon le Bugatti Trust.
Les victoires de la famille Type 35 se comptent de quatre façons selon la source, sans registre publié ni périmètre défini.
Poste de pilotage de la Bugatti Type 35 n° 10 aux Mille Miglia 2021, en noir et blanc.
Le poste de pilotage de la Bugatti Type 35 de 1925 de Mauro et Pietro Ferrari aux Mille Miglia 2021. Crédit photo : Hphoto.fr.

Aucun de ces chiffres ne précise ce qu’il compte. Les grandes épreuves et les courses de côte de village y pèsent le même poids, et rien ne dit si les podiums sont ajoutés aux victoires. Ils mesurent surtout le nombre de Bugatti en circulation. Sur la famille Type 35, 139 voitures étaient des Type 35A, version simplifiée vendue à des clients qui ne disputaient pas les grandes épreuves.1925-1931 : gagner en vendant


1931-1934 : la Type 51, puis le mur des 750 kg

En 1931, la Type 51 qui a gagné Monaco était une Type 35B revue, et Molsheim a continué pendant quatre ans de répondre par la mécanique à une question devenue financière. Le moteur reprenait les 2 262 cm3 à compresseur de la 35B, avec un double arbre à cames en tête et environ 190 ch. La voiture a gagné Monaco en 1931 avec Chiron, puis de nouveau en 1933 avec Achille Varzi.

Bugatti Type 51 bleue vue de face, calandre en fer à cheval, sur le stand de la vente Artcurial à Rétromobile 2025.
La Bugatti Type 51 Grand Prix de 1930, châssis 51154, vue de face, à la vente Artcurial de Rétromobile 2025. Crédit photo : Hphoto.fr.

Deux réponses techniques : quatre roues motrices et 4,9 litres

En 1932, Molsheim a sorti la Type 53, une machine de 4,9 litres à quatre roues motrices et quatre roues indépendantes. Elle s’est révélée lourde et difficile à diriger. Sa carrière s’est faite en course de côte, où sa motricité la servait.

La Type 54 suivait une autre voie : le même 4,9 litres, à compresseur, dans un châssis de Grand Prix classique. Douze exemplaires ont été construits. Le 21 mai 1933, Varzi a gagné l’Avusrennen avec l’une d’elles, une course de 300 km en formule libre sur l’anneau berlinois.

Ce que la formule des 750 kg a changé

En 1933, les organisateurs européens ont adopté un règlement applicable en 1934, qui limitait le poids maximum des voitures à 750 kg. L’intention affichée était de brider la puissance. L’effet a été inverse : construire léger et puissant demandait des alliages et des moyens d’essai que seuls de gros budgets permettaient de réunir.

L’État allemand a financé Mercedes-Benz et Auto Union sur ce terrain. À partir de 1934, les deux constructeurs ont aligné des voitures qu’aucun constructeur vivant de ses ventes ne pouvait suivre. Molsheim vivait de ses ventes.

Infographie « De la formule des 750 kg à Spa 1934 » : poids maximum adopté en 1933, Mercedes-Benz et Auto Union financées par l’État allemand en 1934, victoire de René Dreyfus à Spa parmi sept partants.
De 1933 à 1934, la formule des 750 kg a ouvert les Grands Prix aux budgets d’État ; à Spa, Bugatti a gagné sans les équipes allemandes.
Infographie « De la formule des 750 kg à Spa 1934 » : poids maximum adopté en 1933, Mercedes-Benz et Auto Union financées par l’État allemand en 1934, victoire de René Dreyfus à Spa parmi sept partants.
De 1933 à 1934, la formule des 750 kg a ouvert les Grands Prix aux budgets d’État ; à Spa, Bugatti a gagné sans les équipes allemandes.

Spa 1934, une victoire devant sept voitures

La Type 59 était la réponse de Bugatti à la nouvelle formule. Huit cylindres double arbre à compresseur dérivé du moteur de la Type 57, graissage à carter sec, 2 800 cm3 portés ensuite à 3 300, environ 250 ch. Elle portait des roues à rayons fins que l’on a appelées roues fil de piano, et des amortisseurs de Ram.

Au Grand Prix de Belgique 1934, à Spa, René Dreyfus l’a emporté devant Antonio Brivio sur une autre Type 59. Mercedes-Benz et Auto Union s’étaient retirées avant la course, un différend douanier belge étant évoqué. Sept voitures ont pris le départ, dont trois Type 59. Les deux Alfa Romeo ont longtemps mené, avant d’abandonner sur accident pour l’une et sur rupture de canalisation d’huile pour l’autre.

Dreyfus a gagné une épreuve que les deux équipes allemandes avaient désertée et dont les deux Alfa Romeo sont tombées en panne. La même année, la Type 59 gagnera encore à Alger avec Jean-Pierre Wimille, puis en Picardie en 1935 avec Robert Benoist. Wimille la mènera à la victoire à Deauville en 1936. Aucune de ces trois épreuves ne figurait au rang des grandes épreuves internationales.

Spa 1934 restera la dernière victoire de Bugatti dans une grande épreuve de Grand Prix.


