Aston Martin



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La compétition au XXème siècle chez Aston Martin


Une marque britannique dont l’ingéniosité et la recherche de la légèreté ont transformé la scène du sport automobile.


Je me suis récemment plongé dans l’histoire d’Aston Martin pour comprendre comment cette marque britannique, née au tout début du XXe siècle, en était venue à s’imposer dans des courses prestigieuses et à produire des voitures considérées
comme des références chez les passionnés.

J’ai découvert une foule de modèles, couvrant presque un siècle de compétition, depuis ceux construits avant-guerre tels que la LM4 ou l’Ulster, jusqu’aux plus récentes voitures d’endurance engagées dans les années 2000, comme la DBR9
ou la GT3 Vantage V12.

Au fil de mes recherches, je me suis efforcé de cerner la philosophie technique d’Aston Martin, la cohérence de son engagement sportif et la façon dont chaque modèle peut illustrer une étape clé de cette aventure.

Je souhaite ici restituer la trajectoire d’Aston Martin, marquée par des choix techniques précis, une production artisanale et un lien étroit entre la route et la compétition.






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Origines et premières ambitions sportives

Aston Martin voit le jour officiellement en 1913, lorsque Lionel Martin et Robert Bamford, associés dans un garage à Londres, décident de préparer une voiture légère pour participer à des épreuves locales, comme la fameuse course de
côte d’Aston Clinton. Le nom « Aston Martin » résulte de la fusion entre ce tracé d’Aston Clinton et le patronyme de Lionel Martin. On est alors à l’aube de la Première Guerre mondiale : la jeune société connaît quelques difficultés
financières, puis se relance après le conflit. Les années 1920-1930 deviennent une période d’exploration : Aston Martin cherche à prouver la fiabilité de ses mécaniques, en se concentrant sur des moteurs de cylindrée modeste et un
châssis rigide. L’idée est déjà de concilier performance et maniabilité, plutôt que de miser sur la puissance brute.

En route vers les 24 Heures du Mans

Dès le début des années 1920, Aston Martin s’intéresse aux 24 Heures du Mans ou à d’autres épreuves d’endurance, trouvant là un moyen de tester en conditions réelles la solidité de ses voitures. Les premiers engagements ne débouchent
pas immédiatement sur de grands résultats, mais on y voit la naissance d’une culture tournée vers la course.

L’usine de Feltham sort des châssis compacts, animés par des quatre-cylindres en ligne, et le département compétition commence à se structurer pour adapter la série aux contraintes de la piste. On retrouve la philosophie qui consiste
à prendre une voiture de route, l’alléger, renforcer le moteur et engager le véhicule en compétition, sans forcément développer un prototype entièrement dédié.




Sportauto-Heritage.fr – GPAO – La Aston Martin DB24 Bertone Competition Spider – 1953



L’apogée d’Aston Martin avant un retrait en pleine gloire

Cependant, c’est dans les années 1950 que la renommée d’Aston Martin en compétition prend son essor.

Sous la direction de David Brown, la marque développe des modèles comme la DB2, la DB3 et surtout la légendaire DBR1, qui remporte en 1959 les 24 Heures du Mans avec
les pilotes Roy Salvadori et Carroll Shelby. Cette victoire au Mans, couplée au titre mondial en Championnat du Monde des voitures de sport la
même année, constitue l’apogée de l’engagement d’Aston Martin dans les compétitions automobiles.

Malgré ce succès, la marque se retire des compétitions d’usine à la fin de 1959, principalement pour des raisons financières. Les années suivantes voient des apparitions sporadiques de la marque en compétition, souvent via des écuries
privées.

Dans les années 1970 et 1980, Aston Martin revient avec des participations au championnat IMSA aux États-Unis et en British Touring Car Championship, sans pour autant retrouver le même éclat que dans les années 1950.





