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Hellé Nice (1900–1984)



Hellé Nice — de son vrai nom Mariette Hélène Delangle — est l’une des rares femmes à avoir couru en Grand Prix face à des pilotes comme Nuvolari ou Chiron dans les années 1930. Née en 1900 en Eure-et-Loir, elle établit des records à Montlhéry au volant d’une Bugatti Type 35, traverse un grave accident à São Paulo en 1936, et voit sa carrière détruite en 1949 par une accusation sans preuve formulée par Louis Chiron lors d’une soirée à Monaco. Elle meurt en 1984, seule et ruinée.

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Chronologie

Hellé Nice — Chronologie des dates clés | Sportauto-Heritage.fr
Chronologie · Personnalité

Hellé Nice  (1900–1984)

Légende
Naissance & premières carrières
Carrière & courses
Titres & pivots décisifs
Accidents & deuils
Fin de vie
1900

Naissance à Aunay-sous-Auneau

15 décembre 1900, Eure-et-Loir. Mariette Hélène Delangle, fille d’un receveur des postes. À 3 ans, assiste au passage de la course Paris-Madrid dans son village.

1916

Départ pour Paris — modèle et danseuse

Quitte son village à 16 ans. Modèle nue, puis cours de ballet. Carrière de danseuse sous le nom d’Hélène Nice, puis Hellé Nice. Partage l’affiche du Casino de Paris avec Maurice Chevalier.

1920

Permis de conduire & rencontre de Courcelles

Obtient son permis à 20 ans — chose rare pour une femme. Rencontre Henri de Courcelles, dit « Couc », aviateur reconverti pilote automobile qui lui fait découvrir les circuits.

1927

Accident de ski — fin du music-hall

Blessure au genou lors d’une descente alpine. Fin contrainte de sa carrière de danseuse. La même année, mort de Courcelles au volant lors d’une course. Double rupture qui bascule sa vie vers les circuits.

1929

Montlhéry — première victoire & record de vitesse

2 juin : remporte le Grand Prix féminin à Montlhéry sur Oméga-Six. 18 décembre : au volant d’une Bugatti Type 35C, atteint 197,7 km/h sur l’anneau — record du monde féminin. Bugatti et Lucky Strike en font leur égérie.

1930–31

Tournée américaine — 76 courses

Ettore Bugatti lui confie une Type 35C. Elle dispute 76 courses aux États-Unis face aux meilleurs pilotes du moment. 3e au Grand Prix Bugatti du Mans en juillet 1930. Seule femme sur les circuits du Grand Prix en 1931.

1931–35

Bugatti puis Alfa Romeo — zénith sportif

Cinq Grands Prix en 1931 (Marne, Dieppe, Comminges, Monza, La Baule). Bascule ensuite sur Alfa Romeo. 9e au Grand Prix de Monza 1933 — seule femme engagée. Affronte Nuvolari, Chiron, Caracciola, Rosemeyer.

1937

Montlhéry — 10 records mondiaux en endurance

Mai 1937 : essais Yacco avec quatre femmes. Dix jours et nuits en alternance sur l’anneau, au volant d’une Matford V8. Hellé Nice établit personnellement 10 records mondiaux. Plus de 32 000 km parcourus.

1936

Accident au Grand Prix de São Paulo

13 juillet 1936 : tentant de dépasser Manuel de Teffé, sa voiture est percutée. Trois jours de coma, deux mois d’hôpital. Elle reprend en 1937, mais l’accident marque le début du déclin physique.

1939

Dernière victoire — Comminges

6 août 1939 : remporte le championnat féminin de l’Union Sportive automobile sur le circuit de Comminges, au volant d’une Juvaquatre. La guerre interrompt la compétition quelques semaines plus tard.

1949

Rallye Monte-Carlo — accusation de Chiron

Lors de la soirée de gala du Rallye Monte-Carlo, Louis Chiron l’accuse publiquement d’avoir été agent de la Gestapo. Aucune preuve. Sponsors perdus, amis disparus, amant parti avec l’argent. Fin de carrière immédiate et définitive.

1949–84

Trente-cinq ans d’effacement

Vit dans un appartement du quartier ouvrier de Riquier à Nice, sous un pseudonyme. Survit grâce à l’organisme de charité La Roue tourne. Son palmarès de plus de 70 courses est rayé des annales.