1935-1939 : le repli sur l’endurance

Écartée des Grands Prix par un règlement qu’elle n’avait pas les moyens d’exploiter, Bugatti a porté son effort sur les courses de longue distance à partir de 1936, et elle y a gagné deux fois. L’outil de ce repli était la Type 57G, dérivée de la Type 57S de route : un huit cylindres de 3 266 cm3 crédité d’environ 170 ch, sous une carrosserie enveloppante en alliage de magnésium qui recouvrait les roues. Trois exemplaires ont été construits. Elles ont hérité du surnom de Tank, déjà donné à la Type 32 en 1923.

Montlhéry 1936 : un Grand Prix rendu aux constructeurs français

En 1936, l’Automobile Club de France a fait courir son Grand Prix en formule sport, décision destinée à redonner une chance aux constructeurs nationaux face aux voitures allemandes. L’épreuve s’est disputée le 28 juin à Montlhéry sur 1 000 km. Jean-Pierre Wimille et Raymond Sommer l’ont emporté sur une Type 57G, à 125,228 km/h de moyenne, en un peu moins de huit heures.

Le 21 février 1937, Wimille a gagné le Grand Prix de Pau sur une Type 59, parti de la pole. Il a bouclé les 80 tours et 221,5 km en 2 h 41 min 15 s, avec un tour d’avance sur Raymond Sommer, deuxième sur Talbot-Lago T150C. René Dreyfus a terminé troisième sur Delahaye 135C.

Le Mans 1937, les premiers 2 000 miles

Les 19 et 20 juin 1937, Wimille et Robert Benoist ont remporté les 24 Heures du Mans sur une Type 57G engagée par Roger Labric. Le palmarès officiel de l’Automobile Club de l’Ouest leur porte 3 287,938 km à 136,997 km/h de moyenne. Wimille a signé le meilleur tour en course avec la même voiture, en 5 min 13 s à 155,179 km/h. La Bugatti a gagné au scratch, dans la classe 3 001 à 5 000 cm3 et à l’indice de performance. 49 voitures avaient pris le départ, 32 ont abandonné.

La distance battait le record établi par Raymond Sommer et Tazio Nuvolari sur Alfa Romeo en 1933, et franchissait pour la première fois la barre des 2 000 miles, soit 3 218 km. L’ACO a porté en remarque à son palmarès qu’il s’agissait de la première victoire française au Mans depuis 1926.

Infographie « Deux victoires, deux records de distance » : Bugatti gagne Le Mans en 1937 et en 1939, avec 3 287,938 km puis 3 354,760 km ; 49 voitures au départ en 1937, dont 32 à l’abandon.
Aux 24 Heures du Mans, Bugatti a gagné en 1937 sur Type 57G et en 1939 sur Type 57C, en battant chaque fois le record de distance.
Infographie « Deux victoires, deux records de distance » : Bugatti gagne Le Mans en 1937 et en 1939, avec 3 287,938 km puis 3 354,760 km ; 49 voitures au départ en 1937, dont 32 à l’abandon.
Aux 24 Heures du Mans, Bugatti a gagné en 1937 sur Type 57G et en 1939 sur Type 57C, en battant chaque fois le record de distance.

La course avait commencé par un carambolage. Dans la première heure, au virage de Maison Blanche, la Bugatti de René Kippeurt a perdu le contrôle et déclenché une collision en chaîne qui a impliqué dix voitures. Kippeurt a été tué sur le coup, Pat Fairfield, de l’équipe Frazer Nash, est mort le lendemain. Les commissaires ont sorti le drapeau rouge pour dégager les épaves, première interruption de l’histoire de l’épreuve. La seconde Type 57G, confiée à Labric et Pierre Veyron, a abandonné sur fuite de carburant.

En juillet 1937, Wimille a gagné le Grand Prix de la Marne à Reims sur une Type 59 Sports, avec plus de trois minutes d’avance. Ce sera la dernière victoire de Bugatti en Grand Prix.

Duppigheim, 11 août 1939

La marque a continué de développer des monoplaces sans les engager dans les grandes épreuves. La Type 59/50B de 1938 recevait, dans un châssis de Type 59, le huit cylindres à compresseur de 4,7 litres de la Type 50B, crédité de plus de 400 ch sous pression. En juillet 1939, Wimille l’a conduite à la course de côte de Prescott.

Les 17 et 18 juin 1939, Wimille et Pierre Veyron ont gagné une seconde fois au Mans, sur une Type 57C à compresseur de 3 251 cm3 selon le palmarès de l’ACO. Ils ont couvert 3 354,760 km à 139,781 km/h, nouveau record de distance, et remporté la classe 3 001 à 5 000 cm3. Le meilleur tour en course est revenu à René Mazaud sur Delahaye 135 S, en 5 min 12,1 s à 155,627 km/h. Louis Gérard a terminé deuxième sur Delage, à trois tours, le troisième à neuf tours. 42 voitures étaient parties, 22 ont abandonné.

Le 11 août 1939, vers 22 heures, Jean Bugatti essayait cette voiture sur la route de Molsheim à Strasbourg, près de Duppigheim. Il avait fait fermer sa portion d’essai habituelle par le personnel de l’usine. Un cycliste s’y est introduit. Après un freinage et une embardée, la voiture a percuté un arbre.

Jean Bugatti avait 30 ans.