Les modèles d’avant-guerre : LM4, Ulster, Speed Model


Les modèles d’avant-guerre ne sont pas toujours cités en premier lorsqu’on évoque la marque, car les années 1950-1960 ont tendance à attirer davantage l’attention. Pourtant, ces voitures témoignent d’une première période d’effort, où Aston Martin se confronte aux Bentley, Alfa Romeo ou Bugatti dans les courses européennes.


LM4 : un signe d’espoir

La dénomination « LM » fait référence à « Le Mans ». On compte plusieurs voitures LM chez Aston Martin, qui correspondent à des châssis préparés spécifiquement pour l’épreuve sarthoise. La LM4, produite autour de 1930-1931, reprend
un bloc quatre-cylindres de 1,5 litre, conçu pour tenir la distance des 24 Heures. On lui ajoute parfois un compresseur, mais la firme hésite encore sur la suralimentation. Avec la LM4, Aston Martin se rapproche un peu du niveau
des autres concurrents de sa catégorie, même si la fiabilité reste un défi. Les pilotes saluent la tenue de route, due à un châssis assez léger, des freins corrects pour l’époque et une direction précise.




Le Mans Classic 2023 – Plateau 1 – Aston Martin LM4 de 1930



L’Ulster et ses exploits

L’Ulster, apparue en 1934, porte le nom de la province d’Irlande où se disputent des épreuves de grand prestige (le Tourist Trophy, par exemple). Sur le plan mécanique, ce modèle s’appuie sur un quatre-cylindres 1,5 litre, double arbre
à cames en tête, capable d’atteindre des vitesses dépassant les 160 km/h avec la préparation adéquate. L’Ulster ne possède pas de toit fixe, la majorité des exemplaires se présentant sous la forme de roadsters. Durant l’entre-deux-guerres,
elle se forge une réputation honorable sur les routes sinueuses des îles britanniques, grâce à une maniabilité facilitée par la répartition des masses. Certains pilotes privés l’engagent en endurance, validant le choix technique
d’un châssis sobre, d’un poids contenu et d’un moteur facile à entretenir.

Speed Model : l’évolution dynamique

La Speed Model, souvent associée à la dénomination « Le Mans » ou « International », prolonge la démarche. Elle conserve la base 1,5 litre, en la poussant plus loin encore : l’accent est mis sur la réduction de traînée, l’amélioration
du refroidissement et la fiabilisation du système d’allumage. Quelques victoires de classes ou places d’honneur en épreuves nationales renforcent la notoriété d’Aston Martin. On parle alors d’une marque « d’ingénieurs », car les
solutions adoptées (compresseur, vilebrequin forgé, boîtes en alliage…) sont plus techniques que la moyenne. La société cherche à s’ancrer dans la compétition automobile britannique, face à des firms comme MG, Riley ou Lagonda, qui
misent également sur les courses pour prouver leurs qualités. L’entre-deux-guerres devient donc le laboratoire de ce qui fera l’ADN d’Aston Martin par la suite : proposer des châssis compacts, moteurs quatre ou six cylindres, et
un comportement routier favorisant la vitesse de passage en courbe plutôt que la force brute.




LM4


L’Aston Martin LM4, construite en 1930, s’est distinguée lors de compétitions majeures, notamment le J.C.C. ‘Double Twelve’ à Brooklands où elle a fini 4ème au général et 2ème dans sa catégorie. Elle a aussi remporté sa catégorie au Grand Prix Irlandais de la R.I.A.C. la même année. Equipée d’un moteur quatre cylindres de 1.5 litre, la LM4 est connue pour sa carrosserie légère et sa couleur verte emblématique.






Ulster


L’Aston Martin Ulster, construite en 1935, a marqué les esprits en compétition, participant à des événements majeurs comme les 24 Heures du Mans, le Mille Miglia, et le Tourist Trophy. Propulsée par un moteur quatre cylindres de 1.5 litre, elle fut conduite par des pilotes renommés tels qu’Eddie Hall et le Comte Johnny Lurani durant sa première saison de course.






