HISTOIRE DU TOUR AUTO



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Le Tour Auto : un périple entre tradition et défi sportif


Un itinéraire français où se mêlent voitures anciennes, spéciales chronométrées et passion partagée


Lorsque j’ai commencé à m’intéresser aux compétitions historiques, j’ai rapidement entendu parler du Tour Auto. Ce nom revenait régulièrement dans les conversations entre pilotes chevronnés et commissaires de piste, et il apparaissait
aussi dans les échanges de ceux qui découvraient à peine l’univers des voitures anciennes.

J’ai eu envie de comprendre pourquoi cet événement suscite autant d’enthousiasme et comment il s’est construit au fil du temps. Pour mener mes recherches, j’ai consulté divers articles de presse spécialisée, comme ceux de Peter Auto
ou de sites reconnus pour leur sérieux. J’ai également discuté avec des passionnés qui y participent ou qui l’ont suivi d’assez près.

Au fil de ces rencontres, j’ai rassemblé une foule de détails sur l’histoire, la réglementation, l’évolution des voitures engagées et la façon dont cet événement s’intègre dans le calendrier des épreuves historiques. Ce que je souhaite
partager ici, c’est une lecture à la fois technique et accessible, pour que chacun puisse se familiariser avec les racines et les particularités du Tour Auto.




283 – FORD ESCORT RS1600 – 1975 – TOUR AUTO 2022



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Les premières décennies : naissance et identité d’une épreuve

Quand on parle du Tour Auto, on évoque souvent le Tour de France Automobile, qui fait remonter son premier millésime officiel à la fin du XIXᵉ siècle. Les historiens du sport automobile citent parfois l’édition de 1899 comme point
de départ, même si, à l’époque, la notion de « course sur route » était encore balbutiante. Les véhicules en lice étaient peu nombreux, et la réglementation restait vague. On n’avait pas encore établi des normes claires sur la cylindrée,
la sécurité ou même le format des étapes. Malgré ces balbutiements, l’idée d’organiser un tour de France mêlant routes ouvertes et épreuves chronométrées est vite apparue comme une entreprise fascinante.

Les années 1920 et 1930 ont vu se structurer cette compétition. J’ai découvert, en épluchant des archives de presse, que l’organisateur cherchait déjà à mettre en valeur la fiabilité des voitures sur des trajets très étendus. Les moteurs
et châssis devaient encaisser des kilomètres variés, avec des montées de cols et des portions plus rapides. À l’époque, la distinction entre voitures de série et prototypes n’était pas toujours nette, mais on remarquait déjà l’essor
de marques françaises comme Bugatti, Delage ou Talbot, qui cherchaient à démontrer la robustesse de leurs modèles. La notion de « cylindrée » prenait de l’importance : plus le moteur était gros, plus la puissance potentielle augmentait,
mais la fiabilité était loin d’être acquise. On voyait ainsi des solutions mécaniques diverses, allant du châssis à sections en acier riveté jusqu’au châssis tubulaire, concept plus léger et parfois plus résistant, qui permettait
d’économiser du poids.

Dans ces premières années, l’épreuve pouvait durer plus d’une semaine, et les concurrents devaient affronter des conditions routières difficiles. Certaines régions de France n’avaient pas encore de routes entièrement bitumées. Les
pilotes se retrouvaient donc à négocier des chemins en gravier, parfois boueux. Les machines souffraient de pannes mécaniques fréquentes. La dimension « marathon » du Tour existait déjà, avec un mélange de vitesse et d’endurance.




Abbaye Saint Eusèbe – Tour Auto – Les routes de France



L’après-guerre : accélération et professionnalisation

Après la Seconde Guerre mondiale, l’industrie automobile a connu un regain d’activité. Le Tour de France Automobile a naturellement repris du service, même s’il a évolué d’un format originel vers des épreuves plus calibrées. Les constructeurs
voyaient dans ce Tour un moyen de mettre en avant leurs innovations techniques. Certains prototypes intégraient des éléments qui ne se voyaient habituellement que sur circuit, comme des freins à disque plus grands ou une suspension
à triangulation multiple, permettant de mieux négocier les virages serrés sur routes de montagne.