1984

Mort à Nice

1er octobre 1984, 83 ans. La crémation est payée par La Roue tourne. Sa sœur refuse d’inscrire son nom sur le caveau familial. Réhabilitation partielle en 2010 grâce à Miranda Seymour et la Hellé Nice Foundation.


Hellé Nice - Photographe inconnu
Hellé Nice – Photographe inconnu

Hellé Nice naît en 1900, dans une famille modeste et meurt en 1984 à Nice, seule, ruinée, presque effacée des mémoires. Entre ces deux dates, elle mène pourtant une trajectoire rare. Sous son vrai nom, Mariette Hélène Delangle, elle s’impose dans le sport mécanique des années 1930, court en Grand Prix face à des pilotes comme Nuvolari ou Chiron, établit des records à Montlhéry et traverse un grave accident au Brésil qui coûte la vie à plusieurs spectateurs.

Son histoire ne se résume pas à ses résultats. Elle montre aussi comment une femme a pu accéder à un milieu encore très fermé, comment la presse a fabriqué son image, puis comment cette image a pu s’effondrer en une soirée à cause d’une accusation jamais prouvée. Je reviens sur ce parcours pour comprendre ce qu’il raconte du sport, de la célébrité et de l’oubli.


Aunay-sous-Auneau, Paris, Montlhéry : comment on entre dans le milieu ?

Pour comprendre l’entrée d’Hellé Nice dans la compétition, il faut commencer par ce qu’elle n’est pas : une héritière, une industrielle, une femme portée par un réseau familial. Son père, receveur des postes, décède alors qu’elle est encore enfant. Sa mère, qui désapprouvera son mode de vie, ne lui offrira aucun appui. Hellé Nice quitte Aunay-sous-Auneau à seize ans. Elle devient modèle nue, puis danseuse de music-hall, et construit seule une notoriété d’artiste qui culminera en 1927 dans le spectacle Les Ailes de Paris au Casino de Paris. Ce détail social compte : son accès à la course automobile ne viendra pas d’un capital hérité mais d’un capital gagné, et d’un basculement de réseau.

Ce basculement passe par Henry Gérard de Courcelles, aviateur décoré de la Grande Guerre, devenu pilote automobile. C’est lui qui lui fait découvrir les compétitions et qui l’accompagne dans les premières années. Hellé Nice obtient son permis de conduire vers 1920, à vingt ans — fait signalé comme peu courant pour les femmes à cette période. Elle pratique d’abord de façon informelle, avant qu’une blessure au genou lors d’une descente de ski en 1929 ne ferme la porte de sa carrière de danseuse et n’en ouvre une autre.

La porte en question s’appelle la Journée Féminine de l’Automobile, organisée à l’Autodrome de Linas-Montlhéry depuis 1927. Ce cadre parallèle aux structures de l’ACF masculine constitue l’accès institutionnel qui lui manquait. Le 2 juin 1929, au volant d’une Oméga-Six procurée par son mécanicien Marcel Mougin, elle remporte le Grand Prix Féminin qui se tient sur ce circuit. Je retiens ce fait non comme un accomplissement symbolique, mais comme une porte d’entrée concrète dans un système qui commence à la prendre au sérieux.

Six mois plus tard, en décembre 1929, elle revient à Montlhéry au volant d’une Bugatti Type 35C pour une tentative de record de vitesse. Les sources enregistrent 197,7 km/h sur un tour et une moyenne de 194 km/h sur dix tours. La presse de l’époque parle de « record du monde féminin ». Je traite cette formulation avec précaution : L’Auto des 18-19 décembre 1929, source primaire disponible, montre qu’aucun record officiel de vitesse féminin n’existait dans les registres de l’AIACR. De plus, Janine Jennky avait atteint 199 km/h de moyenne à Arpajon en août 1928. Ce que l’on peut dire avec certitude, c’est qu’Hellé Nice atteint ce jour-là une vitesse que peu de pilotes — hommes ou femmes — atteignaient sur circuit en 1929, et que la presse transforme immédiatement cela en capital médiatique.