Speed Model


L’Aston Martin Speed Model, lancée en 1936, était conçue pour des compétitions de haut niveau, notamment les 24 Heures du Mans. Elle était équipée d’un moteur quatre cylindres de 2.0 litres développant environ 98 chevaux, offrant une excellente performance pour l’époque. La Speed Model se distinguait par son châssis renforcé et ses freins à tambour Girling hydrauliques. Bien que préparée pour Le Mans en 1936, la course fut annulée en raison de grèves, empêchant sa participation.






La renaissance d’après-guerre : DB2, DB2/4 Bertone Competition Spider et DB3S


Après la Seconde Guerre mondiale, Aston Martin renaît sous l’impulsion de David Brown, industriel qui reprend la société en 1947. Le préfixe « DB » (pour David Brown) devient le marqueur distinctif de la gamme. Les premiers modèles
de l’ère Brown, comme la DB2, apparaissent vite sur les lignes de départ des épreuves internationales.

DB2 : la base d’un renouveau

La DB2 fait ses débuts en 1950 avec un six-cylindres en ligne de 2,6 litres, conçu sous la direction de W. O. Bentley (l’ex-fondateur de Bentley Motors) qui travaillait alors pour Lagonda, rachetée aussi par David Brown. Pour une GT
de son époque, la DB2 se veut relativement légère et maniable. Les préparations « Team Cars » engagées aux 24 Heures du Mans ou aux Mille Miglia montrent que la voiture peut se défendre contre d’autres GT de cylindrée similaire.
Les pilotes saluent la souplesse du bloc, le couple relativement élevé et le confort en endurance.

DB2/4 Bertone Competition Spider : un exotisme sportif

Quand je me suis penché sur la DB2/4, j’ai découvert qu’il existe quelques interprétations spéciales, dont une créée par Bertone, carrossier italien réputé. La DB2/4 Bertone Competition Spider, produite à très peu d’exemplaires, adopte
une carrosserie ouverte, plus légère et plus orientée vers la performance. L’association d’un style transalpin à un châssis britannique confère à ce modèle un intérêt particulier : elle symbolise la dimension artisanale d’Aston Martin,
capable de livrer des châssis à différents carrossiers pour répondre à la demande de pilotes privés ou de collectionneurs fortunés.

DB3S : l’endurance au rendez-vous

La DB3S, lancée en 1953, représente pour moi la première grande voiture de course d’Aston Martin à l’échelle internationale. Sur le plan pratique, la DB3S s’aligne aux 24 Heures du Mans, au Tourist Trophy et dans d’autres épreuves
d’endurance. Elle ne remporte pas immédiatement Le Mans au général (la concurrence Jaguar, Ferrari reste redoutable), mais enchaîne des places sur le podium et des victoires de classe, confortant Aston Martin dans l’idée qu’il est
possible de viser la gagne face aux meilleurs. Des pilotes comme Stirling Moss ou Peter Collins, engagés par l’usine, soulignent son comportement stable à haute vitesse, grâce à un empattement adapté et une répartition des masses
soignée. Cette période, correspondant au milieu des années 1950, dessine la voie vers la DBR1, qui apparaîtra plus tard et concrétisera les ambitions mancelles d’Aston Martin.




Sportauto-Heritage.fr – GPAO – La Aston Martin DB24 Bertone Competition Spider de 1953




Le Mans Classic 2023 – Plateau 2 – Aston Martin DB3S de 1958 – speed




DB2


L’Aston Martin DB2, produite de 1950 à 1953, est l’un des premiers modèles marquants de l’ère David Brown, équipé d’un moteur six cylindres Lagonda de 2,6 litres développant 105 chevaux. Ce modèle s’est illustré en compétition dès sa première année, avec une cinquième place au classement général des 24 Heures du Mans en 1950, obtenue par les pilotes George Abecassis et Lance Macklin. Conçue pour concilier performance et élégance, la DB2 a également remporté plusieurs victoires de classe, comme aux 12 Heures de Sebring la même année. La carrosserie fastback, dessinée par Frank Feeley, et son châssis allégé faisaient d’elle une véritable voiture de sport, prisée autant pour la route que pour la compétition.