Dans les années 1950 et 1960, on observe une popularité grandissante de l’épreuve. On disait qu’il n’était plus seulement question de fiabilité, mais aussi de vitesse pure. Les officiels de piste veillaient à la sécurité, pourtant
assez sommaire pour nos standards modernes. Les casques, par exemple, n’étaient pas encore universels au début, et les ceintures de sécurité pouvaient varier d’un équipage à l’autre. Le Tour de France Automobile continuait cependant
de se distinguer par son format : des étapes chronométrées sur route, parfois interrompues par des sections disputées sur circuit fermé. Les véhicules de GT (Grand Tourisme) s’opposaient à des voitures plus proches de la série, tandis
que certains pilotes privés parvenaient à se hisser parmi les écuries officielles, créant un mélange d’enthousiasme et de compétition acharnée.

La réglementation se précisa. La Fédération française du sport automobile (FFSA) exigeait des contrôles techniques plus stricts avant le départ. Les commissaires de piste, ou « marshalls », veillaient à la bonne application des consignes,
qu’il s’agisse de vitesse à respecter dans certaines zones, de respect du code de la route pour les liaisons ou encore du port obligatoire de certains équipements de sécurité. L’approche devenait professionnelle, alors même que l’ambiance
du Tour Automobile restait souvent décrite comme un mélange d’aventure et d’exploit sportif.





Sur les routes de France




Les années 1970 : intensité et bouleversements

En consultant diverses sources, j’ai découvert que la décennie 1970 marque un tournant. Les épreuves automobiles sur route commencent à susciter des interrogations sur la sécurité, car les voitures deviennent toujours plus puissantes.
Certains participants engagés sur le Tour Auto utilisaient des prototypes proches des bolides de circuit, capables de vitesses élevées sur route ouverte. Parallèlement, l’État et les organisateurs de rallyes mettaient en place de
nouvelles normes pour encadrer ces compétitions.

Le Tour de France Automobile se retrouvait parfois en concurrence avec d’autres grands rendez-vous, comme le Rallye Monte-Carlo ou les 24 Heures du Mans (pour la seule partie circuit). Même s’il ne s’agissait pas du même type d’épreuve,
les médias pouvaient comparer l’intérêt du public et l’impact médiatique. Plusieurs pilotes ayant brillé en endurance ou en Formule 1 s’étaient déjà essayés à ce périple routier, ce qui accentuait la visibilité de l’événement.

Cette période a vu l’arrivée de voitures plus puissantes, issues de catégories comme le Groupe 4 ou le Groupe 5 selon les standards en vigueur. Les spectateurs découvraient des Ford GT40 ou des Ferrari 512, parfois légèrement adaptées
pour la route, mais très proches de leurs versions de compétition. Les risques augmentaient en conséquence : chocs violents, problèmes de freins sur des parcours sinueux, accidents causés par des conditions météorologiques changeantes.
Les organisateurs cherchaient alors un équilibre : comment préserver le caractère épique de ce tour de France automobile tout en maîtrisant les dangers ?




100 – Jaguar XK120 OTS – 1954 – Tour Auto – Les routes de France




Alpine A110 – Tour Auto – Les routes de France




Les années 1980-1990 : passage à vide et renaissance

Dans les années 1980, des réformes législatives et la montée des préoccupations pour la sécurité routière ont mis à mal l’existence du Tour Auto. Il devenait difficile d’obtenir les autorisations pour faire traverser des véhicules
de course sur de longues distances. J’ai lu des témoignages de passionnés frustrés, qui voyaient s’éteindre l’une des dernières épreuves combinant un tracé sur route et quelques passages sur circuit. On a assisté à un déclin progressif,
puis à l’arrêt pur et simple de ce Tour de France Automobile.

Cependant, le nom « Tour Auto » n’a pas tardé à refaire surface, porté par une nouvelle dynamique, sous l’impulsion de Patrick Peter et de Peter Auto. Dès le début des années 1990, l’idée était de relancer l’épreuve sous une forme
historique, réunissant des voitures anciennes conformes à la période 1951-1973 (puis élargie à d’autres millésimes). Cette renaissance a rencontré un écho rapide auprès des collectionneurs et de ceux qui souhaitaient faire rouler
leurs modèles de légende dans un cadre réglementé. Le Tour Auto, tel qu’on le connaît aujourd’hui, date largement de cette période de relance.