1930–1931 : intégrer le plateau des Grands Prix, mesurer la distance

L’année 1930 marque un pivot. Philippe de Rothschild, pilote amateur et héritier de la maison de négoce éponyme, croise Hellé Nice dans un café des Champs-Élysées et la présente à Ettore Bugatti. Ce réseau fonctionne comme un sas : il lui ouvre l’accès à des voitures qu’elle n’aurait pas pu se procurer seule et à une légitimité de marque qui compte dans les années 1930, où piloter pour Bugatti signifie quelque chose aux yeux des organisateurs et de la presse. Elle acquiert par ailleurs une Bugatti Type 35 directement à l’usine de Molsheim le 29 mars 1930 — le numéro de châssis 4863 est documenté.


A lire aussi : La Bugatti Type 35, La voiture de course la plus victorieuse de l’histoire ne gagna pas sa première course — et cet échec inaugural fut peut-être la meilleure chose qui lui soit arrivée.


La même année, elle s’engage dans une tournée aux États-Unis, courant sur des dirt tracks et speedbowls au volant d’une Miller de fabrication américaine. Elle dispute selon les sources disponibles jusqu’à 76 épreuves. Elle n’en remporte aucune. Je note ce fait tel quel, sans l’atténuer : les dirt tracks américains sont un milieu très différent des circuits européens, les concurrents locaux y sont rompus depuis des années, et la notoriété médiatique qui entoure ce tour — elle devient l’égérie de Lucky Strike — dit plus sur la valeur commerciale de son image que sur ses résultats sportifs sur ce continent.

De retour en France, elle obtient en juin 1930 une 3e place au Grand Prix Bugatti du Mans. Ce résultat est suivi, en 1931, par une saison dans cinq Grands Prix au volant d’une Bugatti Type 35C : Marne (4e place), Dieppe, Comminges, Monza et La Baule. Ces engagements la placent directement en concurrence avec des pilotes comme Tazio Nuvolari, Rudolf Caracciola, Louis Chiron ou Robert Benoist — noms qui résument le niveau du plateau européen des années 1930. Elle ne les bat pas. Elle finit ces courses, ce qui n’est pas la même chose, et dans un milieu où l’abandon reste fréquent, la régularité dit quelque chose sur la maîtrise technique.


1932–1935 : Bugatti, rallyes et l’affirmation publique d’une compétence

Les années suivantes montrent une pilote qui diversifie ses engagements sans renoncer au plateau des Grands Prix. En 1932, elle remporte le Rallye Paris–Saint-Raphaël Féminin au volant d’une Bugatti Type 35B suralimentée, s’imposant au passage dans la côte de Pougues-les-Eaux sur un kilomètre. L’année suivante, elle court cette même épreuve en équipage avec Odette Siko, qui avait terminé quatrième des 24 Heures du Mans 1932.

Je reviens sur les déclarations publiques d’Hellé Nice à cette période, parce qu’elles révèlent une posture qu’il serait réducteur de lire uniquement comme de la provocation. À Le Journal, elle déclare : « On peut très bien conduire à 140 avec des poignets très menus, avec des doigts minces et fins et sans porter la culotte. » À Paris-Soir, qui enregistre sa frustration sur l’absence d’épreuves féminines de haut niveau, elle pose la question « À quand de grandes épreuves de vitesse féminines ? » Ces formulations ne sont pas des manifestes : elles sont des arguments sur la compétence, énoncés dans la presse sportive, à destination d’un milieu qui tolère sa présence sans la reconnaître institutionnellement.

Le 10 septembre 1933, elle participe au Grand Prix de Monza, épreuve qui restera dans les annales pour les morts de Campari, Borzacchini et Czaykowski — trois figures majeures du circuit européen. Hellé Nice termine neuvième. Le Petit Courrier du 14 septembre 1933 reproduit une photographie la montrant recevoir les félicitations de dignitaires fascistes italiens dans l’après-course. Je mentionne ce document parce qu’il sera convoqué bien plus tard dans un contexte différent, et qu’il illustre la façon dont la photographie de presse sportive peut produire des images dont le sens se déplace avec le temps.