DB2/4 BERTONE COMPETITION SPIDER


La Aston Martin DB2/4 Bertone Competition Spider de 1953 est l’une des créations les plus rares et uniques d’Aston Martin, réalisée en collaboration avec l’italien Bertone. Commandée par l’entrepreneur américain Stanley « Wacky » Arnolt,
cette version spéciale de la DB2/4 a été produite en seulement trois exemplaires, chacun arborant des caractéristiques légèrement différentes.

Équipée d’un moteur six cylindres en ligne de 2,9 litres, développant environ 140 chevaux, la DB2/4 Bertone Spider a été conçue avec un objectif de performance, notamment pour la compétition. Les carrosseries, dessinées par le designer
en chef de Bertone, Franco Scaglione, présentent un style distinct avec des phares exposés, une calandre en grille, et un habitacle minimaliste axé sur la légèreté, sans fenêtres latérales et avec un pare-brise réduit. Ces modèles
ont participé à des expositions prestigieuses comme le Chicago Motor Show.






DB3S


L’Aston Martin DB3S, produite de 1953 à 1957, est une version allégée et optimisée de la DB3, créée pour corriger les faiblesses de cette dernière en termes de poids et de maniabilité. Conçue par Willie Watson, elle était propulsée par un moteur six cylindres en ligne de 2.9 litres, délivrant 210 chevaux. Ce modèle a connu un succès immédiat en compétition, remportant plusieurs victoires, dont le Tourist Trophy et des courses à Silverstone et Goodwood.

La DB3S a également brillé au Mans, terminant 2e en 1955 et 1956, mais sans jamais décrocher la victoire. Cependant, certains modèles de la DB3S ont continué à courir, en compétition privée, avec des résultats notables jusqu’en 1958. Par exemple, la DB3S a terminé deuxième aux 24 Heures du Mans en 1958 sous la propriété des frères Whitehead, après avoir été vendue par l’usine​.






DBR1


En cours, retrouvez là ici très bientôt.




Les années 1960 : DB4GT et DP212


Dans les années 1960, Aston Martin revient en Grand Tourisme, alors que la firme cherche aussi à vendre davantage de voitures de route haut de gamme. Les DB4 et DB5 font les gros titres dans la sphère du luxe, mais la compétition n’est
pas en reste.

DB4GT : la route et la piste

La DB4GT est une variante plus légère et plus puissante de la DB4. Des carrosseries spéciales, comme celles signées Zagato, améliorent l’aérodynamique et réduisent la masse. Lors des courses de GT dans les années 1960 (Goodwood, Silverstone,
Monza), on relève la présence régulière de DB4GT, pilotées soit par des privés, soit occasionnellement soutenues par l’usine. Les rivales principales se nomment Ferrari 250, Jaguar E-Type ou Shelby Cobra. La DB4GT ne domine pas systématiquement,
mais reste compétitive, notamment sur les tracés rapides où la vitesse de pointe et la souplesse du six-cylindres font merveille.

DP212 : prototype d’usine pour Le Mans

Aston Martin développe le DP212 dans la foulée des prototypes « DP » (Development Project) pour s’attaquer de nouveau aux 24 Heures du Mans. Apparu en 1962, il dérive du châssis DB4, mais reçoit une carrosserie très profilée, afin
d’améliorer l’aérodynamique en ligne droite. La voiture abandonne, ou ne brille pas au classement général, mais donne à Aston Martin un champ d’expérimentation pour perfectionner l’appui aérodynamique. Le concept préfigure les réflexions
sur les flux d’air qui influenceront ensuite la série des V8 en Grand Tourisme, et même les prototypes ultérieurs des années 1980.




Sportauto-Heritage.fr – GPAO – Aston Martin DB4 GT 1960 (curve)




327 – ASTON MARTIN – DP 212 – 1961 – LE MANS CLASSIC – PLATEAU 3




DB4 GT


L’Aston Martin DB4GT, produite entre 1959 et 1963, est une version allégée et plus performante de la DB4. Elle était équipée d’un moteur six cylindres en ligne de 3,7 litres, doté de pistons à haute compression, d’un système d’allumage
double et de trois carburateurs Weber, délivrant jusqu’à 302 chevaux. La voiture pouvait atteindre une vitesse maximale de 246 km/h et accélérer de 0 à 100 km/h en 6,1 secondes.

