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Derek Bell

Derek Bell, né le 31 octobre 1941 à Pinner, est le pilote britannique le plus titré des 24 Heures du Mans, avec cinq victoires entre 1975 et 1987. Après une carrière de Formule 1 contrariée, entamée chez Ferrari en 1968 et limitée à neuf départs, il se révèle en endurance sur les prototypes de l’équipe Gulf de John Wyer, puis au sein de l’usine Rothmans Porsche. Deux fois champion du monde des voitures de sport (1985 et 1986) aux côtés de Hans-Joachim Stuck, trois fois vainqueur des 24 Heures de Daytona, il figure au FIA Endurance Hall of Fame depuis 2019.


Les essentiels de Derek Bell

Endurance, sport-prototypes et Formule 1, 1964-1996

Pilote britannique d’endurance, Derek Bell a remporté cinq fois les 24 Heures du Mans entre 1975 et 1987 et deux titres de champion du monde des voitures de sport, au sein de l’écurie Rothmans Porsche et aux côtés de Jacky Ickx puis de Hans-Joachim Stuck.

Né à Pinner, dans le Middlesex, le 31 octobre 1941, Derek Reginald Bell grandit sur une exploitation agricole du Sussex avant de débuter en compétition dans les épreuves de club britanniques au milieu des années 1960. La Formule 3 puis la Formule 2 le conduisent jusqu’à un baquet Ferrari en Formule 1 en 1968, sans lendemain durable. Sa carrière bascule vers l’endurance au début des années 1970, quand l’équipe Gulf de John Wyer lui confie une Porsche 917. De la Gulf-Mirage aux Porsche 956 et 962C de l’ère du Groupe C, il devient le pilote britannique le plus titré de l’histoire des 24 Heures du Mans.

Bell, Derek, Brabham F2 1970-05-01
Bell, Derek, Brabham F2 1970-05-01 – CC BY-SA 2.0 de, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2066814

Les données techniques de Derek Bell

Fiche du pilote

NationalitéBritannique
Né le31 octobre 1941, Pinner, Middlesex, Angleterre
Disciplines principalesEndurance et sport-prototypes, Formule 1, Formule 2
Années d’activité1964-1996 (endurance)
Écuries principalesScuderia Ferrari, Team Surtees, Tecno (Formule 1) ; JW Automotive Gulf, Rothmans Porsche, Joest Racing (endurance)
Voitures de référenceLa Gulf-Mirage GR8, la Porsche 917 LH, la Porsche 936, la Porsche 956, la Porsche 962C
Palmarès principal5 victoires aux 24 Heures du Mans (1975, 1981, 1982, 1986, 1987) ; 2 titres de champion du monde des voitures de sport (1985, 1986) ; 3 victoires aux 24 Heures de Daytona (1986, 1987, 1989)
Coéquipiers notablesJacky Ickx (3 victoires au Mans) ; Hans-Joachim Stuck et Al Holbert (2 victoires au Mans, Daytona)
DistinctionsMBE (1986) ; FIA Endurance Hall of Fame (2019)
Statut actuelRetraité de la compétition de haut niveau ; ambassadeur de marque, pilote en épreuves historiques

Derek Bell est un pilote d’endurance au sens plein : sa réputation tient moins à la vitesse pure sur un tour qu’à la régularité, à la lucidité mécanique et à la capacité de préserver une voiture pendant vingt-quatre heures. Les sources contemporaines le rangent parmi les « gentlemen drivers » de haut niveau, à l’aise dans la gestion d’un relais nocturne comme dans le dialogue avec les ingénieurs. Cette disposition explique une carrière construite sur la durée plutôt que sur l’éclat d’une saison isolée.

Son passage par la Formule 1, entamé chez Ferrari en 1968, reste contrarié : neuf départs en Grand Prix, un meilleur résultat à la sixième place au Grand Prix des États-Unis 1970 sur une Surtees, aucune saison complète. La bascule vers l’endurance, au début des années 1970 avec l’équipe Gulf de John Wyer, révèle son registre naturel. L’association avec Jacky Ickx, nouée sur la Gulf-Mirage puis prolongée chez Porsche, forme l’un des équipages les plus victorieux de l’histoire de la Sarthe.