005 – Ferrari 275 GTB – 1965 – Tour Auto – Les routes de France




Check Point – Tour Auto – Les routes de France




Le Tour Auto sur circuit





Le format actuel : entre rallye de régularité et épreuve de vitesse

Pour comprendre le Tour Auto moderne, j’ai assisté à plusieurs briefing de pilotes et feuilleté les manuels techniques. L’épreuve est découpée en plusieurs jours, et les concurrents parcourent un itinéraire traversant différentes régions
françaises. Chaque jour inclut des sections chronométrées sur route fermée et, la plupart du temps, au moins un passage sur circuit. Il y a deux grands modes de participation :

  1. Compétition (VHC) : Les voitures courent contre le chrono, avec des départs individuels. Les modèles doivent respecter un règlement strict, qui définit notamment la classe de cylindrée et le type de préparation autorisée.
    Par exemple, si la voiture d’origine était équipée de carburateurs Weber, il faut conserver ce type d’alimentation. Les commissaires vérifient aussi la présence d’équipements de sécurité tels que l’arceau-cage (structure métallique
    protégeant l’habitacle), les harnais de sécurité et les extincteurs.
  2. Régularité : Les équipages doivent boucler les spéciales en se rapprochant d’une moyenne imposée (par exemple 50 km/h sur route sinueuse). Cela peut sembler plus facile qu’une course de vitesse, mais gérer une moyenne
    demande beaucoup de concentration. Un léger retard ou un excès d’enthousiasme dans un virage peut faire perdre de précieux points.

Ce double format attire un public varié. Certains sont d’anciens pilotes professionnels, habitués aux règles de la course et venant chercher une dose d’adrénaline au volant d’un coupé GT historique. D’autres sont des passionnés plus
novices, parfois propriétaires de voitures classiques, qui apprécient l’idée de traverser la France en belle mécanique. Le tout se déroule sous l’œil de commissaires expérimentés, parfois accompagnés de marshalls internationaux,
qui veillent au bon déroulement et à la sécurité.




Tour Auto – Checkpoint avec une Spéciale sur routes fermées



Les voitures engagées : un musée roulant

Lors de mes premiers contacts avec cette épreuve, j’ai été frappé par la variété des véhicules en lice. On croise des petites berlinettes Alpine A110, des Porsche 911 de toutes générations historiques, des Ferrari 250, sans oublier
des modèles plus rares comme les Ligier JS ou des prototypes comme la Ferrari 312 P. La règlementation du Tour Auto limite la date de fabrication, ce qui confère à la manifestation un caractère « rétro ». Les amateurs de technique
peuvent admirer des configurations moteurs variées (4 cylindres, 6 cylindres, V8, V12) et des châssis très différents. Certains châssis tubulaires se remarquent par leur légèreté, tandis que d’autres, plus classiques, misent sur
une structure monocoque en acier.

J’ai souvent entendu des discussions entre pilotes sur l’importance d’adapter les réglages de suspension à la fois pour la route et pour le circuit. Une Alpine, par exemple, profitera de sa masse réduite et de son moteur en porte-à-faux
arrière pour être agile dans les épingles de montagne, mais il lui faudra un surcroît de stabilité quand elle attaque la ligne droite d’un grand circuit. De même, les gros V8 américains (Ford Mustang, Chevrolet Corvette) doivent
composer avec un gabarit imposant et une répartition de poids différente. Le Tour Auto devient ainsi un terrain d’expérimentation où se rencontrent des philosophies mécaniques singulières.




L’importance du passage sur circuit : héritage et spectacle

Dans le déroulé du Tour Auto, les organisateurs veillent toujours à programmer une ou plusieurs étapes sur circuit. Selon les années, cela peut être Dijon-Prenois, Le Mans, Magny-Cours ou d’autres tracés historiques. Au-delà de l’aspect
sécuritaire, rouler sur piste offre une dimension supplémentaire au pilotage. Les pilotes en profitent pour exploiter la vitesse de pointe de leur voiture sans se soucier de la circulation ou des limitations d’espace rencontrées
sur route. Les novices découvrent alors la concentration nécessaire pour tenir une trajectoire optimale. Ils apprennent que, même en disposant d’un gros moteur, il faut savoir freiner au bon moment et doser ses accélérations à la
sortie de virage.