1939-1956 : ce qui reste de Molsheim

En septembre 1939, la guerre a arrêté la course, et les obstacles qui ont ensuite empêché Bugatti d’y revenir étaient juridiques. L’usine de Molsheim, annexée pendant le conflit, a été saisie par l’administration française à la Libération comme bien ennemi : Ettore Bugatti était resté de nationalité italienne. En 1946, il a demandé un passeport français pour pouvoir récupérer son entreprise. Le 11 juin 1947, la cour d’appel de Colmar la lui a rendue. Il est mort le 21 août suivant, à Neuilly-sur-Seine, un peu plus de deux mois après le jugement.

Infographie « Après 1939, ce qui reste de Molsheim » : mort de Jean Bugatti en août 1939, passeport français en 1946, usine rendue en juin 1947, mort d’Ettore en août 1947, abandon de la Type 251 à Reims en 1956.
De 1939 à 1956, la mort de Jean puis d’Ettore Bugatti et l’usine rendue en 1947 ont précédé l’unique Grand Prix de la Type 251.
Infographie « Après 1939, ce qui reste de Molsheim » : mort de Jean Bugatti en août 1939, passeport français en 1946, usine rendue en juin 1947, mort d’Ettore en août 1947, abandon de la Type 251 à Reims en 1956.
De 1939 à 1956, la mort de Jean puis d’Ettore Bugatti et l’usine rendue en 1947 ont précédé l’unique Grand Prix de la Type 251.

Trois pilotes dans la Résistance

Le réseau Chestnut du Special Operations Executive britannique a recruté trois pilotes qui avaient couru sur Bugatti. Le 29 mai 1942, William Grover-Williams, vainqueur du premier Grand Prix de Monaco, a été parachuté en France et a monté le réseau. Il y a fait entrer Robert Benoist et Jean-Pierre Wimille.

Grover-Williams a été arrêté le 2 août 1943 à Auffargis et déporté à Sachsenhausen. Sa mort est officiellement datée du 18 mars 1945, par fusillade, mais les éléments rassemblés depuis laissent envisager qu’il ait survécu sous une autre identité. Robert Benoist, qui dirigeait de son côté le réseau Clergyman sous le nom de code Lionel, a été arrêté le 18 juin 1944 et exécuté à Buchenwald en septembre de la même année.

Le 19 juin 1944, Wimille a échappé à l’arrestation. Il sera le seul des trois à voir la fin de la guerre.

Une usine rendue deux mois avant la mort de son fondateur

Dès 1944, Ettore Bugatti avait lancé l’étude d’une voiture de 1 500 cm3 à compresseur pour l’après-guerre, la Type 73, déclinée en version routière et en monoplace de course sous l’appellation 73C. Les pièces d’une première série de cinq voitures ont été fabriquées dans les anciens ateliers La Licorne, à Levallois. Aucune n’a été achevée en usine ni passée au banc. Le projet s’est arrêté à la mort d’Ettore Bugatti. Les voitures inachevées ont été démontées et les acomptes remboursés. Les pièces sont restées en stock à Molsheim.

Aucune Type 73C n’a jamais couru.

Reims 1956, dix-huit tours

Neuf ans plus tard, la marque a tenté un retour en championnat du monde. La Type 251 avait été dessinée par Gioacchino Colombo, l’ingénieur de l’Alfa Romeo 158, autour d’une architecture inhabituelle : un huit cylindres en ligne monté transversalement, en position arrière. La fiche annonçait 275 ch à 9 500 tr/min, la puissance réelle est restée inférieure.

Le 1er juillet 1956, le Grand Prix de l’ACF s’est couru à Reims, sur 61 tours et 506,422 km ; Maurice Trintignant, prêté par Vanwall, a qualifié la Type 251 dix-huitième, en 2 min 41,9 s, à 18,6 s de la pole. Il a abandonné sur rupture de la commande d’accélérateur.

Ce fut le seul engagement de la Type 251 en championnat du monde. Les deux prototypes ont rejoint la collection Schlumpf. Elle est aujourd’hui exposée à la Cité de l’Automobile de Mulhouse.

La voiture avait couvert 18 tours.


1991-1996 : une autre Bugatti au Mans

La Bugatti qui s’est présentée au Mans en 1994 n’avait de commun avec celle de Molsheim que le nom, racheté en 1987 par l’industriel italien Romano Artioli. Bugatti Automobili SpA produisait à Campogalliano, près de Modène, et avait présenté l’EB110 en 1991. La version de course engagée trois ans plus tard était un V12 de 3,5 litres à quatre turbocompresseurs, 600 ch entre 6 200 et 7 200 tr/min pour 700 Nm, à transmission intégrale, châssis carbone et boîte à six rapports, pesant 1 280 kg en course.

Bugatti EB110 GT blanche vue de trois quarts avant sur son podium, à Rétromobile 2025.
La Bugatti EB110 GT de 1995, vue de trois quarts avant, à la vente Artcurial de Rétromobile 2025. Crédit photo : Hphoto.fr.

1994, cinquante-cinq ans après

Les 18 et 19 juin 1994, Michel Hommell a engagé la voiture sous les couleurs de l’équipe Synergie, en catégorie GT1. Alain Cudini, Éric Hélary et Jean-Christophe Boullion se sont relayés au volant. C’était le premier engagement d’une Bugatti au Mans depuis la victoire de 1939.