Conçue pour la compétition, la DB4GT possédait un châssis raccourci, une carrosserie en aluminium plus fine, et des freins à disque Girling. Elle a fait ses débuts en course avec succès, remportant une victoire à Silverstone en 1959
pilotée par Stirling Moss. En tout, 75 exemplaires ont été produits, dont certaines versions spécifiques comme les très rares DB4GT Zagato, plus légères et encore plus puissantes.






DP212


L’Aston Martin DP212, construite en 1962, était un prototype développé pour les 24 Heures du Mans. Basée sur le châssis de la DB4GT, elle possédait un moteur six cylindres en ligne de 4,0 litres, dérivé de celui de la DB4 mais avec
une puissance accrue à environ 340 chevaux. La voiture se distinguait par une carrosserie allongée et profilée, visant à maximiser la stabilité à haute vitesse, mais ses premiers essais ont révélé des problèmes d’aérodynamisme, notamment
une instabilité de la queue qui a conduit à des ajustements ultérieurs, tels que l’ajout d’un arrière de style Kamm.

Lors des 24 Heures du Mans 1962, pilotée par Graham Hill et Richie Ginther, la DP212 a brièvement mené la course avant de rencontrer des problèmes mécaniques, notamment une défaillance du dynamo suivie de l’endommagement d’une conduite
d’huile, ce qui l’a contraint à abandonner après six heures. Malgré son échec au Mans, la DP212 a permis d’inspirer la conception de modèles ultérieurs, comme les DP214 et DP215, introduits l’année suivante.






Un bond dans le temps : Rham/1, AMR1, DBR9, DBR1 ou GT3 Vantage V12


Après les années 1960, Aston Martin traverse quelques passages délicats au niveau financier, ce qui limite son engagement. Néanmoins, la marque ne quitte jamais complètement le terrain de la compétition :

  1. Rham/1 (1970s) : Issue d’une base DBR2 modifiée, elle illustre la persistance d’Aston Martin dans des projets privés un peu excentriques. On y trouve un châssis redessiné, un moteur V8 amélioré et un aérodynamisme
    adapté à la course de côte ou au test de vitesse. Peu diffusée, la Rham/1 symbolise ces initiatives semi-officielles qui maintiennent le nom Aston Martin dans le giron sportif.
  2. AMR1 (fin 1980s) : Avec l’arrivée du Groupe C en endurance, Aston Martin tente un retour via le programme AMR1, soutenu par le département Racing. Le châssis monocoque en matériaux composites et le moteur V8 de 6,0
    litres montrent une volonté de rivaliser avec des Porsche, Jaguar ou Sauber-Mercedes. Les résultats restent mitigés, la fiabilité n’est pas toujours au rendez-vous, mais j’y vois la preuve qu’Aston Martin n’a jamais renoncé à l’idée
    de s’illustrer au Mans et sur les circuits internationaux.
  3. DBR9 (2000s) : Dans les années 2000, la DBR9, dérivée de la DB9 routière, ouvre une nouvelle ère. Elle est engagée en catégorie GT1 dans des compétitions FIA GT ou American Le Mans Series. Soutenue par le Prodrive,
    la DBR9 décroche des victoires de classe, notamment aux 24 Heures du Mans, où elle défie Corvette Racing, Ferrari ou Lamborghini sur les courses de GT.
  4. GT3 Vantage V12 : La GT3 Vantage V12, lancée comme produit client pour la catégorie GT3, reçoit un V12 6,0 litres, mais bridé selon la réglementation, et se destine à des équipes privées. Elle a participé à des séries
    comme le Blancpain Endurance Series ou le British GT, remportant régulièrement des courses de classe. On y retrouve la recette : un coupé de route (la Vantage), allégé, équipé d’un arceau, d’aérodynamique adaptée et d’un moteur
    V12 rogné par les brides, mais toujours généreux en couple.

