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Matra MS80

La Matra MS80 est une Formule 1 à moteur V8 Ford Cosworth, conçue par Bernard Boyer, sur laquelle Jackie Stewart a remporté cinq de ses six victoires en Grand Prix de 1969. Cette année-là, Stewart a été pour la première fois champion du monde des conducteurs et Matra a gagné sa seule Coupe des constructeurs de Formule 1.

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Formule 1 – 1969

Conçue par Bernard Boyer, la Matra MS80 est une Formule 1 à moteur V8 Ford Cosworth et à réservoirs de carburant logés dans les flancs, sur laquelle Jackie Stewart a remporté cinq de ses six victoires en Grand Prix de 1969, année où il a été pour la première fois champion du monde des conducteurs et où Matra a gagné sa seule Coupe des constructeurs de Formule 1.

Matra-Sports, créée en octobre 1964 comme filiale de la société aérospatiale Engins Matra, construisait le châssis. L’équipe de Ken Tyrrell, engagée sous le nom de Matra International, apportait le moteur Cosworth et son pilote, Jackie Stewart.

Chez Matra, le V8 Cosworth n’était qu’un expédient provisoire en attendant le V12 de la maison. Peu compétitif à ses débuts, ce V12 a fait reconduire le Cosworth pour une seconde saison, en 1969. Bernard Boyer a tiré la MS80 de la MS10 de 1968 : il a supprimé les réservoirs d’auvent et de siège de l’ancienne voiture pour loger le carburant dans les flancs de la coque.


Fiche technique de la Matra MS80 de 1969

Fiche technique
Matra MS80 saison 1969
ConstructeurMatra-Sports, filiale d’Engins Matra
ÉquipeMatra International, l’équipe de Ken Tyrrell
ConceptionBernard Boyer
Saison1969, seule saison de course
DisciplineFormule 1, championnat du monde des conducteurs et Coupe des constructeurs de Formule 1
Exemplaires engagésDeux, MS80-01 et MS80-02
ChâssisMonocoque en aluminium rivetée, moteur porteur formant la partie arrière de la voiture
RéservoirsStructuraux, sans poche souple, dans les flancs de la coque à hauteur des hanches du pilote
MoteurFord Cosworth DFV, V8 de 3 litres, fourni par l’équipe de Ken Tyrrell
PuissanceDe l’ordre de 430 ch
Régime maximal9 500 tr/min pour les moteurs de la série 1968 ; 10 000 tr/min pour le moteur de Stewart en juillet 1969
Boîte de vitessesHewland DG300
Suspension avantDoubles triangles, combinés ressort-amortisseur extérieurs
Suspension arrièreBras inférieurs à biellettes parallèles, ressorts hélicoïdaux
FreinsDisques ventilés, disques arrière en position intérieure de part et d’autre du différentiel
Roues et pneusJantes avant de 13 pouces, pneus Dunlop
AérodynamiqueAileron arrière monté sur la suspension jusqu’à Monaco, où la Commission sportive internationale (CSI) a interdit les ailerons séparés de la carrosserie, ailerons de nez exceptés ; capot moteur en fibre de verre relevé en aileron à partir du Grand Prix des Pays-Bas
Concept signatureCharge de carburant gardée près du centre de gravité par les réservoirs latéraux

La coque de la MS80 était une monocoque en aluminium rivetée, construite par les ateliers de Matra-Sports selon les méthodes de l’aéronautique. Le moteur Cosworth en formait la partie arrière, comme sur une Lotus. Rendue étanche de l’intérieur, la coque contenait elle-même le carburant, sans poche souple, et ces réservoirs structuraux augmentaient sa rigidité en torsion. Bernard Boyer les a placés de chaque côté du pilote, à hauteur des hanches, pour garder la charge de carburant près du centre de gravité et reporter les masses vers l’arrière, contre le sous-virage de la MS10. Il a reculé le réservoir d’huile entre le pilote et le moteur, puis élargi les réservoirs latéraux, d’où la forme en bouteille de Coca-Cola de la voiture. Dans un entretien publié en janvier 2010, à l’occasion d’un roulage de la MS80-02 sur la piste d’essais de Chobham, Jackie Stewart l’a résumé ainsi : « Boyer s’est attaché à garder la charge de carburant autour de son centre de gravité, ce qui a beaucoup aidé la tenue de route » (traduit de l’anglais).