La voiture est remontée jusqu’à la sixième place au général, malgré plusieurs remplacements de turbocompresseurs. Les récits divergent sur leur nombre, quatre selon une source spécialisée, cinq selon une autre. À moins d’une heure de l’arrivée, un pneumatique a éclaté dans les Hunaudières et Boullion est parti dans les protections. Le classement officiel porte un abandon sur accident après 226 tours.

Bugatti EB110 SS bleue n° 34 de face à la sortie des Esses au Mans en 1994, sur la fiche « L’EB110 de course, du Mans à Daytona » : V12 de 3,5 litres, 600 ch, 1 280 kg, abandon en 1994, septième à Daytona en 1996.
La Bugatti EB110 SS d’Alain Cudini, Éric Hélary et Jean-Christophe Boullion aux 24 Heures du Mans 1994. Photo : Martin Lee, CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons, recadrée et intégrée à une infographie ; l’infographie est diffusée sous la même licence.
Bugatti EB110 SS bleue n° 34 de face à la sortie des Esses au Mans en 1994, sur la fiche « L’EB110 de course, du Mans à Daytona » : V12 de 3,5 litres, 600 ch, 1 280 kg, abandon en 1994, septième à Daytona en 1996.
La Bugatti EB110 SS d’Alain Cudini, Éric Hélary et Jean-Christophe Boullion aux 24 Heures du Mans 1994. Photo : Martin Lee, CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons, recadrée et intégrée à une infographie ; l’infographie est diffusée sous la même licence.

Campogalliano, septembre 1995

Le 15 septembre 1995, l’usine de Campogalliano a fermé. Le 23 septembre, Bugatti Automobili a déposé son bilan, après avoir construit environ 128 voitures.

Bugatti EB110 GT blanche vue de l’arrière, feux ovales sous grille et double sortie d’échappement.
La Bugatti EB110 GT de 1995, vue de l’arrière, à la vente Artcurial de Rétromobile 2025. Crédit photo : Hphoto.fr.

La voiture de course a survécu à l’entreprise. Gildo Pallanca Pastor l’a extraite des actifs de la liquidation et l’a engagée aux couleurs du Monaco Racing Team. Aux 24 Heures de Daytona de janvier 1996, l’EB110 SC occupait la septième place au général quand une panne électronique l’a arrêtée, après sept heures de course. Elle a ensuite pris la cinquième place à Watkins Glen, avec Patrick Tambay, puis la sixième à Sears Point. Au Mans, en juin 1996, Tambay a détruit le châssis carbone aux essais et la voiture n’a pas pris le départ.

En 1998, Volkswagen a racheté la marque ; aucun programme de compétition n’a suivi avant la fin du siècle.


Palmarès de Bugatti en compétition

Bugatti en compétition : le palmarès en grandes épreuves, 1920-1939
Histoire
Bugatti, le palmarès en grandes épreuves 1920-1939
5Targa Florio consécutives
4Grands Prix de l’ACF de suite
3Grands Prix de Monaco
2Victoires aux 24 Heures du Mans
1Titre mondial des constructeurs
34Jalons documentés
Année Épreuve Pilote(s) Version
1920-1923, les voiturettes et les premières classes
1920Coupe des Voiturettes, Le MansErnest FriderichType 13 16 soupapes
1921Grand Prix des Voiturettes, BresciaErnest FriderichType 13
192324 Heures du Mans, classe 1 101 à 1 500 cm3de Pourtalès et de La RochefoucauldType 13 Brescia 16S
1925-1929, cinq Targa Florio consécutives
1925Targa FlorioBartolomeo CostantiniType 35
1926Targa FlorioBartolomeo CostantiniType 35T
1927Targa FlorioEmilio MaterassiType 35C
1928Targa FlorioAlbert DivoType 35B
1929Targa FlorioAlbert DivoType 35C
1926, le titre mondial des constructeurs AIACR
1926Grand Prix de l’ACFJules GouxType 39A
1926Grand Prix d’Europe, LasarteJules GouxType 39A
1926Grand Prix d’EspagneBartolomeo CostantiniType 35, voir note 2
1926Grand Prix d’Italie, Monza« Sabipa »Type 39A
1926Championnat du monde des constructeursTitre constructeurTypes 39 et 39A
1928-1931, la domination en Grand Prix
1928Grand Prix de l’ACFWilliam Grover-WilliamsType 35C
1928Grand Prix d’EspagneLouis ChironType 35C
1929Grand Prix de Monaco, première éditionWilliam Grover-WilliamsType 35B
1929Grand Prix de l’ACFWilliam Grover-WilliamsType 35B
1930Grand Prix de MonacoRené DreyfusType 35B
1930Grand Prix de BelgiqueLouis ChironType 35C
1930Grand Prix de l’ACF, Pau engagement privéPhilippe ÉtancelinType 35C
193024 Heures du Mans, Coupe des DamesMarguerite Mareuse et Odette SikoType 40
1931Grand Prix de MonacoLouis ChironType 51
1931Grand Prix de l’ACF, MontlhéryLouis Chiron et Achille VarziType 51
1933-1937, les dernières victoires
1933Avusrennen, BerlinAchille VarziType 54
1933Grand Prix de MonacoAchille VarziType 51
1934Grand Prix de Belgique, Spa voir note 3René DreyfusType 59
1934Grand Prix d’AlgerJean-Pierre WimilleType 59
1935Grand Prix de PicardieRobert BenoistType 59
1936Grand Prix de l’ACF, Montlhéry, formule sportJean-Pierre Wimille et Raymond SommerType 57G
1936Grand Prix de DeauvilleJean-Pierre WimilleType 59
1937Grand Prix de PauJean-Pierre WimilleType 59, voir note 4
1937Grand Prix de la Marne, ReimsJean-Pierre WimilleType 59 Sports
1937 et 1939, les 24 Heures du Mans
193724 Heures du Mans, scratch, classe et indice de performanceJean-Pierre Wimille et Robert BenoistType 57G
193924 Heures du Mans, scratch et classeJean-Pierre Wimille et Pierre VeyronType 57C
Note 1. Ce tableau recense les jalons documentés. Il n’est pas exhaustif : aucune base consultée ne publie de décompte arbitré des victoires de Bugatti, toutes épreuves confondues.
Note 2. Grand Prix d’Espagne 1926 : épreuve courue en formule libre le 25 juillet, hors championnat. Bugatti y engage ses 2 litres de 1925 et Costantini gagne sur Type 35.
Note 3. Grand Prix de Belgique 1934 : Mercedes-Benz et Auto Union s’étaient retirées avant la course. Sept voitures ont pris le départ, dont trois Type 59.
Note 4. Grand Prix de Pau 1937 : la voiture est désignée T59S par une source, Type 59 Sports par le constructeur. La Type 59/50B, souvent citée, est une machine de 1938-1939.

