Brabham en Formule 1 (1962-1992)
Fiche Ecurie : Brabham en Formule 1
Formule 1 – 1962-1992
Brabham est l’écurie britannique de Formule 1 fondée en 1961 par l’Australien Jack Brabham et l’ingénieur Ron Tauranac, championne du monde des constructeurs en 1966 et 1967, et la seule dont le fondateur ait remporté le titre pilote au volant d’une voiture portant son nom.
Raison sociale : Motor Racing Developments Ltd. Le nom commercial vient des voitures, dont le préfixe de type BT désigne Brabham et Tauranac.
Quatre structures se succèdent en trente ans : Jack Brabham et Ron Tauranac à parts égales de 1961 à 1970, Tauranac seul en 1971, Bernie Ecclestone du début 1972 à 1988, puis Joachim Lüthi et le groupe Middlebridge jusqu’à l’arrêt de 1992. Les chiffres de cette fiche agrègent l’ensemble de ces structures, sous la raison sociale unique Motor Racing Developments.

Les données techniques sur Brabham en Formule 1
Profil de l’écurie
| Fondateurs et année | Jack Brabham et Ron Tauranac, 1961. Tauranac conçoit les voitures et dirige l’entreprise, Brabham essaie les voitures et négocie les accords commerciaux. |
| Nationalité | Britannique |
| Bases successives | Weybridge, Surrey, de 1962 à 1977. Chessington, Surrey, de 1977 à 1989. Milton Keynes, Buckinghamshire, de 1990 à 1992. |
| Discipline | Formule 1, championnat du monde FIA. Motor Racing Developments produit également des châssis de Formule 2 et de Formule 3 vendus à des clients. |
| Statut | Constructeur intégré. L’écurie conçoit et fabrique ses propres châssis, sans jamais acheter de voiture cliente. |
| Motorisations principales | Coventry Climax puis Repco V8 de 1966 à 1968, Ford Cosworth DFV à partir de 1969, Alfa Romeo à plat 12 cylindres de 1976 à 1979, BMW M12/13 turbo de 1982 à 1987, Judd V8 de 1989 à 1992. |
| Couleurs de course | Bleu turquoise sur la BT3 en 1962. Livrée Martini blanche en 1975, puis rouge en 1976. Livrée Parmalat blanche et bleue de 1981 à 1984. Livrée Olivetti bleu foncé et blanche de 1985 à 1989. |
| Années d’activité | 1962 à 1987, puis 1989 à 1992. L’écurie ne dispute aucun Grand Prix en 1988. |
| Premier et dernier Grand Prix | Grand Prix d’Allemagne 1962. Grand Prix de Hongrie 1992, où Damon Hill termine onzième. |
Sources : GP Racing Stats, fiche constructeur Brabham. Grandprix.com, notice Motor Racing Developments Ltd.
Les chiffres clés de Brabham en Formule 1
35
Victoires en Grand Prix
GP Racing Stats
394
Départs en Grand Prix, pour 402 engagements
GP Racing Stats
2
Titres constructeurs, en 1966 et 1967
GP Racing Stats
4
Titres pilotes : Jack Brabham en 1966, Denny Hulme en 1967, Nelson Piquet en 1981 et 1983
GP Racing Stats
39
Pole positions
GP Racing Stats
124
Podiums, sur 106 Grands Prix
GP Racing Stats
Les deux titres constructeurs tombent en deux saisons consécutives, sur les trente que compte l’écurie. Les deux titres pilotes de Nelson Piquet, en 1981 et 1983, n’ont jamais été accompagnés du titre constructeurs correspondant.
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Victoires en Grand Prix | 35 |
| Départs, pour 402 engagements | 394 |
| Titres constructeurs | 2 (1966, 1967) |
| Titres pilotes | 4 (1966, 1967, 1981, 1983) |
| Pole positions | 39 |
| Podiums | 124 |
Les moments marquants de Brabham en Formule 1
Voitures et pilotes emblématiques (1966-1983)
1966 : Jack Brabham est titré sur la BT19 Repco, le seul champion du monde sur une voiture à son nom Titre
Le passage à la cylindrée de 3 litres surprend les motoristes britanniques. Jack Brabham convainc l’australien Repco de dériver un V8 de composants existants. Le premier exemplaire arrive en Angleterre à la fin de 1965, quelques semaines avant la première course de la nouvelle réglementation, trop tard pour dessiner un châssis neuf. Ron Tauranac engage la BT19, restée inutilisée. Jack Brabham gagne le Grand Prix de France, puis ceux de Grande-Bretagne, des Pays-Bas et d’Allemagne. Il reste le seul pilote titré au volant d’une voiture portant son propre nom.