L’ère du Groupe C, entre 1982 et 1987, marque son sommet : titulaire de l’usine Rothmans Porsche, il gagne au Mans sur la 956 puis sur la 962C et décroche ses deux couronnes mondiales aux côtés de Hans-Joachim Stuck. La dimension familiale complète le parcours, Bell partageant deux fois la piste mancelle avec son fils Justin, dont un podium en 1995 sur la McLaren F1 GTR.

Sources : derekbell.com (N3) ; 24h-lemans.com (N1) ; en.wikipedia.org (N4) ; motorsportmagazine.com (N2)


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Les chiffres clés de Derek Bell

5

Victoires aux 24 Heures du Mans (1975, 1981, 1982, 1986, 1987)

Source : 24h-lemans.com (N1)

2

Titres de champion du monde des voitures de sport (1985, 1986)

Source : Wikipedia, championnats du monde 1985 et 1986

3

Victoires aux 24 Heures de Daytona (1986, 1987, 1989)

Source : IMSA Hall of Fame

26

Participations aux 24 Heures du Mans (1970-1996)

Source : 24h-lemans.com (N1) ; 27 selon Wikipedia (divergence)

10

Podiums aux 24 Heures du Mans

Source : 24h-lemans.com (N1)

396 km/h

Pointe calculée sur la Porsche 917 LH aux Hunaudières, journée-test 1971 (estimé, 246 mph)

Source : Wikipedia, derekbell.com (N3)

Ces cinq victoires au Mans font de Derek Bell le pilote britannique le plus titré de l’épreuve, derrière les seuls Tom Kristensen (neuf succès) et Jacky Ickx (six), ce dernier ayant partagé trois de ses couronnes avec Bell. Le doublé Daytona et Le Mans réussi en 1986 puis en 1987, soit quatre-vingt-seize heures de course sans défaite sur les deux classiques mondiales de l’endurance, reste une performance sans équivalent, saluée par la décoration MBE reçue en 1986.


Combien de fois Derek Bell a-t-il gagné les 24 Heures du Mans ?

Derek Bell a remporté cinq fois les 24 Heures du Mans, en 1975, 1981, 1982, 1986 et 1987. Il est le pilote britannique le plus titré de l’épreuve.

Les cinq victoires de Derek Bell aux 24 Heures du Mans
Palmarès
Les cinq victoires de Derek Bell aux 24 Heures du Mans
Année Voiture Coéquipier(s) Écurie
1975 Gulf-Mirage GR8 Jacky Ickx JW Automotive Gulf
1981 Porsche 936/81 Jacky Ickx Porsche System
1982 Porsche 956 Jacky Ickx Rothmans Porsche
1986 Porsche 962C Hans-Joachim Stuck, Al Holbert Rothmans Porsche
1987 Porsche 962C Hans-Joachim Stuck, Al Holbert Rothmans Porsche
Ces cinq succès font de Derek Bell le pilote britannique le plus titré des 24 Heures du Mans. Au classement général de l’épreuve, il est devancé par le Danois Tom Kristensen, neuf victoires, et le Belge Jacky Ickx, six victoires, avec lequel il en a partagé trois.

Les moments marquants de Derek Bell

Moments marquants : des monoplaces à la première couronne mancelle (1968-1975)

Repéré en Formule 3 puis en Formule 2 britanniques, Derek Bell arrive en Formule 1 par la grande porte, celle de Ferrari, avant de comprendre que son avenir se joue ailleurs. En sept ans, il passe des monoplaces de Maranello aux prototypes d’endurance de l’équipe Gulf, jusqu’à décrocher au Mans, en 1975, la première des cinq victoires qui feront sa légende.

Première

1968 : débuts en Formule 1 chez Ferrari à Monza, une entrée sans lendemain

Derek Bell dispute son premier Grand Prix de championnat du monde au Grand Prix d’Italie 1968, à Monza, au volant d’une Ferrari 312. Qualifié en huitième position, il abandonne sur ennui mécanique, comme lors de sa sortie suivante à Watkins Glen. Sous contrat avec la Scuderia pour 1969, il ne prend le départ que d’épreuves hors championnat et se retrouve sans baquet régulier dès la saison suivante. La Formule 1 de Bell restera une carrière contrariée : il attrape Ferrari dans un creux de performance, à un moment où la marque peine à convertir ses moyens en résultats. Cette impasse, plus qu’un échec de pilotage, oriente la suite de sa trajectoire vers l’endurance.

