Circuit de Montjuïc (1933-1986)

Le 27 avril 1975, au 26e tour du Grand Prix d’Espagne, l’aileron arrière de la Hill GH1 de Rolf Stommelen se détache alors qu’il mène la course. La voiture franchit la protection et retombe dans une zone occupée par des spectateurs et des officiels. La course est arrêtée au 29e tour sur 75 prévus. La Formule 1 ne revint jamais à Montjuïc.


Fiche Circuit : Montjuïc

Formule 1 / Motos – 1933-1986

Le circuit de Montjuïc est un tracé urbain de 3,791 km dessiné dans les rues et les allées du parc de Montjuïc, à Barcelone, qui accueille automobiles et motos de 1933 à 1986 et quatre Grands Prix d’Espagne de Formule 1 entre 1969 et 1975, avant d’être abandonné après l’accident de Rolf Stommelen.

Ouvert aux voitures en juin 1933 avec le Grand Prix Penya Rhin, le circuit emprunte les avenues aménagées pour l’Exposition universelle de 1929, au pied et sur les flancs de la colline de Montjuïc. Le départ est donné sous les tribunes du Palau Nacional ; la piste grimpe vers le point haut du Stade olympique, puis redescend par une épingle serrée. La Formule 1 y court en 1969, 1971, 1973 et 1975. Après la tragédie du 27 avril 1975, l’automobile ne revient jamais ; les motos continuent jusqu’aux 24 Heures de 1986.

Plan du tracé du circuit de Montjuïc. Les lignes grises représentent les rues. Le texte en vert indique soit les noms des virages, soit ceux des sections du circuit. Le texte en noir (sans cercle) correspond aux noms des rues.
Plan du tracé du circuit de Montjuïc. Les lignes grises représentent les rues. Le texte en vert indique soit les noms des virages, soit ceux des sections du circuit. Le texte en noir (sans cercle) correspond aux noms des rues. By Will Pittenger – Own work, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4406656

Les données techniques du circuit de Montjuïc

Fiche du circuit

NomCircuit de Montjuïc (Montjuich Park)
PaysEspagne
LocalisationParc de Montjuïc, Barcelone, Catalogne
Longueur (tracé principal)3,791 km (1933-1950 et 1953-1986)
Autres configurations6,033 km en 1951 ; 4,205 km en 1952
Nombre de virages12
Type de tracéUrbain, routes et allées de parc fermées à la circulation
Sens de rotationAntihoraire
Homologation FIANon documenté par les sources consultées
DisciplinesFormule 1, Formule 2, Grand Prix Penya Rhin, sport-prototypes (1 000 km de Catalogne), Grand Prix moto, endurance moto
Grands Prix d’Espagne F11969, 1971, 1973, 1975
Années d’activité1933-1986, avec une interruption pendant la guerre civile et la Seconde Guerre mondiale
Dernière course automobileGrand Prix d’Espagne de Formule 1, 27 avril 1975
Dernière course moto24 Heures de Montjuïc, 1986
Statut actuelDisparu comme circuit. Les rues subsistent, intégrées à l’Anella Olímpica des Jeux de 1992, et le tracé a été matérialisé au sol par la municipalité en 2004

Sources : Wikipedia (FR et EN) ; RacingCircuits.info


Les chiffres clés du circuit de Montjuïc

4

Grands Prix d’Espagne de Formule 1

1969, 1971, 1973, 1975

1 min 23 s 800

Record du tour en Formule 1

Ronnie Peterson, la Lotus 72E, GP d’Espagne 1973

162,859 km/h

Vitesse moyenne du record

Ronnie Peterson, la Lotus 72E, 1973

3,791 km

Longueur du tracé principal

Configuration de 12 virages, courue de 1953 à 1986

0,5 point

Le seul score féminin de l’histoire du championnat du monde

Lella Lombardi, la March 751, 6e du GP d’Espagne 1975

1933-1986

Années de compétition

Du Grand Prix Penya Rhin aux 24 Heures moto

Entre la pole de Jacky Ickx en 1971 (1 min 25 s 9) et le tour record de Ronnie Peterson deux ans plus tard (1 min 23 s 800), la référence chronométrique de Montjuïc avait gagné plus de deux secondes. Le tracé, lui, n’avait pas changé.


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Les moments marquants du circuit de Montjuïc

Moments marquants – Formule 1 (1969-1975)

1969 : les deux Lotus perdent leur aileron au même endroit, la fin des ailerons hauts Tournant

Le 4 mai 1969, Graham Hill part en tonneaux au huitième tour lorsque le support d’aileron de sa Lotus 49B cède au sommet de la bosse précédant la ligne droite. Jochen Rindt, en tête et parti de la pole, subit exactement la même rupture au même endroit une dizaine de tours plus tard, et percute l’épave de son coéquipier. Les deux pilotes survivent, Rindt avec le nez brisé ; un commissaire perd un œil. Jackie Stewart hérite de la victoire sur la Matra MS80. Ce fut la dernière course de l’ère des ailerons hauts montés sur les suspensions : dès le Grand Prix de Monaco suivant, la CSI en interdit l’usage libre.