Les suspensions ont changé aux deux extrémités. À l’avant, les culbuteurs à ressorts intérieurs de la MS10 ont laissé la place à des doubles triangles et à des combinés ressort-amortisseur extérieurs, comme sur une Brabham. À l’arrière, les bras inférieurs à biellettes parallèles reprenaient le dessin de la BRM de 1968. Les freins arrière, à disques ventilés, étaient montés de part et d’autre du différentiel et refroidis par des écopes ; à l’avant, des jantes de 13 pouces ont remplacé celles de 15 pouces.

Sources : Motor Sport (avril, juin et août 1969, mars 2008, février 2009), Classic & Sports Car (janvier 2010), oldracingcars.com ; puissance et modèle de boîte : Espace automobiles Matra.


Matra MS80 bleue n° 3 aux couleurs d’Elf, vue de face sur un stand du salon Rétromobile 2025.
Une Matra MS80 au salon Rétromobile 2025. Crédit photo : Hphoto.fr.

En chiffres : la saison 1969 de la MS80

5

Victoires en Grand Prix comptant pour le championnat du monde des conducteurs, toutes de Jackie Stewart, en 10 Grands Prix disputés

API Jolpica-F1, StatsF1

2

Pole positions, toutes deux de Stewart, à Monaco et en France

API Jolpica-F1, StatsF1

9

Podiums en Grand Prix, six pour Stewart et trois pour Jean-Pierre Beltoise

API Jolpica-F1, StatsF1

19

Départs de MS80 en Grand Prix, 10 pour Stewart et 9 pour Beltoise

API Jolpica-F1, StatsF1

54 et 20

Points marqués en Grand Prix au volant de la MS80, par Stewart sur ses 63 et par Beltoise sur ses 21

StatsF1, API Jolpica-F1

66

Points retenus par Matra-Ford, première de la Coupe des constructeurs de Formule 1 1969, contre 49 à Brabham-Ford

API Jolpica-F1, StatsF1

Les 66 points retenus de Matra-Ford lui ont laissé 17 points d’avance sur Brabham-Ford. Au championnat du monde des conducteurs, Stewart a terminé avec 63 points, 26 de plus que Jacky Ickx, deuxième. Beltoise a terminé cinquième de ce championnat, avec 21 points. Les totaux de Stewart et de Matra-Ford comprennent les 9 points de la victoire de Kyalami, acquise sur la MS10.


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De Kyalami aux Pays-Bas, de mars à juin 1969

Pilotes et résultats clés – de Kyalami aux Pays-Bas (mars-juin 1969)

Le 4 janvier 1969, l’Algemeen Handelsblad a annoncé que Ken Tyrrell reconduisait Jackie Stewart sur Matra à moteur Ford, et que deux Matra françaises seraient confiées à Jean-Pierre Beltoise et à Henri Pescarolo. Ce second projet n’a pris le départ d’aucun Grand Prix du championnat en 1969. Beltoise a couru toute la saison chez Matra International, aux côtés de Stewart.

1er mars 1969 : Kyalami gagné sur la MS10 – la MS80-01 reste aux essais

Au Grand Prix d’Afrique du Sud, première manche de la saison, l’équipe a apporté la MS80-01 neuve, mais Stewart ne l’a employée qu’aux essais. Il a couru et gagné sur la MS10-02, sa voiture de 1968 ; Beltoise, sur une autre MS10, a terminé sixième. Le 17 mars, l’Algemeen Handelsblad a écrit que Tyrrell ne se fiait pas encore suffisamment au nouveau modèle. Les moteurs Cosworth tournaient alors à 9 500 tr/min au plus. Stewart ouvrait ainsi par une victoire une saison de onze manches. Acquis par une MS10, les 9 points de Kyalami compteront dans le titre de Stewart comme dans la Coupe des constructeurs de Matra-Ford.