1970 : sixième au Grand Prix des États-Unis, le sommet d’une carrière en Formule 1

Au Grand Prix des États-Unis 1970, à Watkins Glen, Derek Bell termine sixième sur une Surtees TS7 engagée par l’écurie de John Surtees. Ce résultat demeure son meilleur classement en championnat du monde de Formule 1, sur un total de neuf départs répartis entre Ferrari, McLaren, Surtees et Tecno. La même année, il figure au générique du film « Le Mans » de Steve McQueen, tourné sur le circuit de la Sarthe, expérience qui le rapproche de la course d’endurance. La monoplace lui échappe faute d’un volant compétitif durable, mais elle lui laisse une culture de la vitesse et un carnet d’adresses qui serviront sa reconversion.

Record

1971 : 246 mph sur la Porsche 917 LH aux Hunaudières, la découverte de la Sarthe

Engagé par l’équipe Gulf de John Wyer, Derek Bell découvre les 24 Heures du Mans au début des années 1970 sur la Porsche 917. Lors de la journée-test d’avril 1971, il atteint dans la ligne droite des Hunaudières une vitesse de pointe calculée de 246 miles par heure, soit environ 396 km/h, sa pointe la plus élevée sur le circuit, sur la version longue 917 LH aux couleurs Gulf. La valeur relève d’un calcul et non d’un chronométrage officiel : elle reste estimée. L’épisode scelle son basculement vers la discipline qui fera sa carrière. Aux côtés de pilotes comme Jo Siffert et Pedro Rodríguez, Bell apprend la Sarthe sur l’une des voitures les plus rapides jamais alignées au Mans avant l’ère des chicanes.

Décisif

1975 : première victoire au Mans sur la Gulf-Mirage GR8, le premier sacre avec Ickx

Derek Bell remporte ses premières 24 Heures du Mans en 1975, associé à Jacky Ickx sur la Gulf-Mirage GR8 de l’équipe de John Wyer. L’équipage boucle 336 tours et devance d’un tour la Ligier JS2 de Lafosse et Chasseuil. La voiture, à carrosserie à faible traînée, est propulsée par un moteur Ford Cosworth DFV dérivé de la Formule 1 et volontairement détendu pour l’endurance. Le contexte sert l’exploit : la crise pétrolière et un règlement de consommation ont éloigné les grands constructeurs, laissant la voie libre à la Mirage. Ce succès inaugure l’un des équipages les plus victorieux de l’histoire de l’épreuve : première couronne pour Bell, deuxième pour Ickx, prélude à leurs triomphes communs chez Porsche.

Derek Bell sur la Ferrari numéro 14 en 1968 à Zandvoort.
Derek Bell sur la Ferrari numéro 14 en 1968 à Zandvoort. – By Anefo – http://proxy.handle.net/10648/ab48dc68-d0b4-102d-bcf8-003048976d84, CC0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=66598145

Moments marquants : l’ère Rothmans Porsche et l’héritage (1981-1996)

À partir de 1981, Derek Bell devient l’un des piliers de l’endurance Porsche. Titulaire de l’usine Rothmans, il gagne au Mans sur trois générations de prototypes, décroche deux couronnes mondiales avec Hans-Joachim Stuck et signe, en 1986, une année sans équivalent. Sa carrière se referme sur la Sarthe, en famille, aux côtés de son fils Justin.

Décisif

1981 : deuxième victoire au Mans sur la Porsche 936, le retour au sommet

Six ans après son premier succès, Derek Bell remporte de nouveau les 24 Heures du Mans en 1981, associé à Jacky Ickx sur la Porsche 936/81 de l’usine. La victoire relance un équipage que la carrière de chacun avait momentanément dispersé et ancre Bell dans la structure officielle de Stuttgart. La 936, prototype à moteur turbocompressé issu de la lignée des 908 et 917, offre à Porsche un dernier triomphe avant l’arrivée du Groupe C. Pour Bell, ce deuxième sacre confirme qu’il est devenu un pilote d’endurance de premier plan, et non un simple équipier de complément. Il ouvre la période la plus dense de sa carrière, celle des années Rothmans.

Tournant

1982 : la Porsche 956 s’impose au Mans, un triplé fondateur

En 1982, Derek Bell et Jacky Ickx offrent à la Porsche 956 sa première victoire aux 24 Heures du Mans, au terme d’un triplé de l’usine : leur numéro 1 devance la numéro 2 de Jochen Mass et Vern Schuppan, puis la numéro 3 de Hurley Haywood, Al Holbert et Jürgen Barth. La 956, premier prototype Porsche à châssis monocoque et à effet de sol, inaugure la réglementation Groupe C et deviendra l’une des voitures d’endurance les plus dominatrices de l’histoire, reconnaissable à sa livrée bleu et blanc Rothmans. Bell termine cette année-là troisième du championnat du monde, Ickx en étant sacré. Ce succès installe le tandem au cœur du projet sportif de Porsche.