1971 : le premier Grand Prix de Formule 1 couru en pneus slicks Premiere

Le 18 avril 1971, Firestone apporte à Montjuïc des gommes lisses dérivées de son expérience en monoplace américaine. C’est le premier Grand Prix du championnat du monde disputé sur ce type de pneumatique, appelé à devenir la norme. Jacky Ickx signe pour Ferrari la 54e pole de la marque, un record à cette date, et le meilleur tour en 1 min 25 s 1. La victoire revient à Jackie Stewart sur la Tyrrell 003, parti quatrième, devant Ickx et Chris Amon.

1975 : l’accident de Rolf Stommelen ferme le circuit, le demi-point de Lella Lombardi Decisif

Le week-end s’ouvre sur un conflit. Les pilotes du GPDA constatent que les rails de sécurité sont mal fixés, certains boulons serrés à la main, d’autres absents, et refusent de rouler. Les mécaniciens des équipes finissent par réparer eux-mêmes le samedi après-midi, sous la menace de ruptures de contrat. Emerson Fittipaldi, champion en titre et meneur de la contestation, boucle les trois tours réglementaires au ralenti puis quitte Barcelone sans prendre le départ.

Le 27 avril, au 26e tour, l’aileron arrière de la Hill GH1 de Rolf Stommelen se détache alors qu’il mène la course. La voiture rebondit d’un rail à l’autre, franchit la protection et retombe dans une zone occupée par des spectateurs et des officiels. Quatre victimes sont nommément identifiées, un pompier, un spectateur et deux photographes de presse ; plusieurs récits en dénombrent cinq. Stommelen survit avec une jambe, un poignet et deux côtes brisés. La course se poursuit encore quatre tours avant d’être arrêtée au 29e sur 75 prévus. Jochen Mass, sur la McLaren M23, remporte là son unique Grand Prix. Moins de la moitié de la distance ayant été couverte, les points sont attribués par moitié : Lella Lombardi, sixième sur la March 751, inscrit 0,5 point et reste à ce jour la seule femme à avoir marqué en championnat du monde. La Formule 1 ne revint jamais à Montjuïc.

1973 - III Trofeo Escuderias Catalanas - Montjuich
1973 – III Trofeo Escuderias Catalanas – Montjuich By TintaBCN – Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=90109483

L’idée reçue sur le circuit de Montjuïc

A ne pas confondre

Montjuïc, Pedralbes et Barcelona-Catalunya, trois circuits distincts de la région de Barcelone

Le Grand Prix d’Espagne de Formule 1 a été couru sur trois tracés différents autour de Barcelone. Pedralbes, dans les quartiers ouest de la ville, accueille les épreuves de championnat du monde de 1951 et 1954, remportées par Juan Manuel Fangio sur l’Alfa Romeo 159 puis par Mike Hawthorn sur la Ferrari 625, avant sa fermeture définitive en 1955. Montjuïc prend le relais en 1969, pour quatre éditions. Le Circuit de Barcelona-Catalunya, à Montmeló, est un tracé permanent ouvert en 1991, sans aucun rapport de tracé avec les deux précédents.

Le Grand Prix Penya Rhin n’a pas toujours eu lieu à Montjuïc

L’épreuve fondatrice du circuit, disputée à Montjuïc de 1933 à 1936 et remportée par Juan Zanelli, Achille Varzi, Luigi Fagioli puis Tazio Nuvolari, reprend après la guerre sur le circuit de Pedralbes à partir de 1946. Les résultats du Penya Rhin d’après-guerre ne concernent donc pas Montjuïc.


Connaître le circuit de Montjuïc, pourquoi ça compte ?

Quatre Grands Prix seulement, et deux décisions réglementaires majeures. En 1969, la double rupture d’aileron des Lotus provoque l’interdiction des appendices aérodynamiques montés sur les suspensions, dès la course suivante. En 1975, l’accident de Rolf Stommelen retire durablement Barcelone du calendrier. Peu de circuits ont pesé autant sur les règles avec un palmarès aussi court.

Le week-end d’avril 1975 déplace surtout le rapport de force entre les pilotes et les organisateurs. Le refus collectif du GPDA d’entrer en piste, l’inspection des rails par les pilotes eux-mêmes, puis la reprise sous menace de sanctions contractuelles, exposent une chaîne de responsabilité que personne n’assumait. Le drame donne raison à ceux qui avaient refusé de rouler. Dans les saisons suivantes, une épreuve dont les protections n’étaient pas conformes fut annulée plutôt que courue.

Barcelone attendit seize ans le retour de la Formule 1, avec l’ouverture du Circuit de Barcelona-Catalunya à Montmeló en 1991, un tracé permanent conçu pour les normes de sécurité modernes. Les rues de Montjuïc, elles, existent toujours : la municipalité en a matérialisé le tracé au sol en 2004, à travers un parc devenu le cœur olympique de la ville.


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Sources

Sources


Sportauto-Heritage.fr – Les chroniques du Sport Automobile au XXe Siècle

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