São Paulo, juillet 1936 : l’accident comme fait brut et ses conséquences

Le 12 juillet 1936, Hellé Nice dispute la première édition du Grand Prix de São Paulo, au Brésil. Elle court au volant d’une Alfa Romeo. Alors qu’elle se trouve en quatrième position et cherche à doubler le champion local Manuel de Teffé, celui-ci se déporte vers la gauche de la route au moment où elle tente le dépassement. Pour éviter la collision, elle se décale vers la gauche et percute à plus de 160 km/h une botte de paille déplacée sur la piste. L’Alfa Romeo est projetée dans la foule. Les sources divergent sur le bilan : quatre spectateurs tués et trente-sept blessés selon Wikipedia, d’autres sources indiquent six morts — le bilan exact mériterait une vérification dans la presse brésilienne de juillet 1936. Hellé Nice, éjectée de sa voiture, heurte un soldat dont le corps absorbe le choc. Elle perd connaissance. Elle sort du coma trois jours plus tard, quitte l’hôpital deux mois après.

De retour en France, elle fait publier dans L’Intransigeant une tribune intitulée « Le cauchemar que j’ai vécu ». Ce texte est une source primaire qui mérite d’être traitée pour ce qu’elle est : la reconstruction à froid d’un événement dont elle dit elle-même avoir « tout oublié ». Elle y met en cause l’organisation de la course — la protection du public qu’elle qualifie d’insignifiante, les feuillets de classement jetés sur la route par les commissaires qui ont obstrué son radiateur — et elle décrit la manœuvre de Teffé sans en faire l’unique explication. Je lis ce texte non comme un plaidoyer mais comme une tentative de maîtriser le récit de l’événement dans une presse qui en a fait une affaire internationale.

Cet accident marque un tournant matériel dans sa carrière. Elle tente en 1937 un retour en course — les Mille Miglia et le Grand Prix de Tripoli sont mentionnés comme objectifs — mais elle ne parvient pas à obtenir les soutiens nécessaires. Elle participe en 1937 aux essais d’endurance organisés par Yacco à Montlhéry, courant en alternance avec trois autres pilotes pendant dix jours et dix nuits, au volant d’une Matford. Les sources créditent cette équipe de dix records mondiaux. En 1936, elle avait remporté la Coupe des Dames du Rallye Monte-Carlo avec Mme Marinovitch sur Matford Alsace V8, classées dix-huitièmes au général. Ces engagements post-accident disent une chose précise : la blessure n’a pas effacé la capacité, mais le soutien des marques et des organisateurs se fait plus rare.


Monte-Carlo, janvier 1949 : une accusation sans procédure, une carrière détruite

La Seconde Guerre mondiale suspend les courses en Europe en septembre 1939. Hellé Nice passe les années d’occupation à Nice, avec son compagnon Arnaldo Binelli. Le premier Rallye Monte-Carlo d’après-guerre a lieu en 1949. Elle s’y inscrit. Lors d’une soirée organisée pour célébrer le retour de la compétition, Louis Chiron — vainqueur de nombreux Grands Prix de la période, figure centrale du milieu — traverse la salle et l’accuse publiquement d’avoir été agent de la Gestapo durant la guerre. Il ne fournit aucune preuve. Il ne donne suite à aucune procédure formelle. L’accusation reste dans l’espace social.

Ce que cette scène révèle, c’est le fonctionnement d’une réputation dans un milieu fermé : une parole publique, formulée par un homme disposant d’une autorité sociale reconnue, suffit à déplacer les rapports de force, sans qu’aucun mécanisme de vérification ne soit activé. Les sponsors se retirent. Les invitations cessent. Elle ne recourt plus jamais.

Miranda Seymour, qui publie en 2004 la biographie de référence sur Hellé Nice (The Bugatti Queen, Simon & Schuster), consulte les archives officielles allemandes à Berlin. Aucune trace d’Hellé Nice dans les fichiers de la Gestapo. La biographe note par ailleurs un paradoxe documenté : Chiron lui-même avait couru pour l’équipe Mercedes-Benz à l’époque nazie — structure utilisée par le régime comme instrument de propagande — à une période où son concurrent René Dreyfus, pilote juif, ne le pouvait pas.

Arnaldo Binelli l’abandonne après l’accusation, emportant avec lui une part importante de ses ressources financières. Elle passe les années suivantes dans un appartement du quartier ouvrier de Riquier, à Nice. L’association La Roue tourne — organisme d’entraide pour anciens artistes — finance ses dernières années puis sa crémation en 1984. Ses cendres sont envoyées à sa sœur à Sainte-Mesme, qui ne fait pas graver son nom sur la tombe familiale.