Première

1985 : premier titre de champion du monde des voitures de sport

Derek Bell décroche en 1985 son premier titre mondial, celui du championnat du monde d’endurance pour les pilotes, partagé avec Hans-Joachim Stuck. Les deux hommes se relaient toute la saison sur la même Porsche 962C de l’usine Rothmans, dans une campagne de régularité couronnée de plusieurs victoires. Porsche verrouille dans le même temps le titre des constructeurs avec ses 956 et 962. Ce sacre marque un changement de registre pour Bell : après les victoires ponctuelles au Mans, il devient champion sur l’ensemble d’un championnat, récompense d’une constance sur la distance d’une saison complète. L’association avec Stuck, rapide et endurant, devient le socle de ses dernières grandes années.

Décisif

1986 : Daytona, Le Mans et le titre mondial la même année

L’année 1986 est la plus riche de la carrière de Derek Bell. Il remporte d’abord les 24 Heures de Daytona avec Al Holbert et Al Unser Jr., puis les 24 Heures du Mans sur la Porsche 962C avec Stuck et Holbert. Il ajoute un second titre de champion du monde des voitures de sport : à égalité de 82 points avec Stuck, il est déclaré champion pour avoir terminé mieux classé au Norisring, seule manche qu’ils n’aient pas courue ensemble. La Couronne britannique le distingue la même année d’une décoration MBE pour services au sport automobile. Ce cumul, doublé du même exploit répété en 1987, vaut à Bell la réputation d’un pilote invaincu sur quatre-vingt-seize heures de classiques d’endurance.

Décisif

1987 : cinquième et dernière victoire au Mans sur la 962C

Derek Bell remporte ses cinquièmes et dernières 24 Heures du Mans en 1987, de nouveau associé à Hans-Joachim Stuck et Al Holbert sur la Porsche 962C de l’usine Rothmans. La victoire prolonge d’un an la domination du trio et complète le second doublé Daytona et Le Mans consécutif. Ce cinquième succès fixe le total qui fait encore de Bell le pilote britannique le plus titré de l’épreuve. Il intervient au crépuscule de la suprématie Porsche en Groupe C, avant la montée en puissance des Jaguar, des Sauber-Mercedes puis des prototypes à moteur atmosphérique de 3 500 cm3. Pour Bell, 1987 referme le cycle des grandes victoires d’usine, sans mettre un terme à sa présence sur la Sarthe.

Tournant

1995-1996 : le podium en famille puis le dernier départ manceau

En 1995, Derek Bell termine troisième des 24 Heures du Mans sur une McLaren F1 GTR de l’équipe Harrods, aux côtés de son fils Justin Bell et d’Andy Wallace. Le podium partagé avec son fils, un jour de fête des pères, reste l’un des souvenirs qu’il cite comme les plus marquants de sa carrière. Père et fils avaient déjà couru ensemble au Mans en 1992 sur une Porsche 962C. Bell dispute une dernière fois l’épreuve en 1996, toujours sur la McLaren F1 GTR, refermant une présence à la Sarthe étalée sur plus d’un quart de siècle. Il quitte la course de haut niveau en conservant le statut de pilote britannique le plus victorieux de l’histoire du Mans.

La Porsche 956 restera invaincue à La Sarthe jusqu’en 1985, sans que Bell ne remporte de nouveau l’épreuve avant 1986 sur la 962C.

Porsche 962C d'usine des 24 Heures du Mans 1988. Elle a terminé deuxième et était pilotée par Hans-Joachim Stuck, Klaus Ludwig et Derek Bell.
Porsche 962C d’usine des 24 Heures du Mans 1988. Elle a terminé deuxième et était pilotée par Hans-Joachim Stuck, Klaus Ludwig et Derek Bell. – By Brian Snelson from Hockley, Essex, England – IMG_7716, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2050779

L’idée reçue sur Derek Bell

À ne pas confondre

Le pilote et le harpiste des Chieftains sont deux hommes différents

Deux Britanniques nommés Derek Bell ont été décorés de l’ordre de l’Empire britannique. Le pilote, Derek Reginald Bell, né en 1941 à Pinner, a reçu son MBE en 1986 pour services au sport automobile. L’autre, George Derek Fleetwood Bell, né à Belfast en 1935 et mort en 2002, était le harpiste du groupe de musique traditionnelle irlandaise The Chieftains ; il a été fait MBE en 2000 pour services à la musique traditionnelle. Homonymie, nationalité et distinction identiques prêtent à confusion, mais aucun lien de parenté ni de carrière ne les rattache l’un à l’autre.

