FERRARI 166 PANORAMICA ZAGATO
Ferrari 166 Panoramica Zagato de 1949 : L’union du style et de la performance
La Ferrari 166 Panoramica Zagato de 1949 est née de la collaboration entre Ferrari et le carrossier milanais Zagato, qui souhaitait expérimenter des solutions aérodynamiques innovantes. Destinée à Antonio Stagnoli, pilote amateur et client fidèle de Ferrari, cette voiture se distingue par son design atypique et son concept novateur. Contrairement aux autres Ferrari 166, souvent conçues sous forme de barchettas pour la course, cette version Panoramica est un coupé profilé intégrant des éléments de carrosserie inédits pour améliorer le flux d’air et réduire la traînée.

Sous le capot, la 166 Panoramica est propulsée par un moteur V12 de 2,0 litres, conçu par Gioachino Colombo. Ce bloc développe 140 chevaux à 6 600 tr/min et est alimenté par trois carburateurs Weber 32 DCF, offrant une réactivité exemplaire. Associé à une boîte manuelle à cinq rapports, ce moteur permet une vitesse de pointe d’environ 220 km/h, une performance remarquable pour l’époque. Son poids contenu grâce à une carrosserie allégée en aluminium accentue son agilité en course comme sur route.
Le châssis tubulaire, conçu par Gilberto Colombo, est rigide et léger, garantissant un excellent compromis entre robustesse et maniabilité. La suspension avant adopte une double triangulation, tandis que l’essieu arrière rigide, assisté de ressorts à lames, assure la stabilité du véhicule. L’élément le plus distinctif de cette voiture est de larges surfaces vitrées en plexiglas, améliorant la visibilité et offrant une sensation d’espace inédite pour l’époque..

À l’intérieur, la 166 Panoramica présente un aménagement raffiné et fonctionnel, fidèle à l’approche minimaliste de Zagato. Les sièges en cuir fin assurent un confort optimal malgré la vocation sportive du modèle. Le tableau de bord est conçu pour offrir une lisibilité maximale des instruments de bord, facilitant le pilotage. Contrairement aux autres Ferrari de la série 166, cette version se positionne entre une voiture de Grand Tourisme et une machine de course, offrant une alternative aux clients recherchant une approche plus sophistiquée du sport automobile.
La 166 Panoramica n’a pas eu une carrière sportive aussi marquante que les autres modèles de la lignée 166. Elle a tout de même participé à plusieurs compétitions locales, notamment la Coppa Intereuropa, où elle a remporté une victoire en 1950. En revanche, ses performances à la Mille Miglia furent plus discrètes, terminant 36e au classement général et 4e de sa catégorie. Ce résultat a poussé son propriétaire à modifier la voiture en profondeur pour en améliorer l’efficacité en course.

À la fin de l’année 1950, Stagnoli décide d’envoyer la 166 Panoramica chez Zagato pour une transformation radicale. La carrosserie fermée est supprimée au profit d’une version barchetta « siluro », plus légère et plus aérodynamique. Cette modification entraîne la perte définitive de la carrosserie originale, faisant de la 166 Panoramica un modèle unique désormais disparu. Ce changement marque également l’orientation de Ferrari vers des modèles de course plus légers et ouverts, en phase avec les exigences des compétitions d’endurance de l’époque.
En 2007, Ferrari Classiche décide de reconstruire une réplique fidèle de la 166 Panoramica Zagato à l’occasion du 60e anniversaire de la marque. Grâce à des archives et à des techniques de photométrie avancées, une reconstitution exacte est réalisée, permettant de redonner vie à ce modèle disparu. Cette initiative témoigne de l’intérêt grandissant pour la préservation du patrimoine automobile, notamment pour les modèles d’exception qui ont marqué une transition dans l’histoire du design Ferrari.

La Ferrari 166 Panoramica Zagato illustre une époque d’expérimentation et d’innovation, où les carrossiers indépendants comme Zagato jouaient un rôle clé dans l’évolution du style et de l’ingénierie automobile. Ce modèle est un exemple rare de la diversité des Ferrari de l’après-guerre, où chaque création était taillée sur mesure en fonction des ambitions de son propriétaire. Aujourd’hui, cette réplique permet aux passionnés d’admirer un chapitre oublié de l’histoire de Ferrari et d’apprécier le talent d’un carrossier qui a su marier élégance et efficacité.