1978 : la BT46B gagne le Grand Prix de Suède, une seule course disputée, une seule victoire Innovation
Gordon Murray répond à l’effet de sol de la Lotus 79 par un ventilateur monté à l’arrière, présenté comme un organe de refroidissement du moteur Alfa Romeo à plat. Le ventilateur aspire l’air sous la voiture et plaque la BT46B au sol. Niki Lauda se qualifie en première ligne derrière Mario Andretti, prend la tête et gagne avec 34,6 secondes d’avance. La voiture ne reprendra jamais le départ d’un Grand Prix.
1983 : Nelson Piquet est titré sur la BT52 BMW, le premier champion de l’ère turbo Titre
La FIA impose des fonds plats quelques semaines avant la saison. Gordon Murray dessine une flèche aux radiateurs reportés derrière le cockpit, avant effilé et arrière évasé. Le quatre cylindres BMW M12/13 turbo délivre environ 850 chevaux en qualification, ramenés autour de 650 chevaux en course. Nelson Piquet gagne au Brésil, à Monza et à Brands Hatch, et devient le premier pilote champion du monde avec un moteur suralimenté.

L’idée reçue sur Brabham en Formule 1
Idée reçue
La BT46B aurait été interdite et sa victoire annulée
La BT46B n’a jamais été exclue, et la victoire de Niki Lauda en Suède figure toujours au palmarès. Bernie Ecclestone dirigeait alors l’écurie et présidait la FOCA. Les autres directeurs d’équipe, menés par Colin Chapman, ont conditionné leur soutien au retrait de la voiture. Ecclestone l’a retirée de lui même après la course. La Commission sportive internationale n’a proscrit les voitures à ventilateur qu’ensuite. La BT46B conserve un taux de victoire de 100 pour cent sur les Grands Prix qu’elle a disputés.
La BT46B tirait son appui d’un ventilateur entraîné par le moteur Alfa Romeo 115-12, application unique en Formule 1 de l’effet de sol par aspiration. Elle a gagné sa seule course, à Anderstorp le 17 juin 1978.
Brabham en Formule 1, pourquoi ça compte ?
L’écurie a servi de base à la transformation commerciale de la Formule 1. Bernie Ecclestone achète Motor Racing Developments au début de 1972 et prend la tête de la FOCA peu après. Il négocie dès lors les droits de retransmission et les conditions d’engagement au nom des équipes britanniques, depuis une écurie qu’il possède en propre. La discipline y a gagné sa structure économique actuelle, née dans les ateliers de Chessington plutôt que dans les bureaux de la fédération.
Sur le plan technique, Brabham a fonctionné comme un atelier d’essai permanent. Les freins en carbone en 1976, le ravitaillement en course rétabli en 1982, le ventilateur de la BT46B : chaque idée arrivait avant que la réglementation ne l’ait envisagée. Deux d’entre elles sont devenues la norme, la troisième a provoqué une interdiction. Gordon Murray a quitté l’écurie en 1986 pour McLaren, puis a dessiné la F1 routière avec les mêmes principes de compacité.
Trente saisons pour deux titres constructeurs, tous deux obtenus avant 1968 : le bilan comptable reste modeste au regard de la longévité. Ce que Brabham laisse tient moins au palmarès qu’aux règlements écrits après son passage.
Sources
Sources
- Primaire GP Racing Stats, base de résultats du championnat du monde, fiche constructeur Brabham. gpracingstats.com/constructors/brabham
- Primaire Formula1.com, Tech Tuesday, la Brabham BT52. formula1.com, Tech Tuesday BT52
- Sec. Grandprix.com, notice constructeur Motor Racing Developments Ltd. grandprix.com/gpe/con-brabh.html
- Sec. Wikipédia, Brabham : propriétaires successifs, bases, motorisations. en.wikipedia.org/wiki/Brabham
- Sec. Wikipédia, Brabham BT19 : moteur Repco et saison 1966. en.wikipedia.org/wiki/Brabham_BT19
- Sec. Motorsport.com, l’histoire complète de la BT46B à ventilateur. motorsport.com, Brabham BT46B fan car
- Sec. The F1 Liveries Archive, Seb Patrick, livrées Brabham par saison. f1colours.sebpatrick.co.uk/teams/brabham
- Lacune Date exacte de constitution de Motor Racing Developments Ltd : 1961 selon Wikipédia et Grandprix.com, 1960 selon d’autres références. L’année 1961 est retenue, deux sources concordantes. Archive compétente : Companies House, registre des sociétés britanniques.
- Lacune Répartition des 35 victoires entre les structures juridiques successives : aucune source primaire ne la publie. Archive compétente : FIA, service des archives sportives, Genève.
Sportauto-Heritage.fr – Les chroniques du Sport Automobile au XXe Siècle