Ce que la trajectoire de Bugatti en compétition révèle

Entre 1925 et 1931, Bugatti a gagné sans avoir à être partout. Molsheim construisait des voitures de Grand Prix et les vendait, 340 en sept ans pour la seule famille Type 35. Les acheteurs couraient sous leurs propres couleurs, et leurs résultats revenaient au constructeur sans qu’il eût engagé une voiture.

Bugatti Type 37 bleue n° 21 au Le Mans Classic 2023.
La Bugatti Type 37 de 1926 d’Eric Hamoniau au Le Mans Classic 2023. Crédit photo : Hphoto.fr.

Ce modèle avait une condition de validité. Il fallait qu’une voiture de série, sortie d’un catalogue, reste capable de gagner une grande épreuve. Tant que la course se jouait sur la qualité d’exécution d’une mécanique vendable, Molsheim tenait le premier rang. Les décomptes invérifiables de 2 000 ou 2 500 victoires donnent d’ailleurs la mesure d’un parc en circulation, pas celle d’un palmarès.

En 1934, la formule des 750 kg a supprimé cette condition. Construire léger et puissant est devenu un problème de métallurgie et de moyens d’essai, que l’État allemand a financé chez Mercedes-Benz et Auto Union. La voiture de course a cessé d’être un produit pour devenir un objet de recherche. Aucun constructeur vivant de ses ventes ne pouvait suivre. Aucune source n’a jamais chiffré le service course de Molsheim. À Spa en 1934, la dernière victoire de la marque dans une grande épreuve s’est jouée devant sept voitures, les deux équipes allemandes étant absentes.

Le repli sur l’endurance a gardé un fondement technique. Aux 24 Heures du Mans, la fiabilité et l’aérodynamique pesaient encore plus lourd que la puissance de pointe, et la Type 57G y a gagné deux fois avec un moteur dérivé d’une voiture de route. Les 3 287,938 km de 1937 et les 3 354,760 km de 1939 ont été couverts par une écurie que rien n’obligeait à concurrencer les budgets d’État.

Ce qui a suivi ne relève plus de la compétition. Une usine saisie comme bien ennemi, un fondateur mort deux mois après l’avoir récupérée : Molsheim a cessé de courir parce qu’il n’y avait plus personne pour décider de courir. En août 1939, Jean Bugatti, qui dirigeait les essais, était mort. En 1956 puis en 1994, la Type 251 et l’EB110 ont été engagées par d’autres, un ingénieur venu d’Alfa Romeo pour l’une, un industriel italien propriétaire du nom pour l’autre. Ni l’une ni l’autre n’a vu l’arrivée.

Bugatti EB110 GT blanche vue de face, petite calandre en fer à cheval et phares étirés, à Rétromobile 2025.
La Bugatti EB110 GT de 1995, vue de face, à la vente Artcurial de Rétromobile 2025. Crédit photo : Hphoto.fr.

Le cas Bugatti donne à lire une bascule que les constructeurs de l’entre-deux-guerres ont tous subie. En dix ans, la compétition automobile est passée d’un marché où l’on vendait des voitures gagnantes à une industrie où l’on finançait des équipes. Molsheim avait construit le premier modèle jusqu’à son terme, et n’est jamais entré dans le second.

La dernière Bugatti engagée au 20e siècle a abandonné aux 24 Heures de Daytona en janvier 1996, après sept heures de course.