Ces engagements plus récents témoignent de la longévité de l’esprit « course » chez Aston Martin. Qu’il s’agisse de projets de prototype (AMR1) ou de GT dérivées de la production (DBR9, Vantage GT3), la marque se montre fidèle à son
ADN : associer un style extérieur soigné à une motorisation puissante et une tenue de route efficace en endurance.




Sportauto-Heritage.fr – Spa Classic – CER2 – Aston Martin RHAM1 sortie de Blanchimont




Sportauto-Heritage.fr – Spa Classic – Group C – Aston Martin AMR1 (18) – Sortie des combes




RHAM/1


L’Aston Martin RHAM/1, également connue sous le surnom « The Muncher, » est une voiture de course unique basée sur une DBS V8 de 1970, modifiée par Robin Hamilton pour les 24 Heures du Mans. Développée à partir de 1974, la RHAM/1 a subi
des transformations importantes pour améliorer ses performances et son aérodynamisme. Elle était équipée d’un moteur V8 modifié produisant jusqu’à 520 chevaux, atteignant une vitesse de pointe de 188 mph (302 km/h) lors des essais.

La voiture a participé au Mans en 1977, terminant 17e au classement général et 3e de sa catégorie (GTP), malgré des problèmes de freins. En 1979, davantage modifiée avec une injection de carburant et une puissance réduite pour améliorer
la consommation, elle a été contrainte à l’abandon après moins de trois heures de course en raison d’un problème mécanique.

RHAM/1 s’est également distinguée par un record insolite : en 1980, elle a établi un record de vitesse en tractant une caravane à près de 125 mph (201 km/h)​.






AMR1


L’Aston Martin AMR1, développée en 1989, représentait le retour d’Aston Martin en compétition de haut niveau dans le championnat du monde de voitures de sport, 30 ans après la victoire de la marque aux 24 Heures du Mans en 1959. Le
projet, financé par Peter Livanos et dirigé par Ray Mallock, comportait un châssis en fibre de carbone/Kevlar conçu pour l’aérodynamisme, avec un moteur V8 de 6,0 litres développé par Callaway, produisant environ 700 chevaux.

La voiture a participé à la saison 1989 du Groupe C, avec des résultats modestes : elle a terminé quatrième à Brands Hatch et onzième aux 24 Heures du Mans. Malgré les efforts pour améliorer l’aérodynamique et la puissance du moteur,
le programme a été abandonné fin 1989 en raison des difficultés financières et de la concurrence féroce. Seuls cinq châssis ont été construits, et quelques exemplaires continuent de participer à des courses historiques aujourd’hui​.






DBR9


La DBR9, introduite en 2005, a marqué le retour d’Aston Martin en compétition internationale, plus de quatre décennies après le triomphe de la DBR1 aux 24 Heures du Mans en 1959. Basée sur la DB9, elle a été considérablement allégée,
perdant près de 600 kg, et équipée d’un moteur V12 atmosphérique de 6,0 litres délivrant environ 600 chevaux. Ce moteur était positionné bas dans le châssis pour améliorer le centre de gravité et la maniabilité.

La DBR9 a fait ses débuts en compétition lors des 12 Heures de Sebring en 2005, remportant la catégorie GT1. Elle a ensuite connu le succès au Mans, où elle a remporté la classe GT1 en 2007 avec l’équipage composé de Darren Turner,
David Brabham et Rickard Rydell, ainsi qu’en 2008. En tout, 16 châssis ont été produits, permettant à la voiture de courir non seulement en tant qu’équipe officielle, mais aussi dans diverses compétitions grâce à des équipes privées​.






DBR1-2


La Lola Aston Martin DBR1-2
 de 2009 est un prototype d’endurance engagé en catégorie LMP1 par Aston Martin Racing. Conçue en partenariat avec Lola, elle combine un châssis développé pour les courses d’endurance et le moteur V12 atmosphérique de l’Aston
Martin DBR9 GT1. Cette voiture incarne une fusion réussie entre puissance, performance et design distinctif.