16 mars 1969 : la MS80-01 gagne sa première course à Brands Hatch – la Race of Champions, hors championnat

Première

Le dimanche 16 mars, Tyrrell a engagé la MS80-01, neuve et encore jamais courue, à la Race of Champions de Brands Hatch, épreuve hors championnat. Stewart l’a menée à la victoire dès sa première sortie. Dans son numéro d’avril 1969, Motor Sport a écrit que la nouvelle Matra n’avait plus guère de rapport avec la précédente. La revue a décrit une coque large et renflée autour du poste de pilotage. Un grand aileron arrière était monté sur la suspension. À l’avant, de grands ailerons de nez mobiles étaient reliés à la barre antiroulis. La suspension avant à culbuteurs de la MS10 avait disparu.

4 mai 1969 : premier Grand Prix et première victoire à Montjuïc – Beltoise troisième

Première

Au Grand Prix d’Espagne, deuxième manche de la saison, Matra International a aligné ses deux MS80 : la MS80-01 de Brands Hatch pour Stewart, la MS80-02 neuve pour Beltoise. La MS10 restait en réserve. Seul le nez, plus plat, avait changé depuis Brands Hatch. Parti de la quatrième place sur la grille, Stewart a été le troisième pilote à mener la course, après Jochen Rindt et Chris Amon, et il l’a gagnée. Beltoise a terminé troisième. Ce Grand Prix a été le seul que la MS80 ait couru en entier avec son aileron arrière monté sur la suspension : la règle changera pendant les essais de Monaco, le 15 mai.

Du 15 au 18 mai 1969 : la CSI interdit les ailerons séparés à Monaco – pole position et double abandon

Tournant

Les essais du jeudi 15 mai se sont déroulés avec les ailerons. À l’issue de la séance, la CSI a décidé, sans unanimité, que les ailerons qui ne faisaient pas partie de la carrosserie ne seraient plus admis. Les temps du jeudi ont été annulés. Le vendredi 16 mai, les essais ont repris à 8 h 15, toutes les voitures roulant sans aileron, hors ailerons de nez. Sur la MS80-02, chaussée de pneus Dunlop à jantes de 13 pouces, Stewart a signé la pole position ; Beltoise s’est élancé de la troisième place sur la MS80-01. La MS10 de 1968 était encore là, en réserve. Le dimanche 18 mai, les deux MS80 ont abandonné sur rupture de cardan.

21 juin 1969 : le capot relevé en aileron gagne à Zandvoort – la MS84 aux essais

Innovation

Au Grand Prix des Pays-Bas, la règle provisoire de la CSI n’admettait plus qu’un aileron fixe, intégré à la carrosserie. Matra y a répondu par un capot moteur en fibre de verre relevé en aileron à l’arrière, qui entourait le radiateur d’huile. Dans son numéro d’août 1969, Motor Sport a jugé que Matra avait trouvé la meilleure réponse. Stewart a gagné sur la MS80-02 ; Beltoise, sur la MS80-01, a terminé huitième, sans marquer de point. Le même week-end, la MS84 à quatre roues motrices, construite à Vélizy, a fait ses débuts aux essais, essayée par Stewart et par Beltoise. Elle n’a pas pris le départ.


Photographie en noir et blanc : la Matra MS80 n° 4 de Jackie Stewart dans un virage de Zandvoort, devant le public, au Grand Prix des Pays-Bas de 1969.
La Matra MS80 de Jackie Stewart (n° 4) au Grand Prix des Pays-Bas, à Zandvoort, le 21 juin 1969, qu’il a gagné. Photo : Anefo, Nationaal Archief, CC0, Wikimedia Commons.

Les titres et la fin de l’association, de juillet à novembre 1969

Pilotes et résultats clés – les titres et la fin de l’association (juillet-novembre 1969)

À partir de l’été, Matra International a engagé à côté des deux MS80 la MS84 à quatre roues motrices, qui prendra quatre départs en Grand Prix pour un seul point. Les deux titres de 1969 se sont décidés le 7 septembre à Monza, alors que trois manches restaient à courir.

6 juillet 1969 : doublé de la MS80 à Charade – Stewart devant Beltoise

Au Grand Prix de France, couru sur le circuit de Charade, Stewart a signé sur la MS80-02 sa deuxième pole position de la saison, puis il a gagné. Beltoise, sur la MS80-01, a terminé deuxième, son meilleur résultat de l’année au volant de la MS80. Ce doublé n’a rapporté à Matra-Ford que les 9 points du vainqueur, car seule la voiture la mieux classée de chaque constructeur marquait à la Coupe des constructeurs. Le règlement ne retenait en outre que les cinq meilleurs résultats des six premières manches et les quatre meilleurs des cinq dernières. Les deux autres podiums de Beltoise sur la MS80 ont été des troisièmes places, en Espagne et en Italie.