Les voitures de courses Bugatti au XXème Siècle

Bugatti : les voitures de course, 1910-1996
Histoire
Bugatti, les voitures de course 1910-1996
340Voitures de la famille Type 35
3Tanks Type 57G construits
12Type 54
5Type 32, dont 1 prototype
2Prototypes Type 251
22Modèles recensés
Modèle Période Architecture Cylindrée Puissance Exemplaires
Type 13 « Brescia »1910-19264 cylindres, 16 soupapes1 368 cm3Non documentéeNon documenté
Type 29/30 « le cigare »19228 cylindres en ligneNon documentéeNon documentéeNon documenté
Type 32 « Tank de Tours »19238 cylindres en ligne1 991 cm390 ch en course5, dont 1 prototype
Type 351924-19308 cylindres atmosphérique, vilebrequin sur roulements1 991 cm3Jusqu’à 90 ch96
Type 35A1925-1926Version simplifiée1 991 cm3Non documentée139
Type 35T « Targa Florio »19268 cylindres atmosphérique2 262 cm3Non documentée13
Type 35Cà partir de 19268 cylindres à compresseur1 991 cm3128 chenviron 45
Type 35Bà partir de 19278 cylindres à compresseur2 262 cm3138 chenviron 37
Type 371926-19304 cylindres1 496 cm360 chenviron 223
Type 37A1927-19304 cylindres à compresseur1 496 cm3Non documentéeenviron 67
Type 39 et 39A1925-19268 cylindres, 39A à compresseurenviron 1 493 cm3Non documentée10
Type 511931-19348 cylindres à compresseur, double arbre en tête2 262 cm3environ 190 chNon documenté
Type 5319328 cylindres, quatre roues motrices et indépendantes4,9 litresNon documentéeNon documenté
Type 541931-19348 cylindres à compresseur4,9 litresNon documentée12
Type 57G « Tank »1936-19378 cylindres double arbre, carrosserie en alliage de magnésium3 266 cm3environ 170 ch3
Type 57C « Tank »19398 cylindres à compresseur3 251 cm3, voir note 1environ 200 ch1
Type 591933-19378 cylindres double arbre à compresseur, carter sec2 800 puis 3 300 cm3environ 250 chNon documenté
Type 59/50B1938-1939Châssis de Type 59, moteur de Type 50B à compresseur4,7 litresplus de 400 ch sous pressionNon documenté
Type 73C1944-1947Monoplace à compresseur1 500 cm3Non documentée5 jeux de pièces, aucune voiture achevée
Type 2511955-19568 cylindres en ligne transversal, position arrière2,5 litres275 ch annoncés, réel inférieur2 prototypes
EB110 Super Sport de course1994V12 à quatre turbocompresseurs, transmission intégrale3,5 litres600 ch, 700 Nm1
EB110 SC Competizione1995-1996V12 à quatre turbocompresseurs, transmission intégrale3,5 litresenviron 690 ch, voir note 31
Note 1. Cylindrée de la Type 57C : 3 251 cm3 au palmarès officiel de l’Automobile Club de l’Ouest, 3 266 cm3 selon le constructeur et les sites spécialisés, soit la cylindrée de la Type 57G de 1937. Le rang d’autorité tranche en faveur de l’ACO.
Note 2. Le total de 340 voitures retenu par le Bugatti Trust couvre la famille Type 35 augmentée des Type 39 et 39A. Le chiffre de 640, qui circule dans plusieurs publications, y ajoute les Type 37 et 37A à moteur quatre cylindres sur le même châssis.
Note 3. La puissance de l’EB110 SC Competizione repose sur une source unique, sans mention de l’état de préparation.
Note 4. « Non documenté » signale une donnée absente des sources consultées. Les puissances des Type 13, 29/30 et 51 n’ont pas de valeur datée et versionnée publiée.
Bugatti Type 51 bleu foncé n° 51 en tête d’un peloton du plateau 1 au Le Mans Classic 2023.
La Bugatti Type 51 de 1933 d’Alexandre Moreau-Lespinard et Xavier Pompidou au Le Mans Classic 2023. Crédit photo : Hphoto.fr.


Sources

★ PRIMAIRE (source primaire) • SEC. (source secondaire) • LACUNE (données manquantes)

Sources primaires de l’événement

  • ★ PRIMAIRE Automobile Club de l’Ouest, « Historique, palmarès, statistiques », dossier de presse des 24 Heures du Mans
    https://assets.lemans.org/explorer/pdf/courses/2018/24-heures-du-mans/press-kit/fr/statistiques-historiques-fr.pdf Palmarès officiel édition par édition. Fournit les distances et moyennes exactes de 1937 (3 287,938 km à 136,997 km/h) et de 1939 (3 354,760 km à 139,781 km/h), la cylindrée de 3 251 cm3 portée à la Type 57C, le meilleur tour en course de Wimille en 1937, la victoire à l’indice de performance, les colonnes départs et abandons de chaque édition, ainsi que la victoire de classe des Brescia en 1923 et la Coupe des Dames de Mareuse et Siko en 1930.
  • ★ PRIMAIRE Motor Sport, compte rendu de la Targa Florio, mai 1928
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/may-1928/13/targa-florio/ Compte rendu d’époque de l’édition 1928. Établit que la Bugatti de Divo était la 2,3 litres, donc une Type 35B, donne son temps de 7 h 20 min 56 s, les onze secondes qui le séparent du temps de Costantini en 1926, les 37 partants, la crevaison de Campari au dernier tour et la cinquième place d’Eliška Junek.
  • ★ PRIMAIRE Motor Sport, compte rendu du Grand Prix de l’ACF, octobre 1930
    https://www.motorsportmagazine.com/archive/article/october-1930/8/french-grand-prix-14/ Compte rendu d’époque de l’épreuve de Pau du 21 septembre 1930. Donne la victoire d’un pilote privé sur Bugatti Type 35C devant la Bentley de Henry Birkin, et la troisième place de Juan Zanelli sur Bugatti.
  • ★ PRIMAIRE Bugatti Trust, musée et centre d’archives consacré à l’œuvre d’Ettore Bugatti
    https://www.bugatti-trust.co.uk/ Fonds de plus de 27 000 plans techniques d’usine. Fournit le total de 340 voitures de la famille Type 35 produites de 1924 à 1930, et l’un des quatre décomptes de victoires en circulation.
  • ★ PRIMAIRE Bugatti Trust, notice sur la Type 59/50B d’usine et son retour à Prescott
    https://www.bugatti-trust.co.uk/completely-original-works-type-59-50b-bugatti-makes-historic-return-to-prescott-after-80-years/ Identifie la Type 59/50B comme une machine de 1938-1939, châssis de Type 59 recevant le huit cylindres de 4,7 litres de la Type 50B, crédité de plus de 400 ch. Tranche la divergence sur la voiture engagée à Pau en février 1937.
  • ★ PRIMAIRE Automobile Club de l’Ouest, « Bugatti aux 24 Heures du Mans, trois moments entre 1923 et 1994 »
    https://www.24h-lemans.com/en/news/bugatti-at-the-24-hours-of-le-mans-2-three-outstanding-moments-between-1923-and-1994-52625 Récit de l’organisateur sur les engagements de 1923, 1930 et 1994. Donne la remontée de l’EB110 jusqu’à la sixième place au général et attribue son abandon à une défaillance de turbocompresseur, version divergente de celle des bases de résultats.