J’ai discuté avec des commissaires qui assurent la transition entre la route et le circuit. Certains expliquent que la vigilance est de mise : en sortant d’une liaison routière, un pilote peut être tenté d’exploiter immédiatement tout
le potentiel de son auto sur circuit, sans repasser par un check complet des pneus ou du système de freinage. C’est pourquoi, chaque jour, un parc d’assistance est prévu pour faire une révision rapide. Cet enchaînement route-circuit
donne au Tour Auto son caractère hybride, qu’on ne retrouve pas dans un rallye pur.




002 – Panhard Dyna X87 – Tour Auto 2022




176 – MG B – 1964 – Tour Auto 2023 – Circuit Paul Ricard





Le Tour Auto sur les Routes de France, la suite …




Ambiance et passion partagée

À chaque étape, j’ai remarqué que le public local se déplace pour voir passer ce défilé bigarré. Les amateurs les plus avertis reconnaissent des voitures rares, tandis que les enfants s’émerveillent devant des coupés anciens aux carrosseries
colorées. L’épreuve est aussi l’occasion pour les concurrents de partager des moments de camaraderie. Quand une panne survient, il n’est pas rare que les autres équipages s’arrêtent pour prêter un outillage ou un coup de main. Les
règlements officiels ne l’interdisent pas, du moment que la sécurité reste assurée et que le flux de la course n’est pas obstrué.

Les soirées-étapes, organisées dans différentes villes françaises, permettent aussi de se regrouper et d’échanger des anecdotes sur la journée. Les discussions portent souvent sur la stratégie de pneus, la consommation d’essence ou
l’ajustement des barres anti-roulis. Pour un novice, c’est un moment privilégié pour acquérir des connaissances. Les propriétaires de voitures d’exception aiment expliquer pourquoi ils ont choisi telle configuration moteur ou comment
ils ont restauré tel modèle. Les pilotes plus aguerris racontent leurs expériences passées, évoquant parfois d’autres épreuves phares comme le Mans Classic ou le Grand Prix de l’Âge d’Or.




Tour Auto 2023 – Grand Palais Ephémère – Contrôles avant départ



Un cadre réglementaire strict pour la sécurité

Pour que ce défilé de voitures historiques reste sûr, il existe des règles rigoureuses. Avant le départ, chaque voiture passe un contrôle technique poussé : on vérifie l’homologation du châssis, la date de production, les normes de
sécurité (extincteur, coupe-circuit, harnais). Les marshalls sont formés pour détecter tout élément suspect ou non conforme, comme un réservoir de carburant dépassant le règlement ou un arceau-cage mal fixé. Pendant la course, la
direction de l’épreuve impose des limites de vitesse dans les traversées de villages, afin de respecter la sécurité des habitants. Des pénalités s’appliquent en cas d’infraction au code de la route sur les liaisons.

En compétition, le chronométrage est géré par des transpondeurs ou des puces électroniques, de manière à éviter les disputes. En régularité, ce sont des pointages qui fixent la moyenne, et le dépassement d’un certain écart entraîne
une accumulation de points de pénalité. Cette rigueur rend le Tour Auto crédible aux yeux des passionnés et rassure les novices, qui voient qu’on ne joue pas simplement à « faire la course » sur routes ouvertes.





Enjeux mécaniques : de la préparation à la préservation

Participer au Tour Auto demande une préparation sérieuse des véhicules. Les moteurs sont souvent refaits à neuf pour tenir la longueur de plusieurs centaines de kilomètres par jour, avec des régimes élevés pendant les spéciales. Beaucoup
de pilotes conseillent de renforcer le système de refroidissement et de soigner le choix des pneus, car la diversité des terrains (montagne, plaine, circuit) met à l’épreuve la mécanique. Les modèles anciens ne bénéficient pas forcément
des mêmes pièces de rechange que les voitures récentes. Les équipes doivent donc composer avec un stock de pièces d’époque ou se tourner vers des refabrications réalisées par des artisans spécialisés.