GT3 VANTAGE V12


L’Aston Martin Vantage GT3 V12 est une voiture de course conçue pour la compétition GT3, dotée d’un moteur V12 atmosphérique de 6.0 litres développant jusqu’à 600 chevaux. Allégée à 1250 kg, elle intègre un châssis optimisé, une aérodynamique
avancée et des suspensions réglables pour une maniabilité exceptionnelle. Son habitacle dépouillé, axé sur la course, comprend un arceau FIA et des instruments essentiels. Introduite en 2012, elle a marqué les circuits grâce à sa
fiabilité, sa puissance et la sonorité unique de son V12.






Une cohérence technique et sportive

En parcourant cette liste de modèles, on constate une continuité dans la conception des Aston Martin de course. Bien qu’il existe des périodes d’absence ou de faible présence en compétition, la firme conserve quelques constantes :

  1. Des moteurs en ligne ou V8/V12, au caractère souple : D’abord quatre puis six cylindres (dans les années DB2, DB3S…), ensuite des V8 ou V12 (AMR1, DBR9, Vantage GT3). Toujours dans l’idée de proposer un couple élevé
    et un régime exploitable sur de longues distances.

  2. Un châssis à l’origine routier, adapté à la compétition : La plupart des Aston Martin partent d’une base existante, qu’on modifie en profondeur pour l’alléger et affermir la suspension. Cette démarche se voit aussi
    bien dans l’Ulster (qui dérive de la production d’avant-guerre) que dans la Vantage GT3.

  3. Un intérêt prononcé pour l’endurance : Les 24 Heures du Mans, les courses de 6 Heures ou de 1000 km, le FIA GT. Même si Aston Martin a brièvement touché la Formule 1 en motoriste (dans les années 50) ou via des alliances
    (Racing Point devenu Aston Martin F1 Team), c’est l’endurance qui demeure le terrain de jeu privilégié, là où l’équilibre châssis-moteur et la fiabilité peuvent faire la différence.




165 – ASTON MARTIN DB2 – 1950 – MILLE MIGLIA 2021



Un parcours jalonné de modèles charismatiques

Chaque nouvelle génération de voitures prend appui sur les idées développées lors des précédentes, depuis la conception artisanale du châssis jusqu’au choix d’un moteur coupleux, apte à tenir la distance. L’Ulster, la Speed Model ou
la LM4 démontrent la volonté initiale de s’imposer dans des épreuves routières exigeantes ; la DB2, la DB2/4 Bertone Competition Spider et la DB3S traduisent un raffinement progressif, culminant dans l’iconique victoire au Mans en
1959 (avec la DBR1).

Les DB4GT et DP212, quant à elles, illustrent l’exploration de l’aérodynamique et du Grand Tourisme dans les années 1960, alors que, plus tard, la Rham/1, l’AMR1, la DBR9 ou encore la Vantage GT3 soulignent la persistance de la firme
à rivaliser avec les Ferrari, Corvette, Porsche ou Audi sur les circuits internationaux.

Au-delà de la compétition, la philosophie d’Aston Martin reste attachée à l’idée qu’une voiture peut être à la fois élégante, utilisable sur route et performante en course. Les versions routières, plus raffinées, partagent souvent
le même bloc ou le même châssis que les versions d’usine ou client destinées aux championnats. Cette dualité alimente la passion des propriétaires, heureux de posséder un modèle issu d’une longue tradition, et nourrit encore aujourd’hui
les projets de la marque en FIA WEC ou en GT3.

À la lecture de tous ces éléments, je me dis que la force d’Aston Martin réside dans sa capacité à évoluer sans renier ce principe de base : “construire des voitures à la fois vivantes et robustes, capables de tenir un rang honorable
en course et de procurer un plaisir de pilotage singulier.”





Crédit Photos : 
Hphoto.fr – Photographe automobile, spécialisé dans les compétitions historiques et d’endurance, basé en France dans les Yvelines.


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