Bell n’est pas le recordman des victoires au Mans, mais le Britannique le plus titré

Les cinq victoires de Derek Bell en font le pilote britannique le plus victorieux de l’histoire des 24 Heures du Mans, un statut souvent élargi à tort en record absolu. Au classement général de l’épreuve, il est devancé par le Danois Tom Kristensen, neuf fois vainqueur, et par le Belge Jacky Ickx, six succès, avec lequel Bell a d’ailleurs partagé trois de ses couronnes. Son record est donc national, pas mondial.


Pourquoi ça compte ?

Derek Bell appartient à une catégorie de pilotes que le grand public identifie mal : celle des spécialistes de l’endurance, dont la valeur se mesure sur vingt-quatre heures et non sur un tour lancé. Sa carrière en Formule 1 tient en neuf départs et une sixième place. Son palmarès d’endurance compte parmi les plus fournis du vingtième siècle. Cet écart raconte une hiérarchie tenace du sport automobile, qui place la monoplace au sommet et laisse la course de fond au rang de discipline seconde. Bell a passé vingt ans à prouver le contraire, chronomètre en main.

Sa réussite est aussi celle d’une époque et d’une écurie. Entre 1982 et 1987, l’usine Rothmans Porsche règne sur le Groupe C avec les 956 et 962C, et Bell en est l’un des visages, aux côtés de Jacky Ickx et de Hans-Joachim Stuck. Un équipage d’endurance se juge à sa régularité et à sa capacité de ménager une mécanique poussée pendant une journée entière. Le tandem Bell-Ickx, trois fois vainqueur au Mans, a fixé un modèle du genre, repris ensuite par le trio Bell-Stuck-Holbert sur les Porsche d’usine.

Reste la dimension humaine, qui explique sa place dans la mémoire du public britannique. Son podium de 1995, partagé avec son fils Justin sur la McLaren F1 GTR un jour de fête des pères, dit une carrière assez longue pour croiser la génération suivante. À plus de cinquante ans, il disputait encore la Sarthe. Cette longévité, autant que les cinq victoires, a fait de lui une figure de l’endurance, décorée par la Couronne en 1986 et admise au FIA Endurance Hall of Fame en 2019.


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Sources

Sources

  • Primaire Automobile Club de l’Ouest, 24h-lemans.com, « Nine things worth knowing about Derek Bell » et centenaire (victoires, participations, podiums). 24h-lemans.com
  • Primaire Site officiel du pilote, derekbell.com, rubrique biographique (débuts, palmarès, chronologie de carrière). derekbell.com/about
  • Primaire Porsche Newsroom, « Porsche congratulates Derek Bell on his 80th birthday » (années Rothmans Porsche, 956 et 962C). newsroom.porsche.com
  • Sec. Wikipedia, « Derek Bell (racing driver) » (Formule 1, châssis, titres mondiaux 1985 et 1986, années de participation). en.wikipedia.org/wiki/Derek_Bell_(racing_driver)
  • Sec. IMSA Hall of Fame, fiche Derek Bell (24 Heures de Daytona 1986, 1987, 1989 ; classements IMSA GT). imsahalloffame.com/drivers/derek-bell
  • Sec. Motor Sport Magazine, base de données pilotes (départs et résultats en Formule 1, statistiques de carrière). motorsportmagazine.com/database/drivers/derek-bell
  • Lacune Nombre exact de participations aux 24 Heures du Mans divergent : 26 selon l’Automobile Club de l’Ouest, 27 selon Wikipedia. Source de référence à solliciter : archives officielles de l’ACO.
  • Lacune Classements exacts de Derek Bell en championnat IMSA GT saison par saison non recoupés sur source primaire. Source de référence à solliciter : archives officielles IMSA.

Sportauto-Heritage.fr – Les chroniques du Sport Automobile au XXe Siècle

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