Conclusion : accès, image, destruction, mémoire

Si je prends du recul sur cette trajectoire, ce qui me frappe n’est pas l’audace — terme qui ne dit pas grand-chose sur le fonctionnement concret d’un système — mais la façon dont Hellé Nice traverse des seuils institutionnels précis en s’appuyant sur ce qu’elle possède : de l’argent gagné par elle-même, des réseaux construits dans un milieu d’abord artistique puis mécanique, et une compétence de conduite acquise dans des formats parallèles avant d’être acceptée dans des formats mixtes.

Elle entre dans la compétition à une époque où aucun interdit formel général ne pèse sur les femmes dans les Grands Prix — contrairement à la situation qui avait frappé Camille du Gast en 1904. Mais l’absence d’interdit formel ne signifie pas l’accès libre : elle est, dans la plupart des courses, la seule femme sur la grille. Ce statut d’exception tolérée fonctionne à double sens — il lui ouvre des portes commerciales (Lucky Strike, Bugatti) tout en l’exposant à une visibilité qui rend chaque résultat, chaque incident, chaque photographie plus chargée de signification que pour n’importe quel autre pilote du plateau.

L’accusation de 1949 fonctionne selon une logique symétrique inverse : c’est la même visibilité, le même statut médiatique, qui rend l’accusation immédiatement efficace. Une accusation sans preuve, formulée sans procédure, détruit en une soirée ce qu’une décennie de courses avait construit. Ce n’est pas une exception au fonctionnement du milieu : c’est une illustration de la façon dont la réputation sportive — dans un monde sans procédures d’arbitrage formelles pour les faits de vie privée — reste entièrement dépendante du crédit social de celui qui parle.

La redécouverte d’Hellé Nice commence en 1994, quand Warner Dailey trouve un album photo lors d’un vide-grenier dans le sud de la France. Elle aboutit à la biographie de Miranda Seymour en 2004, jamais traduite en français à ce jour — fait qui explique en partie pourquoi cette figure reste peu connue en France malgré une rue à son nom à Aunay-sous-Auneau et une plaque commémorative sur sa tombe apposée en 2010 grâce à la Hellé Nice Foundation, créée en 2008 par Sheryl Greene à Atlanta.

Je ne tire pas de cette trajectoire une leçon générale sur les femmes dans le sport automobile. Je retiens une observation sur le fonctionnement des systèmes de réputation dans un milieu qui n’a pas encore codifié ses règles d’accès ni ses règles d’exclusion : on peut accueillir une Hellé Nice sur vingt ans de Grand Prix, et l’effacer en une soirée. Ce que son parcours révèle, c’est moins une biographie d’exception qu’un révélateur de règles sociales de l’époque.


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Sources

Sources primaires

  • L’Auto, 18-19 décembre 1929 : compte rendu de la tentative de record de Montlhéry.
  • L’Auto, 27 août 1928 : performances de Janine Jennky à Arpajon (comparaison record).
  • L’Intransigeant, septembre 1936 : tribune d’Hellé Nice « Le cauchemar que j’ai vécu » (texte original reproduit dans Wikipedia FR).
  • L’Auto, 18 septembre 1936 : compte rendu de l’accident de São Paulo.
  • Le Petit Courrier, 14 septembre 1933 : photographie et compte rendu du Grand Prix de Monza.
  • Paris-Soir, 1930 : portrait d’Hellé Nice cité dans alaindenizet.fr.

Sources secondaires

  • Miranda Seymour, The Bugatti Queen: In Search of a Motor Racing Legend, Simon & Schuster, Londres, 2004 (réédition poche 2005). Biographie de référence, non traduite en français.
  • Wikipedia FR, article « Hellé Nice » (synthèse croisant plusieurs sources secondaires, à traiter comme source secondaire).
  • alaindenizet.fr : dossier documenté sur Hellé Nice, recoupant presse d’époque.
  • newsdanciennes.com : mise en cause de l’anecdote de Brooklands ; données d’acquisition Bugatti châssis 4863.
  • retropassionautomobiles.fr : éléments sur Marcel Mougin et le Grand Prix Féminin 1929.
  • CMC Model Cars USA : données sur la tournée américaine 1930 et le contexte institutionnel.
  • velocetoday.com : éléments sur la redécouverte par Seymour et la Hellé Nice Foundation.
  • Sénat français, rapport d’information « Les femmes et l’automobile », 2016 : mention d’Hellé Nice dans le chapitre stéréotypes.

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