J’ai pu rencontrer des mécaniciens qui veillent à l’authenticité des éléments. Ils expliquent que, si la voiture est inscrite dans une catégorie historique précise, il faut respecter la configuration d’origine, par exemple la taille
des carburateurs ou la forme de l’échappement. Toute modification majeure peut entraîner un changement de catégorie, voire une exclusion. Cette contrainte favorise l’authenticité du plateau, même si elle complique parfois la tâche
de ceux qui désirent fiabiliser leur voiture au maximum.

Sur le plan du châssis, les experts surveillent tout signe de fissure après chaque étape. Un châssis tubulaire, par exemple, peut se déformer légèrement sur des routes accidentées ou subir des contraintes inhabituelles quand on monte
et qu’on descend continuellement en altitude. L’équilibre entre performance et préservation du matériel est un défi constant. Les pilotes doivent ménager leur voiture sur certaines portions pour ne pas tout casser et pouvoir repartir
le lendemain.




Tour Auto 2023 – Circuit de Dijon Prenois




081 – Austin Healey 100-4 – 1963 – Tour Auto 2023 – Les routes de France




Le Tour Auto en images




Une place unique dans le calendrier des épreuves historiques

Aujourd’hui, le Tour Auto s’inscrit dans une série d’événements dédiés aux véhicules anciens, organisée par Peter Auto, qui orchestre également d’autres manifestations comme Le Mans Classic. Mais le Tour se distingue par son aspect
itinérant. Contrairement à une course sur circuit unique, cette épreuve demande un savant mélange d’endurance, de pilotage et de gestion du rythme, dans l’esprit d’un rallye. On peut dire qu’il n’y a pas d’autre compétition française
offrant un tel périple, mariant un patrimoine automobile varié et des routes touristiques mises en valeur.

Dans les paddocks, j’ai constaté que la réputation du Tour Auto dépasse largement les frontières françaises. Des pilotes étrangers y participent, venant parfois du Japon ou des États-Unis, attirés par la diversité des paysages traversés
et l’aura historique de l’épreuve. Ils apprécient aussi l’accueil dans les villes-étapes, où l’on retrouve souvent des animations, des expositions, voire des concerts, pour plonger le public local dans l’ambiance. Malgré ces festivités,
la compétition reste sérieuse pour ceux qui visent la première place, en Compétition comme en Régularité. Certains équipages se préparent des mois à l’avance, en réglant au millimètre la carburation ou en s’exerçant à la lecture
du roadbook, qui détaille avec précision les changements de direction, les distances intermédiaires, et les repères visuels.




056 – ALPINE A110 1300 S – 1969 – TOUR AUTO 2022



Un héritage qui continue de s’écrire

En retraçant l’histoire du Tour Auto, je réalise à quel point cette épreuve a connu des bouleversements. D’une forme parfois rudimentaire au tout début du XXᵉ siècle, elle est devenue un événement calibré, exigeant, puis a connu un
passage à vide, avant de renaître dans un contexte exclusivement historique. Cette trajectoire reflète l’évolution globale du sport automobile : on est passé d’une période pionnière où tout était possible sur route à un environnement
plus réglementé, plus conscient des enjeux de sécurité, mais qui cherche encore à préserver la dimension passionnelle.

Le Tour Auto moderne a su captiver des générations de passionnés. Chaque année, de nouvelles équipes s’inscrivent, portées par l’envie de mesurer leur talent sur un itinéraire français très varié. Les novices y trouvent un terrain
de découverte, tandis que les pilotes aguerris y voient l’occasion de piloter des modèles mythiques en conditions réelles. Les commissaires et les officiels de piste maintiennent un cadre clair, garant de l’équité sportive et de
la sécurité.

À mes yeux, le Tour Auto reste l’un des rares moments où l’histoire, la technique et la compétition se rejoignent avec autant d’intensité. Ceux qui y participent parlent souvent d’un mélange d’aventure humaine et de défi mécanique.
Ils évoquent les paysages, les rencontres avec le public, mais aussi la fierté d’avoir bouclé une épreuve exigeante pour leur machine. Cet héritage, commencé plus d’un siècle plus tôt, continue de se transmettre à travers chaque
nouvelle édition, et c’est ce qui en fait un rendez-vous majeur dans le calendrier des rassemblements de véhicules anciens.





Crédit Photos : 
Hphoto.fr – Photographe automobile, spécialisé dans les compétitions historiques et d’endurance, basé en France dans les Yvelines.


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