Contexte réglementaire et institutionnel

  • ★ PRIMAIRE Motor Sport, base de données du championnat du monde des constructeurs 1926
    https://www.motorsportmagazine.com/database/championships/1926-world-championship/ Confirme le titre de Bugatti à la deuxième saison du championnat AIACR, première année de la formule 1 500 cm3, et le détail des grandes épreuves de la saison.
  • SEC. Wikipedia, saison de Grand Prix 1926
    https://en.wikipedia.org/wiki/1926_Grand_Prix_season Détail des grandes épreuves de 1926 : trois Bugatti d’usine seules au départ du Grand Prix de l’ACF, Goux seul classé, victoires de Lasarte, d’Espagne et de Monza.
  • SEC. Wikipedia, saison de Grand Prix 1936
    https://en.wikipedia.org/wiki/1936_Grand_Prix_season Grand Prix de l’ACF couru en formule sport sur 1 000 km le 28 juin à Montlhéry, victoire de Wimille et Sommer à 125,228 km/h.
  • LACUNE Circonstances du retrait de Bugatti des Grands Prix après 1937 Aucune source consultée ne donne de décision datée ni de motif documenté, alors que la marque disparaît des grandes épreuves entre la victoire de Reims en 1937 et la guerre. Renvoyer au fonds du Bugatti Trust et aux archives de l’Automobile Club de France.
  • LACUNE Budget et organisation du service course de Molsheim Effectifs, moyens et relation contractuelle entre l’usine et les clients privés engagés sous leurs propres couleurs : aucune donnée chiffrée n’a été trouvée. Renvoyer aux archives d’entreprise conservées par le Bugatti Trust et à la Cité de l’Automobile de Mulhouse.

Résultats et chronologie

  • ★ PRIMAIRE Motor Sport, base de données du Grand Prix de France non officiel de 1911
    https://www.motorsportmagazine.com/database/races/1911-unofficial-french-grand-prix/ Date du 23 juillet 1911, circuit du Mans, et statut de l’épreuve, distincte de la lignée du Grand Prix de l’ACF.
  • SEC. racingsportscars.com, résultats des 24 Heures du Mans 1994
    https://www.racingsportscars.com/results/Le_Mans-1994-06-19.html Classement officiel de l’EB110 Super Sport engagée par Michel Hommell : 226 tours, abandon sur accident, catégorie GT1.
  • SEC. Wikipedia, 24 Heures du Mans 1937
    https://en.wikipedia.org/wiki/1937_24_Hours_of_Le_Mans Déroulé de l’accident de Maison Blanche dans la première heure : dix voitures impliquées, mort de René Kippeurt et de Pat Fairfield, première interruption de la course au drapeau rouge.
  • SEC. Wikipedia, Grand Prix de France 1956
    https://en.wikipedia.org/wiki/1956_French_Grand_Prix Course de 61 tours et 506,422 km, qualification de Trintignant en dix-huitième position à 18,6 s de la pole, abandon au 18e tour sur rupture de la commande d’accélérateur.
  • SEC. Wikipedia, Grand Prix de Pau 1937
    https://en.wikipedia.org/wiki/1937_Pau_Grand_Prix 80 tours et 221,5 km en 2 h 41 min 15 s, un tour d’avance sur Sommer, troisième place de Dreyfus sur Delahaye 135C.
  • SEC. classiccourses.fr, Grand Prix de l’ACF 1924, Grand Prix d’Europe du 3 août
    https://www.classiccourses.fr/magazine/grand-prix-de-lacf-1924-gp-d-europe-3-aout/ Tracé de 23,145 km parcouru 35 fois, onze voitures classées, et le rang des trois Bugatti aux septième, huitième et onzième places.
  • SEC. Wikipedia, liste des succès en courses de Bugatti
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_succ%C3%A8s_en_courses_de_Bugatti Série des quatre Grands Prix de l’ACF consécutifs de 1928 à 1931, avec pilote et version pour chacun, et les victoires de Chiron en Espagne en 1928 et en Belgique en 1930.
  • LACUNE Décompte vérifiable des victoires de Bugatti Aucune base consultée ne publie de total arbitré ni de méthode de comptage. Les chiffres en circulation vont de plus de 1 000 courses à environ 2 500 victoires, sans périmètre défini. Renvoyer au registre d’usine conservé par le Bugatti Trust.
  • LACUNE Pilotes et classements des Bugatti privées entre 1925 et 1930, hors grandes épreuves C’est le gisement qui alimente les décomptes de 2 000 victoires, et aucune source ne le documente de façon exploitable. Renvoyer aux archives des automobile-clubs nationaux.
  • LACUNE Résultats complets des engagements de l’EB110 en IMSA en 1995 et 1996 Trois classements isolés ont été trouvés, à Daytona, Watkins Glen et Sears Point. Le calendrier complet du Monaco Racing Team n’a pas pu être reconstitué. Renvoyer à imsa.com et à motorsportsalmanac.com.