19 juillet 1969 : Stewart gagne à Silverstone sur la voiture de Beltoise – la MS80-02 accidentée aux essais

Pendant les essais du Grand Prix de Grande-Bretagne, la MS80-02 de Stewart a été accidentée à Woodcote, sur une bordure déplacée. Stewart a pris la MS80-01 de Beltoise, celle qui avait gagné à Brands Hatch et en Espagne. Son moteur Cosworth appartenait à la série de 1968. Il a dû se limiter à 9 500 tr/min, contre les 10 000 tr/min qu’il employait avec son propre moteur. Parti de la deuxième place sur la grille, il a gagné. Privé de voiture, Beltoise a couru sur la MS84 à quatre roues motrices et terminé neuvième : c’était le premier départ en Grand Prix de la Matra à transmission intégrale.

7 septembre 1969 : victoire et double titre à Monza – quatre voitures en 0 s 19

Décisif

Au Nürburgring, le 3 août, Stewart avait terminé deuxième sur la MS80-02 ; Beltoise, arrêté par sa suspension, avait été classé sixième. À Monza, Matra International a engagé trois voitures, la MS84 servant de voiture de réserve à Stewart sans prendre le départ. Stewart a couru sans aileron arrière ni aileron de nez, Beltoise avec les siens. Stewart a gagné le Grand Prix d’Italie devant Jochen Rindt, à 0 s 08, Beltoise troisième à 0 s 17 et Bruce McLaren quatrième à 0 s 19. Cette victoire lui a donné le titre de champion du monde des conducteurs. Le même jour, Matra-Ford s’est assuré la Coupe des constructeurs de Formule 1 : Matra-Ford comptait 60 points retenus et Brabham-Ford 30 après huit manches ; il en restait trois, et Brabham-Ford ne pouvait plus rejoindre Matra-Ford.

Septembre et octobre 1969 : Mosport, Watkins Glen et Mexico – le point de la MS84

Le titre acquis, la MS80 n’a plus gagné. Au Grand Prix du Canada, à Mosport le 20 septembre, Stewart a abandonné sur la MS80-02 après un accrochage, et Beltoise a terminé quatrième sur la MS80-01. Johnny Servoz-Gavin a mené la MS84 à la sixième place : 1 point, le seul de la voiture à quatre roues motrices. À Watkins Glen, le 5 octobre, les deux MS80 ont abandonné sur casse moteur. Au Grand Prix du Mexique, le 19 octobre, dernière manche de la saison, Stewart a fini quatrième et Beltoise cinquième ; Servoz-Gavin a classé la MS84 huitième.

Novembre 1969 : Matra veut son V12, Tyrrell et Stewart partent chez March – la MS80 n’a couru qu’une saison

Tournant

Le partage des rôles entre Matra et Ken Tyrrell n’a pas survécu à l’hiver. Le 8 novembre 1969, une dépêche de l’Algemeen Nederlands Persbureau (ANP) a rapporté que Matra n’admettrait plus que son propre V12 comme moteur de ses voitures. Stewart préférait un moteur anglais. Le contrat n’a pas été renouvelé, d’un commun accord ; la dépêche annonçait le passage de Tyrrell et de Stewart chez March, à moteur Cosworth, pour 1970. En 2008, Bernard Boyer a donné la même raison : Stewart était passé chez March parce qu’il refusait de courir sur la Matra avec un moteur Matra. Le règlement de 1970 imposait en outre des réservoirs souples, qui interdisaient les réservoirs structuraux de la MS80. Matra n’a pas adapté ses deux voitures, et la MS80 n’a plus jamais couru en Grand Prix après le 19 octobre 1969 à Mexico.


