Circuit de Charade

Le circuit automobile de montagne d’Auvergne, dit circuit de Charade, est un tracé de 8,055 km ouvert en 1958 à Saint-Genès-Champanelle, dans le Puy-de-Dôme. Il accueillit quatre Grands Prix de France de Formule 1 entre 1965 et 1972 : Jim Clark (1965), Jackie Stewart (1969 et 1972) et Jochen Rindt (1970) y signèrent leurs victoires. Taillé dans un terrain volcanique avec 180 mètres de dénivelé, il reste à ce jour le seul circuit français de montagne à avoir figuré au calendrier du Championnat du monde de Formule 1.

Tour Auto 2023 – Circuit de Charade


Les essentiels du circuit de Charade ou circuit automobile de montagne d’Auvergne

Formule 1 / Motos – 1958-1988

Le circuit automobile de montagne d’Auvergne, tracé semi-permanent de 8,055 km taillé dans les flancs volcaniques du Puy-de-Dôme à Saint-Genès-Champanelle, est le seul circuit français à caractère alpin à avoir accueilli le Championnat du monde de Formule 1.

Ouvert en 1958 à l’initiative de l’Automobile Club d’Auvergne, le circuit emprunte des routes départementales en altitude pour former un tracé de montagne exceptionnel : 52 virages estimés, 180 mètres de dénivelé, un revêtement d’asphalte volcanique. Homologué par la CSI pour la Formule 1 à partir de 1965, il accueille quatre Grands Prix de France en sept ans. En 1972, des éjections de gravillons volcaniques lors du Grand Prix mettent fin à son accréditation FIA. Il reste aujourd’hui le dernier circuit de montagne permanent actif de France.


Les données techniques du circuit de Charade ou circuit automobile de montagne d’Auvergne

Fiche du circuit

Nom original (1958)Circuit automobile de montagne d’Auvergne
Noms alternatifsCircuit de Charade, Circuit Louis Rosier, Circuit de Clermont-Ferrand
PaysFrance
LocalisationSaint-Genès-Champanelle, Puy-de-Dôme, Auvergne-Rhône-Alpes
Longueur (version 1958-1988)8,055 km
Longueur (version actuelle)3,975 km – 18 virages (depuis 1989)
Nombre de virages52 (estimé ; sources divergentes : 48 à 52)
Dénivelé180 m (estimé)
Type de tracéRoute fermée avec section permanente (route départementale + section construite)
Sens de rotationNon confirmé
Homologation FIACSI/ACF pour les GP F1 (1965-1972) ; FFSA Grade 4 pour la configuration actuelle
DisciplinesFormule 1, sports-prototypes (WSC 1962-1963), Grand Prix motos, Formule 2
Années d’activité1958-1988 (tracé original 8,055 km) ; 1989 à ce jour (tracé 3,975 km)
Statut actuelActif (tracé raccourci, 3,975 km)

Sources : charade.fr ; Wikipedia (FR et EN)


Les chiffres clés du circuit de Charade ou circuit automobile de montagne d’Auvergne

4

Grands Prix de France F1

1965, 1969, 1970, 1972

2 min 53 s 9

Record du tour officiel

Chris Amon, Matra MS120D, GP de France 1972

166,751 km/h

Vitesse moyenne record

Chris Amon, Matra MS120D, 1972

8,055 km

Longueur (tracé 1958-1988)

charade.fr

180 m

Dénivelé (estimé)

Wikipedia (FR)

1965-1972

Présence au calendrier F1

FIA / Ergast

Entre le meilleur tour de Jim Clark en 1965 (3 min 18 s 3, 145,8 km/h) et le record d’Amon en 1972 (2 min 53 s 9, 166,751 km/h), le temps au tour avait été abaissé de près de 25 secondes en sept ans, témoignant de l’évolution technique des monoplaces de la période.