Biographies des acteurs impliqués

  • SEC. 8W, « Robert Benoist, Williams et Jean-Pierre Wimille »
    https://8w.forix.com/rb-w-jpw.html Dates du réseau Chestnut : parachutage de Grover-Williams le 29 mai 1942, son arrestation le 2 août 1943 à Auffargis, sa mort datée du 18 mars 1945 à Sachsenhausen avec la réserve sur une possible survie, l’arrestation de Benoist le 18 juin 1944 et la fuite de Wimille le 19 juin.
  • SEC. Wikipedia, Jean Bugatti
    https://en.wikipedia.org/wiki/Jean_Bugatti Circonstances de sa mort le 11 août 1939 près de Duppigheim, à l’essai de la Type 57C victorieuse au Mans deux mois plus tôt.
  • SEC. Wikipedia, Ettore Bugatti
    https://en.wikipedia.org/wiki/Ettore_Bugatti Nationalité italienne conservée jusqu’à la naturalisation française de 1946, saisie de l’usine comme bien ennemi, restitution en appel à Colmar le 11 juin 1947, mort le 21 août suivant.
  • LACUNE Date exacte de l’exécution de Robert Benoist Quatre dates circulent pour le même fait, du 9 au 14 septembre 1944, sans qu’aucune source ne les départage. Renvoyer aux archives du Special Operations Executive et au mémorial de Valençay.

Héritage et postérité

  • ★ PRIMAIRE Bugatti, salle de presse, « L’histoire de Bugatti aux 24 Heures du Mans »
    https://newsroom.bugatti.com/en/press-releases/the-history-of-bugatti-at-24-hours-of-le-mans Version du constructeur sur les deux victoires du Mans, les caractéristiques des Type 57G et 57C, et les victoires de la Type 59 à Alger, en Picardie et à Deauville. Ses décomptes de victoires globales sont des revendications de marque, sans registre produit.
  • SEC. The Bugatti Revue, « Bugattis racing at Le Mans »
    https://www.bugattirevue.com/revue8/lemans.htm Relevé année par année des engagements Bugatti au Mans de 1923 à 1994 : modèles, équipages, classements et causes d’abandon, dont la fuite de carburant de la seconde Type 57G en 1937.
  • SEC. The Bugatti Revue, « Bugatti EB110 in racing »
    https://www.bugattirevue.com/revue4/eb-race.htm Campagne américaine de l’EB110 SC en 1995 et 1996 : septième place à Daytona avant l’abandon après sept heures, cinquième à Watkins Glen avec Tambay, sixième à Sears Point, châssis détruit aux essais du Mans 1996.
  • SEC. 8W, « Bugatti T251 »
    https://www.forix.com/8w/bugatti-t251.html Conception de Gioacchino Colombo, huit cylindres transversal en position arrière, 275 ch annoncés à 9 500 tr/min, et versement des prototypes à la collection Schlumpf.
  • SEC. Wikipedia, Bugatti Type 35
    https://en.wikipedia.org/wiki/Bugatti_Type_35 Détail de production par version, de la Type 35 à la Type 39A, qui permet d’expliquer le périmètre des totaux de 340 et de 640 voitures.
  • SEC. ultimatecarpage.com, fiche de la Bugatti Type 32 « Tank »
    https://www.ultimatecarpage.com/spec/1028/Bugatti-Type-32–Tank-.html Huit cylindres de 1 991 cm3, 90 ch en configuration de course, cinq exemplaires dont un prototype, masse d’environ 650 kg et empattement de 1 994 mm.
  • LACUNE Puissances de course des Type 13, 29/30 et 51 Aucune source consultée ne donne de valeur datée et versionnée pour la Type 13 et la Type 29/30. La Type 51 n’est créditée que d’un « environ 190 ch » sans protocole de mesure. Renvoyer aux plans d’usine du Bugatti Trust et à la Cité de l’Automobile de Mulhouse.
  • LACUNE Cylindrée exacte de la Type 29/30 de 1922 Donnée absente des sources consultées, alors que la voiture est le premier huit cylindres de course de la marque. Renvoyer aux plans d’usine du Bugatti Trust.

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