À ne pas confondre

À ne pas confondre

Les titres de 1969 ont été gagnés avec la MS10 et la MS80

La première manche de la saison, le Grand Prix d’Afrique du Sud du 1er mars 1969 à Kyalami, a été gagnée par Jackie Stewart sur la MS10-02 de 1968, la MS80 n’ayant tourné qu’aux essais. Stewart a disputé les dix Grands Prix suivants sur la MS80. Les 9 points de cette victoire comptent dans les 63 points du titre de champion du monde des conducteurs de Stewart, comme dans les 66 points retenus de Matra-Ford à la Coupe des constructeurs de Formule 1. La MS80 a apporté à Stewart cinq de ses six victoires de 1969 et 54 de ses 63 points.

MS10, MS80, MS84 et MS11 sont quatre Matra différentes

La MS10 est la voiture de 1968, encore engagée à Kyalami en 1969. La MS84, construite à Vélizy, est la Matra à quatre roues motrices de 1969 : elle a pris quatre départs en Grand Prix, en Grande-Bretagne avec Beltoise, neuvième, puis dans les trois dernières manches avec Johnny Servoz-Gavin, qui lui a donné son seul point au Canada. La MS11, à moteur V12 Matra, a été engagée par Matra-Sports en 1968 seulement. En 1969, aucune Matra à moteur Matra n’a pris le départ d’un Grand Prix du championnat. Le V8 de la MS80 est le Ford Cosworth fourni par l’équipe de Ken Tyrrell ; le moteur de Matra est un V12.

Infographie « Les Matra de Formule 1 en 1969, Grand Prix par Grand Prix » : la MS10, la MS80 ou la MS84 de Stewart, Beltoise et Servoz-Gavin à chacun des onze Grands Prix.
La Matra de chaque pilote de Matra International à chaque Grand Prix de 1969 : MS10 en Afrique du Sud, MS80 ensuite, MS84 pour Beltoise en Grande-Bretagne et pour Servoz-Gavin à partir du Canada.
Infographie « Les Matra de Formule 1 en 1969, Grand Prix par Grand Prix » : la MS10, la MS80 ou la MS84 de Stewart, Beltoise et Servoz-Gavin à chacun des onze Grands Prix.
La Matra de chaque pilote de Matra International à chaque Grand Prix de 1969 : MS10 en Afrique du Sud, MS80 ensuite, MS84 pour Beltoise en Grande-Bretagne et pour Servoz-Gavin à partir du Canada.

Pourquoi ça compte

La MS80 est née d’un partage des rôles entre un constructeur et une équipe. Filiale d’un groupe de l’aérospatiale, Matra-Sports a fourni une coque d’aluminium rivetée, construite selon les méthodes de l’aéronautique ; l’équipe britannique de Ken Tyrrell y a monté un V8 Cosworth et une boîte Hewland. Ce montage a donné à Matra sa seule Coupe des constructeurs de Formule 1, celle de 1969, où Matra-Ford figurait au classement comme constructeur de nationalité française.

Pour Matra, le Cosworth n’avait jamais été qu’un expédient en attendant son propre V12. Le titre de 1969 a donc été gagné avec un moteur que le constructeur comptait remplacer. Entièrement revu pendant l’année, le V12 Matra donnait des résultats satisfaisants en septembre 1969, et la suite s’est écrite avec lui : la MS120, confiée en 1970 à Jean-Pierre Beltoise et à Henri Pescarolo, puis ses évolutions jusqu’en 1972. Avec son propre moteur, Matra terminera septième de la Coupe des constructeurs en 1970 et en 1971, puis huitième en 1972.

La MS80 a aussi été la dernière monocoque de Formule 1 de Matra à réservoirs structuraux. Le règlement de 1970 a imposé des réservoirs souples, et la coque qui contenait elle-même le carburant n’a couru qu’une saison. En juin 2006, Jackie Stewart, trois fois champion du monde des conducteurs, a été interrogé par le journaliste Alan Henry pour Motor Sport sur la meilleure voiture qu’il ait pilotée en Formule 1. Il a répondu : « Je crois que je dois dire la Matra MS80 de 1969. Elle avait un très bel équilibre entre l’avant et l’arrière. Je ne sais pas si cela tenait à la répartition de ses masses ou à son empattement, mais elle donnait le sentiment d’un ensemble bien lié » (traduit de l’anglais).



Sources

Sources


Sportauto-Heritage.fr – Les chroniques du sport automobile au XXe siècle

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