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Les moments marquants du circuit de Charade ou circuit automobile de montagne d’Auvergne

Moments marquants – Formule 1 (1965-1972)

1965 : le Grand Chelem de Jim Clark, premier Grand Prix de France F1 à Charade Premiere

Premier Grand Prix de France de Formule 1 disputé à Charade, le 27 juin 1965. Jim Clark, au volant de la Lotus 25-Climax, réalise un Grand Chelem complet : pole position (3 min 18 s 3), victoire, meilleur tour en course (3 min 18 s 9, soit 145,8 km/h de moyenne). Jackie Stewart (BRM) termine deuxième, John Surtees (Ferrari) troisième. Le réalisateur John Frankenheimer, présent pour son film Grand Prix, capture les séquences qui resteront le témoignage filmé le plus célèbre du circuit.

1969 : premier doublé d’une monoplace française en F1, Stewart et Beltoise Record

Le 6 juillet 1969, Jackie Stewart (Matra MS80-Ford, équipe Tyrrell) et Jean-Pierre Beltoise (Matra MS80-Ford, Matra International) signent le premier doublé d’une monoplace française au sommet du Championnat du monde de Formule 1. Jacky Ickx (Brabham BT26) complète le podium. Stewart avait dominé les essais dès le vendredi, battant de dix secondes le record de Clark établi quatre ans plus tôt. La victoire, acquise avec une minute d’avance, consacre à la fois le pilote et la marque.

1972 : l’accident d’Helmut Marko, la fin de l’accréditation F1 Tournant

Le 2 juillet 1972, au neuvième tour du Grand Prix de France, un gravillon de pouzzolane projeté par la Lotus d’Emerson Fittipaldi traverse la visière du casque d’Helmut Marko (BRM P160B) et lui fait perdre l’usage de l’oeil gauche, mettant fin à sa carrière de pilote. Jackie Stewart remporte la course devant Fittipaldi et Chris Amon, dont la Matra MS120D avait signé le record du tour définitif (2 min 53 s 9, soit 166,751 km/h) avant une crevaison. L’asphalte volcanique, qui éjectait régulièrement des gravillons, disqualifiait désormais le circuit aux yeux de la FIA. Charade n’accueillit plus jamais la Formule 1.


L’idée reçue sur le circuit de Charade ou circuit automobile de montagne d’Auvergne

A ne pas confondre

Le tracé original de 8,055 km (1958-1988) et le circuit actuel de 3,975 km

Le circuit décrit dans cette fiche est le tracé original de 8,055 km, actif de 1958 à 1988, qui accueillit les Grands Prix de France de Formule 1 et de moto. Le circuit actuel, ouvert en 1989, mesure 3,975 km pour 18 virages et n’utilise que la partie sud du tracé d’origine. Les données techniques, records et palmares cités ici concernent exclusivement la configuration de 8,055 km.


Pourquoi ça compte

Charade est le seul circuit de montagne français à avoir accueilli la Formule 1, et l’un des rares en Europe à avoir imposé ce défi aux meilleurs pilotes du monde pendant quatre éditions consécutives. Dans un calendrier des années 1960 dominé par les pistes rapides de Reims et Rouen, son dénivelé de 180 mètres et ses 52 virages imposaient un registre différent : celui du placement, de la fluidité, de l’anticipation sur terrain aveugle.

Sa singularité tient à la nature même du site. Les flancs volcaniques du Puy-de-Dôme offraient une adhérence et une texture uniques, célébrées par les pilotes de l’époque. Stirling Moss le déclara « le plus beau circuit du monde » après l’avoir parcouru en 1959 ; Henri Pescarolo le comparait au Nürburgring. Ce sont ces mêmes qualités volcaniques qui précipitèrent sa perte : les gravillons de pouzzolane éjectés en course rendirent le tracé inacceptable pour la FIA après 1972.

Son histoire distille quatre ans de Formule 1 d’une densité rare. Jim Clark y signa un Grand Chelem lors de la première édition en 1965 ; Jackie Stewart y inscrivit deux victoires, dont un doublé Matra en 1969 qui resta longtemps le seul à cette hauteur pour une monoplace française. Il reste aujourd’hui le dernier circuit de montagne permanent actif de France.


En lien avec la fiche


Sources

Sources


Sportauto-Heritage.fr – Les chroniques du Sport Automobile du XXe siècle

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